En ce jour d'été, une chaleur étouffante régnait dans ma chambre.
Aussi Violette suggéra-t-elle que j'achetasse un appareil de ventilation.
Je ne lui laissai pas le temps d'insister.
Je me proposais de faire moi-même le ventilateur.
Et, joignant le geste utilitaire juste après la belle parole, je me mis à
agiter frénétiquement un carton devant son visage.
L'air en mouvement la rafraîchit immédiatement. Elle ne songeait plus à son
idée aux conséquences si onéreuses.
Je lui expliquai, tout en continuant à la soulager de la touffeur, que ce
qu'elle ressentait contre sa peau en ce moment ne différerait nullement de ce
qu'elle ressentirait si une machine électrique faisait tourner des pales en face
d'elle. Le vent que je créais naissait gratuitement de mes mains, au contraire
du souffle issu d'un moteur.
Certes, en réalité, l'énergie manuelle résultait de ce que je mangeais.
Sauf que je ne payais pas tout ce que j'ingérais, puisque la plupart de mon
alimentation provenait des poubelles, c'est-à-dire de la providence.
Bien décidé à chasser de son esprit la pensée saugrenue d'une "hélice
rafraîchissante", je lui fis la promesse de la ventiler à chaque fois qu'elle
aurait follement envie de s'abreuver de flots éoliens. Je lui présentai
également une alternative tout aussi avantageuse sur le plan économique : sortir
à l'ombre pour s'offrir aux caresses de la brise.
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