dimanche 31 décembre 2017

1239 - Les méchants, c'est nous-mêmes !

Pour tout quidam conscient de sa valeur de “pion exceptionnel” sur l‘échiquier du siècle, il est de bon ton de clamer, avec de grands airs de sincérité -mêlée de dégoût- bien affichés, ne pas supporter l’injustice.

Ou la médiocrité. Ou la bassesse. Ou n’importe quoi d’autre du même genre.

Bref, cette espèce de déclaration bête et irresponsable sensée protéger leurs auteurs de la bêtise et de l’irresponsabilité.

Or nous savons tous, nous les esprits réellement éveillés, nous les âmes authentiquement lucides, nous les gens vraiment sincères, que nous encaissons parfaitement injustice, bassesse, médiocrité, et pires encore.

Si nous ne nous digérions pas toutes ces lourdeurs dénoncées avec tant de puérilité (ou d’hypocrisie) par ces révoltés du dimanche, nous ne serions plus vivants depuis belle lurette !

Vivre c’est précisément résister à ce qui tue, c’est se moquer des iniquités, c’est marcher sur la tête des chétifs pour mieux placer la sienne hors de l’eau, c’est préférer avancer vaille que vaille plutôt que stopper sa marche afin de se lamenter stérilement sur le sort des perdants, au nom de la générosité.. A l’image des arbres qui, avides de soleil, écrasent les autres en leur faisant de l’ombre. C’est cela, vivre ! Qui ne se donne pas les moyens de croître meurt, c’est la loi. Et tant pis pour ceux qui croient au père Noël avec ses guirlandes de fadaises lénifiantes !

Les naïfs qui déclarent “ne pas supporter l’injustice” la supportent très bien en réalité. Tout bonnement parce qu’en plus d’ignorer eux-mêmes être les salauds d’autres individus ou groupes d’individus (nous sommes tous l’ivraie de bons grains vivant ailleurs, eux-mêmes le poison d’autres graines, etc), ils sont naturellement armés pour prospérer coûte que coûte et taillent leur chemin à grands coups de hache dans le tas, mais sans s’en rende compte. Heureusement pour eux, leur système de défense mental agit dans leur intérêt à leurs insu, sinon ils ne seraient évidemment plus là pour faire résonner leurs voix de guignols scandalisés dans leur théâtre candide !

La preuve que ces ingénus cornichons supportent fort bien l’injustice contrairement à ce qu’ils prétendent : la pratiquant eux-mêmes chaque jour de leur existence sous des formes qu’ils ne perçoivent pas, ils sont toujours en vie, pleins de sève et de force !

S’il suffisait de ne pas tolérer l’injustice pour qu’un coeur cesse de battre, le monde aurait été dépeuplé depuis ses origines... Bien au contraire : parce que les êtres s’adaptent aux dures réalités qui les entourent, ils peuvent évoluer, se perpétuer, dominer les forces en action et finalement devenir les maîtres de l’Univers.

On peut certes détester l’injustice, et c’est là une bonne chose (ce qui est d’ailleurs le cas de tout homme honnête, moi y compris), pour autant rien n’arrête le progrès du bipède éclairé qui sait bien que pour grandir, il ne doit surtout pas écouter le cri infertile des andouilles.

En d’autres termes, nous sommes tous des “méchants”. Et cette “méchanceté”, parce qu’elle est universelle, s’annule : nous devenons alors simplement des esprits en cheminement, c’est à dire des intelligences cherchant encore plus de lumière.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=1Zrk5rMIIeY&feature=youtu.be

jeudi 14 décembre 2017

1238 - Marc-Édouard Nabe

Entrer dans le monde de Nabe, c’est rêver dans le brouillard. S’entourer de nappes de pensées. Se plonger dans un état de brume et parler d’un tas de trucs.

Nabe émet des mots en poudre qui explosent et partent en fumée. Ou retombent en poussière. Bref, il lance des flocons d’avoine qui virevoltent et puis fondent.

Neige ou blé ? Des choses à la fois franches et incertaines, de quoi semer aussi bien des cailloux que des doutes.

Nabe c’est le pétard des belles-lettres. La bombe d’artifices. La patate atomique. L’orage qui “spectacle” en bas et l’éclair qui “chocolate” en l’air.

Mais chut ! C’est l’heure nébuleuse de Nabe-la-bulle ! Le monde est là : la plume claque, la prose flatte, la pose frappe, la face est vive et le ton va bien avec.

Voilà que le coq chante.

Ou que le bec caquette. Enfin peu importe, voici la rage en marche, la marge en arme, le rouge au col. Avec la crête en vogue... Chez Nabe en effet le détail qui tue, c’est ça qui compte.

Moi je n’évoque Nabe qu’avec des polypes dans la gorge, des clochettes dans la voix, une bosse sur le front et un pal dans le dos qui me fait un mal de chien comme un vrai chameau que je suis !

Mais surtout, avec dans la tête des douleurs anachroniques d’enclume écumante. De sévères et virtuelles névralgies de chimères dures comme le nougat de Montélimar !

Je ne puis doctement débiter des bagatelles à son sujet qu’en termes solides ou gazeux : soit le plomb, soit la vapeur. Ou même aréneux, ce qui n’est guère onéreux, ou encore aqueux : sable ou flotte. Des babioles. Pour le dire sans le dire, toujours dans le trouble, le flou, le vaseux, le hors-champ de ma lumière izarrienne...

Oui parce que Nabe c’est du verbe pilé plein de fracas pour faire des phrases totales, entières, bien mûres. Le maître des tomates accompagné de poires, cerné de guirlandes. En somme, partout autour de lui, de la véritable andouille qui vire à droite ou à gauche mais reste toujours aussi juteuse.

Sans oublier dans les poches, le slibard, les manches, le foulard, ce qu’il faut pour éblouir encore un peu plus.

Jamais je ne pourrai dégoiser sur ce lettré guignol en termes clairs, nets, simples, parce que je ne comprends que pouic au théâtre dramatico-burlesque de son microcosme littéraire subversif parisien. Et vous, décodez-vous ce que je dis à propos de Nabe ou faites-vous semblant ?

Parler de Nabe, c’est papoter de bavures de buvard, de bave et d’encre noire, de buée et de bruits dans le vent, de vaguelettes d’idées qui moussent.

Mais également d’eau qui s’évapore, se fait oublier un temps et revient à l’improviste sous forme de pluie pour, de littérature, nous mouiller.

mardi 12 décembre 2017

1237 - Un esprit curieux m'interroge sur Farrah Fawcett

Bonjour, cher maître. Je tente encore de sonder les profondeurs inexpliquées de votre obsession fawcettienne. Vous avez le don de tisser l’énigme avec le fil de la lumière et non de l’ombre et c’est toujours un plaisir de vous interviewer.

1. Quel est le rapport entre le mystère astral qui vous entoure et celui des rayons fawcettiens émanant de votre plume ?

L’un est tout de plume et de Lune mêlées, l’autre -aussi léger et étincelant-, tout de flamme et d’azur, je vous assure ! Le premier n’a rien d’escargotique, le second est un principe anti-casserole. Moi je décolle de terre. Elle, elle s’envole dans l’éther. Vous voyez, les mot dits comme les non dits se rejoignent dans les sommets, il suffit d’un peu d’air et de quelques ailes... Entre l’R et les L, il y a le O. Le haut je veux dire.

2. Vous comparez souvent la beauté de cette actrice médiocre à celle des anges. N’est-ce pas là une sorte de blasphème, sachant que la grâce des anges est toute spirituelle ?

On ne blasphème jamais lorsqu’on évoque les reflets célestes qui s’impriment ici-bas sur les choses et les êtres. Bien au contraire, reconnaître l’ange à travers la créature, la rose ou le caillou, c’est glorifier Dieu qui ne fait rien de laid et tout de merveilleux. A divers degrés, il est vrai car enfin dans toute la Création il n’y a qu’une seule Farrah Fawcett et bien des diamants beaucoup plus ternes... Mais ça, c’est la loi de l’inégalité universelle ! Il faut une hiérarchie, en effet, entre la pierre et l’astre, la vermine et le lion, la boue et le cristal. Mais aussi des différences entre chaque branche d’un même arbre.

3. Associez vous cette idée de splendeur relative à Farrah Fawcett à votre enfance ou à votre fin de vie ? Aube pure ou crépuscule radieux ?

Le papillon est éphémère mais devient éternel en volant dans la lumière car c’est dans ce bref moment qu’il crée sa légende. Le baptême de l’air éveille les consciences qui prennent de la hauteur sur le monde. Farrah Fawcett, c’est la chair intemporelle, l’image qui brille hors du cadre, la matière lumineuse, les traits façonnés par l’esthétique infinie. “Traits façonnés par l’esthétique infinie”, cela ne veut pas dire grand-chose je vous l’accorde, c'est pourtant l’idée la plus juste, quoique saugrenue, qui me vient à l’esprit pour répondre à votre troisième question...

4. Parfois ridiculement coiffée, fichtrement parée à l’américaine, la belle texane ne fut jamais vulgaire cependant. Cette fleur qui demeura intacte à travers toilettes infâmes et modes douteuses, selon vous, elle le dut à l’éclat de sa face ou de son esprit ?

La tête ici n’a rien à voir avec la face de Farrah Fawcett qui était fort commune quant à ce que reflétait son front... Les trésors du Cosmos qu’elle incarna si bien ne sont toutefois pas les richesses de la glaise. Les feuilles vives ne sont pas les racines pensantes. Comme la rose irresponsable de son attrait, elle s’est contentée de naître. Mais je ne lui demande pas plus que cela car cela suffit à mon extase.

5. Si de Farrah Fawcett émanait un principe ce serait, d’après vous, un principe de vie, d’amour, de beauté, d’éternité ?

De Poésie, c’est à dire exactement de vie, d’amour, de beauté, d’éternité, et beaucoup plus encore. Autrement dit de Poésie cosmique. Entre asticot universel et galaxie immortelle, depuis la poussière transcendante jusqu’à l’espace intérieur, de la soupière au Soleil.

6. Cherchez-vous cet aspect fawcettien dans les êtres qui vous entourent ?

On ne cherche nulle part ailleurs que dans l’unique ce que l’on sait unique. Ce qui fait le prix de ce bijou taillé aux facettes typiques, c’est précisément son caractère irremplaçable, non reproductible. La Création est composée d’éléments, d’êtres aux formes multiples et variées à l’infini. Même ce qui se ressemble n’est jamais égal à son semblable, à l’image des grains de sable, des brins d’herbe ou des nuages : sculptés à chaque fois en un seul exemplaire chacun et sans cesse changeants. Rien ne se copie dans les flocons de neige, les forêts humaines, les champs d’étoiles, bien que tout porte les mêmes traits, les mêmes formes, les mêmes couleurs. Tout ce qui est pareil à l’autre est cependant exclusif. C’est aussi cela l’incroyable inventivité du monde, et c’est un miracle à chaque particule, à chaque visage, à chaque planète.

7. Quelle est la première chose que vous associez à Farrah Fawcett ?

Tantôt le fait, en ce qui la concerne, de ne pas déféquer, d’échapper aux lourdeurs intestinales, tantôt aux cimes enneigées des montagnes qui le jour se gorgeraient de ciel bleu et la nuit seraient amoureuses de la Lune... En effet j’ai beaucoup de peine à me figurer Farrah fawcett en train de chier ! Pire : être victime d’une chiasse carabinée... Par conséquent je me la représente systématiquement dépourvue de fonctions excrémentielles, magiquement délestée de ce poids inesthétique. Il m’est aisé, par contre, de la concevoir en des termes plus parfumés, plus glacés, plus aériens.

8. Jusqu’où allez-vous nous emmener, emporté par les ailes de ce corbeau en or nommé Farrah Fawcett ?

Sur les rivages de l’infini, au bord de la mer cosmique, au pied de l’Univers, à la porte de l’éternité. Bref, au centre du Beau, au fond du mystère, au coeur de la Poésie.

9. A quelles vertus associez-vous Farrah Fawcett ? L’humilité sied-elle à la gloire que vous lui prêtez ?

Je l’associe à tout ce qui est idéal. Depuis la matière jusqu’à l’impalpable. Des pieds à la tête mais en évitant quand même le côlon comme je viens de l’évoquer un peu plus haut.

10. Accepteriez vous une prochaine interview sur la magnifique fée Fawcett ?

C’est pour moi un sujet intarissable, une eau inépuisable, une inspiration continuelle, donc je serai heureux de pouvoir accoucher d’autres feux littéraires et ainsi ajouter de nouvelles lueurs au firmament de ma plume.

mercredi 6 décembre 2017

DÉCÈS DE JOHNNY HALLYDAY : ROCK'N IMBÉCILE !

Depuis mon plus jeune âge j'ai toujours considéré le rock comme un phénomène musical primaire, ridicule, immature et bête conçue pour des auditeurs eux-mêmes primaires, ridicules, immatures et bêtes. Un bastringue propre à décérébrer maints troupeaux de bipèdes faibles d’esprit. Avec le temps, l'expérience, la sagesse, mon opinion s'est confortée dans ce sens.

La culture rock, puissant vecteur d'abêtissement des masses juvéniles, incarne le niveau zéro de l'intelligence, de la beauté, de l'élévation des coeurs, de l'éclairement des consciences. Violence, laideur, vulgarité, régression caractérisent cette fanfare de "singes contorsionnés", "d'andouilles bêlantes", de "perroquets hirsutes", même sous ses formes en apparence les plus inoffensives.

Les messages traditionnels de ce tapage sont des plus primitifs, archaïques, voire franchement imbéciles : baisons, cognons, crachons, détruisons, haïssons ! (Je caricature sciemment, quoique la réalité puisse être bien pire).

Comment peut-on se laisser fasciner, manipuler, influencer, conditionner, endoctriner par ce fracas tribal -pour ne pas dire démoniaque- issu des tréfonds du cervelet humain, déréglant sens, pensée, sentiments, exacerbant noirceurs de l'âme, corrompant tympans et sens de la modération, dénaturant l'homme en le faisant pantin simiesque ou chien aboyeur, détournant à son compte le sacré, inversant les valeurs fondamentales les plus élevées ?

La sotte frénésie avec laquelle les foules en transe agitent le chef autour de leurs idoles férocement grimées, le regard plein de ténèbres, un éclair sulfureux au front, la fureur aux entrailles, la guitare électrique en guise de phallus, sorte de sceptre hurleur défiant le Ciel, m'inspire les plus tristes sentiments. Mais aussi des réactions hilares...

Pour prendre l'exemple le plus anodin, le moins agressif, les Beatles, dieux vivants, ne sont à mes yeux que des ânes chantants. Certes ils chantent juste, connaissent les règles savantes de la musique, sont mondialement célèbres, mais ils ne font que du “vacarme rock” en attendant, genre brutal et dégénéré considéré à tort comme majeur. Le rock n'est à mes yeux ni plus ni moins qu'une flamme infernale, outrancière, bestiale et ouvertement destructrice, une vocifération universelle, une ignoble clameur charmant sinistres hystériques et doux idiots à laquelle on a décerné des notes de noblesses.

J'ai toujours été frappé par l'apparence grotesque des chanteurs de rock. Avec leurs accoutrements entre ogres et clowns, ils sont bien les seuls à ne pas rire de leurs excès... Quant à leurs moeurs et excentricités, qu'elles soient simplement scéniques ou réellement adoptées, je ne vois qu'outrages, déviances, démence.*

Rien de bien, ni de beau, ni de noble, ni de constructif.

Car enfin le reste, la déification des stars, les concerts historiques, les millions d'adeptes embrassant la cause, c'est juste la folie des hommes.

Ou leur bêtise.


dimanche 8 octobre 2017

1236 - Christine Angot

Elle édifie des pyramides de papier avec des flots de mots mêlés de ses flux menstruels, construit des cathédrales de vent à grands coups de projecteurs contre sa face décatie, érige des montagnes de rien à la gloire du sommet de son nombril.

Christine Angot n’est pas une farce, c’est une dinde sérieuse. Ou plutôt, Angot est une dingo qui ne rigole jamais. 

Cette plume de plomb prend de haut tout ce que nous voyons de bas. Et tente de faire briller ce que nous nommons ennui, platitude, vide. Et que nous renommons Ennui, Platitude, Vide après l’avoir écoutée. C’est une virtuose de l’artifice qui jongle avec des bulles de néant et des balles à blanc pour un public de pigeons.

Christine Angot écrit, c’est vrai. Elle écrit beaucoup. Pour elle, pour ses livres, pour l’oubli. Elle est l’incarnation vivante des lettres mornes, mort-nées. Et monnayées. La personnification verbeuse de l’herbe sèche de la littérature vague. Mais en vogue.

Angot monte partout et se répand dans les sphères les plus feutrées du parisianisme triomphant : cette sacrée “fumelle” est aussi une sacrée fumée !

Elle endort les amorphes, fait tousser les allergiques. C’est que son cigare à l'allure d'une cafetière...

Et même jusqu’ici elle empeste l’air de son insignifiance “plumistique” et immense vacuité féminine.

Me voilà bien acerbe, il est vrai, au sujet des oeuvres de Christine Angot !

Preuves de ma sincérité et de la force du creux dont je parle : je n’ai lu aucune page de ses trous sans fond.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=6uyzFBm_CQ0&feature=youtu.be

vendredi 29 septembre 2017

1235 - Que devient la femme à cinquante ans ?

L'horreur pour toute femme, c'est la flétrissure.

Ne plus voir que la misère dans son miroir, au lieu de la fleur de jadis.

C’est à la cinquantaine que se produit pour elle ce choc crucial. 

A cet âge le soleil devient gouffre, la rose exhale la puanteur, l’ange grimace. Alors il est l’heure pour la femme de renoncer.

Vénus se couvre d’abjection : le voile de la vieillesse, de la laideur et de l’infamie se dépose sur la déchue. C’est la toile qui se referme sur l’araignée.

Ses rides font la loi, les humeurs corrompues de sa chair avariées la dominent, les signes de sa mort effacent toute fraîcheur, toute gloire, tout espoir.

Le charme, l’élégance, la beauté d’antan font place à une nature morte. Flasque, répugnante, malodorante. Un tableau sinistre, féroce, morbide.

Pénible à voir car générant le malaise.
Comme un ricanement de la nature à l’égard de ce qui fut vanité, illusion, frivolité !

La femme de cinquante ans est difformité en marche vers la ruine. Ses reflets dans la glace sont des crachats, des injures, des malédictions reçus en pleine poire !

Désormais tout est à cacher : son visage est objet de honte, ses appas décrépitude, ses baisers fétidité ! L’Eve radieuse n’est plus que sombre sorcière.

Et quand à cet âge elle se maquille, croyant pouvoir masquer l’ordure sous le fard, alors elle se change en vieille poupée ridicule. C’est à dire en lait tourné, en nectar rance, en vin vomitif.

Hier papillon, aujourd’hui hideur incarnée, a cinquante ans l’amante se transforme en charogne.

Bref la quinquagénaire, tels le cygne devenu guenon, la libellule limace, la jeunette géronte, se mue en répulsif universel.

En ce qui concerne l’homme, que ce soit à cinquante, soixante, soixante dix-ans, il se bonifie, s’embellit, s’ennoblit, prend de la hauteur, de la valeur et de la consistance avec les ans, attirant naturellement à lui tendrons émus et autres donzelles en mal d’amour. 

Mais là c’est une toute autre histoire...

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=bEavFqfIYF0&feature=youtu.be

jeudi 21 septembre 2017

1234 - Des anges

Une mauvaise fièvre brûlait mon front, tandis que je marchais dans l’air frais de l’automne. La ville était sombre, laide, sale.

Je me hâtais vers mon foyer sous l’ombre immense d’un ciel décidément bas.

Ce jour de septembre semblait sans lendemain, sans joie, sans espoir.

M’éloignant de la cité moderne froide et vulgaire pour rentrer chez moi, j’arrivai bientôt aux abords de la cathédrale. Je m’engageai dans la rue bordant ses hauts murs, rassuré par la proximité de ces pierres augustes et pleines de sens contrastant avec les artifices déprimants des quartiers commerçants que je venais de traverser, plus bas.

Les apparences du monde autour de moi se montraient bien pesantes en cet instant de ma vie mais je n’y prêtais pas tant d’attention à la vérité car mon âme elle, demeurait aérienne, détachée de la matière, loin du sol.

Seules les hauteurs m’importaient, les lourdeurs temporelles me laissant indifférent, à vrai dire.

Instinctivement je levai le regard vers la cime de l’édifice. Fut-ce l’effet de ce feu viral en moi, de cette grippe qui enflammait mes tempes, je ne saurais le dire, mais je vis une chose extraordinaire.

Un spectacle irréel.

Des anges par dizaines se mirent à dévaler le toit de la cathédrale ! De toutes parts ils débouchaient inexplicablement de son sommet ! Je pensais, dans mon rêve éveillé ou mon délire, qu’ils étaient des dédoublements subtils des statues à l’intérieur et qu’ils traversaient ainsi le toit de la cathédrale... Ils planaient, certains à vive allure telles des hirondelles, d’autres plus lentement comme s’ils marchaient sur les tuiles. Ils émergeaient de la toiture pour venir se poser à terre ou juste frôler les pavés puis retourner dans la cathédrale par la grande porte, soit à pas lestes soit à tire d’ailes !

Ce ballet d’anges, à la fois vifs, espiègles et majestueux, ressemblait à une volée d’enfants bruyants et rieurs qui aurait surgie de nulle part en pleine journée de deuil !

Une chose me marqua particulièrement dans cette “rafale d’anges’ : leur vol, leurs allures, leur gestuelle étaient d’une élégance, d’une délicatesse indicibles. On aurait dit des peintures italiennes animées. Chacun de leur mouvement était une oeuvre d’art inouïe. J’en fus même gêné, comme un excès de maniérisme en eux qui les rendaient peu naturels. Mais je comprenais en les voyant évoluer ainsi que c’était là leur nature.

Une grâce infinie et une joie communicative émanaient de ces êtres surnaturels qui descendaient de la cathédrale...

Après les avoir vu tous rentrer dans la vaste église aussi spontanément qu’ils en étaient apparemment sortis, peut-être pour aller réintégrer leur double de pierre, je continuai mon chemin, pensif, incrédule.

Effets de la fièvre ou réalité ?

Je me retournais : je vis le monument silencieux, le ciel toujours plein d’ombre, les pavés gris et humides.

Je passai la main sur mon front embrasé, conscient de mon état fébrile, de mon incertitude, de l’heure vespérale, bien décidé d’aller vous raconter cette histoire...

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=MhBKoX6DjIQ&feature=youtu.be

jeudi 14 septembre 2017

1233 - Farrah Fawcett, entre ciel et champs

Quand je vois la face galactique de Farrah FAWCETT, des nuages gris embrument mon esprit et il pleut des chants de corbeaux dans ma tête.

Des corbeaux à l’oeil pensif, au bec subtil, à la plume lumineuse...

Et à l’aile leste.

De grands oiseaux blonds qui planent au-dessus d’une olympe de verdure trempée par des averses glacées.

Le visage de cette planète étrange que fut Farrah FAWCETT me fait penser aux rivages d’une éternité rêvée mais peut-être vraie, aux sables réels des mers de l’Univers, aux horizons solaires des songes les plus lointains... Comme une porte d’entrée vers l’immense, avec un léger détour du côté de chez Marcel, le patron du bistrot du coin.

Là où la bière est bonne, bien houblonnée.

La blonde, l’enivrante, la brillante.

Cette femme aux nues oniriques se reflète au fond de mon verre qui, dit à l’envers, se confond avec le rêve. Et après quelques gorgées, balbutiant, désorienté, je ne sais plus où est le bas, où est le haut, et je vole entre deux eaux, déjà trop plein de jus de lumière pour penser droit...

Bref, une fois sorti de chez Marcel, je marche dans la rue sur deux pieds dansants et je vois de la Farrah Fawcett partout ! Et la connexion avec le firmament se refait aussitôt.

Et je bois les étoiles à l’infini, insatiable, assoiffé de leur beauté, ivre de leur éclat, heureux de leur présence, et j’entends en même temps le cri mystérieux des corbeaux dans le lointain, quelque part dans des champs pleins de brume...

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=PggvTM1rW3k

http://farrah-fawcett.blogspot.fr/2017/09/30-farrah-fawcett-entre-ciel-et-champs_14.html

lundi 28 août 2017

1232 - Femmes, votre ventre ne vous appartient pas !

Femmes, le don de vie est une bénédiction, un miracle, une sainteté.

Votre ventre n’est pas un jouet que vous pouvez casser, pas un objet de caprice pour écervelées en mal de rupture génésique, pas un sujet de contestation pour hystériques en rébellion contre leur propre nature !

Votre utérus est un cadeau du Ciel, la propriété exclusive de l’Humanité, le jardin privé de la Conscience Universelle, vous n’y êtes pour rien là-dedans.

Dés lors que vos ovaires sont fécondés, vous n’avez plus votre mot à dire : vous entrez dans l’Histoire de la Création et vous la fermez !

Que cela vous plaise ou non, et surtout si cela vous déplaît au possible vous les dégénérées qui parlez de liberté en brandissant l’étendard de l’infanticide, votre matrice est l’autel inviolable des patriarches qui vous dominent, le sanctuaire définitif des êtres supérieurs qui font respecter les lois éternelles.

Mauvaises mères qui méprisez l’infini germant en vous, laissez les sages légiférer sur vos fruits en gestation afin de les protéger jusqu’à leur éclosion contre vos folies assassines !

Non, vos flancs ne vous appartiennent pas.

Non votre liberté ne consiste pas à réduire la lumière à l’ordure, à profaner vos embryons, à cracher sur les fleurs du monde, elle se résume juste à enfanter dans la douleur et la joie !

Voilà qui est dit et bien dit, une bonne fois pour toutes. Et rien ni personne ne pourra contredire une vérité aussi glorieuse.

VOIR LA VIDEO :

https://rutube.ru/video/badf32add4c6af44f63a38d6a997623b/

http://www.dailymotion.com/video/x5yi5vo

https://www.youtube.com/watch?v=ThSy4CVg8jQ&feature=youtu.be

vendredi 25 août 2017

1231 - Départ sans retour

Les silhouettes autour du macchabée forment une escorte irréelle. Vêtus de blanc, les vivants accompagnent le défunt avec sérénité.

Sanglé sur sa civière, le cadavre est baigné dans le Gange avant d’être déposé sur le bûcher..

Les flammes peu à peu éloignent les brumes du matin, le corps se consume, le soleil monte dans le ciel.

Bientôt les bruits de la ville atteignent le bord de la rive : cris vulgaires des humains et tapages de leur industrie misérable se mêlent aux beuglements des quadrupèdes... Des touristes occidentaux frissonnent de cette crasse, de cette crudité, de ce choc.

Une grande paix s’installe en ce lieu ultime et la beauté règne dans cette dépouille qui continue de se dissoudre au milieu des détritus et des restes de cendres d’autres trépassés.

Au bout de trois heures tout est parti en fumée, a été rendu à a poussière, transformé en lumière.

D’autres candidats à la crémation arrivent déjà, des brancards chargés de morts attendent leur tour parmi de nombreux foyers à divers stades de combustion.

Ainsi en va-t-il des jours et des hommes dans cette cité vieille comme le monde.

Mourir à Bénarès, porte du Ciel, afin d’échapper à la roue des retours. S'éteindre là-bas, vrai privilège, pour s’élever et ne plus retourner sur Terre.

lundi 14 août 2017

1230 - Je suis fier d'être blanc

Après la fracassante fierté noire, la tonitruante fierté gay, l’exigeante fierté transexuelle, l’exotique fierté peule, l’urgente fierté indienne, la religieuse fierté musulmane, la consensuelle fierté juive, toutes auréolées d’honorabilité, drapées de légitimité, avides de reconnaissance officielle et de représentation politique, idéologique, sociale, culturelle, cinématographique, publicitaire, fiertés autorisées devant lesquelles l’occidental hétérosexuel-traditionnel doit impérativement s’incliner avec respect et soumission, voici ma toute simple fierté blanche !

Je suis fier d’être blanc, honoré d’être né dans la neige éternelle, enchanté de baigner dans une eau claire.

Pour sceau céleste, j’ai même deux doigts d’azur dans les veines ! Par cette empreinte de pas pur sur ma peau, me voici bien paré. Mais cette phrase-là, alambiquée et ambiguë, c’est quand même pour me moquer des “panthères noires” et autres bestioles vindicatives pas très nettes qui cherchent à noircir bien des tableaux ...

Redevenons sérieux.

J’ai l’insolence des astres qui éclatent de bonheur et rayonnent de beauté, la majesté des montagnes aux monts inviolés, la dignité des mages en toges.

Grandi par la particule de soleil que je porte, j’avance plein de force et d’assurance.

Les injures racistes en brûlant contre moi ajoutent de la lumière à ma lumière et je brille encore plus.

J’ai reçu un héritage de clarté, je transmets un sang de cristal, rêve d’un avenir de gloire.

Mon front éclaire ainsi qu’un cierge, mes bras ouvrent des chemins lumineux, mon doigt désigne la Voie Lactée : je suis Blanc et veux le rester.

Je dois préserver cette onde opaline que de sombres volontés voudraient teinter de mensonges, être digne du firmament auquel je m’identifie, ne pas rougir de cette face lunaire que Dieu m’a donnée.

Frères blancs, vous êtes beaux comme les nuages et vos âmes sont aussi légères que les flocons qui en sortent, vos idées sont profondes et durables tels des sommets immémoriaux, vous êtes pareils aux matins radieux se levant sur des mondes prometteurs, semblables aux étoiles qui jamais ne s’éteignent au-dessus des vérités éternelles...

Blanc et fier de l’être, est-ce un si grand crime sur cette planète de richesses humaines, dans ce cortège de peuples admirés et de couleurs revendiquées ?

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https://rutube.ru/video/46ff971be07b77b84dd58d11cf5d67e2/

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jeudi 3 août 2017

1229 - Le bonheur

Le bonheur, on peut le toucher du bout des doigts, le saisir à pleines mains, le respirer naturellement : il est à portée de vue, juste sous nos pieds, au-dessus de nos têtes, là tout près, à nos côtés, autour de chacun de nous.

Aussi simple et accessible qu’une eau claire.

Le bonheur c’est se lever sur une aube radieuse, flâner dans un jardin, marcher vers le Soleil l’âme mise en appétit par les parfums de la vie, sentir des lendemains lumineux, le coeur chargé de promesses d’amour.

Avec en plus, ce pressentiment d’infini...

Le bonheur c’est avoir le pas léger, les pensées comme de l’azur, l’humeur aussi rieuse qu’un champ de fleurs. C’est éprouver un sentiment de plénitude pour tout ce qui naît sous les cieux. De la bienveillance envers chaque être, chaque chose, chaque phénomène perçus comme autant de miracles. Une béatitude aussi familière qu’un pain quotidien.

Le bonheur c’est un moment de grâce qu’on n’oublie jamais, rien qu’une minute sublime, lorsqu’un chant de messe est si beau qu’il transfigure le visage de l’interprète et lui donne un air angélique, le temps d’un souffle.

Le bonheur c’est la joie intime de deux oiseaux unis qui se partagent la branche d’un arbre.

Le bonheur est dans l’arbre, il est dans le bec de ces deux-là qui s’aiment, il est dans ce présent et dans cet éveil, et plus bas sous leurs yeux il est dans les rides d’argent de la rivière qui coule et dans le sable éternel qui gît au fond. Il est au bord de la rive et au bout de toute parcelle de ce qui est. C’est un baiser de lumière qu’il suffit de recevoir sans autre façon, car le bonheur est très proche de nos lèvres. Il est aussi bien sous notre toit, à deux pas de là que sur le chemin qui mène aux étoiles.

Le bonheur est un vent frais qui entre en nous pour y faire résonner la poésie de l’Univers, y laisser une indélébile empreinte d’allégresse.

Le bonheur enfin c’est avoir conscience du mystère de la Création, et après le vertige et l’angoisse face à l’inexplicable, se laisser emporter par les ailes du Cosmos, confiant dans l’invisible.

Le bonheur c’est simplement ça, rien que ça, tout ça.

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mercredi 5 juillet 2017

1228 - L'homme au-dessus de la ville

Dans les rues de New York celui qui chante les hauteurs regarde les sommets. Il marche comme s'il volait. Conscient de ses ailes comme de sa fragilité. Il se sait glorieux, même s’il peut mourir demain.

En quoi croit-il, ce mortel épris de ciel ?

La ville sous ses pieds, les nues dans son champ de vision, les hommes autour de lui, il nous adresse des paroles d’éternité.

Tout passe, tout est éphémère, tout se réduira en poussière même le béton, rien ne dure et lui, demain, il sera loin. Mort, à coup sûr. Tout s’effondre, tout s’envole, tout part pour l’inconnu, rien ne demeure. Pas même les montagnes.

Il rêve, il crie, il appelle, les siècles l’écoutent. Et moi j’entends sa prière.

Bientôt il sera mort, le le sais, je le sens, et lui se voit déjà dans les airs.

Son infini est proche, lui si détaché du sol, si près de l’éther, si sûr de sa lumière...

L’immortalité à portée de sa main.

Son voyage a déjà commencé.

Il plane dans le vent, s’évanouit dans l’azur, brille comme le soleil.

Il est là, il est ailleurs, son image s’est perdue dans les brumes de la cité, les nuages nous le disent.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=0UEsc2x2tKw&feature=youtu.be

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samedi 24 juin 2017

1227 - Belle comme le brouillard

Ce qu'elle est, je l'ai déjà dit cent fois et cela se situe invariablement dans l’azur, au zénith et bien plus haut encore.

Mais décrire brièvement ce qu’elle n’est vraiment pas, voilà qui vous donnera une idée de ce qu’elle est réellement !

Elle est fort loin de la soupière, aux antipodes des artichauts, à l’opposé des arrosoirs. Elle n’est à l’image ni d’une marmite remplie de sauce tomate qui mijote dans la chaumière ni la figure d’un bocal de confiture aux allures de “vieille France”. Encore moins d’un pot de chambre. Elle n’est pas non plus un dimanche de sous-préfecture de la Creuse en plein été, pas plus une plage de sable de mortel ennui, et surtout pas un paysage tranquille de fleurs pleines de torpeur !

Elle est bien mieux que ces imbéciles pesanteurs qui comblent le coeur flasque des escargots indolents.

Alors revenons à ce qu’elle est manifestement.

Elle est l’illustration parfaite de ce qui échappe à l’attraction terrestre, de ce qui plane dans les sommets, de ce qui s’évapore entre Lune et aurore, de ce qui reste entre neige et rêve.

Bref, elle est tout le contraire de la pensée lourde.

Farrah Fawcett m’en met plein la vue ! Et moi, austère esthète enchaîné à l’éclat des étoiles, je gèle de ravissement face à ce cristal, à ce diamant, à cet iceberg.

Cet astre glacé qui ne chie que de la lumière me rend givré.

J’associe la beauté séraphique de Farrah Fawcett à l’idée de gouttières débordantes de flotte céleste, de toits ruisselants des pluies d’avril, de sillons trempés d’averses pré-printanières, de flaques d’eau argentées reflétant le ciel et ses nuages. Cette femme s’apparente aux tempêtes aqueuses des fins d’hiver, aux bourrasques rafraîchissantes des mois de labours, aux flots aériens qui noient la terre d’espoir pour y faire germer des betteraves.

Elle est comme un souffle de blancheur qui entretient la banquise dans son éternelle pureté : son essence c’est l’onde brute alliée au sucre raffiné, les parfums du matin mêlés de brumes, l’écume de l’océan sous le firmament.

Ange aux ailes de silex, Farrah Fawcett est un soleil nivéen, une lune congelée, un froid lumineux, une idée du Beau très au-delà des références humaines.

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lundi 19 juin 2017

1226 - Une marche lumineuse

Je marchais sous un vent de feu.

Dans le ciel, de la poussière. Dans ma tête, de l’azur. Sous ma semelle, du goudron fondu.

Mes pensées étaient fraîches et légères. Et dans l’air chaud, je marchais, marchais... Et dans le jour embrasé, je marchais, marchais... Et sur cette route sans ombre, je marchais, marchais...

Je cheminais le front au soleil, le coeur plongé dans une onde apaisante. Ma peau était brûlante, ma gorge sèche, mes muscles fatigués. Mais mon esprit voguait ailleurs.

J’avais faim, j’avais soif, je cherchais le repos, l’ondée, et pourtant je marchais comme si je volais, de plus en plus insensible à la fournaise.

Ma chair était là mais mon âme était loin, perdue dans des sommets enneigés.

Je visais l’écume, le cristal, le bleu.

Et je voyais sa face pleine de clarté.

Elle, l’étoile. Elle la femme aux yeux aériens, aux lèvres galactiques, elle la pharamineuse facette de cet Univers créé à l’image de Dieu...

Morte depuis tant d'années.

J’allongeais le pas sous un vent de feu. Arrivé devant sa tombe, épuisé, conscient de ses os, seul devant ses restes, je me désaltérai de son image.

samedi 3 juin 2017

1225 - Fille de rêve

Elle avait les yeux globuleux, les lèvres gercées, les ongles acérés et son coeur était pourri.

Je lui adressai un regard sarcastique et morbide qui en disait long sur mes libidineuses intentions à son sujet...

La femelle apparition, belle comme une sorcière, aussi intelligente que méchante, laidement accoutrée, s’ouvrit telle une tombe à la vue de ma face de rat..

J’étais mort de bonheur !

Avec son inélégance macabre, ses airs de cadavre lourdement endimanché et ses sourires de grande blonde pas charmante du tout, elle sut me séduire non seulement par son esthétique crapuleuse mais encore par sa poésie sépulcrale...

Dans ses bras je découvris la joie d’être deux et de ne faire plus qu’une seule ordure. L’alliance de la charogne et du crapaud, la danse du cafard entre les pattes du crabe, le chant de la mort à la Lune dans la nuit...

C’était ma première rocaille amoureuse, mon plus cher feu névrotique, l’unique brûlure de ma vie. Moi j’étais sa plus affreuse conquête, sa glorieuse misère, son ignoble chéri. Ensemble, nous formions une porcherie incendiaire : nous nous aimions comme deux horribles enfants capricieux et égoïstes, cruels et gourmands, sales et bruyants.

Elle le furoncle, moi le vitriol.

Nos baisers avaient le goût de la peste, la douceur de l’amende amère, les promesses du givre, la senteur des marais et le mystère du cri de la chouette dans la forêt...

C’est au jour de son décès que j’appris son nom.

Elle s’appelait Cauchemar.

Et c’est à ce moment précis que je me suis réveillé, sous un soleil printanier.

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jeudi 1 juin 2017

1224 - Les vrais pauvres

Les véritables pauvres ne sont pas ceux que vous croyez.

Moi je parle des vrais indigents, des authentiques gueux qui touchent le fond : les gens déshérités de l’intérieur, ceux qui sont réellement à plaindre en profondeur et non en surface.

Ces humains dans le dénuement, ce sont ces chiens perdus qui n’ont rien, ceux qui n‘ont aucun bien, qui ne possèdent rien ayant de la valeur et je les appelle des misérables.

Leur ventre est pourri.

Parfois ils peuvent briller par leurs vêtements, leurs diplômes, leur renommée, leur uniforme, mais ils puent en dedans.

Je ne parle pas d’argent ici, je parle d’une chose bien plus essentielle : l’âme.

Le loqueteux, c’est l’irresponsable qui génère les souffrances des animaux en croyant bien faire. Le malheureux, c’est le policier d’un de ces pays de terreur qui à l’abri des regards, sûr de son impunité, torture les prisonniers au nom de sa cruauté.

Le lépreux c’est, en France comme ailleurs, le fabriquant d’armes, honnête pourvoyeur d’emplois sur le marché prometteur de la mort, prospérant sur les haines du monde, érigeant sa fortune sur la ruine des belligérants...

Vérifiable chaque jour dans notre pays, le pouilleux c’est encore le pervers délivré de ses tabous qui pense que ses euros-rois alliés au “vent de contestation libertaire”  lui donnent le droit d’acheter l’innocence des enfants de Manille. Mais le démuni c’est aussi ce gauchiste “progressiste” cherchant à blanchir les esprits sombres de ses frères “d’aventure moderne”, coupables “d’amour”...

Parce que le piteux, oui, c’est celui qui appelle “amour” la perversion pédophile, la déviance homosexuelle, la turpitude du siècle...

Le pitoyable c’est également ce déraciné parlant de liberté, de féminisme, de modernité, qui tourne en dérision le mariage, la famille, l’éducation hétérosexuelle, la rigueur morale...

Bref, les vrais pauvres sont ces endormis du quotidien ne voyant ni le bien ni le mal qu’ils font.

Mais surtout, ce sont ces adeptes du mensonge et de l’injustice qui eux ont les yeux bien ouverts.

Trop conscients qu’ils sont d’avoir, pour seule bible, leurs plaisirs tantôt de chiots minables, tantôt de loups féroces.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=2pYCzdYsbb4

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vendredi 26 mai 2017

1223 - Peuples de la Terre

Tous les peuples sont beaux, tous les peuples sont dignes, tous les peuples sont grands.

Le Soleil se lève sur leurs chants, brille dans leurs yeux, se couche sur leurs oeuvres.


Et le clair de lune -qui dans le secret de la nuit rend les hommes authentiques- donne aux peaux multiples la couleur unique du sel et du sucre, de la vie et de la mort, des larmes et de l’amour.


Des pygmées lointains aux géants des mythes oubliés, des hôtes des neiges aux conquérants des sommets, des nomades les plus crasseux jusqu’aux princes des sables, tous regardent vers le ciel.


Les rêves de toutes les races sont les rêves des dieux.


Les ethnies qui entre elles échangent mais ne se mélangent pas demeurent en paix : leur force et leur richesse ne sont pas dans leur fusion mais dans la préservation farouche de leurs différences. La gloire de ces sangs étrangers est non pas dans leurs ressemblances mais dans ce qui les distingue.


Chaque souche a son âme, chaque espèce ses fruits, chaque forêt ses légendes, chaque royaume ses astres.


L’orgueil des branches humaines n’est pas dans leur uniformité mais dans leur singularité : l’habitant de la Mongolie ne goûterait guère au breuvage du danois et le touareg du désert perdrait sa fierté à échanger sa tente contre une chaumière normande...


Si j’estime que l’autre est mon reflet, je ne vois plus l’autre. Et je nie son essence.


Mais si j’admets qu’hors de ma frontière il est noir tandis que je suis blanc, que sa tradition est faite de bois et que la mienne est faite de pierre, qu’il blanchit sa terre et que je fleuris mon jardin, qu’il mange son miel et que je bois mon vin, bref qu’il est mon contraire, alors je le regarde comme un frère de la Terre et non comme un pion, un clone, un être insipide et interchangeable.


L’or des uns, la rudesse de certains, l’intelligence de ceux-là, la simplicité de ceux-ci, l’âpreté des primitifs, le raffinement des civilisés, voilà ce qui donne sa saveur à l'Univers !


En un mot l’étrangeté des fleurs fait la lumière du monde.


VOIR LA VIDEO :

https://rutube.ru/video/6751663264a189406a2dd1d9746a20e8/

https://www.youtube.com/watch?v=TizlCfueQmw

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mercredi 24 mai 2017

1222 - Cadavre

Il a la face maquillée de givre, la tête lourde, le coeur vide, les veines blanches.

Et ses mains de pierre étreignent le néant.

Etendu sur son lit, figé dans son  sommeil de mort, il rêve de marbre.

Il a l’air un brin solennel. Austère. Immobile. Pensif.

Il médite, les pensées creuses, sans plus d’haleine, l’âme ailleurs.

Le plafond est au-dessus de lui, la chandelle à son chevet, ses amis à ses côtés. Et le cimetière à ses pieds, un peu plus loin, un peu plus bas.

Il attend.

Dans la solitude de son trépas.

Il dort.

Plein de mystère et de silence.

Il gît.

Sans un bruit, sans faire d’ombre, il est là sans être là.

Comme un astre éteint.

Il repose dans la pièce, enveloppé de froid, plongé dans la nuit, parti vers l’inconnu, abandonné à l’infini.

samedi 13 mai 2017

1221 - La marche de Macron

Parce que  j'ai le sens de la grandeur et que je sais la reconnaître et la célébrer, même chez mes adversaires...

Il marche, impérial.

Le front serein, l’aspect illustre, le pied alerte.

Sobre et solennel, grave et mesuré, simple et presque naturel.

Il a l’envergure, l’éclat, la hauteur d’un oiseau plein de mystère et d’élégance : ailes fines, robe profonde, allure aérienne.

Une sorte de corneille subtile : l’intelligence en souliers lustrés et plumes vernies.

L’habit sombre, les pensées lumineuses, il avance vers le sommet. En route pour la gloire. Pas à pas, tel un marbre vif parmi les autres marbres immobiles qui l’entourent.

Avec ses rêves réalisés, il a le regard sage du vainqueur.

Sa silhouette qui chemine entre ombres et clartés se mesure aux façades immortelles.

Ces murs de géants se dressant à sa droite et à sa gauche, il les égale. La pyramide le consacre, le Louvre le baptise, l’hymne l’embaume.

Et le peuple l’acclame.

Au-dessus de sa tête, le ciel de Paris. Sur ses épaules, le poids de l’Histoire. En face de lui, un destin, une mission, un pays : l’immortalité.

Il marche, cérémonieux, le geste posé, l’âme chargée.

Royal.

Après cet interminable vol en solitaire, il gravit la tribune et parle à la nation. Le monde est à ses pieds, le siècle dans sa main.

Eclairé par les étoiles, inspiré par les dieux, enflammé par le feu sacré, il n’a jamais douté.

En ce soir du 10 mai 2017, un vent frais souffle sur la capitale. Des feux s’allument dans les coeurs, d’autres s’éteignent. Ainsi en va-t-il des grandes choses de l’Humanité.

Le jeune Macron a été élu.

La France a son Toutânkhamon.

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jeudi 13 avril 2017

1220 - Les hypersensibles sont des nouilles molles

La mode est à “l’hypersensibilité”. Ce qui est normal dans cette société dévirilisée et nombriliste. Religion des caniches fiers de leurs frisures, filon des experts en “psycho-truc” tarifant leur docte baratin, valeur dominante dans le créneau porteur des imbécillités à haut potentiel commercial et/ou égocentrique, l’excès de sensibilité (ou plutôt de sottise narcissique) est la dernière connerie en vogue la mieux partagée dans l’univers rose-bonbon des gogos.

Un culte déjà exploité par des radios intimistes, des télévisions populaires, des articles racoleurs de journaux spécialisés (et même génériques), tous en quêtes de nouveaux secteurs publicitaires ou simplement de rubriques et reportages démagogiques susceptibles de fidéliser les nigauds en leur servant les salades qu’ils attendent. Et ouvre la voie, n’en doutons pas, à de juteux produits dérivés...

Bref, ce concept de l’hypersensibilité n’est rien d’autre qu’une scandaleuse médicalisation de l’autolâtrie. Un signe évident de la décadence de notre civilisation, le paroxysme de l’individualisme aveugle, bête, stérile.

Dés qu’un pleurnichard lambda manifeste ses petites contrariétés de chiot douillet avec impudeur et fracas, des marchands de vent  -dans le meilleur des cas de simples parleurs creux n’ayant rien à vendre sinon promouvoir leur image- sont là pour sanctifier ses larmes puériles, en faire un sujet d’expertise, de réflexion, de débat. Ou l’art de donner des lettres de noblesse à l’insignifiance des prétentieux anonymes.

Des perdants, des flasques pédants qui se complaisent dans l’exacerbation de leur “moi je” et qui ont inventé “l’hypersensibilité” pour se démarquer des gagnants, ces valeureux, ces forts, ces durs-à-cuire qui eux ne regardent pas à longueur de vie leurs doigts de pied mais agissent, avancent en se moquant des traînards plaintifs et larmoyants occupés à retirer des épines imaginaires de leur pied.

Je remarque que ceux qui se définissent comme “hypersensibles” sont des ex-enfants rois qui s’emmerdent dans leur existence. Fruits insipides de ces classes moyennes ayant pris leur foin standard, c’est à dire leur culture au rabais, pour de l’or. Troupeaux de veaux avachis issus de troupeaux de moutons bêlants.

Résultats consternants d’une éducation centrée sur “la réalisation de soi” ou “l’épanouissement personnel”, cette pacotille pédagogique érigée en religion.

Et ils racontent en long et en large leurs frilosités de chétifs, leurs bobos d’eunuques, leurs états d’âme de peluches, leurs larmichettes d’adultes n’assumant pas leur pilosité, bref ces pauvres bébés rasés de près, à l’épiderme mental si doux, si fragile, étalent publiquement leurs couches-culottes et réclament reconnaissances et compassions pour leurs diarrhées nombrilisco-émotionnelles, ces trésors sans prix à leurs yeux...

dimanche 9 avril 2017

1219 - Mirage d'été

Leurs regards se sont croisés en plein soleil.

Dans la touffeur de l’été.

Lui, seul dans la foule. Elle, riant dans la lumière.

L’homme, silencieux, secret, s’est mit à brûler pour cet astre femelle. Elle, éclatante de beauté, perçut sa flamme et d’un signe qui voulait dire “oui”, scella l’affaire.

Les chairs se sont unies, les âmes se sont parlé : les heures furent glorieuses. Puis le soir est arrivé.

La lune apaisa l’azur, rafraîchit les peaux, berça les amants dans leur sommeil.

Au réveil du dormeur la femme était loin. 

La rêveuse se trouva seule elle aussi, au matin.

Leurs regards pourtant s’étaient croisés en plein soleil, la veille...

La fièvre les avait réunis, non la réalité : tous deux avaient été victimes d’insolation.

Les deux rêveurs ne se rencontrèrent jamais et ils continuèrent leur chemin.

Lui, seul dans la foule. Elle, riant dans la lumière.