Ma sanction pénale n'est pas que la normale rétribution de mes actes
mauvais. Elle est aussi un calvaire, une misère, une agonie.
Elle n'en finit pas de se poursuivre, de durer, de persister et de
m'entraîner dans son sillage sans fin. Elle est un long chemin bien droit
constitué de vide, bordé d'ennui et ne menant nulle part ailleurs que vers la
mort.
Cette satanée peine que je mérite, je la purge et elle me consume
stérilement. Je la bois à petites gorgées et elle m'étouffe à feu doux, m'use
lentement, m'épuise progressivement, m'achève en faisant traîner les choses...
Je la paye au prix fort et elle me rend de la fausse monnaie. Elle me coûte
cher en vérité : je lui consacre toute ma vie et elle, prenant tout son temps,
marchant à son rythme, en échange ne s'occupe que de la ralentir et de la vouer
au néant, dévaluant et mon existence et ma personne.
Elle prolonge inutilement mes journées, dénuées de valeur, passées à
tourner en rond autour des heures vaines.
Chaque jour perdu à m'éteindre dans ma cellule est un pas de gagné vers la
tombe.
Ma libération ne se fera qu'en cette unique et ultime direction. Mon seul
et dernier horizon, au-delà des simples barreaux d'acier, plus loin que cet
interminable voyage statique entre les murs mutiques de ma geôle, se résume à ce
point suprême et définitif.
Cette porte de sortie sera mon gouffre ou mon sommet. Mais par cette issue
seulement je m'évaderai enfin. Et pour toujours. En attendant, je dois tuer les
multiples secondes, les innombrables minutes, les milliers d'instants et même
les siècles contenus entre chacun des matins et soirs de mon enfermement.
Trois-cent-soixante-cinq fois par an, il me faut recommencer les même
épreuves et monotonies, suivre la routine et l'adopter comme un juste châtiment,
accepter mon malheur pour qu'il se remplisse de sens.
Je souffre et je pleure, il ne reste que le silence pour entendre mes
gémissements. Mais je crois que cela ne regarde que moi, finalement.
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