Ma situation de célibataire assisté et rétif au plus mineur allègement de ma bourse m'offrait fort peu d'occasions de rencontres amoureuses susceptibles de déboucher sur une union à long terme. La probabilité de me mettre en couple approchait le zéro.
Le seul avenir que je me préparais de manière certaine ressemblait à un désert.
Je me construisais une misère de pingre absolu, me payais à moindre frais un voyage en solitaire dans un royaume d'austérité. Quelle fille aurait rêvé d'accompagner le prince des rats que j'incarnais ?
Avais-je au moins quelque panache dans ma démarche de chevaucheur du néant ? De mon point de vue, je me percevais en tout cas tel un châtelain fuyant le lustre et ne cherchant que l'essentiel.
Je me sentais une âme d'esthète, belle, fine, azurée, aussi aérienne qu'une plume. Mais irrémédiablement plombée d'une mentalité de ramasse-miettes. En moi brûlait une flamme de jouisseur, bien que je ne possédasse que les moyens limités d'un clodo. Je ne voulais d'ailleurs nullement devenir un dépensier, pour rien au monde !
Je me complaisais trop entre les murs inébranlables et rassurants de ma chambre étriquée de fol harpagon.
Il faut dire que le vertige de l'économie me donnait des ailes : j'atteignais d'inexprimables légèretés dans la rétention d'argent.
Et surtout, je volais très haut de ma propre estime en épargnant au Ciel le spectacle affligeant de la dépense inutile.
J'appartenais, je le savais, à la race coriace des cafards. Ou plutôt, des chauves-souris qui, après s'être abreuvées de crépuscule au fond de leur grotte, sortent la nuit en cachette des hommes pour y faire leur numéro de voltige.
Comme ces dernières, mon bonheur d'avare consistait à vivre loin du soleil éclairant les gaspilleurs d'énergie, tout près de mes petits intérêts.
Le seul avenir que je me préparais de manière certaine ressemblait à un désert.
Je me construisais une misère de pingre absolu, me payais à moindre frais un voyage en solitaire dans un royaume d'austérité. Quelle fille aurait rêvé d'accompagner le prince des rats que j'incarnais ?
Avais-je au moins quelque panache dans ma démarche de chevaucheur du néant ? De mon point de vue, je me percevais en tout cas tel un châtelain fuyant le lustre et ne cherchant que l'essentiel.
Je me sentais une âme d'esthète, belle, fine, azurée, aussi aérienne qu'une plume. Mais irrémédiablement plombée d'une mentalité de ramasse-miettes. En moi brûlait une flamme de jouisseur, bien que je ne possédasse que les moyens limités d'un clodo. Je ne voulais d'ailleurs nullement devenir un dépensier, pour rien au monde !
Je me complaisais trop entre les murs inébranlables et rassurants de ma chambre étriquée de fol harpagon.
Il faut dire que le vertige de l'économie me donnait des ailes : j'atteignais d'inexprimables légèretés dans la rétention d'argent.
Et surtout, je volais très haut de ma propre estime en épargnant au Ciel le spectacle affligeant de la dépense inutile.
J'appartenais, je le savais, à la race coriace des cafards. Ou plutôt, des chauves-souris qui, après s'être abreuvées de crépuscule au fond de leur grotte, sortent la nuit en cachette des hommes pour y faire leur numéro de voltige.
Comme ces dernières, mon bonheur d'avare consistait à vivre loin du soleil éclairant les gaspilleurs d'énergie, tout près de mes petits intérêts.
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