Quoi de plus superflu qu'un coiffeur ?
Je puis parfaitement arranger mon apparence sans pour autant prendre rendez-vous chez un de ces marchands de pures illusions !
Effectuer moi-même quelques judicieux coups de ciseaux autour de ma tête ne coûte rien, que je sache ! Je me raccourcis les cheveux tout seul.
Gratuitement, je veux dire.
Certes, l'on me rétorquera que se coiffer soi-même est une sacrée paire de manches qui peut s'avérer catastrophique en terme esthétique, étant donné que cette opération délicate exige doigté et précision. Sauf que je fais totalement fi de cette futile coquetterie ! Tout ce que je sais, c'est qu'en m'occupant personnellement de ma coupe, cela ne me fait pas débourser un rond. Les fantaisies capillaires, c'est trop cher et je m'en passe fort bien !
Mettre les pieds chez un réducteur de pilosité, c'est y laisser et ses plumes et son pognon.
L'inconvénient majeur de la chose réside dans la repousse sempiternelle de la chevelure. Une manne inépuisable pour l'artisan, et par conséquent un piège pour ses clients qui doivent revenir régulièrement lui donner leurs précieux sous... Et plus il coupe le crin de ses fidèles moutons à tondre, plus vite leurs crânes de pigeons se regarnissent ! Et cela ne s'arrête jamais : sa clientèle redevient fatalement chevelue.
Les gogos succombent à cet onéreux système, pas moi. Je ne suis pas la vache-à-lait de ce siècle de mirages.
La meilleure des façons d'échapper à ce cercle vicieux consiste à fuir les salons de coiffure. Loin des ces éphémères fats apprêts et creux lustrages, je sors avec mes mèches moches. À la mode de chez moi. Les moqueurs n'étant pas les payeurs, je demeure indifférent à leurs railleries.
Ils peuvent rire de mes touffe, cela m'importe peu puisque je ne paye pas. Moi je ne tombe pas dans le panneau des naïfs : je ne mets pas de fric la tonte de mes tifs.
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