Le globe lunaire resplendissait au-dessus de mon asile. Impossible de
trouver le sommeil sous tant de lumière ! L'astre m'envoyait ses flammes à
travers ma fenêtre. Je voulus sortir admirer sa beauté d'éther. Et, en ouvrant
la porte, il m'apparut dans toute sa clarté, là debout devant moi.
Sa face ressemblait à un paysage de glace. Aucun sourire, nul signe
d'émotion chez lui, pas la moindre marque de chaleur, juste des traits de marbre
qui me fixaient.
Son regard de pierre dégageait une froideur terrible.
Et moi, par habitude de la solitude peut-être, je pris cette blancheur
pétrifiante pour un feu d'amour. Et ce, en dépit de ses airs de statue.
Mais non, la Lune venue me rendre visite de si loin, déroutée de son orbite
et à présent au pied de ma maison, si proche de moi, maintenait cependant ses
distances. Avec ses allures hautaines, elle brillait tout en gardant le silence.
Pleine d'indifférence.
Je lisais sur son front autant de profondeurs que de légèretés. Elle
demeurait figée dans une attitude théâtrale totalement compassée. Guindée comme
une déesse sculptée. A quoi jouait donc cette vestale de régolithe ?
Cherchait-elle à m'impressionner de ses éclats, moi le solitaire, moi l'homme
épris d'authenticité ? Je ne savais pas comment accueillir cette hôte de rêve. Ses
cratères ombrageaient son visage, ce qui lui conférait un réel mystère. L'entité
avait un sacré caractère, à n'en pas douter !
Je n'eus pas l'occasion de me questionner plus longtemps : la visiteuse
repartit bien vite de chez moi. Après ce bref arrêt au seuil de mon foyer, elle
s'envola dans les nues.
Le satellite avait tout naturellement repris sa course céleste
momentanément interrompue par ma curiosité. Et mon admiration.
Et je me retrouvai seul sur le pas de mon huis. Avec, dans un coin de mon
coeur, un reste de ses rayons de mort.
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