jeudi 29 novembre 2018

1312 - Entre Lune et nues

Je la voyais dans les nuages et il y avait des éclairs dans le ciel en neige, des flammes dans ma plume, des cailloux sur les chemins et une immense ivresse poétique sous ma semelle.

Je décollais du présent, de la terre, du grossier pour rejoindre les oiseaux majeurs qui planent au coeur de la grêle de mars.

Farrah Fawcett, c'était une écume anguleuse reçue en pleine face, une gifle de glaçons, une giboulée frigorifiante dans le cou, une bourrasque de pluie et de lumière mêlées.

A travers ses traits non andouillesques, anti-saucissonesques, contre-boudinesques, des flots d'esthétisme cosmique ont galvanisé mon âme lyrique.

Je la voyais encore dans la steppe russe, les plaines lunaires, les rêves galactiques d'amoureux endormis sous les étoiles... Elle s'éternisait de beauté ineffable dans les grains de sable immémoriaux des planètes oubliées, des légendes jamais écrites, des histoires impalpables.

Ce mystère de la Création fait pourtant de chair commune irradie, même après son anéantissement physique, un océan de bleu, de blanc, de Beau.

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https://www.youtube.com/watch?v=pqLu3sVckGA

lundi 26 novembre 2018

1311 - Nouveau monde

Je vois un aigle dans le ciel.

Et des peuples, dans son sillage, qui cheminent vers le Soleil.

Hauts dans l’esprit, loin vers l’horizon, partout dans les terres.

La-bas, âmes et paysages, nuages et poussières, herbes et étoiles se confondent. Ce monde de roc, d’eau et de lumière, de neige, de feu et de vent, c’est le lieu de l’éternité.

Là où courent les hommes et les bêtes, se rencontrent les jours et les nuits, se croisent les vivants et les morts, se côtoient la chair et le songe.

Des présences sages et profondes demeurent dans ces espaces fleuris. Et leur regard est dirigé vers des clartés de joie.

Dans le lointain, passé et futur, ombres et fumées, brumes et légendes nourrissent leurs pensées. Et donnent un sens infini à toute vie, toute pierre, toute substance.

L’aigle plane dans l’immensité.

Les êtres contemplent les choses et les choses sont nommées par les êtres. Et chaque chose a sa place, sacrée.

J’entends un chant sourd et étrange monter dans le crépuscule du soir...

Le son du mystère, la voix de la vie, la prière à la Création...

J’ai perdu de vue l’aigle dans les airs.

Envolé derrière les sommets, disparu du temps, déjà mort.

Dans l’oeil de l’Indien fier et triste, je ne vois plus que l’Amérique.

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https://www.youtube.com/watch?v=tt28pdNlwHM

mercredi 14 novembre 2018

1310 - Verbe de Terre

C'est bien simple, pas compliqué du tout, à travers les traits éthériques de Farrah Fawcett, ce sont des vagues cérulescentes avec à leur sommet une écume lactescente roulant sous un ciel azuréen peuplé de nuages opalescents qui m'apparaissent...

Mieux : la tronche aérienne de Farrah fawcett me fait penser à un coquillage avec des ailes.

Aux antipodes du fromage bleu qui pue et qui n'a de romantique que la référence auvergnate.

Mais l'éclat de cette femme allait bien au-delà du banal romantisme : il y avait de la poésie névrotique supérieure dans ses yeux, d'inexprimables légèretés cosmiques sur ses lèvres, des paysages profonds et paisibles sur son front de Lune.

Je parle volontiers de Farrah Fawcett en un maximum d'angles et en un minimum de courbes, dans une crème suprême de lettres droites, dures et franches. 

Son corps sans attrait, grêle, je le livre à l’ivraie des causes envolées. Voire effondrées.

D’elle, je ne garde que les traits essentiels venus du Ciel.

Farrah Fawcett effacée, ne reste que l’image du miel.

Une buée de beauté tellurique. Une gerbe de lumière aréneuse. Une onde de clarté aux grâces de rocaille.

Bref, un joli morceau de sucre.

Qui se confond avec la neige et devient marbre au soleil.

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https://www.youtube.com/watch?v=nR6jTniPM60&feature=youtu.be

samedi 10 novembre 2018

1309 - Des oiseaux dans l'infini

Je cheminais dans l'air frais du soir, posant un oeil curieux sur les choses de ce monde.

Le chant des corbeaux conférait au crépuscule de ce premier jour d'automne des profondeurs de caveau, des ombres brillantes, des légèretés sépulcrales : ma joie de sybarite ténébreux était à son comble.

Au loin, à l'horizon, dans les nues, des promesses de fêtes sanguines et de rêves lourds. 

Partout autour de moi dans ce paysage sinistre et apaisant, l'espace, la solitude, la brume, l'âpreté...

Une sorte de cloître naturel. C'est à dire une forme d'immensité.

L'heure du couchant comme un voyage étrange de la clarté à la nuit.

Dans cette ambiance à la fois sereine et cafardeuse, pesante et irréelle, austère et onirique, un ciel en mon être s'éveillait et désirait des océans, des montagnes, des orages, des vertiges et du fracas, de la flamme et de l'écume, du roc et de la lumière !

Les oiseaux noirs au-dessus de ma tête arboraient des ailes éclatantes et leurs cris rauques m'enchantaient.

Plongé dans ce décor dense et obscur propice aux ivresses de l'âme, ma vue intérieure s'élargissait. Des portes impalpables s'ouvraient, des fenêtres invisibles apparaissaient, des astres nouveaux s'allumaient...

Il me suffisait de marcher entre ces champs boueux, sur cette route perdue, dans cette campagne désolée pour me sentir voler et me retrouver très haut. De là, rien à mes yeux ne semblait vain : ni le sommet ni le gouffre, ni la ronce ni la fleur, ni le terne ni le lustre, pas plus la cendre que l'étincelle.

Tout dans la Création reflétait la gloire. Que ce soit de la nécessité la plus brute au superflu le plus gratuit. Je comprenais cela depuis mon regard neuf, entre le sol et l'infini. 

Je devinais que tout avait sa place sur Terre et dans le reste de l'Univers, du majeur au mineur, de la goutte de pluie au grain de sable, de l'étoile à la glace et de la rose au purin.

Alors émerveillé et interrogateur, je poursuivais mon chemin dans l'obscurité naissante, le pas  alerte, le coeur battant, adressant des pensées mystérieuses -ou des prières sans fin, des feux sans mesure- aux cailloux, aux herbes, au vent, à ces créatures aux plumes de deuil croassant avec mélancolie derrière moi, là-bas dans le lointain...

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=yMsCpjs7PbQ&feature=youtu.be

mercredi 7 novembre 2018

1308 - L'heure de l'or

Elle fut un spectre féerique issu des pâleurs lunaires, une écume parfumée née des remous miasmatiques de la planète Vénus ou bien une inextinguible clarté venue du fin fond de notre bonne vieille Terre...

Elle brillait comme une poire juteuse de ses seules pommettes. Son front irradiait des flots de rêves paisibles et fous. Ses lèvres de pierre et de lumière propageaient de la flamme et de la neige.

Cette femme qui vécut dans notre système solaire, au sein de notre galaxie, sur notre sol de bipèdes assoiffés de beauté divine ne fut rien d'autre qu'une femme de ce monde. De cet Univers rempli de mystères et de surprises. Une brindille de vérité cosmique frémissant sous la brise de l'éternité.

Farrah Fawcett, l'envoyée céleste parmi les vaches que nous sommes aspirant à devenir des étoiles ?

Non, une blonde et frêle créature parmi tant de ses égales qui dansent, volent, chient, chialent et rient, vont et viennent ici-bas. Une Ève de notre globe en robe ou en bottes, rien de plus. 

Mais une fleur couronnée de la gloire des grenouilles sidérales. Je veux dire, une femelle pareille à ses semblables mais une fille différente. Une face féminine avec des chaussettes de nymphe. Un visage de fauvette avec une facette horticole. Un jardinet de navets entouré de rosiers. Un profil agricole sur une tête de majesté. 

Des petits éclats en plus qui font que l'ordinaire devient sublime aux yeux des hommes. Et tel un prodige voir ici, ailleurs, hier, aujourd'hui et encore demain le pont se changer en port, le plat se transformer en sommet, le moindre tourner au majeur. Ainsi que le ver en soie, le verre en coupe et la tomate en stigmates.

Bref, évoquer Farrah Fawcett c'est faire de l'or avec du soleil ou mieux : mettre chez soi le jour en feu, la cendre dehors et le ciel dedans, la nuit à la porte et l'azur sous le toit.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=YXMhUTVp6LQ&feature=youtu.be

Liste des textes

1328 - Je suis apolitique