mardi 12 décembre 2017

1237 - Un esprit curieux m'interroge sur Farrah Fawcett

Bonjour, cher maître. Je tente encore de sonder les profondeurs inexpliquées de votre obsession fawcettienne. Vous avez le don de tisser l’énigme avec le fil de la lumière et non de l’ombre et c’est toujours un plaisir de vous interviewer.

1. Quel est le rapport entre le mystère astral qui vous entoure et celui des rayons fawcettiens émanant de votre plume 

L’un est tout de plume et de Lune mêlées, l’autre -aussi léger et étincelant-, tout de flamme et d’azur, je vous assure ! Le premier n’a rien d’escargotique, le second est un principe anti-casserole. Moi je décolle de terre. Elle, elle s’envole dans l’éther. Vous voyez, les mot dits comme les non dits se rejoignent dans les sommets, il suffit d’un peu d’air et de quelques ailes... Entre l’R et les L, il y a le O. Le haut je veux dire.

2. Vous comparez souvent la beauté de cette actrice médiocre à celle des anges. N’est-ce pas là une sorte de blasphème, sachant que la grâce des anges est toute spirituelle ?

On ne blasphème jamais lorsqu’on évoque les reflets célestes qui s’impriment ici-bas sur les choses et les êtres. Bien au contraire, reconnaître l’ange à travers la créature, la rose ou le caillou, c’est glorifier Dieu qui ne fait rien de laid et tout de merveilleux. A divers degrés, il est vrai car enfin dans toute la Création il n’y a qu’une seule Farrah Fawcett et bien des diamants beaucoup plus ternes... Mais ça, c’est la loi de l’inégalité universelle ! Il faut une hiérarchie, en effet, entre la pierre et l’astre, la vermine et le lion, la boue et le cristal. Mais aussi des différences entre chaque branche d’un même arbre.

3. Associez vous cette idée de splendeur relative à Farrah Fawcett à votre enfance ou à votre fin de vie ? Aube pure ou crépuscule radieux ?

Le papillon est éphémère mais devient éternel en volant dans la lumière car c’est dans ce bref moment qu’il crée sa légende. Le baptême de l’air éveille les consciences qui prennent de la hauteur sur le monde. Farrah Fawcett, c’est la chair intemporelle, l’image qui brille hors du cadre, la matière lumineuse, les traits façonnés par l’esthétique infinie. “Traits façonnés par l’esthétique infinie”, cela ne veut pas dire grand-chose je vous l’accorde, c'est pourtant l’idée la plus juste, quoique saugrenue, qui me vient à l’esprit pour répondre à votre troisième question...

4. Parfois ridiculement coiffée, fichtrement parée à l’américaine, la belle texane ne fut jamais vulgaire cependant. Cette fleur qui demeura intacte à travers toilettes infâmes et modes douteuses, selon vous, elle le dut à l’éclat de sa face ou de son esprit ?

La tête ici n’a rien à voir avec la face de Farrah Fawcett qui était fort commune quant à ce que reflétait son front... Les trésors du Cosmos qu’elle incarna si bien ne sont toutefois pas les richesses de la glaise. Les feuilles vives ne sont pas les racines pensantes. Comme la rose irresponsable de son attrait, elle s’est contentée de naître. Mais je ne lui demande pas plus que cela car cela suffit à mon extase.

5. Si de Farrah Fawcett émanait un principe ce serait, d’après vous, un principe de vie, d’amour, de beauté, d’éternité ?

De Poésie, c’est à dire exactement de vie, d’amour, de beauté, d’éternité, et beaucoup plus encore. Autrement dit de Poésie cosmique. Entre asticot universel et galaxie immortelle, depuis la poussière transcendante jusqu’à l’espace intérieur, de la soupière au Soleil.

6. Cherchez-vous cet aspect fawcettien dans les êtres qui vous entourent ?

On ne cherche nulle part ailleurs que dans l’unique ce que l’on sait unique. Ce qui fait le prix de ce bijou taillé aux facettes typiques, c’est précisément son caractère irremplaçable, non reproductible. La Création est composée d’éléments, d’êtres aux formes multiples et variées à l’infini. Même ce qui se ressemble n’est jamais égal à son semblable, à l’image des grains de sable, des brins d’herbe ou des nuages : sculptés à chaque fois en un seul exemplaire chacun et sans cesse changeants. Rien ne se copie dans les flocons de neige, les forêts humaines, les champs d’étoiles, bien que tout porte les mêmes traits, les mêmes formes, les mêmes couleurs. Tout ce qui est pareil à l’autre est cependant exclusif. C’est aussi cela l’incroyable inventivité du monde, et c’est un miracle à chaque particule, à chaque visage, à chaque planète.

7. Quelle est la première chose que vous associez à Farrah Fawcett ?

Tantôt le fait, en ce qui la concerne, de ne pas déféquer, d’échapper aux lourdeurs intestinales, tantôt aux cimes enneigées des montagnes qui le jour se gorgeraient de ciel bleu et la nuit seraient amoureuses de la Lune... En effet j’ai beaucoup de peine à me figurer Farrah fawcett en train de chier ! Pire : être victime d’une chiasse carabinée... Par conséquent je me la représente systématiquement dépourvue de fonctions excrémentielles, magiquement délestée de ce poids inesthétique. Il m’est aisé, par contre, de la concevoir en des termes plus parfumés, plus glacés, plus aériens.

8. Jusqu’où allez-vous nous emmener, emporté par les ailes de ce corbeau en or nommé Farrah Fawcett ?

Sur les rivages de l’infini, au bord de la mer cosmique, au pied de l’Univers, à la porte de l’éternité. Bref, au centre du Beau, au fond du mystère, au coeur de la Poésie.

9. A quelles vertus associez-vous Farrah Fawcett ? L’humilité sied-elle à la gloire que vous lui prêtez ?

Je l’associe à tout ce qui est idéal. Depuis la matière jusqu’à l’impalpable. Des pieds à la tête mais en évitant quand même le côlon comme je viens de l’évoquer un peu plus haut.

10. Accepteriez vous une prochaine interview sur la magnifique fée Fawcett ?

C’est pour moi un sujet intarissable, une eau inépuisable, une inspiration continuelle, donc je serai heureux de pouvoir accoucher d’autres feux littéraires et ainsi ajouter de nouvelles lueurs au firmament de ma plume.