dimanche 31 décembre 2017

1239 - Les méchants, c'est nous-mêmes !

Pour tout quidam conscient de sa valeur de “pion exceptionnel” sur l‘échiquier du siècle, il est de bon ton de clamer, avec de grands airs de sincérité -mêlée de dégoût- bien affichés, ne pas supporter l’injustice.

Ou la médiocrité. Ou la bassesse. Ou n’importe quoi d’autre du même genre.

Bref, cette espèce de déclaration bête et irresponsable sensée protéger leurs auteurs de la bêtise et de l’irresponsabilité.

Or nous savons tous, nous les esprits réellement éveillés, nous les âmes authentiquement lucides, nous les gens vraiment sincères, que nous encaissons parfaitement injustice, bassesse, médiocrité, et pires encore.

Si nous ne nous digérions pas toutes ces lourdeurs dénoncées avec tant de puérilité (ou d’hypocrisie) par ces révoltés du dimanche, nous ne serions plus vivants depuis belle lurette !

Vivre c’est précisément résister à ce qui tue, c’est se moquer des iniquités, c’est marcher sur la tête des chétifs pour mieux placer la sienne hors de l’eau, c’est préférer avancer vaille que vaille plutôt que stopper sa marche afin de se lamenter stérilement sur le sort des perdants, au nom de la générosité.. A l’image des arbres qui, avides de soleil, écrasent les autres en leur faisant de l’ombre. C’est cela, vivre ! Qui ne se donne pas les moyens de croître meurt, c’est la loi. Et tant pis pour ceux qui croient au père Noël avec ses guirlandes de fadaises lénifiantes !

Les naïfs qui déclarent “ne pas supporter l’injustice” la supportent très bien en réalité. Tout bonnement parce qu’en plus d’ignorer eux-mêmes être les salauds d’autres individus ou groupes d’individus (nous sommes tous l’ivraie de bons grains vivant ailleurs, eux-mêmes le poison d’autres graines, etc), ils sont naturellement armés pour prospérer coûte que coûte et taillent leur chemin à grands coups de hache dans le tas, mais sans s’en rende compte. Heureusement pour eux, leur système de défense mental agit dans leur intérêt à leurs insu, sinon ils ne seraient évidemment plus là pour faire résonner leurs voix de guignols scandalisés dans leur théâtre candide !

La preuve que ces ingénus cornichons supportent fort bien l’injustice contrairement à ce qu’ils prétendent : la pratiquant eux-mêmes chaque jour de leur existence sous des formes qu’ils ne perçoivent pas, ils sont toujours en vie, pleins de sève et de force !

S’il suffisait de ne pas tolérer l’injustice pour qu’un coeur cesse de battre, le monde aurait été dépeuplé depuis ses origines... Bien au contraire : parce que les êtres s’adaptent aux dures réalités qui les entourent, ils peuvent évoluer, se perpétuer, dominer les forces en action et finalement devenir les maîtres de l’Univers.

On peut certes détester l’injustice, et c’est là une bonne chose (ce qui est d’ailleurs le cas de tout homme honnête, moi y compris), pour autant rien n’arrête le progrès du bipède éclairé qui sait bien que pour grandir, il ne doit surtout pas écouter le cri infertile des andouilles.

En d’autres termes, nous sommes tous des “méchants”. Et cette “méchanceté”, parce qu’elle est universelle, s’annule : nous devenons alors simplement des esprits en cheminement, c’est à dire des intelligences cherchant encore plus de lumière.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=1Zrk5rMIIeY&feature=youtu.be

jeudi 14 décembre 2017

1238 - Marc-Édouard Nabe

Entrer dans le monde de Nabe, c’est rêver dans le brouillard. S’entourer de nappes de pensées. Se plonger dans un état de brume et parler d’un tas de trucs.

Nabe émet des mots en poudre qui explosent et partent en fumée. Ou retombent en poussière. Bref, il lance des flocons d’avoine qui virevoltent et puis fondent.

Neige ou blé ? Des choses à la fois franches et incertaines, de quoi semer aussi bien des cailloux que des doutes.

Nabe c’est le pétard des belles-lettres. La bombe d’artifices. La patate atomique. L’orage qui “spectacle” en bas et l’éclair qui “chocolate” en l’air.

Mais chut ! C’est l’heure nébuleuse de Nabe-la-bulle ! Le monde est là : la plume claque, la prose flatte, la pose frappe, la face est vive et le ton va bien avec.

Voilà que le coq chante.

Ou que le bec caquette. Enfin peu importe, voici la rage en marche, la marge en arme, le rouge au col. Avec la crête en vogue... Chez Nabe en effet le détail qui tue, c’est ça qui compte.

Moi je n’évoque Nabe qu’avec des polypes dans la gorge, des clochettes dans la voix, une bosse sur le front et un pal dans le dos qui me fait un mal de chien comme un vrai chameau que je suis !

Mais surtout, avec dans la tête des douleurs anachroniques d’enclume écumante. De sévères et virtuelles névralgies de chimères dures comme le nougat de Montélimar !

Je ne puis doctement débiter des bagatelles à son sujet qu’en termes solides ou gazeux : soit le plomb, soit la vapeur. Ou même aréneux, ce qui n’est guère onéreux, ou encore aqueux : sable ou flotte. Des babioles. Pour le dire sans le dire, toujours dans le trouble, le flou, le vaseux, le hors-champ de ma lumière izarrienne...

Oui parce que Nabe c’est du verbe pilé plein de fracas pour faire des phrases totales, entières, bien mûres. Le maître des tomates accompagné de poires, cerné de guirlandes. En somme, partout autour de lui, de la véritable andouille qui vire à droite ou à gauche mais reste toujours aussi juteuse.

Sans oublier dans les poches, le slibard, les manches, le foulard, ce qu’il faut pour éblouir encore un peu plus.

Jamais je ne pourrai dégoiser sur ce lettré guignol en termes clairs, nets, simples, parce que je ne comprends que pouic au théâtre dramatico-burlesque de son microcosme littéraire subversif parisien. Et vous, décodez-vous ce que je dis à propos de Nabe ou faites-vous semblant ?

Parler de Nabe, c’est papoter de bavures de buvard, de bave et d’encre noire, de buée et de bruits dans le vent, de vaguelettes d’idées qui moussent.

Mais également d’eau qui s’évapore, se fait oublier un temps et revient à l’improviste sous forme de pluie pour, de littérature, nous mouiller.

mardi 12 décembre 2017

1237 - Un esprit curieux m'interroge sur Farrah Fawcett

Bonjour, cher maître. Je tente encore de sonder les profondeurs inexpliquées de votre obsession fawcettienne. Vous avez le don de tisser l’énigme avec le fil de la lumière et non de l’ombre et c’est toujours un plaisir de vous interviewer.

1. Quel est le rapport entre le mystère astral qui vous entoure et celui des rayons fawcettiens émanant de votre plume 

L’un est tout de plume et de Lune mêlées, l’autre -aussi léger et étincelant-, tout de flamme et d’azur, je vous assure ! Le premier n’a rien d’escargotique, le second est un principe anti-casserole. Moi je décolle de terre. Elle, elle s’envole dans l’éther. Vous voyez, les mot dits comme les non dits se rejoignent dans les sommets, il suffit d’un peu d’air et de quelques ailes... Entre l’R et les L, il y a le O. Le haut je veux dire.

2. Vous comparez souvent la beauté de cette actrice médiocre à celle des anges. N’est-ce pas là une sorte de blasphème, sachant que la grâce des anges est toute spirituelle ?

On ne blasphème jamais lorsqu’on évoque les reflets célestes qui s’impriment ici-bas sur les choses et les êtres. Bien au contraire, reconnaître l’ange à travers la créature, la rose ou le caillou, c’est glorifier Dieu qui ne fait rien de laid et tout de merveilleux. A divers degrés, il est vrai car enfin dans toute la Création il n’y a qu’une seule Farrah Fawcett et bien des diamants beaucoup plus ternes... Mais ça, c’est la loi de l’inégalité universelle ! Il faut une hiérarchie, en effet, entre la pierre et l’astre, la vermine et le lion, la boue et le cristal. Mais aussi des différences entre chaque branche d’un même arbre.

3. Associez vous cette idée de splendeur relative à Farrah Fawcett à votre enfance ou à votre fin de vie ? Aube pure ou crépuscule radieux ?

Le papillon est éphémère mais devient éternel en volant dans la lumière car c’est dans ce bref moment qu’il crée sa légende. Le baptême de l’air éveille les consciences qui prennent de la hauteur sur le monde. Farrah Fawcett, c’est la chair intemporelle, l’image qui brille hors du cadre, la matière lumineuse, les traits façonnés par l’esthétique infinie. “Traits façonnés par l’esthétique infinie”, cela ne veut pas dire grand-chose je vous l’accorde, c'est pourtant l’idée la plus juste, quoique saugrenue, qui me vient à l’esprit pour répondre à votre troisième question...

4. Parfois ridiculement coiffée, fichtrement parée à l’américaine, la belle texane ne fut jamais vulgaire cependant. Cette fleur qui demeura intacte à travers toilettes infâmes et modes douteuses, selon vous, elle le dut à l’éclat de sa face ou de son esprit ?

La tête ici n’a rien à voir avec la face de Farrah Fawcett qui était fort commune quant à ce que reflétait son front... Les trésors du Cosmos qu’elle incarna si bien ne sont toutefois pas les richesses de la glaise. Les feuilles vives ne sont pas les racines pensantes. Comme la rose irresponsable de son attrait, elle s’est contentée de naître. Mais je ne lui demande pas plus que cela car cela suffit à mon extase.

5. Si de Farrah Fawcett émanait un principe ce serait, d’après vous, un principe de vie, d’amour, de beauté, d’éternité ?

De Poésie, c’est à dire exactement de vie, d’amour, de beauté, d’éternité, et beaucoup plus encore. Autrement dit de Poésie cosmique. Entre asticot universel et galaxie immortelle, depuis la poussière transcendante jusqu’à l’espace intérieur, de la soupière au Soleil.

6. Cherchez-vous cet aspect fawcettien dans les êtres qui vous entourent ?

On ne cherche nulle part ailleurs que dans l’unique ce que l’on sait unique. Ce qui fait le prix de ce bijou taillé aux facettes typiques, c’est précisément son caractère irremplaçable, non reproductible. La Création est composée d’éléments, d’êtres aux formes multiples et variées à l’infini. Même ce qui se ressemble n’est jamais égal à son semblable, à l’image des grains de sable, des brins d’herbe ou des nuages : sculptés à chaque fois en un seul exemplaire chacun et sans cesse changeants. Rien ne se copie dans les flocons de neige, les forêts humaines, les champs d’étoiles, bien que tout porte les mêmes traits, les mêmes formes, les mêmes couleurs. Tout ce qui est pareil à l’autre est cependant exclusif. C’est aussi cela l’incroyable inventivité du monde, et c’est un miracle à chaque particule, à chaque visage, à chaque planète.

7. Quelle est la première chose que vous associez à Farrah Fawcett ?

Tantôt le fait, en ce qui la concerne, de ne pas déféquer, d’échapper aux lourdeurs intestinales, tantôt aux cimes enneigées des montagnes qui le jour se gorgeraient de ciel bleu et la nuit seraient amoureuses de la Lune... En effet j’ai beaucoup de peine à me figurer Farrah fawcett en train de chier ! Pire : être victime d’une chiasse carabinée... Par conséquent je me la représente systématiquement dépourvue de fonctions excrémentielles, magiquement délestée de ce poids inesthétique. Il m’est aisé, par contre, de la concevoir en des termes plus parfumés, plus glacés, plus aériens.

8. Jusqu’où allez-vous nous emmener, emporté par les ailes de ce corbeau en or nommé Farrah Fawcett ?

Sur les rivages de l’infini, au bord de la mer cosmique, au pied de l’Univers, à la porte de l’éternité. Bref, au centre du Beau, au fond du mystère, au coeur de la Poésie.

9. A quelles vertus associez-vous Farrah Fawcett ? L’humilité sied-elle à la gloire que vous lui prêtez ?

Je l’associe à tout ce qui est idéal. Depuis la matière jusqu’à l’impalpable. Des pieds à la tête mais en évitant quand même le côlon comme je viens de l’évoquer un peu plus haut.

10. Accepteriez vous une prochaine interview sur la magnifique fée Fawcett ?

C’est pour moi un sujet intarissable, une eau inépuisable, une inspiration continuelle, donc je serai heureux de pouvoir accoucher d’autres feux littéraires et ainsi ajouter de nouvelles lueurs au firmament de ma plume.

mercredi 6 décembre 2017

DÉCÈS DE JOHNNY HALLYDAY : ROCK'N IMBÉCILE !

Depuis mon plus jeune âge j'ai toujours considéré le rock comme un phénomène musical primaire, ridicule, immature et bête conçue pour des auditeurs eux-mêmes primaires, ridicules, immatures et bêtes. Un bastringue propre à décérébrer maints troupeaux de bipèdes faibles d’esprit. Avec le temps, l'expérience, la sagesse, mon opinion s'est confortée dans ce sens.

La culture rock, puissant vecteur d'abêtissement des masses juvéniles, incarne le niveau zéro de l'intelligence, de la beauté, de l'élévation des coeurs, de l'éclairement des consciences. Violence, laideur, vulgarité, régression caractérisent cette fanfare de "singes contorsionnés", "d'andouilles bêlantes", de "perroquets hirsutes", même sous ses formes en apparence les plus inoffensives.

Les messages traditionnels de ce tapage sont des plus primitifs, archaïques, voire franchement imbéciles : baisons, cognons, crachons, détruisons, haïssons ! (Je caricature sciemment, quoique la réalité puisse être bien pire).

Comment peut-on se laisser fasciner, manipuler, influencer, conditionner, endoctriner par ce fracas tribal -pour ne pas dire démoniaque- issu des tréfonds du cervelet humain, déréglant sens, pensée, sentiments, exacerbant noirceurs de l'âme, corrompant tympans et sens de la modération, dénaturant l'homme en le faisant pantin simiesque ou chien aboyeur, détournant à son compte le sacré, inversant les valeurs fondamentales les plus élevées ?

La sotte frénésie avec laquelle les foules en transe agitent le chef autour de leurs idoles férocement grimées, le regard plein de ténèbres, un éclair sulfureux au front, la fureur aux entrailles, la guitare électrique en guise de phallus, sorte de sceptre hurleur défiant le Ciel, m'inspire les plus tristes sentiments. Mais aussi des réactions hilares...

Pour prendre l'exemple le plus anodin, le moins agressif, les Beatles, dieux vivants, ne sont à mes yeux que des ânes chantants. Certes ils chantent juste, connaissent les règles savantes de la musique, sont mondialement célèbres, mais ils ne font que du “vacarme rock” en attendant, genre brutal et dégénéré considéré à tort comme majeur. Le rock n'est à mes yeux ni plus ni moins qu'une flamme infernale, outrancière, bestiale et ouvertement destructrice, une vocifération universelle, une ignoble clameur charmant sinistres hystériques et doux idiots à laquelle on a décerné des notes de noblesses.

J'ai toujours été frappé par l'apparence grotesque des chanteurs de rock. Avec leurs accoutrements entre ogres et clowns, ils sont bien les seuls à ne pas rire de leurs excès... Quant à leurs moeurs et excentricités, qu'elles soient simplement scéniques ou réellement adoptées, je ne vois qu'outrages, déviances, démence.*

Rien de bien, ni de beau, ni de noble, ni de constructif.

Car enfin le reste, la déification des stars, les concerts historiques, les millions d'adeptes embrassant la cause, c'est juste la folie des hommes.

Ou leur bêtise.