mardi 27 février 2018

1251 - Le chant des peuples

Ha ! Comme je suis touché par les flûtes et tambourins du monde !

Au sommet de leur accord, au plus profond de leur identité, les civilisations produisent leur folklore.

Des danses et des airs, tristes, joyeux, virgiliens, élégiaques, glorifiant les roses et les nations, les blés et les étoiles, les neiges et les nobles choses... Le meilleur des sentiments populaires.

Le choeur des humains, c’est le fruit le plus léger de leur terre, la récolte des anges dans leur coeur de mortels.

Et cette eau claire qui jaillit des races multiples éparpillées autour du globe, c’est un peu de Ciel qui s’exprime dans chaque contrée, chaque pays, chaque continent.

C’est là l’âme des peuples.

Les femmes y ont des voix d’oiseaux, les hommes des rires de loups, et le vent se mêle toujours de leurs affaires...

Le trésor des civilisations, des peuples, des races, des nations, des cultures, c’est leur sang, leur chant, chacun ayant sa couleur propre.

Ces sèves différentes mêlées à leurs légendes, à leur Histoire, à leurs traditions, et qui font que ces civilisations, ces peuples, ces races, ces nations, ces cultures génèrent tant de floraisons depuis la nuit des temps...

L’Homme sait que ses plus belles oeuvres ne sont pas faites de palpable mais d’intemporel. Et qu’il y a plus essentiel que son pain : l’esprit.

Ce sont ces oeuvres-là qu’il faut préserver, défendre, encourager, et non niveler, déprécier, supprimer, oublier avec cette infâme imposture qu’est le mondialisme !

La musique des provinces, la lyre des patries, la poésie des royaumes, ce sont tout simplement les chorégraphies des groupes de terriens tout autour de leur planète.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=tupnRaaH0oo&feature=youtu.be

lundi 26 février 2018

1250 - Portrait de Marc-Édouard NABE

NABE est excellent tapageur, superbe lion aboyeur qui maîtrise comme un chef cuistot l’art de faire acte de présence de poids avec ses semelles fines. En deux-trois mots bien cirés valant leur pesant de fumée, d’entrée de jeu il meuble l’espace mondain avec la force de l’enclume et le sourire de la vipère.

L’acteur est brillant, volubile, incisif. Son jeu sophistiqué est magistralement mis au service de ses livres envolés, introuvables, recherchés, méconnus.

Autrement dit légendaires.

Qui a vu NABE ? Tout le monde.

Qui a lu NABE ? Moi.

Beaucoup de non-concernés ont entendu parler du merle blanc, de l’oiseau rare, du mythe médiatique aux ailes fameuses. Peu de curieux sont allés becqueter dans la gamelle de ce vif volatile...

L’auteur brille mieux à l’oral qu’à la plume, comme ces maîtres coq du dimanche beuglant d’aise et de certitudes aux cuisines, forts en promesses, faibles en plats.

Ce personnage aussi sérieux que cocasse, Tartarin des causes légères, seigneur de guerre virtuelle, matadore d’artifices, combattant des conflits de confettis, héros prêt à mourir au champ des futilités, est incontestablement le roi des cons abscons.

Directeur noeud-papillonné des enjeux impérieusement minces, fatalement nébuleux, fâcheusement “pas-rigolos-mais-risibles-quand-même”.

Croupier superbe ayant la mainmise sur des trésors de billes de terre cuite... Amuseur éclairé jetant ses dés obscurs avec son nez de clown épatant. Singe érudit au comique sophistiqué. Docte parleur au son de cloche grave.

Bref, cet hôte des soirées feutrées plus ou moins masquées n’est pas n’importe qui et je vous dévoile ici son fin visage de littérateur lustré, tout en flou et fluidité mêlés : NABE est une vague en vogue qui ne blague pas !

La preuve qu’il n’est nullement une farce en marge, c’est qu’il est une force en marche ! 

Et il faut reconnaître qu’il a du succès, ce Marc-Edouard Gugusse.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=a3dRnxLv5Gs&feature=youtu.be

mercredi 21 février 2018

1249 - Réponses à sept questions

Bonjour cher Maitre. Emportée par le feu de mes interviews  précédentes à propos des mystères de vos obsessions esthétiques, j aimerais sonder les autres profondeurs de l’astre de la littérature que vous êtes. Sujet quasi inépuisable que tous vos questionneurs cherchent à creuser un peu plus à chaque entretien... 

1. Quel serait le code, s’il y en avait un, pour une lecture “efficace” de vos textes : l’âme dorée du lecteur ou la confiance en l’âme d’azur de l’auteur ?

Il n’y a aucun code pour me lire, il faut être un humain, tout simplement. Crapules ou esthètes, ignares ou érudits, durs-à-cuire ou mollassons, chacun en aura pour son compte, en avantages ou en amertumes. Je distribue à mes lecteurs du sucre et du sel, du poivre et du vinaigre, de l’eau et du vin, des épines et des caresses à profusion : il y en a pour tous les goûts, en toutes circonstances. A l’image de la vie, des choses, des êtres, des événements. En un mot, à l’exemple de ce qui se déroule dans l’Univers. Je ne fais que raconter les grandes et petites aventures des créatures peuplant ce monde. Je parle de leurs oeuvres, de leurs paroles, de leurs désirs, de leurs pensées, de leur vérité et de leurs mensonges. Il m’arrive également de m’attarder sur l’inerte et de lui donner la parole, histoire d’éveiller les esprits les plus épais aux subtilités de l’invisible. De leur donner de l’appétit pour la Poésie. En somme pour me lire pleinement il faut être bête et méchant ou bien aimable et fin : ça marche dans les deux sens car ma plume parle à tous, elle est universelle. 

2 . L’humour est comme le caviar, plus il va vers le noir, meilleur il est. Le rire d’encre est votre condiment favori, vous en aspergez même abondamment presque tous vos mets. Pourquoi tant d’esprits qui se voudraient éclairés ne le savourent-ils pas, le prenant bêtement pour de la méchanceté pure ?

Pour me lire il faut effectivement jouir de toutes ses facultés, être assez ouvert pour saisir les “légèretés de la nuit”, ce qui n’est évidemment pas le cas de tous les hommes sur cette Terre. Pourtant je m’adresse à tous sans exception. Sans filet ni édulcoration. Je suis comme un nectar fort : je laisse une saveur délicieuse aux uns, une infecte âcreté aux autres. Il faut être initié pour savoir apprécier les grands crus. Pour certains lecteurs il faudra soit du temps, soit de l’intelligence supplémentaire, ou les deux à la fois, afin de savourer ma liqueur.

3. Vous qui n’avez jamais craint d’être considéré comme ringard à une époque où plus personne ne chante la Lune, tandis que vous la chantez sans retenue et sous tous les tons, vous avez des réticences à écrire selon votre éclatante inspiration sur Farrah Fawcett afin, dites-vous, de ne pas lasser votre lectorat. Pouvez vous nous éclairer sur cette inconséquence de caractère?

La Lune est banale aux yeux de beaucoup de gens. Tout comme ce qui est omniprésent, éclatant au-dessus d’eux, tels le Soleil, les étoiles, le ciel, les nuages. Ce qui est magnifique est souvent ignoré, négligé, voire moqué. Moi je suis là pour rappeler à mes semblables les merveilles que, par habitude, ils ne voient plus. Mais si justement je leur donne trop l’habitude de ces miracles en les leur mettant sans cesse sous le nez, ils auront tendance à s’en lasser. C’est pourquoi je préfère leur parler des sommets avec modération, sans forcer.

4. Beaucoup de vos textes parlent de gens aux multiples infirmités comme les bossus, les tordus, les trisomiques, les diminués, pourtant vous prétendez ne pas les aimer. Où est la vérité, maître?

Vous vous trompez lourdement. C’est la faiblesse, l’infirmité, la tare que je n’aime pas, non les individus qui en sont les victimes. Bien des irresponsables en voulant de bonne foi défendre les chétifs, les débiles, les exclus, du même coup font la promotion de la pathologie physique, mentale, sociale, culturelle, leur trouvant des charmes exotiques, des vertus artificielles, des éclats frelatés, ce qui est fort douteux. Moi je mets le doigt là où nul n’ose le mettre : là où il faut, en totale justesse.

5.  Vos textes sont faits pour être lus sous les étoiles, un bouquet d’épines à la main. Ils ne sont pas pour tout le monde, quoi que brefs, clairs, simples, techniquement accessibles à tous. Vous devez avoir conscience que même avec toutes ces qualités, il y a un nombre restreint de lettrés capables de les apprécier. Alors pourquoi votre manque de popularité vous contrarierait-t-elle ?

Ma vocation est, en concertation avec mes muses, d’émouvoir les âmes, de les éduquer, de les élever en chantant les beautés de la Création, de les faire rire avec fruit en mettant en scène nos travers, de les faire rêver en leur désignant les astres, dans ce contexte il est normal que leur indifférence à l’égard de cette fresque izarrienne me contrarie... Je suis là pour montrer, non pour cacher, pour parler et non me taire, pour voler et non dormir.

6. Vous vous définissez en tant que PLUME. Quelle serait donc l’aile a laquelle vous appartenez ?

J’appartiens au Cosmos. Comme tout ce qui est. Nous sommes tous les enfants du Beau, c’est à dire les enfants de Dieu.

7. Vous avez des activités que vous estimez secondaires, mais selon moi pas négligeables du tout, d’artiste plastique auteur de dessins abstraits. Et également de vidéaste. On admire toujours sur YOUTUBE vos choix musicaux et vous dansez très bien. Vous considérez comme vous une cathédrale vivante dédiée aux arts ?

En effet je fus artiste abstrait jadis mais j’ai délaissé depuis longtemps cet art incertain... Mes vidéos sur YOUTUBE sont un simple amusement, toutefois je prends un soin particulier à choisir des musiques de qualité, du classique en règle générale. La musique permet de sublimer les images de mes vidéos, parfois même de suppléer à leur faiblesse. Et si en même temps cela peut éveiller la sensibilité des profanes à la grande musique, alors j’aurais déjà “modestement fait une grande chose”.  Quant à la danse, là encore vous êtes dans la risible erreur car en réalité je danse comme un hippopotame chaussé de bottes de cul-terreux ! Je me considère comme un fétu de conscience emporté dans la grande tempête cosmique, une poussière de bonheur qui danse dans l’infini de la Vie, un grain de lumière en route vers un océan solaire.

lundi 12 février 2018

1248 - De Vénus à la Terre

Elle était blonde comme ces cailloux bleus que l’on découvre, incrédule et charmé, dans les songes pleins d’oranges et d’écume.

Sa face brillait, acide, sucrée, effrayante d’irréalité. Et son sourire ressemblait à un hurlement esthétique. A une gueule florale. A des crocs d’azur.

Cette femme faisait songer à un soleil pressé tel un agrume. Du pur jus de beauté sortait d’elle. Un mélange de nuages et de lumière.

Parée des ors pareils à des fées d’artifice, avec des orages de citrons sur ses traits et des flots de folie sur son front, ainsi fut Farrah Fawcett...

Elle irradiait du rêve à la façon des astres majeurs.

Inspirait des pensées qui nous dépassent. Eblouissait les nuits de sa clarté. Nourrissait le ciel de ses airs.

Elle était blonde comme ces brumes blanches que l’on rencontre, perdu et allégé, dans les voyages pleins de mystère, de vent, de mer et de vagues.

http://farrah-fawcett.blogspot.fr/2018/02/32-de-venus-la-terre.html

VOIR LES TROIS VIDEOS :

https://www.youtube.com/watch?v=KvlEH6DehGs&feature=youtu.be

https://www.youtube.com/watch?v=1YSVqC-hNEI

https://www.youtube.com/watch?v=vJV1KYuSAUo&feature=youtu.be

dimanche 11 février 2018

1247 - Dégel à flots

Le dégel agit en moi comme un feu de feuilles vives, éveille des rêves de betteraves à sucre et de patates douces, déclenche dans ma tête des germes de pensées humides.

Et arrose les sous-bois de gerbes de pluies insensées.

Je patauge dans la joie fraîche et le froid flasque des jours d’averses et d’abondance.

Je m’enfonce dans les flaques molles où le Soleil s’allie à la boue pour faire briller mes chaussures.

Mes chaussettes trempées sont lourdes de promesses fertiles et d’espoirs aqueux.

Mon manteau imbibé d’eau fait trembler mes os.

Mon chapeau gorgé de nuages allège ma cervelle faite de chair et d’esprit.

Et je regarde le ciel qui pisse de froid sur les clochers.

Je nage dans un bonheur visqueux, riche de flotte féconde et de fêtes de fruits juteux !

Et, tandis que je m’embourbe massivement dans le mois de mars, de la confiture de terre plein les bottes et de l’azur jusqu’au cou, la lumière d’Hélios tombe avec légèreté sur les champs d’asperges.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=RhFajLa4Mj0&feature=youtu.be

1246 - Dégel

Sous le verglas des derniers jours de février perlent les premières larmes du printemps.

Le mois s’achève, les flocons fondent, la terre grelote et mes chaussures sont trempées... 

Tout cela m’enchante, m’effraie, m’enflamme.

Une immense vague de tristesse lumineuse et de joie glacée s’abat sur le monde. Les rayons du soleil sont comme des silex, l’azur est coupant et le sol imbibé de glace molle.

Pas de chaleur. Mais de la lumière.

Pas de couleurs. Mais de la pureté.

Pas de douceur. Mais de la beauté.

C‘est la saison âpre des rêves tranchants. Le temps austère du dégel. Un mystère frigorifiant entre les cailloux et les racines.

Le cycle furtif où la neige génère de la sève, où la mort engendre la fleur. Le point crucial où le froid se fait fluide et le blanc devient onde...

Le sillon dégouline d’espoir. Le givre pleure, mourant d’allégresse. Le terreau ruissèle de vie et la giboulée inonde le germe.

Mars s’éveille.

Demain l’Univers sèmera ses étoiles dans les labours.

VOIR LES DEUX VIDEOS :

https://www.youtube.com/watch?v=VQY7KALKsKw&feature=youtu.be

https://www.youtube.com/watch?v=cuYNW8ahbPY&feature=youtu.be

jeudi 8 février 2018

1245 - Quentin ROUCHET

Quentin ROUCHET est une tomate mûre.

C’est à dire bien verte, dure, pleine de compote de silex à l’intérieur. Avec des morceaux de vérités anguleuses douces comme des oranges amères, aussi drôles que des stèles mortuaires.

Bref, Quentin ROUCHET est un coq à part, un être de plume et d’ailes, un oiseau aux grands airs en somme...

Ce bec fin à la patte sûre vole au-dessus des clochers, entre les lignes, hors des apparences.

Il est habillé comme un voleur, sont front est ceint par le bonnet du pauvre, ses semelles sont grossières mais il marche avec l’assurance des vrais esprits.

Autrement dit il plane.

Il fait aussi plein d‘autres choses rares et remarquables :

- Il fume, son cerveau je veux dire.

- Il boit, l’eau de la pluie je précise.

- Il joue en travaillant, sur et avec les mots, sachez-le.

J’oubliais : il est jeune et même si ça ne durera pas, il sera plein de sève demain car ses racines puisent dans le VRAI, c’est à dire l’âpre, le clair, le beau.

Ce qui ne l’empêche nullement de faire du houblon son autre source de rêves de bois. C’est un roseau avec des réflexions de chêne.

Un volatile perché sur la dernière branche. Une histoire racontée par les légendes. Un astre isolé dans le ciel.

Il aime le vrai, le vin, le vent, la vie...

Et la vertu.

La vertu, cette verrue selon ce siècle qui l'a vu naître... Il chérit ce que sa génération maudit : les mythes, le roc, les hauteurs.

Aux vogues qui passent, il choisit la vérité qui demeure. Ce qui fait de lui l’ennemi, le moqué, l’oublié.

Corps étranger de son époque, il chemine en solitaire, indifférent aux vagues. Il va, droit devant lui. Sans illusion, sans indulgence pour le toc, sans un regard pour le faux.

Il est seul. Seul et fou. Dans le froid, les nuages, l’infini. Il voit si loin que le monde le perd de vue.

C’est un aigle givré voltigeant dans les cimes.

VOIR LES DEUX VIDEOS :

https://www.youtube.com/watch?v=ifZiGA03GbI&feature=youtu.be

https://www.youtube.com/watch?v=2TbK0cOEZT8&t=2s