vendredi 29 juin 2012

962 - Dieu d'amour

Le prêtre d’un air grave prononce quelque parole sacrée en latin qui pétrifie l’assistance de respect. L’église résonne de sentences pieuses, les ouailles compassées affichent des mines austères, même la statuaire a des airs lugubres. Le rite est immuable, rigide, glacé.

Le curé parle de joie, de lumière, d’amour : il est sinistre, ténébreux, tremblant de haine à l‘égard des “pécheurs” c’est à dire de l’humanité entière.

Le sexe l’obsède.

Avec les enfants de choeur il est généreux, doux , altruiste : torgnoles et maints sévices leur sont destinés, pour le salut de leur âme.

Et, afin de “refroidir les coupables ardeurs naissantes” de ces gamins de huit ans dont il a pris en charge l’éducation religieuse depuis le berceau, il les viole régulièrement dans la sacristie.

Ses victimes, terrorisées mais dociles, sont coupables d’éveiller en lui des désirs impurs.

En profanant ainsi leur innocence, autrement dit en devançant leurs vices latents, il s’assure de tuer le Mal dans leur coeur imparfait. Mais sur ces choses mystérieuses de la chair et subtilités de raisonnement, nul autre que le prêtre n’a droit de regard...

Le prêtre est souverain dans ses choix, pensées et actes.

Gloire au Dieu d’Amour, de tolérance et de droiture annoncé par le prêtre dix fois à chaque messe qu’il sert sept fois par semaine.

vendredi 22 juin 2012

FÊTE DES DUPONTS MANIPULÉS PAR LE GOUVERNEMENT

Je ne supporte plus de me faire manipuler chaque année par cette “fête de la musique” artificiellement créée (comme une pure opération marketing) par le populiste Jack LANG.

Je me demande comment, les années antérieures et ce depuis 1982, j’ai pu me laisser entrainer dans ce cirque populacier bas de gamme, prétexte à des beuveries publiques.

Je n’aime pas l’ambiance bon enfant et relâchée de ce genre de manifestation culturelle de rues, c’est à dire littéralement aux bords des caniveaux, orchestrée par un ancien ministre aux allures d’insignifiant adolescent ayant désacralisé la fonction ministérielle surtout par ses attitudes de dégénéré culturel et ses moeurs de fumeurs d’herbe doublé de promoteur de musique RAP.

A vrai dire, outre cela, je ne supporte plus les foules populaires.

Raphaël Zacharie de IZARRA

mercredi 20 juin 2012

961 - Les monuments historiques m'emmerdent

Au cours de mes voyages, brefs ou lointains, la rencontre obligée avec les pierres augustes de l’Histoire a toujours été pour moi une corvée. Quand on part accompagné il faut bien faire plaisir au fardeau que l’on traîne... S’il n’en avait tenu qu’à moi, je n’aurais jamais perdu mon temps et parfois mon argent à visiter ces cathédrales d’ennui.

Bref, à part la franchouillarde et rigolote Tour Eiffel, monument de fer et non de pierre qui vaut le détour et surtout l’escalade car au moins cette farce française tranche radicalement avec les innombrables édifices beaucoup plus formels, les autres “merveilles du monde” sont d’une mortelle platitude.

Le temple de Louxor, certes impressionnant par ses dimensions, devient assez vite bassinant.

Passé l’étonnement devant ses colonnes vertigineuses, je me vois mal essayer de déchiffrer les hiéroglyphes qui y sont inscrits. Dans quel but ? Quel intérêt ? Puisque je sais que les croyances des anciens Egyptiens étaient des chimères. 

Les pharaons sont morts, desséchés, disséqués, leurs sépultures violées et leurs dieux de paille tombés en cendre, leurs pyramides déjà effritées, pourquoi devrais-je me passionner pour ces poussières antiques sottement sacralisées quand autour de moi il y a des hommes de chair et d’esprit, des vivants avec qui je peux communiquer, partager, m’enrichir humainement, des êtres vivants accessibles, des contemporains éclairés qui conçoivent des merveilles de technologie miniatures au lieu de ces monstrueuses pyramides qui ne servent à rien ?

Ces édifices titanesques, au regard des fulgurances de l’esprit, ne sont que des poids morts.

Un bipède sensible -mon voisin de palier par exemple- avec qui je parle est bien plus miraculeux en termes philosophiques, humains, spirituels que ces amas de cubes de pierres assemblés de manière bêtement géométriques. Il n’y a que les hordes de touristes idiots et les doctes, secs, stériles archéologues pour les admirer aussi béatement...

Le masque funéraire de Tout-Ank-Amon n’est qu’un glacial caillou jaune en forme de visage idéalisé, c’est à dire irréel. Une pure stupidité. Dans ce monde de vanité les intelligences sclérosées lui accordent une valeur inestimable. Un visage humain qui palpite de vie, un regard à travers lequel je devine une âme est infiniment plus captivant que ce hochet d’or fin, aussi brillant soit-il.

Ainsi mes autres “grandes visites” du monde : la Basilique Sainte-Sophie et la Mosquée Bleue à Istanbul, surprenantes au premier contact, voire de loin, vite lassantes au bout d'une heure. L’Empire State Building, amusant quand on monte au sommet, oublié dès la première halte au fast-food du coin.

Les vraies rencontres, celles qui me touchent durablement, profondément, sont les rencontres faites avec mes semblables, non avec les pierres.

samedi 2 juin 2012

VIVE LA GUINGUETTE ET TANT PIS POUR LES RIVERAINS RABAT-JOIE !

Des riverains frileux obsédés par les sirènes de la tranquillité publique protestent par tracts interposés contre la mise en oeuvre de cette belle idée de guinguette sur les bords de Sarthe http://laguinguettedestanneries.blogspot.fr/, prétextant de prétendues nuisances sonores et de possibles dégradations des lieux...

Je leur répondrais sans malice aucune que s'ils souhaitent vivre dans la mortelle, ennuyeuse, morne ambiance d'un cimetière, ils ont le choix d'aller vivre dans le désert, loin de toutes traces sonores de civilisation !

Je rappelle à ces mêmes personnes qui se plaignent des "nuisances sonores" émanant de la guinguette qu'elles n'ont pas l'air d'entendre les permanents et quotidiens bruits des deux voies rapides à proximité de leurs habitations. Leur ouïe sélective me semble très suspecte dans cette affaire...

Ce que ces âmes craintives appellent “tranquillité publique”, moi je nommerais cela “léthargie des esprits”, “autisme social”, “rejet des liens conviviaux”.

Si ces personnes ne veulent pas être dérangées dans leur existence de sédentaires forcenés, autant pour elles désirer cesser de vivre dès maintenant.

La musique, le mouvement, la joie, c’est la vie nom d'une barrique ! Au lieu de réclamer le droit à l’inertie socio-culturelle, ces gens devraient au contraire exiger l’accès à plus de liens sociaux.

La guinguette permettra un regain de saine animation dans le quartier, n’est-ce pas ce que réclament maintes associations de riverains en mal de jovialité publique ?

Décidément, le Mans ne tourne pas rond ces derniers temps...

Vive la guinguette, vive la musique, vive la danse et vive la vie !