mercredi 5 juillet 2017

1228 - L'homme au-dessus de la ville

Dans les rues de New York celui qui chante les hauteurs regarde les sommets. Il marche comme s'il volait. Conscient de ses ailes comme de sa fragilité. Il se sait glorieux, même s’il peut mourir demain.

En quoi croit-il, ce mortel épris de ciel ?

La ville sous ses pieds, les nues dans son champ de vision, les hommes autour de lui, il nous adresse des paroles d’éternité.

Tout passe, tout est éphémère, tout se réduira en poussière même le béton, rien ne dure et lui, demain, il sera loin. Mort, à coup sûr. Tout s’effondre, tout s’envole, tout part pour l’inconnu, rien ne demeure. Pas même les montagnes.

Il rêve, il crie, il appelle, les siècles l’écoutent. Et moi j’entends sa prière.

Bientôt il sera mort, le le sais, je le sens, et lui se voit déjà dans les airs.

Son infini est proche, lui si détaché du sol, si près de l’éther, si sûr de sa lumière...

L’immortalité à portée de sa main.

Son voyage a déjà commencé.

Il plane dans le vent, s’évanouit dans l’azur, brille comme le soleil.

Il est là, il est ailleurs, son image s’est perdue dans les brumes de la cité, les nuages nous le disent.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=YCok1_oPnzE

http://www.dailymotion.com/video/x5sm663

samedi 24 juin 2017

1227 - Belle comme le brouillard

Ce qu'elle est, je l'ai déjà dit cent fois et cela se situe invariablement dans l’azur, au zénith et bien plus haut encore.

Mais décrire brièvement ce qu’elle n’est vraiment pas, voilà qui vous donnera une idée de ce qu’elle est réellement !

Elle est fort loin de la soupière, aux antipodes des artichauts, à l’opposé des arrosoirs. Elle n’est à l’image ni d’une marmite remplie de sauce tomate qui mijote dans la chaumière ni la figure d’un bocal de confiture aux allures de “vieille France”. Encore moins d’un pot de chambre. Elle n’est pas non plus un dimanche de sous-préfecture de la Creuse en plein été, pas plus une plage de sable de mortel ennui, et surtout pas un paysage tranquille de fleurs pleines de torpeur !

Elle est bien mieux que ces imbéciles pesanteurs qui comblent le coeur flasque des escargots indolents.

Alors revenons à ce qu’elle est manifestement.

Elle est l’illustration parfaite de ce qui échappe à l’attraction terrestre, de ce qui plane dans les sommets, de ce qui s’évapore entre Lune et aurore, de ce qui reste entre neige et rêve.

Bref, elle est tout le contraire de la pensée lourde.

Farrah Fawcett m’en met plein la vue ! Et moi, austère esthète enchaîné à l’éclat des étoiles, je gèle de ravissement face à ce cristal, à ce diamant, à cet iceberg.

Cet astre glacé qui ne chie que de la lumière me rend givré.

J’associe la beauté séraphique de Farrah Fawcett à l’idée de gouttières débordantes de flotte céleste, de toits ruisselants des pluies d’avril, de sillons trempés d’averses pré-printanières, de flaques d’eau argentées reflétant le ciel et ses nuages. Cette femme s’apparente aux tempêtes aqueuses des fins d’hiver, aux bourrasques rafraîchissantes des mois de labours, aux flots aériens qui noient la terre d’espoir pour y faire germer des betteraves.

Elle est comme un souffle de blancheur qui entretient la banquise dans son éternelle pureté : son essence c’est l’onde brute alliée au sucre raffiné, les parfums du matin mêlés de brumes, l’écume de l’océan sous le firmament.

Ange aux ailes de silex, Farrah Fawcett est un soleil nivéen, une lune congelée, un froid lumineux, une idée du Beau très au-delà des références humaines.

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https://www.youtube.com/watch?v=reSUUqGHUOI&feature=youtu.be

http://www.dailymotion.com/video/x5sptfv

lundi 19 juin 2017

1226 - Une marche lumineuse

Je marchais sous un vent de feu.

Dans le ciel, de la poussière. Dans ma tête, de l’azur. Sous ma semelle, du goudron fondu.

Mes pensées étaient fraîches et légères. Et dans l’air chaud, je marchais, marchais... Et dans le jour embrasé, je marchais, marchais... Et sur cette route sans ombre, je marchais, marchais...

Je cheminais le front au soleil, le coeur plongé dans une onde apaisante. Ma peau était brûlante, ma gorge sèche, mes muscles fatigués. Mais mon esprit voguait ailleurs.

J’avais faim, j’avais soif, je cherchais le repos, l’ondée, et pourtant je marchais comme si je volais, de plus en plus insensible à la fournaise.

Ma chair était là mais mon âme était loin, perdue dans des sommets enneigés.

Je visais l’écume, le cristal, le bleu.

Et je voyais sa face pleine de clarté.

Elle, l’étoile. Elle la femme aux yeux aériens, aux lèvres galactiques, elle la pharamineuse facette de cet Univers créé à l’image de Dieu...

Morte depuis tant d'années.

J’allongeais le pas sous un vent de feu. Arrivé devant sa tombe, épuisé, conscient de ses os, seul devant ses restes, je me désaltérai de son image.

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https://www.youtube.com/watch?v=kkZTV2aHyu4&feature=youtu.be


http://www.dailymotion.com/video/x5ra5yr

samedi 3 juin 2017

1225 - Fille de rêve

Elle avait les yeux globuleux, les lèvres gercées, les ongles acérés et son coeur était pourri.

Je lui adressai un regard sarcastique et morbide qui en disait long sur mes libidineuses intentions à son sujet...

La femelle apparition, belle comme une sorcière, aussi intelligente que méchante, laidement accoutrée, s’ouvrit telle une tombe à la vue de ma face de rat..

J’étais mort de bonheur !

Avec son inélégance macabre, ses airs de cadavre lourdement endimanché et ses sourires de grande blonde pas charmante du tout, elle sut me séduire non seulement par son esthétique crapuleuse mais encore par sa poésie sépulcrale...

Dans ses bras je découvris la joie d’être deux et de ne faire plus qu’une seule ordure. L’alliance de la charogne et du crapaud, la danse du cafard entre les pattes du crabe, le chant de la mort à la Lune dans la nuit...

C’était ma première rocaille amoureuse, mon plus cher feu névrotique, l’unique brûlure de ma vie. Moi j’étais sa plus affreuse conquête, sa glorieuse misère, son ignoble chéri. Ensemble, nous formions une porcherie incendiaire : nous nous aimions comme deux horribles enfants capricieux et égoïstes, cruels et gourmands, sales et bruyants.

Elle le furoncle, moi le vitriol.

Nos baisers avaient le goût de la peste, la douceur de l’amende amère, les promesses du givre, la senteur des marais et le mystère du cri de la chouette dans la forêt...

C’est au jour de son décès que j’appris son nom.

Elle s’appelait Cauchemar.

Et c’est à ce moment précis que je me suis réveillé, sous un soleil printanier.

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https://www.youtube.com/watch?v=sSUrhSMlF3Y

http://www.dailymotion.com/video/x5p68cd

jeudi 1 juin 2017

1224 - Les vrais pauvres

Les véritables pauvres ne sont pas ceux que vous croyez.

Moi je parle des vrais indigents, des authentiques gueux qui touchent le fond : les gens déshérités de l’intérieur, ceux qui sont réellement à plaindre en profondeur et non en surface.

Ces humains dans le dénuement, ce sont ces chiens perdus qui n’ont rien, ceux qui n‘ont aucun bien, qui ne possèdent rien ayant de la valeur et je les appelle des misérables.

Leur ventre est pourri.

Parfois ils peuvent briller par leurs vêtements, leurs diplômes, leur renommée, leur uniforme, mais ils puent en dedans.

Je ne parle pas d’argent ici, je parle d’une chose bien plus essentielle : l’âme.

Le loqueteux, c’est l’irresponsable qui génère les souffrances des animaux en croyant bien faire. Le malheureux, c’est le policier d’un de ces pays de terreur qui à l’abri des regards, sûr de son impunité, torture les prisonniers au nom de sa cruauté.

Le lépreux c’est, en France comme ailleurs, le fabriquant d’armes, honnête pourvoyeur d’emplois sur le marché prometteur de la mort, prospérant sur les haines du monde, érigeant sa fortune sur la ruine des belligérants...

Vérifiable chaque jour dans notre pays, le pouilleux c’est encore le pervers délivré de ses tabous qui pense que ses euros-rois alliés au “vent de contestation libertaire”  lui donnent le droit d’acheter l’innocence des enfants de Manille. Mais le démuni c’est aussi ce gauchiste “progressiste” cherchant à blanchir les esprits sombres de ses frères “d’aventure moderne”, coupables “d’amour”...

Parce que le piteux, oui, c’est celui qui appelle “amour” la perversion pédophile, la déviance homosexuelle, la turpitude du siècle...

Le pitoyable c’est également ce déraciné parlant de liberté, de féminisme, de modernité, qui tourne en dérision le mariage, la famille, l’éducation hétérosexuelle, la rigueur morale...

Bref, les vrais pauvres sont ces endormis du quotidien ne voyant ni le bien ni le mal qu’ils font.

Mais surtout, ce sont ces adeptes du mensonge et de l’injustice qui eux ont les yeux bien ouverts.

Trop conscients qu’ils sont d’avoir, pour seule bible, leurs plaisirs tantôt de chiots minables, tantôt de loups féroces.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=2pYCzdYsbb4

http://www.dailymotion.com/video/x5t4lup_les-vrais-pauvres-raphael-zacharie-de-izarra_school

vendredi 26 mai 2017

1223 - Peuples de la Terre

Tous les peuples sont beaux, tous les peuples sont dignes, tous les peuples sont grands.

Le Soleil se lève sur leurs chants, brille dans leurs yeux, se couche sur leurs oeuvres.


Et le clair de lune -qui dans le secret de la nuit rend les hommes authentiques- donne aux peaux multiples la couleur unique du sel et du sucre, de la vie et de la mort, des larmes et de l’amour.


Des pygmées lointains aux géants des mythes oubliés, des hôtes des neiges aux conquérants des sommets, des nomades les plus crasseux jusqu’aux princes des sables, tous regardent vers le ciel.


Les rêves de toutes les races sont les rêves des dieux.


Les ethnies qui entre elles échangent mais ne se mélangent pas demeurent en paix : leur force et leur richesse ne sont pas dans leur fusion mais dans la préservation farouche de leurs différences. La gloire de ces sangs étrangers est non pas dans leurs ressemblances mais dans ce qui les distingue.


Chaque souche a son âme, chaque espèce ses fruits, chaque forêt ses légendes, chaque royaume ses astres.


L’orgueil des branches humaines n’est pas dans leur uniformité mais dans leur singularité : l’habitant de la Mongolie ne goûterait guère au breuvage du danois et le touareg du désert perdrait sa fierté à échanger sa tente contre une chaumière normande...


Si j’estime que l’autre est mon reflet, je ne vois plus l’autre. Et je nie son essence.


Mais si j’admets qu’hors de ma frontière il est noir tandis que je suis blanc, que sa tradition est faite de bois et que la mienne est faite de pierre, qu’il blanchit sa terre et que je fleuris mon jardin, qu’il mange son miel et que je bois mon vin, bref qu’il est mon contraire, alors je le regarde comme un frère de la Terre et non comme un pion, un clone, un être insipide et interchangeable.


L’or des uns, la rudesse de certains, l’intelligence de ceux-là, la simplicité de ceux-ci, l’âpreté des primitifs, le raffinement des civilisés, voilà ce qui donne sa saveur à l'Univers !


En un mot l’étrangeté des fleurs fait la lumière du monde.


VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=TizlCfueQmw

http://www.dailymotion.com/video/x5p9qak_peuples-de-la-terre-raphael-zacharie-de-izarra_travel

mercredi 24 mai 2017

1222 - Cadavre

Il a la face maquillée de givre, la tête lourde, le coeur vide, les veines blanches.

Et ses mains de pierre étreignent le néant.

Etendu sur son lit, figé dans son  sommeil de mort, il rêve de marbre.

Il a l’air un brin solennel. Austère. Immobile. Pensif.

Il médite, les pensées creuses, sans plus d’haleine, l’âme ailleurs.

Le plafond est au-dessus de lui, la chandelle à son chevet, ses amis à ses côtés. Et le cimetière à ses pieds, un peu plus loin, un peu plus bas.

Il attend.

Dans la solitude de son trépas.

Il dort.

Plein de mystère et de silence.

Il gît.

Sans un bruit, sans faire d’ombre, il est là sans être là.

Comme un astre éteint.

Il repose dans la pièce, enveloppé de froid, plongé dans la nuit, parti vers l’inconnu, abandonné à l’infini.

samedi 13 mai 2017

1221 - La marche de Macron

Parce que  j'ai le sens de la grandeur et que je sais la reconnaître et la célébrer, même chez mes adversaires...

Il marche, impérial.

Le front serein, l’aspect illustre, le pied alerte.

Sobre et solennel, grave et mesuré, simple et presque naturel.

Il a l’envergure, l’éclat, la hauteur d’un oiseau plein de mystère et d’élégance : ailes fines, robe profonde, allure aérienne.

Une sorte de corneille subtile : l’intelligence en souliers lustrés et plumes vernies.

L’habit sombre, les pensées lumineuses, il avance vers le sommet. En route pour la gloire. Pas à pas, tel un marbre vif parmi les autres marbres immobiles qui l’entourent.

Avec ses rêves réalisés, il a le regard sage du vainqueur.

Sa silhouette qui chemine entre ombres et clartés se mesure aux façades immortelles.

Ces murs de géants se dressant à sa droite et à sa gauche, il les égale. La pyramide le consacre, le Louvre le baptise, l’hymne l’embaume.

Et le peuple l’acclame.

Au-dessus de sa tête, le ciel de Paris. Sur ses épaules, le poids de l’Histoire. En face de lui, un destin, une mission, un pays : l’immortalité.

Il marche, cérémonieux, le geste posé, l’âme chargée.

Royal.

Après cet interminable vol en solitaire, il gravit la tribune et parle à la nation. Le monde est à ses pieds, le siècle dans sa main.

Eclairé par les étoiles, inspiré par les dieux, enflammé par le feu sacré, il n’a jamais douté.

En ce soir du 10 mai 2017, un vent frais souffle sur la capitale. Des feux s’allument dans les coeurs, d’autres s’éteignent. Ainsi en va-t-il des grandes choses de l’Humanité.

Le jeune Macron a été élu.

jeudi 13 avril 2017

1220 - Les hypersensibles sont des nouilles molles

La mode est à “l’hypersensibilité”. Ce qui est normal dans cette société dévirilisée et nombriliste. Religion des caniches fiers de leurs frisures, filon des experts en “psycho-truc” tarifant leur docte baratin, valeur dominante dans le créneau porteur des imbécillités à haut potentiel commercial et/ou égocentrique, l’excès de sensibilité (ou plutôt de sottise narcissique) est la dernière connerie en vogue la mieux partagée dans l’univers rose-bonbon des gogos.

Un culte déjà exploité par des radios intimistes, des télévisions populaires, des articles racoleurs de journaux spécialisés (et même génériques), tous en quêtes de nouveaux secteurs publicitaires ou simplement de rubriques et reportages démagogiques susceptibles de fidéliser les nigauds en leur servant les salades qu’ils attendent. Et ouvre la voie, n’en doutons pas, à de juteux produits dérivés...

Bref, ce concept de l’hypersensibilité n’est rien d’autre qu’une scandaleuse médicalisation de l’autolâtrie. Un signe évident de la décadence de notre civilisation, le paroxysme de l’individualisme aveugle, bête, stérile.

Dés qu’un pleurnichard lambda manifeste ses petites contrariétés de chiot douillet avec impudeur et fracas, des marchands de vent  -dans le meilleur des cas de simples parleurs creux n’ayant rien à vendre sinon promouvoir leur image- sont là pour sanctifier ses larmes puériles, en faire un sujet d’expertise, de réflexion, de débat. Ou l’art de donner des lettres de noblesse à l’insignifiance des prétentieux anonymes.

Des perdants, des flasques pédants qui se complaisent dans l’exacerbation de leur “moi je” et qui ont inventé “l’hypersensibilité” pour se démarquer des gagnants, ces valeureux, ces forts, ces durs-à-cuire qui eux ne regardent pas à longueur de vie leurs doigts de pied mais agissent, avancent en se moquant des traînards plaintifs et larmoyants occupés à retirer des épines imaginaires de leur pied.

Je remarque que ceux qui se définissent comme “hypersensibles” sont des ex-enfants rois qui s’emmerdent dans leur existence. Fruits insipides de ces classes moyennes ayant pris leur foin standard, c’est à dire leur culture au rabais, pour de l’or. Troupeaux de veaux avachis issus de troupeaux de moutons bêlants.

Résultats consternants d’une éducation centrée sur “la réalisation de soi” ou “l’épanouissement personnel”, cette pacotille pédagogique érigée en religion.

Et ils racontent en long et en large leurs frilosités de chétifs, leurs bobos d’eunuques, leurs états d’âme de peluches, leurs larmichettes d’adultes n’assumant pas leur pilosité, bref ces pauvres bébés rasés de près, à l’épiderme mental si doux, si fragile, étalent publiquement leurs couches-culottes et réclament reconnaissances et compassions pour leurs diarrhées nombrilisco-émotionnelles, ces trésors sans prix à leurs yeux...

Vous l’aurez compris, je suis un aigle, non une fiotte. Que ceux qui volent haut me suivent !

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=oxsW_kb1EmI&feature=youtu.be

http://www.dailymotion.com/video/x5i4cgs_les-hypersensibles-sont-des-cruches-raphael-zacharie-de-izarra_school

dimanche 9 avril 2017

1219 - Mirage d'été

Leurs regards se sont croisés en plein soleil.

Dans la touffeur de l’été.

Lui, seul dans la foule. Elle, riant dans la lumière.

L’homme, silencieux, secret, s’est mit à brûler pour cet astre femelle. Elle, éclatante de beauté, perçut sa flamme et d’un signe qui voulait dire “oui”, scella l’affaire.

Les chairs se sont unies, les âmes se sont parlé : les heures furent glorieuses. Puis le soir est arrivé.

La lune apaisa l’azur, rafraîchit les peaux, berça les amants dans leur sommeil.

Au réveil du dormeur la femme était loin. 

La rêveuse se trouva seule elle aussi, au matin.

Leurs regards pourtant s’étaient croisés en plein soleil, la veille...

La fièvre les avait réunis, non la réalité : tous deux avaient été victimes d’insolation.

Les deux rêveurs ne se rencontrèrent jamais et ils continuèrent leur chemin.

Lui, seul dans la foule. Elle, riant dans la lumière.

VOIR LA VIDEO :


samedi 1 avril 2017

RIEU CHEZ LES RILLETTES !

Le Mans est en émoi : André Rieu va faire valser la cité des rillettes.

C’est un grand jour pour la classe moyenne en surchauffe.

Les retraités des quartiers populaires, grands mélomanes et fins connaisseurs de la vulgarisation des "tubes du classique" se sentant privilégiés de pouvoir admirer sur scène le Beethoven des temps modernes, ont repassé leurs habits du dimanche et lustré leurs souliers de bal.

Les employés de l’usine Renault éblouis par ces promesses de violons tourbillonnants et de guirlandes étincelantes se félicitent à l’idée de faire ce premier voyage de leur vie au pays des blondes marquises et des carrosses dorés : ils vont se croire dans la peau de leurs patrons le temps de cette soirée de rêve, s’imaginant en effet avec envie que les grands de ce monde qui les emploient sont friands de ce genre de “distraction de qualité”...

Les jeunes mariés vont venir sceller le lien du “plus beau jour de leur vie” d’un baiser-selfie mémorable sous les plus fameux airs romantiques de la musique classique revus à la sauce rose-bonbon, cette liqueur des amateurs d’opéra-variété, de Chopin-choupinou, de Mozart-bisou et de Vivaldi-vive-la-vie !

Bref les adeptes de bastringue endiablé sont aux anges !

Gageons que lors de ce concert exceptionnel les coeurs sensibles vont frémir sous la dentelle soldée de chez Pronuptia, tandis que les scooteurs vont chauffer chez les livreurs de chez Inter-Flora ! Sans oublier -il faut bien rester pragmatique dans ce flot d’émotions extraordinaires et de fantaisies haut de gamme- les employés de DOMINO-PIZZA qui vont avoir du pain sur a planche, si l’on peut dire, pour la fin du spectacle.

Parce que le Mans se doit d’être digne d’un événement aussi féérique, un feu d’artifice offert par la mairie de gauche clôturera cette fabuleuse attraction qui fera la joie de tous ces experts en musicologie (ouvriers éveillés, seniors instruits et jeunes en quête de repères culturels) venus rendre hommage à leur maître Rieu !

Produits dérivés et autres colifichets de haut prix à l’effigie du grand interprète en vente au stand officiel -qui pour l’occasion sera spécialement dressé dans la galerie marchande de AUCHAN- dés la veille du show. Venez nombreux !

VOIR LES DEUX VIDEOS :

https://www.youtube.com/watch?v=q5H79Foeonc

http://www.dailymotion.com/video/x5gzfxf

https://www.youtube.com/watch?v=r7hmPGB7Ftk

http://www.dailymotion.com/video/x5gy9g1

mercredi 29 mars 2017

1218 - Je suis riche

Je ne porte pas de vêtements à la mode : je me présente aux autres avec la vérité de mon être perçant les apparences.

Je suis riche d’authenticité.

Je progresse sans moteur, à pieds ou à bicyclette : j’ai le goût de l’air pur et de l’effort.

Je suis riche de ciel bleu.

Je ne possède ni téléphone portable ni lunettes noires : je parle aux hommes sans appareil et ne voile pas ma vue.

Je suis riche de simplicité.

Je ne travaille pas, ne m’endette pas, ne désire rien de coûteux et de frivole, ne me sens point obligé d’imiter les moutons partant aux sports d’hiver, ne me rends esclave d’aucune futilité.

Je suis riche de liberté.

Je ne cherche pas à plaire aux idéologues, aux passants, à un patron, à mes voisins, pas plus au pape qu'au pouvoir en place.

Je suis riche d’indépendance.

Je ne chauffe pas en hiver, me déplace à la force de mes muscles, bois de l’eau claire, me nourris de pain noir et de verdures.

Je suis riche de santé.

Je ne cours pas après des chimères hors de prix, ne cherche nul trésor d’or ou de toc, n’aspire ni au superflu de poids ni aux petits riens vides de sens.

Je suis riche de légèreté.

Je ne me préoccupe guère de ma position sociale. Insensible aux artifices du siècle, aux vanités temporelles, je ne perds pas mon temps à faire briller mon image publique.

samedi 25 mars 2017

1217 - Vos urnes, mon azur

Certains s’imaginent immenses en se nommant “enfants de la République”, se prennent pour des flambeaux en se disant “héritiers des Lumières”, se croient au sommet en se présentant comme “fils de la Raison”.

Moi je suis simplement souffle dans l’éther, vague dans l’océan, point dans le firmament.

Je n’ai aucune ambition temporelle, que des ailes pour le ciel. Pas de poids politique, juste la légèreté des nuages. Je fuse dans l’espace pendant que les lourdauds remplissent les urnes de leur foin quotidien ou ruminent en rond dans leurs étables.

Je n’adhère nullement aux valeurs sacralisées par les quadrupèdes.

“Liberté, égalité, fraternité” : voilà trois méchantes carottes pour faire braire les ânes béats !

“Bleu, blanc, rouge” : c’est le vin sec et aigre, le nectar vulgaire, l’ivresse infâme des serviteurs de l‘insignifiance, des adorateurs du dérisoire, des disciples de la petitesse.

“Laïcité” : trésor minuscule des détenteurs du rien. Respiration des porcs pataugeant dans leur fange. Air sans vitalité des âmes éteintes. Banquet fade des noceurs creux.

La “démocratie”, cette religion vide des croyants en leur bide, ne pèse rien en comparaison à l’infini de mes vues sur ce qui la ridiculise, la pulvérise, la dépasse.

Pendant que les mystiques du suffrage universel chevauchent leur bidet à la conquête de leurs doigts de pieds, moi je sonde l’Univers, libre, lumineux, aussi ténu qu’une étincelle et soudain vaste comme dix-mille galaxies.

Je ne vote pas, je vole.

Je plane, chante, ris, porté par l’Eveil.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=ZDhfMk53nM0

http://www.dailymotion.com/video/x5g5h9x

jeudi 23 mars 2017

1216 - Fête au rabais

Jour de fête foraine au mois de mars.

Pluie glaciale.

Je me dirige vers l’entrée de ces réjouissances : une sorte de fossé jonché de détritus et dégageant de fortes odeurs d’urine. J’emprunte cette allée sinistre flanquée d’effigies clownesques géantes.

Des Têtes de Mickey, de Donald, de Gugusse.

Toutes blafardes.

Rendues méchantes grâce aux peintures écaillées. Leurs joues ruisselantes de rouille et de crasse visqueuse donnent une saveur aigre à leur sourire ambigu.

Carnaval de gargantuesques cadavres.

Accueil effrayant.

Des cerbères, gardiens de “machines d’amusement” et autres “animateurs de jeux” musculeux aux bras tatoués et aux mines patibulaires me fixent avec malveillance depuis leur guérite. Atmosphère lourde. Sensation d’insécurité. Je me sens comme une proie en terre ennemie.

Des pleurs stridents d’enfants sortent d’un manège de chevaux aux regards morts. Tout grince dans la machinerie du carrousel et la musique qu’on y entend est glauque. De temps à autre un fracas de ferraille couvre les sanglots de terreur des bambins. Le divertissement en question est en fait un immonde dôme fait de bric et de broc, un amas de tôles de récupération, tordues, percées, bariolées, mal ajustées et dont certaines, déchirées, coupantes, dépassent dangereusement ici et là. Sur le sol (des planches moisies ponctuées de gros boulons), des traces de cambouis et de restes de vomis incrustés... Tout ce fatras est imbibé d’une odeur d’huile brûlée émanant du moteur mal réglé.

Là coulent les larmes des innocents au rythme des tours de folie ! 

Payés cash à un prix prohibitif.

Je poursuis mon initiation dans cette ambiance crépusculaire. Plus loin l’attraction-phare : les auto-tamponneuses.

En m’approchant de ce lieu de récréation légendaire je croise une adolescente en pleur saignant du nez, blessée au visage. Non loin d’elle, un jeune homme avec un horrible hématome sur le front, la lèvre inférieure enflée, titube, ivre-mort, l’air hagard.

Immédiatement je suis happé par le spectacle des engins qui s’entrechoquent. Le décor est criard, vulgaire, crapuleux. Et, comme toujours dans son antre, le patron à l’allure de mafieux veille à l’entrée de l’argent, l’oeil mauvais, le mot déplaisant, le geste menaçant. Vite, je passe mon chemin !

Pressé de sortir de cette foire foireuse, je suis harponné par le train fantôme : le rabatteur au déguisement sordide me propose carrément l’achat d’un ticket sous peine d’un passage à tabac... Cette fois c’en est trop, je fuis ! Avec lâcheté ou courage, je n’en sais rien.

Derrière moi, les néons lugubres s’évanouissent peu à peu dans la brume et je rentre dans mon foyer retrouver mes rêves paisibles d’aubes légères et d’eau pure.


VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=na5vLl6wNc4

http://www.dailymotion.com/video/x5fwt8b_fete-au-rabais-raphael-zacharie-de-izarra_travel

lundi 20 mars 2017

1215 - Plus haut que vos têtes, plus loin que vos terres...

Pour les affaires de ce monde je ne suis digne de rien, ne donne la main à personne, ne verse mon sang pour nulle cause, ne tends vers aucune de vos directions.

Je suis un parjure du temporel. L’ennemi de tous les siècles. L’adversaire de vos sagesses. L’hérésie de chaque pays.

Loin de vos lois, en guerre contre vos horizons.

Indifférent à vos raisons.

J’ai l’âme d’un félon.

Absent à vos appels, je ne vous sers à rien. Je trahis vos dieux, me moque de vos misères, crache dans votre ciel, urine dans votre miel, souille ce que vous adorez.

Et vous prenez ces outrages pour des hommages.

Vous êtes des larves, vous dormez sous terre et me croyez des vôtres...

Vous n’imaginez pas que puisse briller un astre majeur par-delà vos portes blindées de bêtise, au-dessus de vos faces de rats morts, plus haut que les vues de vos viscères. Vous ne savez pas que vous êtes les miettes d’un monde immensément brillant dépassant vos valeurs les plus chères.

Vous êtes flasques, vous sommeillez dans la vase et me traitez comme un frère. Ignorant tout de moi, de vous-même et de l’Univers en prenant le pire pour le meilleur. Votre ombre vous semble lumière et elle vous suffit...

Je suis là pourtant, avec mes rêves plus réels que vos semelles chargées de boue, plus vif que vos flammes de malheur, plus léger que vos pensées façonnées par la merde.

Vous souffrez pour des peccadilles, vivez pour du vent, mourez pour des idées. Ne quittant jamais le sol, vous restez des fourmis, des larves, des rats, des ânes.

Et moi je vous le dis, même si vous ne m’écoutez pas : cessez de cultiver ces sornettes qui vous aveuglent, osez toutes les oublier et je vous montrerai l’infini.

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https://www.youtube.com/watch?v=Naulswr0yfQ

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jeudi 16 mars 2017

1214 - Plaidoyer pour l'hétérosexualité

L’union intime entre deux bougres est une injure à l’ordre cosmique, un déséquilibre de l’harmonie universelle, un outrage à la nature, un péché contre l’esthétique, une honte sur la Terre.

Les tendresses entre deux mâles sont des déviances. Leur flamme est perverse. Leurs moeurs dénaturées.

Deux moustachus ensemble c’est répugnant et choquant. Deux tribades ensemble c’est moins outrancier, moins malsain.

Mais la panacée, c’est un homme avec une femme.

Rien de plus beau qu’un regard entre Adam et Eve.

Rien de plus normal, saint, naturel, clair, glorieux, juste, bon, doux et vrai qu’un accouplement hétérosexuel sous le soleil de la vérité.

Le ciel a été fait pour recevoir les astres tout comme le garçon, cette merveille de la Création, a été fait pour recevoir les fleurs.

Les ébats charnels ne se conçoivent véritablement que sur le modèle inné basé sur le miracle, non sur le modèle corrompu fondé sur le mensonge.

L’un engendre, l’autre est stérile.

Les jeux nuptiaux inventés par la Céleste Intelligence, d’une incroyable diversité, d’une inépuisable richesse sont émouvants, éclatants, surprenants, colorés, drôles, élégants, raffinés, sophistiqués, étranges, sublimes, baroques, grandioses, joyeux, comiques, mystérieux... Bref, ils expriment la puissance, la bonté, la générosité et le génie du divin.

Alors que les séductions entre deux pédérastes sont grotesques, grossières, crapuleuses, affligeantes, misérables, tristes et même sinistres.

Je vous le dis : depuis que le monde est monde et ce pour toujours, sous le firmament on n’a pas fait plus brillant, plus rayonnant, plus lumineux que le baiser du Soleil sur la Lune.

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https://www.youtube.com/watch?v=WHCnc-G6pzs

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samedi 4 mars 2017

1213 - La coche et l'aigle

Née dans une ferme isolée, élevée par une famille d’attardés aux moeurs béotiennes, la fermière qui engraissait les porcs depuis son enfance croyait que sa laideur, son obésité, sa face ogresque étaient des gages de séduction : de l’amour elle n’avait eu que l’exemple des coches s’offrant à des verrats.

Avec les grognements de ses bêtes puantes pour toute musique nuptiale.

Aussi, lorsqu’elle croisa pour la première fois de sa vie un beau seigneur, c’est avec assurance qu’elle se dévêtit devant lui, sa vue déformée sur les affaires essentielles du coeur et de la chair lui ôtant toute capacité à l’auto-critique.

Ainsi elle lui exhiba l’horreur de ses appas et prit pour une marque d’admiration l’expression de dégoût que son corps adipeux, difforme inspira à l’esthète outragé (que, bien évidemment, seules les sveltes Vénus enflammaient).

En retour à cette offense qu’elle pensait être un cadeau de grand prix, elle reçut deux gifles et un crachat sur sa figure mal faite. Elle saigna de son épais nez porcin et sa blessure ruissela sur les deux énormes baudruches flasques lui tenant lieu de féminité, ce qui rendit le tableau encore plus grotesque.

Elle ressemblait à un cochon qu’on vient d’égorger.

Mais cela ne fut pas suffisant pour éteindre le courroux de l’aristocrate scandalisé par cette verrue. Le spectacle de tant de disgrâce et de bêtise mêlées le rendait cruel, méchant, impitoyable.

Redoublant d’une rage vengeresse qu’il prit soin de dissimuler derrière un faux regard de compassion, faisant semblant de regretter son attitude, il approcha sa main du visage de l’éplorée comme pour la consoler et se faire pardonner...

Le laideron ferma doucement les yeux, en attente de sa caresse...

Alors dans un ricanement terrible il enfouit brutalement son groin dans la boue et, se saisissant d’une lame de sa poche, rasa les cheveux de l’immonde qu’il supposait être infesté de poux, elle qui fréquentait les plus ignobles créatures ! Les cris de la pouilleuse étaient en effet ceux d’une truie... A force de vivre en leur compagnie elle s’y apparentait jusque dans leurs pires manifestations.

Punie pour sa bêtise, punie pour sa hideur, elle se dédouana cependant fort involontairement de ses tares : en contant ce souvenir dans les salons feutrés de son château à des beautés guindées aux corps finement galbés, le sybarite les faisait bien rire, ce qui amenait ces coquettes conquêtes encore plus facilement à son alcôve.

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https://www.youtube.com/watch?v=HuPdsmpmPfY

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mercredi 1 mars 2017

1212 - Gens de goût

Ha ! que les hommes étaient beaux, que les femmes étaient gracieuses à leurs siècles de gloire !

Sous les ors de Versailles les messieurs bien nés portaient d’éclatantes postiches. Ils avaient de la morgue et du joli parler, de la poudre sur le front et du taffetas à la pommette. L’esprit haut et le geste précieux, ils savaient mêler la dentelle fine aux propos les plus saillants, leurs moeurs étaient délicates et leurs danses étaient nobles.

Ces dames et ces demoiselles, vertueuses et bien mises, flattaient la vue dans les salons et à la moindre brise, au plus léger motif, souffraient de charmantes vapeurs. A table ces élégantes demandaient le sel à l’imparfait du subjonctif et se maintenaient ainsi dans la soie verbales jusqu’au dessert. A l’heure des liqueurs, elles succombaient aux mâles avances dans de forts complexes arabesques grammaticales auxquelles il fallait répondre avec autant de virtuosité phraséologique et de rage libidineuse mêlées. Bref, elles faisaient honneur à la Civilisation.

Ces belles gens éduqués, raffinés, perruqués ne s’entretenaient point de philosophie avec la domesticité ni ne se frottaient à la gueusaille au nom d’une conception dévoyée du monde. Ces élus finement enfarinés tenaient leur rang.

Cette société esthète se pâmait devant des Watteau et persiflait tout ce qui s’éloignait des “Embarquements pour Cythère” et autres fêtes galantes. Le goût sûr et la sensibilité fine, ces châtelains affectionnaient les thèmes à leur portée de haut perchés.

Hôtes de demeures choisies, amies des lettrés dormant dans des alcôves lustrées, égales de l'espèce illustre costumée dans des fils précieux, ces honnêtes âmes joliment chaussées savaient vivre, aimer, danser le menuet, monter à cheval, et jamais dans leur existence exquise ne faisaient de faux pas, jamais ne sombraient comme en cette époque nôtre dans l’horrible vulgarité incarnée par la classe moyenne !

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https://www.youtube.com/watch?v=5Vo87LJ-ny0

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samedi 25 février 2017

1211 - Le plus léger des airs

Il frappe à nos portes et fait ouvrir nos fenêtres, se présente comme une fleur et entre sans façon.

Il s’invite chez nous à l’improviste pour y chasser les ombres de l’hiver et raconter des histoires légères.

Avec ses poches pleines d’air pur, ses bras chargés de terreau et ses promesses d’éther, on le laisse s’installer de bon coeur dans nos foyers.

Et prendre racine dans nos jardins.

Sur le front il arbore la blancheur cadavérique des derniers givres, ses joues sont peinturlurées de vert-gazon et sa bouche bave la liqueur lactée des laitues. Ha ! il est beau à voir cet Arlequin ! C’est un vrai guignolo, un boute-en-train des potagers, un rigolo des rues, un clown des champs, un drôle d’oiseau en vérité !

Toujours parfumé d’herbes fraiches, chaussé de plumes et vêtu de nuages, il erre, musarde, vagabonde entre demoiselles évanescentes et moulins à vent, dentelles et azur, caves et greniers.

Il est tout à la fois la sève, le suc, le sel et le sucre de la vie.

La fin de nos problèmes et le commencement de tous nos désirs.

Ce diable de cornichon au regard cérulescent, cet infatigable danseur des prés à la tête de genévrier, aux pieds de biche et doigts de grenouille, aux cheveux défaits et allures de pissenlits, vous l’avez tous reconnu, c’est bien évidemment l’printemps !

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https://www.youtube.com/watch?v=uuwhbW5dfms

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samedi 28 janvier 2017

1210 - Eloge funèbre pour ma tante Jeanne

Te voici donc devenue l’égale des ailés : une vive flamme, une onde dans l’infini, l’hôte d’un nouvel azur...

Nous qui t’avons connue si humble, si pieuse et si douce, nous ne doutons pas de la légèreté de ton envol. Nous t’accompagnons de nos pensées joyeuses dans ta montée vers la lumière.

Tu étais proche de Dieu au quotidien, dans tes vues, paroles, gestes et pensées. Ta vie était simple, honnête, sans ombre.

Tes jours passaient, modestes, silencieux, vertueux.

Tu cheminais sagement, sans faire bruit, vaillamment pourtant. A petits pas mais avec les yeux dirigés vers les hauteurs.

Tu es partie cueillir les fleurs les plus fines du Ciel, Jeanne.

Va, vole, vis, tu les mérites, tu les as gagnées, c’est ton trésor, ton héritage, toi qui durant toute ton existence, à travers ta délicatesse, ta pureté, ta clarté en incarnas les précieux parfums.

mardi 10 janvier 2017

1209 - Dans la lumière

(A la personne qui se reconnaîtra)

Je ne suis nullement indifférent à ton sort, je suis juste dépassé par la situation que, plus ou moins, tu m'imposes. L’apparence de l’indifférence doit être, je suppose, un moyen de défense naturel de l’esprit qui se sent envahi par des vagues incontrôlables.

Je ne veux que ton bien, je veux que tu sois heureuse, sereine, pleine de joie comme je le suis moi, plein de joie naturelle, innée, mais aussi plein de joie de savoir que la vie est belle, magnifique.

Cesse de maudire ton sort, de maudire mes réactions qui ne te conviennent pas, de maudire tes jours de tristesse et sache recevoir la lumière de la Création au lieu de courir après des chimères.

Je suis là, je ne te hais pas, je vis ma vie sans te rejeter, mais toi tu dois faire l’effort de recevoir les grâces de l’existence sans la maudire. Même si tu ne reçois que des miettes de cet or, sache l’apprécier au lieu de regretter de n’en avoir pas plus.

Je ne te rejette pas, mais je m’éloigne de toi si tu es ténébreuse et que je suis solaire, si tu es terne et que je suis éclatant, si tu es sombre et que je suis radieux.

Tu as un fils, tu as un mari et en plus tu as croisé une étoile dans ta destinée. Tu devrais te réjouir de ces cadeaux au lieu d’en être malade aujourd’hui.

Je suis l’exemple du bonheur de vivre et de la légèreté, pourquoi ne m’imites-tu pas dans ce que j’ai de meilleur ? Je ne veux pas côtoyer la misère et la tristesse mais la lumière et l’allégresse. Je m’écarte naturellement de tout ce qui est sombre, noir, pesant, sinistre. Sois donc légère, lumineuse et virevoltante comme un oiseau plein de couleurs et de clartés !

Je ne dirai rien de plus, je refuse d’être profond et lourd, solennel et compassé, grave et austère. Par nature je suis un azur et une onde mêlés, c’est à dire un arc-en-ciel, par conséquent je ne peux que désirer monter vers les astres, non m’enfouir sous terre.

Tes pleurs ne me feront pas descendre, tandis que tes rires me feront grimper encore plus haut. La tristesse, la déprime ne m’attirent pas. Face à la misère sur laquelle je n'ai aucun pouvoir, je regarde les nuages et cela me donne le pouvoir réel de ne pas ajouter de la misère à la misère mais de la fuir.

Je ne suis guère l’ami de la souffrance. Mes frères, c’est le peuple des ailés, des joyeux, des légers, des gens qui brillent.

Que les suicidaires se suicident, que les tristes restent dans leur cercueil de morosité, que les amoureux des ténèbres chantent leurs malheurs...Mais qu’ils laissent les papillons s’envoler.

J’appartiens à la belle espèce des gens heureux, si tu veux me suivre tu devras quitter ton manteau d’épines trempé de larmes et colorer ton âme de bleu.