samedi 31 décembre 2011

942 - Lettre virile à ma mémé molle

Mémé,

Voilà que tu as eu 80 ans cette année !

Pour ce jour de l’an moi ton petit fils adoré je vais t’offrir le plus merveilleux cadeau que tu aies jamais reçu de ta longue existence : le cadeau de la vérité.

Non tu vois ce genre de présent ça ne se mange pas, ça ne se pose pas sur le poste de télévision, ça ne s’accroche pas au rétroviseur intérieur des voitures et pas plus ne s’exhibe sur leur plage arrière.

Ce don-là est infiniment plus précieux que ces stupidités auxquelles tu es accoutumée depuis tes 80 dernières années stérilement passées sur Terre à radoter sur le prix de la salade, la variabilité des saisons ou tes recettes de cuisine...

Il te donnera une vision fulgurante des choses, t’ouvrira une porte salutaire dans ta pauvre tête de vieille débile que tu es.

Comme tu l’auras remarqué, le ton de ma lettre est inattendu.

Tu dois être surprise et même choquée car ces mots changent radicalement avec les sempiternelles imbécillités mielleuses, grotesques et navrantes que depuis trop longtemps tu as eu l’habitude de recevoir, que ce soit par la poste ou de vive voix. Non seulement de ma part mais surtout de la part des autres crétins qui te ressemblent.

Grand-mère, j’estime que tu vaux mieux que cette image de vieille demeurée renvoyée en permanence autour de toi.

Avec tes attentes matérialistes de retraitée frileuse mentalement sclérosée, culturellement lobotomisée, avec tes propos ineptes de sotte superstitieuse, tes réflexions indigentes d’ignare, ta coupable paresse intellectuelle, tu es toujours passée à mes yeux pour la reine des abruties... Le stéréotype parfait de la décrépitude intellectuelle.

Mais aujourd’hui je veux te considérer comme un être humain avec ses glorieuses potentialités et non plus comme une loque cérébrale, une ânesse au ciboulot rétréci, cette image que tu t’es si bien ingéniée à me donner de ta piètre personne... Alors je te parle avec une vraie sincérité ici.

Déjà, rends grâces au Ciel de ne pas m’avoir contaminé avec tes moeurs lamentables. A ton contact depuis tout petit j’aurais pu hériter en partie ou en totalité de ta misère intérieure. Tu te rends compte des dégâts que ton incommensurable bêtise aurait pu occasionner sur ma jeune âme ? Dieu merci, je n’ai jamais singé cette vache ruminante à la cervelle en ruine qui me servait de grand-mère !

Non grand-mère je ne suis pas le petit fils “sage, doux et gentil” que tu crois. Je ne suis pas le reflet de ta déplorable image. J’ai joué le jeu du petit fils lisse, placide, ordinaire afin de ne point te déplaire. Mais surtout, parce que je n’ai jamais eu le courage d’affronter la montagne de nullités que tu incarnes. Cela me semblait au-dessus de mes forces de tenter de t’extirper de ton fumier atavique.

Je me suis mis à ton niveau parce que j’ai toujours pensé que tu ne comprendrais pas le discours de l’intelligence.

Mais cette année tu as eu 80 ans, aussi ai-je décidé qu’il était temps de te dire des choses essentielles. Donc pour la traditionnelle carte de “bons voeux sincères”, de “bonne sante” et toutes ces inepties qui vont avec, c’est raté !

N’y songe plus, à partir de maintenant tu vas commencer à grandir mémé. Grâce à moi. 


Hé oui car contrairement à toi, moi je pense, je réfléchis, je suis sensible, pénétrant, courageux.

Tu as 80 ans et avant que tu ne meures je te donne l’occasion de regarder la vérité en face.

Au lieu de lire avec une satisfaction de concierge en déliquescence tes cartes de “bonne année” et de “voeux sincères” tu devrais plutôt t’occuper à envisager avec hauteur et courage la proximité de ta mort qui te délivrera, du moins je l’espère, de ta prison de vacuité.

Ce que je t’aide à faire précisément à travers ces voeux d’un genre inhabituel...

Tu vois mémé, tu vas mourir et contrairement à ce que tu espères, je ne pleurnicherai pas à tes funérailles et tu sais pourquoi ? Parce que ta mort mémé sera un événement banal, d'autant que nul ne se souviendra de toi en termes flatteurs. Tu n’as rien apporté d’autre à la société que l’exemple comique et désolant de l’inertie, de la puérilité, de l’inanité.

Ton immaturité, ton insignifiance, la graisse de ton esprit atrophié sont des insultes à la beauté du monde.

Ta vie de ménagère sans autre horizon que les cancaneries de voisinage ne fut qu’une pitoyable croissance de légume.

Puisse cette lettre héroïque t’éclairer, te rendre ta dignité, te faire prendre conscience que tu es en réalité un être d’essen
ce divine capable du meilleur et non ce navet stagnant du berceau à la tombe dans un potager humain.

Bonne année 2012 mémé !

VOIR LA VIDEO :


http://www.dailymotion.com/video/x2gumi8_lettre-virile-a-ma-meme-molle-raphael-zacharie-de-izarra

https://www.youtube.com/watch?v=91F8Mr9FuRQ

dimanche 20 novembre 2011

941 - L'interview profonde

Interview de Raphaël Zacharie de IZARRA par Noëlle Simono du journal “Le Monde” (édition du mercredi 12 octobre 2011)

Raphaël Zacharie de IZARRA, allez-vous enfin éclaircir le mystère embaumant votre personnage si fameux ? Les journalistes se perdent en conjectures à votre sujet. Vous répondez scrupuleusement à chacune de leurs questions et pourtant nul ne parvient à vous cerner tant vos réponses prêtent à maintes interprétations, toutes contradictoires... Personne n’arrive à vous situer exactement. A droite ? A gauche ? Sur la Lune ? Ici ? Là-bas ? Nulle part ? Quand allez-vous cesser de nous faire tourner autour de votre nombril, de votre particule, de votre Farrah Fawcett, de vos chères “vérités féroces” comme vous dites vous-même sur votre excellent blog IZARRALUNE ?

Je suis très clair pourtant avec les reporters. Ce n’est pas de ma faute si ce siècle est aux demi-vérités, aux molles paroles, aux tièdes mythes. Voilà, je suis le défenseur de la veuve et de l’orphelin, même si personnellement je n’ai pas de particulière sympathie ou indulgence envers les indigents et les pupilles. Je suis également le défenseur des belles gens fortunés contre leurs ignobles bourreaux -je veux parler des pauvres ou prétendus tels- car fort souvent la veuve et l’orphelin se muent en loups. L’iniquité, la bassesse, l’injustice peuvent aussi habiter chez la veuve et l’orphelin (de génération en génération comme un système atavique ou bien passagèrement) et je ne vois pas en quoi la veuve et l’orphelin seraient moins condamnables que les porteurs de gants blancs.

Politiquement cela me place autant à droite qu'à gauche, hors des extrêmes. Mais la politique ne m’intéresse guère. L’image publique que je renvoie à mes lecteurs ne me préoccupe pas. Mais s’il fallait me situer sur ce plan alors je dirais que je suis autant de droite et de gauche car je prends ce que j’estime être le meilleur dans chaque parti et laisse de côté ce qui me semble plus indigne. En général ce qui représente le meilleur dans chaque parti, ce sont les valeurs partagées par les uns et les autres. Pas toujours mais presque. C’est aussi simple que cela pour ne pas dire simpliste, et cela a peu d’intérêt du reste.

Je ne comprends pas que l’on puisse à ce point être curieux à propos à mes postions politiques. Ma plume est beaucoup plus passionnante à étudier que mes opinions de citoyen, savez-vous.

Il est certain Raphaël Zacharie de IZARRA que votre art littéraire est admirable. C’est même la raison essentielle de votre omniprésence sur la planète LITTÉRATURE. Alors parlons lettres : vous régnez incontestablement sur le web des lettrés mais vous êtes également très controversé. Les uns contestent la légitimité de votre statut de “souverain de l’écrit”, d’autres crient à la supercherie, persuadés d’avoir affaire à un comédien et non à un être sincère...

Ma particule parle pour moi. Je n‘ai rien à ajouter, rien à gagner, rien à perdre et n'ai pas à tenter de prouver quoi que ce soit à ce sujet. Ma particule est la plus éloquente des défenses, point.

Votre particule toujours et encore... Etes-vous sérieux Raphaël Zacharie de IZARRA ? (Sans se démonter –et là je le soupçonne d’avoir prévu son coup- il me sort comme par magie sa carte d’identité avec son nom, son prénom, sa particule...)

Cela vous suffit-il ?

Ce n’est pas ce genre de “preuve” que j’attendais Raphaël Zacharie de IZARRA...

Peut-être mais c’est celle que je vous présente, vous vous en contenterez.

Où puisez-vous votre intarissable inspiration ? Dans les livres, au cinéma, dans la rue ?

Soyons clairs, définitivement : je suis réellement inculte, ou quasiment. Je ne m’abreuve nullement de livres, je n’ai pas un goût prononcé pour la lecture en règle générale. Je ne cesse de le marteler ailleurs dans la presse : la littérature des autres ne m’intéresse pas. Ou si peu. De ma vie je n’ai presque rien lu. Des classiques j’ignore tout, à quelques rares exceptions près. Je ne m’intéresse pas à la littérature. Enfin pour être précis, à celle des autres. La littérature pour moi c’est comme les rêves : seuls les miens sont dignes d’être racontés. Ceux des autres sont sans le moindre intérêt. C’est ainsi que je fonctionne. Je passe beaucoup plus de temps à écrire qu’à lire.

Fondamentalement je suis un auteur, non un lecteur. Même si cela peut paraître incohérent voire prétentieux dans la mesure où l’on prétend que pour écrire il faut d’abord avoir beaucoup lu... Ce n’est pas vrai en ce qui me concerne. C’est ainsi, j’écris sans avoir lu. Certains trouveront peut-être cela mystérieux, pas moi. Entre écrire et lire, il n’y a aucune complémentarité à mes yeux, la première activité étant possible sans la seconde. Disons que la voiture incarne le lecteur et la route l’auteur, hé bien nul besoin d’avoir un permis de conduire pour se construire sa propre route. On peut fort bien créer une voie sans jamais prendre le volant de sa vie puisque le processus créatif de l’écriture n’a, du moins pour moi, aucun lien avec la démarche nettement plus passive que constitue la lecture. La différence entre la plume et le livre est aussi grande qu’entre la route et l’automobile.

La littérature n’est pas spécifiquement le fruit de ces deux activités mais le “simple” fait de se hisser au sommet du verbe, de la pensée, de la spiritualité, de la poésie, de l’art et de l’imaginaire avec les seules ailes de l’alphabet, et peu importent les conditions de cette ascension : avec ou sans lecture.

L’essentiel est d’atteindre le but.

Pour moi, c’est donc sans l’expérience de la conduite.

Aussi cheminé-je dans l’univers des mots sans permis de conduire, c’est à dire sans aucun bagage livresque, traçant ma propre route (que d’autres empruntent). Mes pieds suffisent pour avancer. Evidemment cette créativité spontanée n’est pas à la portée de tous.

Bien sûr n’importe qui est capable d’écrire sans avoir lu et même en ayant lu : on peut trouver à la tonne des exemples de littérature dupontesque chez la “Pensée Universelle”. Tout dépend de la définition que l’on donne au terme “littérature”...

Disons que j’ai les moyens de me passer des modèles. Moyens surnaturels si l’on peut dire. D’un point de vue extérieur car pour moi la chose va de soi.

On peut faire de la très mauvaise soupe avec de riches et abondants légumes et un potage excellent avec de l’eau, des cailloux et de la magie dans les doigts.

Et quels sont ces moyens qui vous démarquent si glorieusement des autres auteurs Raphaël Zacharie de IZARRA ?

C’est à la fois tout bête et inexprimable : je dors avec les muses.

Ca nous le savions déjà. Mais encore ?

Hé bien lorsque je me réveille, voyez-vous, mon âme est légère, mon coeur vif, ma tête pleine d’étoiles, de lueurs nouvelles, de visions fulgurantes et de monstres magnifiques : l’alchimie littéraire s’est opérée au cours des songes.
L’oeuvre des muses.

Vos muses, ne seraient-ce pas ces illustres mortes qui semblent hanter vos pensées d’étrange esthète, dites-moi Raphaël Zacharie de IZARRA ?

Absolument pas. Quand j’évoque les muses, je parle réellement des muses communes aux gens de lettres, celles de la mythologie grecque. Je suis au premier degré ici.

Vous vous moquez encore du monde Raphaël Zacharie de IZARRA... D’où vous vient cette manie insupportable de toujours tout vouloir tourner en dérision, vous y compris ?

Non non non, je vous parle le plus sérieusement du monde. Je commerce réellement avec les muses de l’antiquité grecque. Ne me demandez pas de vous expliquer la chose, c’est ainsi. C’est un mystère. Ou un miracle comme vous voudrez. Vous savez la vie est faite de toute façon d’une succession de miracles. Et il n’y a pas de petit ou de grand prodige dans la Création : l’aile de la mouche, une poussière, une poire sont aussi extraordinaires qu’un astre, qu’une galaxie, qu’une casserole. Tous sont des amas d’atomes divinement organisés. Ou génialement façonnés par l’homme, je parle de la casserole. D’ailleurs si vous m’aviez interviewé en Grèce il y a deux mille ans vous n’auriez pas mis en doute mes dires et tout cela vous semblerait parfaitement banal n’est-ce pas ?

En effet. Dois-je pour autant croire que c’est là votre réponse définitive et que vos lecteurs devront s’en satisfaire ?

Certes.

Vos détracteurs repoussent sans nuance tout ce qui émane de vous mais les femmes vous font des avances, quel effet cela vous fait-il Raphaël Zacharie de IZARRA ?

Cela me fait un plein effet.

Et si je vous lançais un défi ?

Lequel ?

Voilà, ayant préparé cette interview depuis plusieurs jours j’avais d’autres questions pertinentes en réserve. Mais puisque visiblement vous semblez prendre tout cela à la légère, j’ai décidé d’adopter cette même désinvolture avec laquelle vous me traitez : ce sera ma dernière intervention si vous continuez à me répondre en vous moquant de moi et de votre lectorat. Donc, et c’est ma question, allez-vous oui ou non donner une allure plus scrupuleuse à cette interview monsieur Izarra ?

C’est bien le drame de ces interviews... On m’interroge, je réponds et nul ne m’écoute. Je dis des choses que je crois graves, vraies et belles et on préfère en rire. Ce n’est pas moi qui me moque du monde madame, c’est le monde qui se moque de Raphaël Zacharie de IZARRA.

vendredi 18 novembre 2011

940 - Vive la jeunesse !

Certes il m’est arrivé de férocement railler la juvénile population. Il est vrai que certains aspects de la jeunesse choquent ma belle sensibilité d’esthète aigri, mais fondamentalement j’aime les jeunes.

Leur impertinence, leur irrespect, leur moeurs, moi je les vois comme de saines innovations.

Leur esprit vert, c’est si je puis dire le sang neuf de l’humanité. Ces herbes folles qui violent nos statues sont les chênes de demain. Ces injurieux qui d’un seul mot balayent l’Histoire sont les maîtres du futur. Ces impies crachant sur nos idoles sont une bénédiction pour l’avenir.

Briseurs d’autels, ils renouvellent le sacré. C’est en piétinant nos jardins qu’il sèment leurs propres graines.

Jeunes, rebellez-vous sans regret, offensez nos lois, riez de nos certitudes, répandez votre vin joyeux sur nos ancêtres pétrifiés dans la cire, moquez-vous des fronts austères qui vous jugent immatures, soyez insolents, soyez audacieux, soyez forts : brûlez nos livres, écrivez les vôtres !

Vos téléphone portables, vos piercings et vos manières me hérissent mais n’en sont pas moins les preuves de votre créativité innée, de votre goût pour le progrès, de votre dédain pour les stériles traditions et sottes habitudes ! Laissez baver la vieillesse sur ce qu’elle appelle vos vices. En réalité la perversité, la vraie, est logée sous leurs rides malveillantes et la vertu, la véritable, c’est vous qui la défendez.

Car à votre âge l’inventivité, la contestation, l’effronterie sont des saintetés.

Vous êtes une pluie féconde : vous arrosez l’Humanité d’une bile pleine de fraicheur et vos sentences -quelles soient naïves, réfléchies ou emportées- sont bonnes, justes, vraies.

N’écoutez pas ces moralisateurs, tous gens voûtés aux cheveux couleur de poussière, qui prétendent vouloir votre bien : eux aussi ont été jeunes, eux aussi ont vu le monde avec vos yeux clairs. Mais c’est parce qu’ils ne se souviennent plus d’avoir eu vingt ans que ces centenaires vous reprochent votre âge.

Jeunes, désobéissez ! N’écoutez pas ces vieux chnoques sclérosés par leurs dogmes et qui vous conseillent la prudence, la modération, la tiédeur... Croyez-moi, leur cervelle paresseuse est un vieux pot de chambre qui pue le rance, leur coeur une fleur flétrie, leur âme un grand sac alourdi de péchés.

Ces vérités, ils se garderont bien de vous les dire... Ces vieillards qui se prétendent sages sont en fait des lâches, des faibles, des peureux, des menteurs qui aiment faire passer leur petitesse pour de la grandeur aux yeux des jeunes que vous êtes. Aussi répondez-leur toujours avec l’irrévérence qu’ils méritent !

Vos expériences, découvertes et émerveillements sont plus respectables que leurs désenchantements, lassitudes et mortelle inertie.

La religion, la morale, l’ordre, la raison, la sagesse, la routine, l’ennui sont faits pour les vieux, les imbéciles, les poltrons.

Et les morts.

Vous, vous êtes vivants.

Vous êtes faits pour la joie, l’amour, l’aventure, la folie, la beauté, la nouveauté, la vie... Alors FONCEZ !

Vos sonneries de portables sont fort laides mais elles ont au moins l’avantage de réveiller les beaux esprits comme moi qui dans un sursaut de lucidité vous admirent, vous célèbrent, vous comprennent et vous défendent.

939 - La femme en résumé

La femme est l’ombre de l’homme, la face cachée de la Terre, la faiblesse du monde, la maladie du mâle, le visage tiède des pâles vérités.

C’est l'hôte innée des potagers, la prêtresse des casseroles, la reine des chaussettes reprisées.

Son élément est l’onde : larmes, menstruations, fluides prénataux. Ses trésors, les chiffons : la fanfreluche l’enchante. Son royaume, la basse-cour : elle trône au poulailler.

La femme bavarde, caquète, médit, enrage, crache, hurle...

Ou se tait.

Cela dit, cette étrange créature est belle et bien souvent plaît à l’homme. C’est ce qui la sauve.

Oui, la femme est belle : elle rayonne dans l’alcôve après avoir valsé aux cuisines.

Elle brille comme une étoile parmi les hommes, plus ternes.

Mais elle brille vraiment, au premier degré je veux dire : elle met des épingles dans ses cheveux, des ronds d’argent sur ses chaussures, des bouts de fer sur ses vêtements, du vernis sur ses ongles, de l’or autour de ses doigts, des diamants à son cou. Pour cela la fille est brillante, on ne peut le nier.

Les hommes sont égaux aux femmes et les femmes sont égales aux hommes. Ils sont faits pour cheminer ensemble.

Sauf que les femmes ne tiennent pas la route : pas finaudes au volant, elles visent souvent les platanes au lieu d’aller tout droit comme le font les hommes, beaucoup plus sensés.

Pour ça la femme est fort bête : son esprit tordu lui fait toujours prendre des directions incongrues, des voies baroques, des décisions stupides. Mais il ne faut pas chercher loin une explication à tout cela : si elle pense, agit, parle presque toujours de façon contraire à son conjoint c’est tout simplement parce qu’elle a le sens aigu de la contradiction.

Mais sinon pour le reste il n’y a pas de problème, les femmes aiment les hommes et les hommes aiment les femmes.

938 - La soupe à la citrouille

Il y en a qui parlent d’amour avec flamme, d‘autres sans artifice, certains l’évoquent même du bout des lèvres, incapables de peindre ce mystère. La plupart, ne pouvant s’empêcher de se singer mutuellement, font de l’amour le plus fameux stéréotype du monde.

En fait l’amour s’accorde très bien avec les cuisses de grenouilles mais se marie fort mal avec les chaussettes.

L’amour est une citrouille.

Toutefois des esprits malicieux me contrediront en prétendant que l’amour est un potiron. A ceux là je répondrai d’aller vérifier la mensongère rotondité des poires, tâter de la gomme ou ramasser des noix.

Rien ne se mange tout cru dans ce fruit étrange, tout se digère pourtant une fois cuit, assaisonné, préparé : ce qui est amer est amer, ce qui est sucré est sucré, ce qui est dur est dur, ce qui est acide est délicieux... Cette citrouille (verte) ne trompe personne, elle roule et c’est normal car elle est ronde. Ronde comme un chemin de fer qui enfume le ciel et motive les troupes. Vous me direz : la citrouille c’est toi, c’est ton coeur, c’est ta plume et tu écris n’importe quoi.

A ceux-là je répondrai : oui.

Ou non.

En tout cas ceux qui parlent de l’amour à demi-mots ou à pleines louches ne savent pas que je change mes chaussettes quand elles puent. Ils se focalisent tellement sur les cuisses de batraciens que la couleur verte leur fait perdre la boule. Et l’amour pendant ce temps roule, roule...

Et atteint son but.

Sur la tête à Toto ? Dans le coeur des amants ? Sur le cul d’une vache ?

En aucune façon ! Pas dans le cas présent en tout cas. L’amour dont je parle dans ce texte atterrit toujours à son point de chute. Certes me direz-vous, mais où ça donc ?

Ici.

mardi 15 novembre 2011

937 - Noël des chiens

Le Père Noël n’est pas qu’une ordure, c’est également un porc.

Un affreux tas de graisse porcine que je rêve de voir saigné à blanc au pied du sapin.

Avec ses traits de verrat, son air dégénéré de gros Mickey, son sourire lénifiant, sa barbe en toc, sa panse d’ogre, le Père Noël est l’annonciateur des réveillons dupontesques, le corrupteur de vos enfants crétinisés jusqu’à l’os, le pasteur de votre ordinaire déchéance, le veilleur de vos nuits de débauches alimentaires, l’engraisseur de vos coeurs léthargiques, bref l’Antéchrist en personne.

Cette année, égorgez ce goret de Père Noël ! Faites bouillonner son sang dans le caniveau, étripez ce pourceau, sacrifiez ce réservoir à boudins sur l’autel de votre dignité retrouvée ! Condamnez à mort cet usurpateur !

Duponts, petits esprits, gens faibles, minables, âmes sans envergure, coeurs misérables, concierges, prolétaires, classes moyennes des sous-préfectures, propriétaires de maisons Phénix, Bouygues et apparentées, je vous en conjure, cette année soyez beaux, soyez forts, soyez grands : après l’avoir occis, vidé de son sang, farci de guirlandes, assaisonné de fiel et de crachats, faites griller le Père Noël sur votre broche et donnez-le à manger à vos clébards.

Ce sera le premier et dernier Noël des chiens de toute l’Histoire des hommes.

VOIR LA VIDEO :

https://rutube.ru/video/1cddc2d618c557cf24a5372c3feb69ee/

http://www.dailymotion.com/video/x4xyz4x

mardi 8 novembre 2011

936 - Interview musclée pour le "MAGAZINE LITTÉRAIRE"

Raphaël Zacharie de IZARRA cela faisait un moment déjà que le “MAGAZINE LITTÉRAIRE” brûlait de vous interroger. Aujourd’hui c’est chose faite puisque vous avez aimablement accepté de répondre à nos questions. Désormais vous comptez enfin parmi les grandes figures littéraires panthéonisées par notre maison, ce qui est plutôt une bonne nouvelle pour vous qui êtes sensible aux honneurs.

Madame, vous êtes ravissante, avant tout permettez-moi de vous complimenter, j’y tiens. Je suis galant avec toutes les femmes. Je m'autoriserai juste une rectification : je crois que c’est le ML qui devrait être honoré de pouvoir m’interviewer et non l’inverse... Ceci dit en toute modestie. Je suis très demandé et n’accorde d’interviews qu’aux rédactions qui savent me faire sentir leur impatience, ce que le ML a su faire avec éclat et élégance dans le cas présent.

La modestie nous y voilà... C’est une qualité qui semble ne pas embarrasser votre vie littéraire Raphaël Zacharie de IZARRA ! Sérieusement vous êtes connu pour votre mégalomanie, êtes-vous bien certain d’avoir les moyens de la démesure de votre égo ?

Ma plume pour s’élever a besoin de légèreté. Ma vie littéraire est également une vie aérienne. En prenant de la bouteille -et pas qu’au sens figuré- je prends nécessairement de la hauteur, dans ces conditions comment voulez-vous faire preuve de modestie ? Dès que les pieds quittent le sol, la tête s’enivre. Considérer le monde d’en haut c’est le voir plus largement, donc  le comprendre mieux. Dès lors, monter c’est se diviniser un peu. Vous connaissez des dieux modestes vous ?

Raphaël Zacharie de IZARRA vous avez une prédilection affirmée pour les chanteuses mortes, les vénustés décédées, les exquises trépassées... La Camarde aurait-elle à vos yeux des charmes inavouables pour éprouver à son égard de si morbides transports ?

Détrompez-vous. Il se trouve que ma sensibilité izarrienne (qu’un vif souci esthétique motive et enflamme) est verticalement dirigée vers des sujets qui ne sont plus de ce monde, c’est un pur hasard. Mais je vois où vous voulez en venir. Vous faites allusion, je suppose, à feue madame Fawcett ?

Cette dinde hollywoodienne vous fascine prodigieusement, vous ne pouvez le nier Raphaël Zacharie de IZARRA. Pourrait-on en savoir un peu plus sur cette singularité de votre personnalité ?

Cette morte mondaine me captive, monopolise tous mes feux, en effet. Simple faiblesse d’esthète ou fulgurance mystico-amoureuse, qui saura ? Toutefois tout n’est pas perdu pour découvrir la vérité : l’explication à ce mystère se trouve sur la face cachée de la Lune. Si mes lecteurs souhaitent satisfaire leur légitime curiosité à propos de ma fascination pour la beauté de Farrah Fawcett, il leur suffit d’aller voir sur place, à 400 000 kilomètres de là.

Raphaël Zacharie de IZARRA vous vous moquez souvent des reporters, de votre lectorat, du monde en général... C’est pour vous une forme de fuite ? De pudeur ? De désinvolture ?

Rien de tout cela. Quand on me pose des questions idiotes voyez-vous, moi je réponds avec intelligence. C’est une manière pédagogique d’affirmer ma supériorité sur l’imbécillité de certains journalistes ou la bêtise de mes lecteurs qui ne comprennent pas des évidences. Je ne vois pas en quoi il est exceptionnel d’être hypnotisé par la beauté. Tout être sensible normalement constitué devrait réagir comme moi. Je suis parfaitement normal de ce côté-là. C’est l’indifférence à ce genre de cause qui est incompréhensible.

L’intelligence, vous en parlez souvent mais en faites-vous réellement preuve ?

Ma plume est la meilleure preuve de mon intelligence. Ecrire c’est agir. Moi j‘écris avec inspiration, avec fruit, avec art. Je chante des vérités oubliées, pénètre les coeurs, touche les âmes. Ma plume est une herse, je forme des sillons dans les champs de l’esprit. Travailler à l’élévation des hommes, à l’embellissement de l’Univers, telle est la glorieuse besogne izarrienne.

Vous plaisantez Raphaël Zacharie de IZARRA ?

Pas le moins du monde. Votre incrédulité signe d’ailleurs votre déchéance. Votre âme est à ce point corrompue par les hérésies du monde que le cynisme -le plus standardisé qui soit, le pire car involontaire : celui que partagent les honnêtes gens- a remplacé cette candeur originelle héritée à votre naissance...Votre tort est de ne pas avoir su conserver cette virginité , préférant servir des causes futiles, vulgaires, ineptes. Je suppose que l’argent, la profession, le rang social, la vanité, le matérialisme sont les raisons de votre réussite dans la bassesse.

Raphaël Zacharie de IZARRA, nous allons abréger cette interview. Encore une fois vous avez été trop loin. Le talent ne justifie pas l’insolence. Votre personnage est détestable. Les lecteurs du “Magazine Littéraire” apprécieront. Adieu monsieur.

Adieu madame.

FIN PRÉMATURÉE DE L’INTERVIEW

vendredi 4 novembre 2011

935 - Mourir en paix

Importuns qui seriez tentés de venir verser vos larmes au bord de mon lit d’agonie, sachez que je désire trépasser peinard.

Loin des emmerdeurs, je veux rendre mon âme au Ciel.

Solitaire jusqu’au bout, je souhaite monter aux étoiles sans devoir descendre de mon piédestal d’esthète.

Vous les vivants bien intentionnés mais mortellement ennuyeux, épargnez-moi vos ultimes pesanteurs ! Que mon dernier jour soit léger comme l’aurore et aussi gai que les songes d’un clown.

Ne me bassinez pas avec vos regrets et réconforts adressés à voix basses, gardez vos jérémiades pour vos prochains échecs au LOTO ou vos gains de feuilles d’impôt.

Par pitié, laissez-moi crever seul.

Seul comme un roi que je suis, bande de mortadelle que vous êtes !

Oui je veux mourir entre quatre murs avec rien que moi autour. Les yeux fixés sur la tapisserie. Amis, nul besoin de votre compagnie pour m’envoler loin d’ici. D’ailleurs moins il y a de veilleurs, moins on pleure ! N’avez-vous donc jamais pensé à faire mourir de rire les alités que vous visitez au lieu de les frigorifier avec vos mines solennelles, vos airs compassés ? Egoïstes !

Mourir en paix, c’est le luxe des vrais seigneurs. Je veux être seul avec mon âme, mon âme qui sera nue comme un ver, ce ver qui se dresse vers les astres... Tout ce qui meurt aspire aux hauteurs, alors ne venez pas me faire chier avec vos pieux auteurs !

Au bord du gouffre tout cela ne vaut plus rien. Il ne reste que la vérité du frisson -d’aise ou de terreur- de celui qui se sent sombrer.

Le vrai réconfort de la dernière heure c’est le silence et l’isolement, croyez-moi !

Quand vous me saurez malade et entendrez frémir le glas, ne vous pressez pas pour me rendre visite : à l’orée de ma mort je ne serai pas en mesure de bien vous recevoir.

Et pour ceux enfin qui ne comprennent toujours pas, faut-il que je vous le dise en chinois ?

Au jour d’avaler mon carnet de naissance, remballez vos cierges, Bibles et onctions funèbres, et foutez-moi la paix nom de Dieu !

VOIR LA VIDEO :

934 - Mes secrets de séduction

Les femmes, ça me connaît.

Leur coeur est  tendre, leur peau douce, leur esprit limité.

Elles tombent en pâmoison pour un rien.

Quand, par exemples, je leur offre des clous tout neufs, des courroies pour machines agricoles, des ronces, des fémurs, des gaines de caoutchouc servant à faire passer des fils électriques souterrains (récupérées sur les chantiers de travaux publics), des valves de chambres à air pour pneus de remorques, des bétonneuses, des pédales gauches pour pianos droits (ça j’en ai tout un stock à écouler, aussi en offré-je beaucoup : ce sont des pédales en cuivre qui font toujours leur effet). 

De temps en temps il m’arrive même de leur donner des ronds de rideaux. Quand j’en ai. 

Ca les étonne tellement ces menus présents ! J’ai vu chez elles toutes sortes de réactions... Je suis très fort pour étonner la gent du sexe, ha oui alors ! Vraiment, les femmes ça me connaît. 

Mais depuis la mode écologique je leur rapporte surtout des asticots, du fumier de vache, des lapins atteints de myxomatose (les lapins malades sont plus faciles à capturer dans la nature que les sujets sains), du pain bio, des cuisses de grenouilles, du fromage. Mais jamais d’araignées. Les femmes, ça n’aime pas les araignées. Ni d’escargots, ça fait trop mesquin.

Enfin bref, ce sont là des petits cadeaux inattendus qui font toujours plaisir aux femmes.

Les femmes ne vous le diront jamais mais elles préfèrent les durs, les vrais, les forts, les torrides. 

Pour ça je suis un chaud.

Elles aiment mon romantisme enflammé. Dans le feu de l’action je leur parle de tuyauteries d’acier, de postes à souder, de poutrelles de hangars, de cheminées d’usine à ramoner, de vérins hydrauliques, de bouches d’évacuation des égouts, de tonnes de purée, d’éviers obstrués qui à gros jets dégorgent de véritables magmas de cafards crevés ! 

Telles sont les choses affolantes que je hurle aux oreilles des femmes...

Et elles craquent.

Autre chose importante à laquelle les femmes sont sensibles : les hommes qui sentent l’homme et non pas les chochottes qui puent la cocotte.

Le vrai, le naturel, le pur jus, l’authentique, c’est ça qu’elles aiment. C’est pour cette excellente raison que je ne me lave jamais les pieds quand je fais la cour aux femmes. Je crois que ça les met en appétit pour le fromage évoqué plus haut. C’est que, fort galant, j’ai de la suite dans les idées moi...

Et puis la simple idée de me laver les chaussettes à l’air de leur faire tellement plaisir... En tout cas elles insistent sur le sujet, même si elles n’osent pas l’aborder directement. Ca semble d’ailleurs carrément les obséder. J’en ai déduit que pour engager la conversation avec une femme, il n’y a pas mieux que de se pointer avec des pieds au naturel et les chaussettes qui vont avec. 

On ne change pas une formule gagnante ! (A conseiller à ceux qui manquent de conversation).

Une femme c’est fragile. Mes articulations aussi : je ne gifle une enfant de Vénus qu’avec des gants blancs. Le geste sera plus élégant. J’ai le souci de l’image que je laisserai à mes conquêtes pénitentes. Contrairement à bien des mâles primaires, moi je me respecte. Ce n’est pas parce qu’on a des mains de ferrailleurs qu’il est interdit de porter des choses raffinées. 

On peut être un homme, un vrai, un dur qui cogne et avoir le sens du savoir-vivre.

Le savoir-vivre, c’est d’ailleurs le plus grand secret de la séduction et ce sera ma conclusion. Cela dit, le reste peut aider aussi.

Même sans aucun atout particulier chez votre personne, si vous respectez les règles élémentaires du savoir-vivre à l’égard de vos amantes ainsi que mes conseils (savoir-vivre et conseils associés à une très forte insistance de votre part), vous leur déchirerez systématiquement l’hymen.

Au fait, inutile d’acheter des fleurs aux femmes, des vers de terre feront très bien l’affaire et cela ne vous coûtera pas un centime, croyez-en mon expérience.

VOIR LA VIDEO :

https://rutube.ru/video/00f0bceeca221cf48a87735c704a831d/

mercredi 2 novembre 2011

933 - Insensible et heureux

Moi, je suis un grand insensible.

D’une froideur qui tue les fleurs.

Cette indifférence générale pour tout ce qui m’entoure n’est pas une carapace chez moi, pas un artifice masquant quelque souffrance intime, non. L’insensibilité c’est vraiment mon état naturel. 

Je n’ai d’ailleurs jamais souffert dans ma vie. J’ai même eu une enfance extrêmement heureuse. J’apprécie particulièrement les endroits glauques. Le béton, la friche industrielle, les quartiers sales, les taudis, les garages rouillés, les chemins déprimants, c’est mon élément. 

Cela dit je n’habite pas dans un squat mais dans un confortable et délicieux appartement. Par chance, depuis mon coquet refuge j’ai une vue donnant sur des toits mal famés abritant une véritable faune.

Des chats malades partagent mon existence. Je ne les fais pas soigner, je veux les voir mourir jour après jour. Je supporte particulièrement bien la douleur : celle des autres. Cela me rend tout à fait heureux de voir des gens tristes. 

En outre je m'accommode parfaitement de la médiocrité, de la bassesse, de l’imperfection. Autant chez moi que chez les autres. Je ne suis pas du tout sentimental. Mon coeur n’est pas en or, il est fait d’un cuir rare, sec, rigide et glacé battant avec une grande régularité dans sa cage de métal. 

Aucune blessure ne perturbe cette horloge d’acier qui me tient en vie. Je suis une merveilleuse machine réglée au millimètre, bien huilée, imperturbable. 

Les gens sensibles ne peuvent pas comprendre cela. 

Ni surdoué ni sous-doué dans quelque domaine que ce soit, je me situe franchement dans la moyenne pour tous les aspects de la vie et j’aime ça ! Je n’ai pas d’amis, je déteste cela. Mon meilleur compagnon de vie, c‘est moi-même. Et je m’aime beaucoup. 

Quant aux femmes, je les aime beaucoup aussi. Surtout quand elles débarrassent mon plancher (le sol de ma demeure est en ciment en fait : j’aime trop l’ambiance que dégage cette matière dure). Opportuniste, profiteur, jouisseur, je ne suis pas du tout ce qu’on appelle un être entier. 

Les compromis, ça me connaît ! Je fais des concessions dès que cela m’arrange. Peu de personnes apprécient mon tempérament plein de tiédeur, mon pragmatisme, ma quête de bien-être. C’est dommage car on peut faire facilement affaire avec moi... J’ai un sens prononcé du commerce. J’aime l’argent. 

Et s’il est vrai que sur le plan affectif je n’ai rien à donner, il est tout aussi vrai qu’en ce domaine je ne veux rien recevoir des autres. Je ne suis pas un homme de coeur mais un homme de calcul. Ma personnalité est simple, carrée, franche, nette, sans aucune ambigüité. Il n’y a nulle révolte en moi, pas d’idéal, je suis très satisfait de mon sort. Ma sérénité face au monde est même pointée du doigt par des imbéciles hystériques qui me taxent de monstre. Je me sens riche de mon indépendance, fort par ces choix individualistes que les autres prennent pour des faiblesses, libre avec ce coeur qui ne bat que pour moi-même. 


Liste des textes

1328 - Je suis apolitique