dimanche 30 juin 2019

1500 - Paix sur la Lune

Dans une existence révolue, j’ai habité sur la Lune.

Je vivais dans une autre peau, un autre millénaire, un autre monde.

Sur un sol lointain, sous un ciel étranger, dans un jardin reclus.

Je résidais en cet endroit plein de silence et de mystère, contemplant l’horizon morne et énigmatique. Je m’ennuyais mortellement là-bas, il est vrai. Mais j’y éprouvais aussi de merveilleux sentiments.

Je m’interrogeais sans fin, mélancolique, au sujet des étoiles, de la planète bleue, des paysages séléniens figés qui formaient mon quotidien monotone et beau...

Je passais de longues journées en promenades lentes et solitaires, entouré des pierres lunaires, observant les ombres changeantes, admirant cratères et vallons, empruntant des chemins qui me menaient vers des roches et des sommets, des espaces de rêves et de poussière, des lieux lumineux et perdus.

En réalité je ne me sentais pas seul du tout : les silhouettes de roc autour de moi et le visage azuré dans le firmament formaient d’excellentes compagnies, de jour comme de nuit.

Ces spectres paisibles troublaient mon âme. Ils me plongeaient dans de profondes ivresses poétiques. Et je vagabondais dans ce grand désert peuplé d’images, de reflets, de figures vagues, parmi des lignes effacées, des traces disparues.

Habité par d’étranges et immobiles présences.

Rochers ou fantômes, ces formes amies n’étaient que des statues mais je les aimais comme des poèmes.

Et je vécu là, longtemps. Dans l’absence de tout, au coeur de l’océan cosmique, éloigné du réel, bercé par une infinie sérénité.

VOIR LA VIDEO :

https://youtu.be/VUOezkR99-M

vendredi 28 juin 2019

1499 - Eloge funèbre pour mon oncle Henri

Henri était une tête.

Un sacré ciboulot. Un cerveau. Un puits de pensées.

Il en avait dans le mou.

C’était une forte caboche également.

Athée, brillant, érudit (et même savant), mal habillé, bien intentionné, intellectuellement féroce et socialement assez imbuvable, ce clodo révolutionnaire ne pouvait mourir que comme un homme ordinaire : avec l’humilité, ou plutôt l’insouciance, l’indifférence de ceux pour qui la mort n’est rien.

En silence et à l’ombre.

Pourtant, avec sa barbe de prophète démodé, son front de penseur d’un autre siècle, sa production cérébrale pure, il en imposait ! Des allures augustes, des mots éclatants, des vues profondes, une voiture pourrie...

Railleur, sage et tonitruant, il sortait des vérités philosophiques ou égrillardes dans la puanteur des volutes de son mauvais tabac.

Et on l’écoutait, amusé, surpris, impressionné par cette statue impénétrable. Le personnage flamboyait par sa cervelle, déshonorait ses hôtes par ses tenues ternes, sa mise négligée, ses vieilles godasses.

Il est mort, après une existence longue, riche, humaine. Mort comme meurent les chiens, c’est ce qu’il voulait. Ne pas faire de bruit, partir comme on naît : tout banalement.

Lui le médecin, lui le raisonneur, lui le crâne pensant, il avait du coeur... pour la vérité. C’est à dire l’intelligence seule.

Mais qu’est-ce que l’intelligence sinon de l’esprit ? A sa manière n’était-il pas épris d’âme, finalement ?

Il ne croyait en aucun soleil divin, en nul astre supérieur, pas même en une étincelle de survie...

On lui souhaite la Lumière.

mardi 25 juin 2019

1498 - Pot de nouilles

Pour comparer Farrah Fawcett à une fleur de notre Terre, il faut être imbécile, creux, niais, lourd et vain.

Moi, je ne veux pas seulement me montrer léger, spirituel, drôle, mais encore faire preuve de géniale fausse nullité dans la subversion esthétique en associant cette face de sirène à une soupière remplie de nouilles au beurre.

Ou à une tarte aux salsifis.

Et même, à une autruche divinement perruquée.

Cette femme aux allures d'ange incorruptible qui chiait comme n'importe quelle autre femme plus ordinaire mérite, au lieu de ces comparaisons florales éculées et insipides, de recevoir en pleine tronche les hommages ravageurs et mémorables, patatesques et indélébiles de ma folle plume abreuvée de rêves éternels et de jus de haricots.

Là, elle brille supérieurement car je lui destine des flammes issues non de ternes et tristes cierges qui s'éteignent au moindre souffle importun, mais provenant de l'inextinguible et intarissable puits de mes pensées de vérités et de mes mots d'artifice.

VOIR LA VIDEO :

https://youtu.be/rHYx-QELENQ

lundi 24 juin 2019

1497 - Je volais

L’azur était à portée de ma main d’enfant, je touchais les nuages d’un geste fou et naïf.

Mais assez précis, assez résolu, assez exalté pour que le bout de mes doigts atteignent immédiatement la première marche menant à cet autre ciel qu’on appelle le rêve.

Et qui est peut-être tout simplement -au moins vu de mon jeune âge- une autre forme de réel.

Bref, à partir de ce moment-là je décollais du sol.

Soutenu dans les airs par la seule force de mon âme candide et enflammée, je voguais dans les hauteurs de mon village, planant allègrement aux alentours du vieux moulin, allant ici et là au-dessus des toits, des bois et des champs...
.
Si abstraitement que, d’en bas, nul ne me voyait sillonner l’espace aérien de cette petite cité nommée Warloy-Baillon.

Et cependant, emporté par les ailes invisibles mais non absente, non inexistantes de ma fougue puérile, je sentais bien que mes pieds n’étaient plus posés sur le sol, que mon corps se balançait dans la nue, frôlé par les oiseaux, que ma tête était bercée par les vents, caressée par les flots de lumière...

Même que je croisais des canards, des papillons, des brindilles d’herbe...

De là-haut je voyais également les vaches paître dans les prés, apercevais les jardins entourant le clocher, reconnaissais les gens cheminant dans les rues...

Depuis cet empyrée local aux envergures champêtres, aux allures agrestes où je tournoyais, flottais, filais, je me sentais l’égal des chouettes, le compagnon de la Lune, l’ami des cumulus...

Et même, le chevaucheur de la Mélancolie.

De ces fugues aériennes douces et fulgurantes dont personne étrangement ne semblait s’apercevoir, je revenais plus léger encore, plus éveillé que jamais, heureux d’engager ma vie en ce monde avec l’horizon pour destinée, le ciel pour idéal.

VOIR LES DEUX VIDEOS :

https://youtu.be/H0Y238pDjtg

https://youtu.be/kqvY-4fhcmk

1496 - Salade cosmique

Son front était une blanche et lisse endive du Nord, ses pommettes deux fraises pas mûres de Bretagne, ses lèvres un duo de haricots pas verts du tout, sa face potagère enfin une belle poire de mon jardin.

Farah Fawcett arborait un visage horticole plein d’esthétique fécondité et de magnétique mystère.

Je me demande si elle ne provenait pas d’un idéal olympe végétal, c'est à dire si elle n’était pas issue du glorieux croisement d’un plan de tomate prometteur et de la sève allègre d’un cornichon sorti d’une terre saturée de lumière...

Toujours est-il que je me tape quasi quotidiennement de la blonde et défunte texane à diverses sauces, toutes plus légères et digestes les unes que les autres !

En réalité, je ne pense pas sérieusement que cette créature fût née dans quelque improbable hortillonnage de ce monde ou d’ailleurs mais, de manière certaine, je lui prête des vertus proches de celles qu’offrent ordinairement les asperges et les patates : elle verdit mes rêves d’esthète de sa fraîcheur naturelle et parfume mes soirées honnêtes de suaves émanations aux résonances proustiennes.

L’étrange puissance du choux-fleur générant des vapeurs de nature éthéréenne aux répercutions galactiques...

Ou le légume venu du plancher des vaches qui devient hôte de la Voie Lactée.

Sont front était un clair chicon de Picardie, ses pommettes deux framboises pâles de chez moi, ses lèvres une paire de flageolets fins.

Et sa face est devenue un astre éternel qui rayonne dans le firmament.

samedi 22 juin 2019

1495 - Vertige architectural

La place était vaste, profonde, anguleuse.

Entouré de sommets, érigé d’art, parsemé d’éclats, l’espace où se croisaient les humains brillait d’une gloire architecturale sans égale.

Des hommes, des femmes, des enfants, des oiseaux peuplaient cet endroit consacré à la Civilisation.

C’était un temps de lumière, de fierté, d’honneur. Un siècle construit sur le roc, fait pour le rêve.

Dans ce monde il y avait de l’amour et des épines, de la haine et de la plume, de la douceur et de la force, de la flamme et de la férocité... Des vertiges et des idées, des mots et des larmes. Des fleurs et des ronces.

La société de cette époque moderne reflétait celles des âges immémoriaux, avec leurs piliers immuables, leurs vérités éternelles, leurs temples inchangés.

Les monuments de ce point crucial de la cité, avec leurs lignes majeures, leurs formes souveraines, la majesté de leurs faces, incarnaient l’esprit de cette ère dédiée au beau, au haut, au vrai.

Ces édifices aux ombres géantes, nés de bâtisseurs aux visées prometteuses, constituaient le pur écho de ces jours pleins de dignité.

Lorsqu’une passante au front rayonnant de beauté, Farrah Fawcett pour la désigner expressément, traversa il y a longtemps ce lieu déjà oublié, l’air de la Terre répondait tout naturellement au bleu du ciel.

A travers la folle allégresse qu'inspiraient les traits de son visage.

Et par les fastueuses légèretés des constructions de béton imprégnées d’idéal.

Triomphales.

Les créations réfléchissaient la créature.

Ou plutôt, les oeuvres qui faisaient résonner les heures de la vie acclamaient celle qui passait...

vendredi 21 juin 2019

1494 - Je veux la gloire !

Je veux la gloire.

Au prix de tout ce que j’ai. Je veux les sommets, je veux le triomphe, je veux la lumière.

Dans les pleurs, la douleur et le sang, même si j’ai tort.

Dans le feu, dans l’orage, dans le jour ou la nuit, à l’ombre ou sous le Soleil peu m’importe !

Sans honte et sans regret, je veux la divine brûlure.

Parce que c’est ma vanité, ma médaille, mon or et mon sort.

Je veux la gloire, je veux les femmes, je veux les projecteurs.

Mais me fous du lucre qui pour moi n’est que tu toc.

Mon dada à moi, c’est l’ego.

L’égal des astres, et non des escargots, voilà ce que je veux être. 

Le reste, c’est pour les gogos.

Mon destin à moi, c’est de briller. Par mon JE suprême.

Je veux la gloire, je veux les regards, je veux les égards.

Et laisse le fric à ceux qui n’ont rien dans le froc, qui ont le trac, parce que mon truc à moi ce n’est pas le confort mais le roc !

Je veux la gloire, les lauriers, les palmes, et tous les feux d’artifices qui vont avec.

Je veux les hauteurs, je veux les laudateurs, je veux les honneurs.

Le haut et non le bas, tel est mon lot.

VOIR LA VIDEO :

https://youtu.be/xHbbW5VSAkw

lundi 17 juin 2019

1493 - L'envoyée

La dernière heure est arrivée. Je suis au seuil de l'inconnu, face à la mort.

Le spectre se lève et me fixe.

Il me désigne l'invisible. Je ne comprends pas.

Il approche, je recule. Il se dresse, je tombe.

Son bras auguste me relève.

Je suis debout et je chemine à ses côtés.

Sans chanceler.

Je marche et j'ai l'impression de voler.

Je lui demande son nom, il me répond qu'il est mon aile, mon aide, mon phare, mon ciel.

Dubitatif, je scrute son visage, sa silhouette. Il ressemble à ces choses vues et oubliées, si chères et cependant si lointaines.

Comme un paysage incrusté dans le granit de l'enfance, un souvenir que l'on sait sacré mais déjà perdu dans les brumes des jours...

Je progresse d'un pas égal avec mon guide.

Il m'emmène vers un horizon de mystères et de légèretés.

J'ignore si j'avance ou si je monte mais je vois que tout s'élargit, s'éclaircit, s'embellit.

Nous parcourons encore d'éclatants espaces et de magistrales étendues, parsemés d'indicibles étrangetés, avant d'arriver au sommet d'un lieu de blancheur.

Là, dans la lumière de cette aube sans fin, je reconnais la présence.

Elle porte les traits ineffables de Farrah Fawcett.

VOIR LA VIDEO :

https://youtu.be/5CWignnjOAI

1492 - Particule essentielle

Le Soleil se lève sur les choses et les hommes.

Le monde, peu à peu, brille.

Ses beautés sont ravivées sous l'originelle lumière et sa gloire grandit d'heure en heure.

Figure de l'infini, la mer répond au bleu du ciel par l'immensité de ses flots.

La Terre abreuvée par les nues s'enivre d'azur, de vie, de verdures.

L'Univers s'harmonise dans sa divine folie.

La Création produit ses fleurs et ses douleurs, ses trivialités et ses miracles, ses lourdeurs et ses légèretés.

Notre astre rayonne, souverain.

Ailleurs, dans les profondeurs de l'éternité, des milliards de rivages font chanter leur écume et autant d'âmes nouent des liens prodigieux sous d'indicibles firmaments..

Ainsi va la marche de ce qui est.

Dieu contemple son oeuvre.

Un visage, un seul, un être à nul autre pareil, une créature, une flamme, un nuage, une Lune, une eau claire, un mystère nommé Farrah Fawcett apparaît.

Hélios se couche, c'est demain que tout commence.

samedi 15 juin 2019

1491 - Du sable à l'horizon

Je marchais sur les galets de Cayeux-sur-Mer, les yeux dans les nuages, l'âme pleine de désirs mystérieux et beaux.

J'avais soif d'infini, faim de frites. Envie d'azur et de patates dorées. Avide d'étoiles et de friture.

Face au large, ivre de bonheur, je me gavais de nourriture terrestre, de vent et de ciel.

Les pommes-de-terre me brûlaient les doigts et cet or alimentaire, cette huile brillante me rappelaient la chevelure de Farrah Fawcett et son sourire à l'astrale clarté.

Et là, au bord du rivage, ingérant ce succulent féculent imbibé de gras, j'éprouvais des vertiges esthétiques dignes des véritables initiés...

Clownesques aux yeux du monde, séraphiques en réalité.

Et tandis que mon esprit s'abreuvait de maritimes beautés, que mon estomac s'emplissait de nécessaires et délicieuses bagatelles, que mon coeur battait pour une cause aussi papillonesque qu'intemporelle, je devinais que les rêves d'enfant se perdaient dans le lointain.

Et peut-être, étrangement, se réalisaient plus haut dans les brumes.

VOIR LA VIDEO :

https://youtu.be/40XFKlIBLrU

vendredi 7 juin 2019

1490 - Multiculturalisme

Longtemps, je fus indifférent.

Ou inconscient.

Quasi apolitique. Avec, je l’admets, un conditionnement gauchiste.

 Civiquement passif, gauchissant par défaut.

Dés qu’on a parlé de multiculturalisme avec une connotation positive, j’y ai cru.

Mais bêtement.

Par simple paresse intellectuelle, par naïveté, sans réfléchir, comme on croit d’emblée aux vérités techniques du mode d’emploi d’un appareil utilitaire. 

Je gobais les messages avec indolence : ”l’immigration est une chance pour la France”. J’avalais la propagande avec docilité : “les immigrés sont une richesse pour la France”...

Puis, comme tous les abrutis perfectibles dotés d’un minimum de lumière, j’ai fini par ouvrir les yeux.

L’évidence, l’éclatante, la lumineuse, la pénétrante évidence s’imposa à moi. 

Cette vérité pleine de bon sens que la plupart de mes concitoyens devenus idiots, sclérosés, crétinisés par l’endoctrinement idéologique, semblent avoir oublié : la vraie richesse de la France et la véritable chance pour la France, ce sont les français !

Prétendre que le loup est une chance pour la bergerie est une criminelle ineptie étatique !

Marteler que ce qui fait la richesse d’une parfumerie, ce sont les porcs qu’on y a introduits est une abyssale imbécilité !

Affirmer que notre fromage est encore meilleur si on l’accompagne de sable du désert ou de manioc est une folie doctrinale !

S’ingénier à vouloir “enrichir” de ronces un jardin de fleurs tient de la pure perversion d’esprit.

Ce qui fait la force, la valeur, l’unicité d’une CULTURE, c’est précisément qu’elle ne ressemble à aucune autre et qu’à l’image de l’huile et du vinaigre qui se détestent mutuellement, elle ne souffre aucun corps étranger.

Ce qu’on appelle “MULTICULTURALISME” est un non-sens, une aberration, un paradoxe radical. Métisser une culture, c’est la dénaturer, l'abâtardir.

Si vous ajoutez du coca-cola dans du vin, vous allez non pas améliorer mais au contraire corrompre ces deux breuvages.

Nos maîtres, qui agissent sur les cervelles amollies, savent évidement tout cela en réalité. 

Ils sont les premiers à ne surtout pas croire en ces sornettes démagogiques.


Mais ils feront tout pour que, vous les moutons, y adhériez.

VOIR LA VIDEO :

https://youtu.be/nlqsEH689ng

1489 - Du sol au Soleil

Elle avait une tête de tournesol, un corps d’asperge, des chevilles de percheron et plein de nuages dans les yeux.

On aurait pu la comparer à une hirondelle, ce qui aurait été une excellente image, mais je crois qu’elle était plus proche du Polichinelle somptueux que de l’oiseau-flèche.

Joliment contrefaite sous le fard et l’artifice, éblouissante au naturel, Farrah Fawcett fut une étincelante casserole.

Une cloche au son de fée, une trompette au souffle d’azur, un arrosoir au bec angélique, un entonnoir au chant de rossignol.

Une sorte d’enclume américaine aux ailes de libellule.

Quelque chose de pas très français mais de hautement nébuleux.

Volant dans la Voie Lactée. 

Loin de nos potagers, finalement. Aux antipodes de nos sols horticoles, à bien y réfléchir. Hors de nos terrestres plantations, paradoxalement.

Elle qui avait une tête de girasol, un corps de corrude, des chevilles d’ogresse, de l’éther dans le regard...

Et une destinée pareille aux astres ne s’éteignant jamais.

mardi 4 juin 2019

1488 - Ben Laden

Personnellement le personnage de BEN LADEN me plaît beaucoup.

Je ne parle pas de son combat politique, de son idéologie, du terrorisme ou de la religion qu’il incarnait mais de l’oiseau.

Ou du lion, du cerf, du coq, de l’étalon...

Enfin bref, du phallocrate triomphant !

Une belle bête en réalité. Un loup plein d’élégance. Un ogre de masculinité racée.

Avec sa barbe ténébreuse, sa face rayonnante, sa haute taille et son regard d’aigle, l’épouvantail était magnifique.

Il avait les séductions des grands seigneurs, l’envergure des vrais princes, l’éclat des astres d’exception.

Une gestuelle de fauve tranquille, une prestance de roi antique, un sourire d’animal... Entre le prophète biblique et le félin sauvage.

La beauté du chêne, le charme de la rosée.

Son charisme prodigieux auprès des femmes prouve, par-delà les mensonges de ce siècle abâtardi, que la virilité intègre, pure, entière et pleinement assumée est le meilleur argument de l’homme supérieur.

Seuls les petites natures et autres insignifiants moineaux n’osent pas déployer ainsi leurs ailes, arborer une telle crinière, exposer une si belle carcasse.

Voilà un beau spécimen de force, de puissance, d’énergie, de pouvoir !

Ben LADEN fut, selon moi, un des plus admirables représentants du noble machisme.

samedi 1 juin 2019

1487 - Je pissais dans la mer

Très jeune, je me trouvai face à la mer du Nord.

Du haut de mes six ou sept ans, je me percevais comme un grain de sable devant l’immensité des flots.

Ces grandes étendues m’impressionnaient. Les vastes espaces maritimes me semblaient infinis.

J’avais les chevilles dans l’écume, plein d’interrogations dans la tête, le coeur naviguant sur les vagues, mes poches remplies de coquillages.

Et de la candeur dans le regard.

L’envie me prit de me soulager dans l‘eau. Je trouvais amusant l’idée de faire jaillir de mon flanc puéril cette source intime et de la voir se joindre à cet incommensurable ciel liquide.

Alors j’accomplis mon geste innocent. Le déluge commença.

Et là, une grande chose se produisit.

Je vis une pluie argentée chanter au contact de la marée. Dans mon esprit juvénile, je compris soudain les rapports prodigieux reliant les éléments entre eux.

A travers l’ondée issue de mes entrailles s’unissant au torrent marin, je devinais les mystères de la nature, les secrets du Cosmos, la fantaisie de la vie, les miracles de la Création.

Et la présence de Dieu.

Ainsi mon urine d’enfant rejoignait les profondeurs de l’Univers pour les agiter un peu plus. Je faisais briller la matière, ensemençant le réel, la vie de quelques gouttes d’urée. J’abreuvais le monde de cette averse tiède, joyeuse et naïve...

Et puis finalement, dans cette communion des fluides, je participais au grand ballet cosmique...

Et je pissais, émerveillé, étonné, intrigué, enchanté, heureux de ma découverte !

Ma journée se passa au bord du rivage, dans les rouleaux et dans la lumière.

Le soir venu, fatigué, je me reposai sur la plage en rêvant sous les étoiles.

Je sentais ma vessie se remplir, l’onde salée naître en moi : le sel et le flux de mon corps se mêleraient bientôt au sel et au flux de l’Atlantique.

Et je somnolais encore un peu, vaguement conscient de retenir dans le creux de ma chair une partie de la genèse.

Dans mes viscères sourdait un nouvel océan.

1486 - J'étais dans le ciel

Enfant, je décollais souvent de terre.

Je montais très haut vers la lumière, côtoyant.oiseaux, astres et fantômes, si proche des rêves, si loin du sol.

En fait, j’avais la tête dans les nuages.

Quasiment dans la Lune.

De cette distance, avec un oeil pour le monde, l’autre pour le ciel, je percevais les grandes comme les petites choses.

Et je voyais des âmes derrière les êtres.

 Mais aussi de l’azur dans la pourriture, de l’infini chez les fourmis, de la raison dans l’horizon, de la vie dans l’invisible. 

Et j’imaginais de la neige sur le Soleil.

Je fondais d’un bonheur puéril sur ma planète peuplée de ces pensées aussi dures que le vrai !

Dans le lointain, des silhouettes me faisaient signe.

D’où venaient ces visiteurs ? Qui étaient ces étranges messagers ? Pourquoi se présentaient-ils à moi ? Que me voulaient-ils ?

Je me sentais l’hôte privilégié de demeures sacrées, l’élu de la Création voyageant hors du vaisseau terrestre, le passager de l’éternité posé sur des ailes mystérieuses..

Lors de mes ascensions enfantines, le jour était idéal, les visages apparaissent clairs, les paysages devenaient blancs, l’Univers brillait.

J’étais jeune, j’étais innocent, j’étais subtil.

Ma conscience était bleue.

VOIR LA VIDEO :

https://youtu.be/f-RPDZBJ1do

Liste des textes

1328 - Je suis apolitique