mardi 30 juillet 2013

1000 - Je suis un rat

Les rats, parce qu’ils me ressemblent, sont mes amis de toujours.

Ils rampent astucieusement au ras de nos semelles en quête de découvertes, curieux de nos mystères, convoitant nos richesses, tandis que moi, je sonde secrètement les têtes. Tout comme eux, je chemine en silence. Je suis un explorateur cérébral. Un rongeur qui cherche non sans fourberie à grignoter les âmes de ses contemporains afin de les mieux étudier.

Les menus quadrupèdes sont de vifs cerveaux. Sournois, ils sortent de leur trou tout en trottant, attirés par nos lumières. Pour les voler. Je quitte mon antre, affolé par ce qui brille -ou ce qui se ramollit- au fond des cervelles. Pour y planer au-dessus. Autant dire y pratiquer le haut vol.

Le peuple de la poussière, malin, rusé, futé, ambitieux, déjeune aux crochets des humains, moi je dissèque les pensées aux dépens des Dupont.

Les visiteurs de nos cloches à fromage ont le museau fin, les moeurs délicates, la queue longue. J’ai le flair subtil, l’air inspiré, le geste léger et tout le reste bien leste encore...

Ces chapardeurs de miettes et de diamants, glorieusement s’engraissent de nos vices et vertus, moi je vais à la cueillette des esprits, blancs ou noirs.

Eux et moi sommes faits de la même pâte.

samedi 27 juillet 2013

999 - Les galaxies

Les galaxies que je regarde à travers les télescopes m’extasient littéralement. 

Les célestes escabeaux des astronomes m’escargotent doctement et me régalent également comme l’estragon qui s’agglutine au sommet des féculents. 

Ce qui m’asticote et me botte dans les galaxies, c’est l’estomatologue assydropique concerté de la télémétrie symétrique aux prises avec les gros aggloméras autoscopiques, antisauciscopiques, résolument azuréens, considérablement prothozoériens et vastement patatesques. 

Les galaxies m’auscultausiasment aussi follement qu’une énorme masse mise en forme entre les limites de la molle limace et les hauteurs des cosmiques et éthyliques liqueurs. 

Enfin bref, pour le dire plus simplement, les galaxies agglumitaviques, gargu-tartomicato-sphériques et glumitascopiques m’extasient littéralement, je le répète. 

dimanche 21 juillet 2013

L’HORREUR CHARCUTIÈRE

Toute une population porcine sacrifiée sur l’autel de notre tradition culinaire, dévorée par les flammes inutilement cruelles du sort, anéantie au gré des aléas impitoyables d’un destin carcéral conçut à sa mesure...

Epouvantable conséquence de nos mœurs carnassières !

Par-delà l'aspect strictement économique de cette catastrophe, il n'est pas illégitime de s'attarder sur le problème trop souvent tu de la souffrance animale. Face à l'horreur de cette “tragédie ordinaire” habituellement passée sous silence, du moins trop souvent déplorée exclusivement en termes de “pertes industrielles”, une remise en cause de notre régime alimentaire surchargé de mets carnés est pleinement justifiée.

L’homme a assujetti aux implacables impératifs de sa productivité lucrative des êtres doués de sensibilité. D’extrême sensibilité même puisqu’il s’agit ici de cochons, animaux particulièrement émotifs.

Des êtres qui, toute ironie gardée, lui ressemblent sur bien des points.

Quand une porcherie brûle, aujourd’hui quelques larmes humaines peuvent suffire à stopper l’incendie. C’est un immense progrès. C’est pourquoi j’en appelle à une reconsidération de certaines de nos valeurs contraires à l’émergence de nouvelles éthiques, incompatibles avec l’évolution de la pensée et l’élargissement de la conscience planétaire.

L’Humanité doit plus que jamais s’interroger sur ses pratiques et rapports à l’égard de la gent animale parquée, conditionnée, maltraitée, chosifiée... Et tout cela pourquoi ?

Raphaël Zacharie de IZARRA

Article rédigé en réaction au fait divers suivant :

La  foudre a déclenché un incendie dans un bâtiment agricole, situé au lieu-dit "Mont-Beau", sur la commune de Neuvillalais.

Le feu s’est déclaré peu avant 21 heures.

Le bâtiment, qui a été détruit dans l’incendie, était une porcherie.

220 truies et 660 porcelets ont été piégés à l’intérieur par les flammes.

Ce samedi soir, les pompiers étaient toujours sur place pour  maîtriser l’incendie.

jeudi 11 juillet 2013

998 - La femme politique

Parce que la politique est une affaire d’homme, elle ridiculise la femme qui s’y adonne.

L’art de gouverner est une activité spécifiquement masculine : l’enivrant exercice du pouvoir, l’honneur de servir les peuples -ou l’habileté à les orienter- , la maîtrise des destins collectifs procurent des vertiges grandioses que seul le cerveau des mâles est capable de supporter et de savourer.

Trôner sur les paroisses, les fiefs, les régions ou les nations, marquer les esprits de son immuable empreinte sous le soleil éternel sont les expressions viriles et éclatantes de la puissance phallocrate.

Le pouvoir est un nectar fort que la femme, ce volatile tremblant et frileux ne digérant que le grain tendre, est incapable d’apprécier. La majesté des cimes de l’Histoire n’est point faite pour la poulette.

Je ne prends pas au sérieux la femme se mettant en tête de faire de la politique. Aucune représentante de la gent caquetante n’est crédible dans ce rôle qui lui est contre-nature.

J’ai remarqué dans les couples bourgeois le nombre effarant de mères de famille s’entichant de politique...  Une épouse s’essayant à ce jeu d’homme n’est en réalité qu’une ménagère de haute classe qui s’ennuie dans sa vie hautaine. Voilà la vérité.

Afin de calmer les ardeurs politiciennes déplacées de ces bécasses de bonne société, je ne saurais trop recommander à leurs maris de réagir à cette aberration avec bon sens et fermeté, mais toujours dans la douceur et la pédagogie : l’apprentissage du tricot ou de la couture est un excellent rempart contre les égarements publics de la mondaine en mal d’action, de reconnaissance sociale ou de valorisation féminine.

Messieurs, inculquez à vos conjointes le goût du fil et de l’aiguille, apprenez-leur à repriser consciencieusement vos chaussettes, elles oublieront bien vite leurs délires d’écervelées oisives.

Bientôt elles prendront à coeur leur sain ouvrage et dans le secret de la légitime alcôve deviendront de bien meilleures amantes qui vous combleront, ravies d’avoir été remises à leur juste place sous la maritale autorité.

Elles vous seront reconnaissantes de les avoir détournées de ces choses graves qui ne sont pas faites pour elles, et par des ébats nuptiaux enflammés vous récompenseront de vos soins à leur égard.

La politique ne sera plus pour ces ânesses qu’un risible souvenir qui leur fera honte.

jeudi 4 juillet 2013

997 - France : le nouvel ordre du vice

En France le vice est valorisé, encouragé, glorifié.

Il est même considéré comme une vertu.

Un gage d’ouverture d’esprit, d’insertion sociale, de reconnaissance citoyenne et de promotion morale.

En effet, si vous êtes né homosexuel, bisexuel ou que sais-je, ou bien si par choix avez adopté une sexualité “peu banale” encore plus déviante et que vous faites votre “coming-out” ou affichez simplement votre “richesse”, votre “différence”sexuelle” avec fierté, alors vous passerez pour un honnête homme, un bel esprit, voire un grand humaniste incarnant à vous seul toute la tolérance, toute la générosité, tout l’éclat du monde civilisé...

Parce que vous êtes homosexuel et simplement homosexuel -et pas honteux de l’être-, dans les coeurs et les esprits, dans les institutions, dans la vie citoyenne, dans la rue, au travail ou tout banalement dans les soirées -qu’elles soient classiques ou branchées- vous serez automatiquement assimilé à la gent honorable, respectable et exemplaire formant le socle de la nouvelle société furieusement égalitaire, pathologiquement obsédée par “le droit à la différence pour tous”.

Exactement comme jadis on intégrait d’emblée à la “patrie des honnêtes gens”  l’âpre travailleur du sillon, l’habile et patient artisan, le scribe érudit et consciencieux, le sage ancêtre ou l’éminent professeur dispensant leur savoir et leurs valeurs aux générations attentives et respectueuses, tous pères de famille sobres et modestes, fiers d’offrir le meilleur d’eux-mêmes à la terre, au Ciel, à l’Humanité... Ca c’était le temps d’avant, pas si éloigné, où l’hétérosexualité allait de soi. Un monde certes non parfait mais encore sain d’esprit quant aux considérations sexuelles.

Il y en a même qui instinctivement prêtent de hautes qualités morales aux homosexuels juste parce qu’ils sont homosexuels -discrimination outrancièrement positive !- et suspectent les hétérosexuels d’être des homosexuels refoulés, donc des pervers, pour la seule raison qu’ils sont hétérosexuels, et rien qu’hétérosexuels. 

En effet, si vous êtes hétérosexuel malheur à vous ! En ce cas surtout ne dites pas que vous êtes NORMAL. Ce terme est offensant à l’égard des homosexuels, bisexuels et que sais-je encore... Hétérosexuels, cachez-vous de honte : dans ce monde de “diversités d’orientations intimes” votre pauvreté hétérosexuelle est une tare, une limitation de votre humanité, un racisme passif envers les multiples autres formes de sexualités, une étroitesse d’esprit, voire le criminel résultat de votre morale étriquée !

Bref si vous êtes hétérosexuel et que vous affirmez que cette chose est bonne et salutaire pour l’Humanité, vous serez fiché par la police, condamné par la justice, persécuté par votre prochain, méprisé, insulté, menacé, mis au ban de la société comme un vulgaire délinquant, deviendrez l’ennemi du système homosexualisé, bisexualisé, transexualisé, multi-sexualisé qui exercera contre vous pressions, censures, humiliations de toutes sortes.

Vous serez un méchant et dangereux “arriéré” menaçant l’ordre public.