En commençant sa troisième année de redressement dans l'institution religieuse, Pierre s'éprit violemment de la nouvelle femme de ménage qui y oeuvrait, seule présence féminine visible entre ces murs monacaux.
Elle arborait des formes voluptueuses mais semblait ne pas se rendre compte des flammes qu'elle provoquait. Cette humble employée au corps ensorcelant faisait son travail en toute innocence. Elle agitait ses brosses et plumeaux sous les regards concupiscents de tous ces gaillards qui l'entouraient comme si de rien n'était. Dans cette structure quasi carcérale peuplée de mâles taillés à la hache, la travailleuse était cent fois lorgnée, désirée, malmenée à travers leurs rêveries intimes, tant par les cancres boutonneux que par leurs maîtres en soutane.
Pierre l'aperçut dans un couloir en train d'épousseter les meubles. Face à cette créature aguichante, l'oeil canaille, le dos culminant, le souffle fébrile, il se sentait un ogre à l'appétit de loup.
Incapable de canaliser le flot de ses hormones embrasées et par son passé sulfureux déjà initié aux approches amoureuses audacieuses, il ne put réprimer ses feux charnels. Il se jeta aux pieds de la porteuse de balai, laquelle fut ébahie et amusée en voyant ce jeune bossu jouer au conquérant des hymens avec tant de hardiesse. Emporté par sa fièvre grandissante, il lui adressa des mots salaces mêlés d'un romantisme puéril :
— Madame, je vous promets de faire jaillir illico, là sous vos yeux, la carotte de vos rêves ! Je cache en moi de quoi vous faire gueuler d'aise, madame, croyez-le ! Venez cueillir la rose qui se dissimule sous ma braguette, ça va bien piquer les tréfonds de votre belle petite personne, vous allez voir ça !
Pour le coup, la bosse que l'on voyait en priorité chez lui provenait de... son pantalon !
Et devant l'aspect imposant de cette proéminence de chair palpitante, l'autre, la dorsale, passait largement en second plan...
Alors dans un geste viril et brutal, plein d'aplomb, il sortit l'énorme masse phallique sous le nez de la fille qui à la vue de ce monstre turgescent poussa un cri. D'admiration ou d'horreur, nul ne put vraiment le savoir : sa soudaine clameur alerta aussitôt son professeur principal qui arriva sur-le-champ et fut témoin de toute la crudité de la scène.
Le scandale fut à a mesure de l'obscénité de l’acte.
Une heure après Pierre se retrouva l'échine en sang, brisé, humilié, considéré aussi bassement que la dernière des crapules. Il traînait sa honte et sa douleur partout dans le centre éducatif, conscient de sa faute. Même s'il avait fait du chemin depuis son entrée dans ce pensionnat pour têtes dures, par ses outrances il demeurait un incorrigible élève qu'il fallait encore dégrossir à coups de badine.
La jolie bonniche fut promptement renvoyée et remplacée par une méchante vieille au visage sévère. Tout l'établissement en fut désolé. Les religieux qui y enseignaient, premiers concernés, regrettèrent longtemps cette décision de la direction.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire