jeudi 25 juin 2020

1590 - L'amour, ça gèle les doigts de pieds !

L'avantage de l'amour, c'est qu'aucune loi humaine n'exercera sur lui la moindre autorité.

Ca, tout le monde le sait.

L'amour, par essence, déplaît aux juges, aux frileux, aux prudents, aux sots, aux fats, aux rats, aux mesquins, aux requins et à la vermine qui tous veulent n'en faire qu'une bouchée !

Alors que l'amour est un festin sans fin à dévorer sans faim et à explorer en long et en large.

Ca, tout le monde ne le sait pas.

C'est une chose énorme, effrayante, monstrueuse qui fait fuir les moutons, courir les chiens, rêver les loups.

Et indiffère les vaches.

Injuste, discriminatoire, immature, borgne, l'amour voit rouge, broie du bleu, montre du doigt.

Et boit le feu du ciel.

Ce qui crève la peau, ce qui fait des bosses sur le front, ce qui perce la ténèbre, voilà ce qu'est l'amour.

Un bonbon au suc de ronce et au sel de fleurs.

Avec, en plus, une brise de jurons pour se rafraîchir les idées et deux ou trois gorgées de sens pour en sublimer l'amertume.

L'amour, c'est une flèche de l'hiver qui vient se ficher dans le cul du printemps. C'est toute la force du gel dans le coeur des tièdes ! C'est la gloire de la neige éternelle sur le Soleil impuissant.

L'amour méprise les faibles, les poltrons, les larves et les rigides.

Il tue l'oisillon dans son duvet pour ne se donner qu'aux êtres de plumes.

Seules les âmes d'envergure survivent à sa gifle étincelante. Les autres se rapetissent sous le tonnerre. Et meurent de leur néant.

L'amour est un banquet sans fond pour becs durs et ailes sûres.

Déchantez tous car l'amour n'est résolument pas pour vous. 

Il n'est que pour les autres.

mardi 23 juin 2020

1589 - Ivre de givre

Il se dépose sur toutes choses, frigorifie les êtres et la terre, blanchit le monde de son féroce et sublime baiser de mort.

Le givre pétrifie et embellit tout.

Quand le froid fait la loi, je me crois sur la Lune.

Et je rêve de légèreté, d'infini, d'éternité.

Alors je pars rejoindre le corbeau au bec dur et à la plainte rauque qui va si bien avec.

De la glace et des ailes : c'est tout ce dont il me faut pour faire battre mon coeur de pierre et briller mon âme d'esthète.

Et je m'envole, ivre de beauté austère, vers des espaces bleus, aigus, idéaux.

Insensible aux larmes vulgaires de la vermine qui souffre sans se soucier du Beau.

Mes amis d'en haut sont les oiseaux effrayants et superbes qui frôlent les astres, foncent vers les sommets, partent pour des ailleurs sans fin.

Le gel qui fige tout me rend joyeux.

Il mord les misérables dépourvus d'envergure, afflige les pauvres dénués d'esprit, assombrit les jours stériles des frileux, illumine ma face de rat faite pour le ciel.

lundi 22 juin 2020

1588 - Eau froide

Quand je suis assiégé par le Soleil, assommé par ses coups de marteau, brûlé par ses rayons tyranniques, je plonge la tête dans un ciel de Farrah Fawcett pour me rafraîchir de son image.

Belle comme une boule de neige, aussi éclatante qu’une montagne de glace, elle brille sur moi telle une toundra éternelle.

Je suis un macho radical et me soumets à l’ordre phallocrate de l’Univers et de ses sommets.

Entre l’homme et la femme, Dieu a décidé que la loi virile serait implacable.

Alors je me dresse face à cet autre astre magistral nommé “femme” et dépose à ses pieds ma couronne de lumière.

- Eve, voici ma flamme, voici ma force, voici ma vérité ! Donne-moi ta fleur, ton eau et tes nuages. Fais-moi oublier le feu de l’été que je fuis car je suis ivre du désir d’ondes, de lacs, de vagues...Flatte mes légitimes appétits : lustre les casseroles et fait luire ta peau, médite en cuisine et parle-moi dans l’alcôve. Prépare mes festins en y mettant la chaleur du foyer et tout l’amour qui va avec !”

Mais ces mots idéaux n’étaient qu’un rêve, que des ombres. Et je me réveille sous l’étoile brûlante, plus assoiffé que jamais d’azur glacial !

Et le soir venu l’orage vient faire trembler le monde, effrayer ses créatures, inonder la terre, caresser mon front, abreuver mon âme.

VOIR LA VIDEO :

https://youtu.be/u_0XDRKHzTk

vendredi 19 juin 2020

1587 - Burcu Güneş

C’est la voix originelle, la lumière du commencement, l’oiseau de toutes les aubes.

La rosée de l’Univers.

Elle est la mémoire des mythes, la musique des éthers, l’incarnation des millénaires.

Et a le visage des rêves.

Ses prières et ses chants partent de la Terre, de ses gouffres et de ses océans, pour monter vers d’autres mondes.

Loin, sans retour, à l’infini.

Elle porte l’espoir des rocailles, l’or de la nuit, la légèreté des siècles : la sève des vies coule en elle. Et se diffuse partout.

Ses racines mystérieuses donnent des fleurs aux hommes.

Elle brûle de joie, brille de beauté, succombe d’amour.

Son âme vaste et sublime a soif d’azur, de bleu, de blanc.

C’est une femme qui sourit, pleure, crie, soupire et chante, comme nous tous.

Et s’envole.

Avec au fond des yeux la douceur d’un feu caché, sur le front la paisible gravité des créatures éveillées.

Et dans le coeur, des germes de ciel qu’elle sème sur nos têtes.

Cette mortelle aux ailes divines laisse entrevoir, à travers ses mélopées et ses traits étranges, un ailleurs, d’autres horizons, plein de nuages.

Oui, à travers ses élégies et sa face énigmatique...

mercredi 17 juin 2020

1586 - Anti-romantique

Mon coeur de mâle et seigneur n’a pas les douceurs artificielles du siècle.

A la gent femelle, jamais je n’adresse les molles tendresses auxquelles la civilisation l'a accoutumée.

Les flasques élans du sentimental sont destinés, selon moi, aux chairs avachies, aux esprits amorphes, aux bécasses inconsistantes.

Les amants sont devenus des larves : du haut de leur déchéance ils font les poulettes en croyant faire les hommes.

Et à force de singer les bêtes à plumes ils ressemblent à des mulets.

Ils ont des sentiments, des délicatesses, des fragilités...

Ces douillets se targuent même d’avoir de la sensibilité ! Ils s’épilent, s’étalent des crèmes sur la face, vont chez le coiffeur, se parfument... A quand les vapeurs du dimanche ?

Je ne suis pas de cette race bâtarde d’oisillons émasculés.

Moi j’ai une âme d’airain, une peau de granit, des traits de silex, un sang de lion.

Et pour les femmes, une faim de loup.

J’ai la dent dure et la caresse féroce, la tête froide et la main ferme, le regard glacial et le geste viril. Je piétine les fleurs et offre des ronces, crache sur la dentelle et baise le feu, déchire la soie et m’enivre d’épines.

Aux élues, je destine mes orages.

Aux frileuses, mon mépris.

Seules les vipères aiment mon visage rêche, mon poing magistral, mes mots cinglants et mon ciel plein de tonnerre. 

Ces venimeuses dénuées des pâles illusions du romantisme sont dignes de mes crocs et de mes vigueurs.

Je leur réserve les rêves vrais de mes fruits frais, c'est à dire les flots lumineux de mes flammes séminales.

VOIR LA VIDEO :

https://youtu.be/1ZlzB9M4umE

samedi 13 juin 2020

1585 - Mon livre édité par Conversano

Cette oeuvre est un condensé de vérités scandaleuses, un concentré de sauce piquante, une grenade de vrai, une bombe de lumière crue.

Une tarte à la tomate atomique.

Au fil de ces pages vous trouverez le pire du pire, c’est à dire la fleur du meilleur. De la dynamite au fond de coupes de miel. Du venin de vipère mêlé de jus de rose. Des crachats d’anges et des baisers venus d’ailleurs...

Et même, de la bonne grosse confiture au sel de mer.

Le contenu de cet ouvrage aux apparences modestes vous explosera à la gueule ! Il caressera surtout vos désirs les plus cachés, les moins avouables, ceux que vous n’osez jamais faire parler.

Moi je leur ai donné la libre parole, à ces chers cauchemars qui vous font tous rêver, secrètement...

Bref, la lecture de ce livre vous écoeurera divinement. Mes textes feront jubiler les uns et révolteront les autres. Soit vous rirez avec férocité sous les crocs lumineux de ma plume, soit vous serez lamentablement écrasés comme des larves sous des enclumes d’incompréhension !

Ce sera l’ivresse pour les grands, l’amertume pour les petits.

Aux âmes frileuses qui verront leurs certitudes se faire trancher en rondelles par mes lames izarriennes, je promets de fructueuses interrogations, de fertiles nuits d’insomnies, de douloureuses mais profitables remises en question.

Les éveillés quant à eux se réjouiront de voir leurs derniers barreaux mentaux s’écarter sous le souffle libérateur de mon évangile et auront la joie de côtoyer les papillons dans les hautes sphères des beaux esprits.

Timorés à la pensée plate ou aventuriers des idées de feu, droitards secs ou gauchistes flasques, hommes ou femmes, jeunes immatures ou vieux hiboux, tous y trouveront leur bénéfice.

En effet, mes mots piquent tels des dards salutaires et giflent les faces molles pareilles aux pluies vivifiantes : ils ont la vertu de fortifier les hésitants, de faire bouillir les tièdes et de réveiller les endormis.

Vous savourerez l’exquise légèreté et la délectable acidité de mes doctes salades de sagesse cuisinées au vitriol.

Ou vous dégueulerez tout en bloc.

Avant d’y revenir en cachette, la nuit, sans témoin, fascinés que vous serez par mes lueurs délictueuses, émoustillés par ma liberté de bien penser, excités par l’interdit, délicieusement effrayés par les épines aperçues entre mes lignes...

VOIR LA VIDEO :

https://youtu.be/MRjgFWNGB7k

jeudi 4 juin 2020

1584 - Facho

Je suis ce qu'ils appellent un “facho”.

“Ils”, c’est à dire les rouges, les cocos, les gogos de la gauche.

Je suis un “facho” donc. Un vrai de vrai et même de la pire espèce.

La crème de la crème, ou plutôt la lie de la lie. Enfin le meilleur, le coeur de la fleur en tout cas.

Une belle pourriture. Toujours selon “eux”.

Et je ne m’en défends pas. Peu importent comment ils qualifient la blancheur de mon drapeau, l’éclat de mes vues, la lumière de mes pensées : je suis à ma place là où je dois être, à droite de la droite et pas ailleurs.

Je n’ai honte ni de mon sang ni de mon ciel. Pas plus de mon pays que de son Histoire. Et pour eux, si fiers de leurs vices, c’est un grand péché.

Ma couleur c’est le blanc.

Je n’y puis rien, je suis né ainsi : avec des blés blonds sur ma tête et de la neige dans mes gènes.

Pour cette unique raison je suis mauvais, méchant, injuste.

Ma grande faute à leurs yeux, c’est de ne pas me prosterner devant les “richesses et douceurs” apportées par les envahisseurs, de ne pas vouer un culte enflammé aux fées sataniques du féminisme, de ne pas admirer avec béatitude le trou du cul de l’homme changé en sexe de femme.

Bref, ils me reprochent de ne pas vouloir m’adapter au siècle. 

L’immense progrès humain consistant à remplacer un phallus par un orifice femelle m’ayant échappé, je passe pour le dernier des arriérés. Insensible à l’ivresse générée par le viol des lois naturelles, je suis taxé de timoré. Le vertige de l’abîme ne m’attirant nullement, je suis soupçonné de vouloir pactiser avec les forces de l’ordre divin...

Il est vrai que j’en tiens une sacrée couche avec ma grosse couenne de macho pur et dur...

Pour la femme j’ai des conceptions révoltantes, des ambitions insupportables, des missions dégradantes : respectabilité, maternité, conjugalité. Son rôle : protection et transmission des valeurs familiales, gardienne du foyer et incarnation des vertus.

Le summum de la négation de ses droits, pour eux les “progressistes” qui l’idéalisent non pas dans l’enfantement mais dûment avortée...

Pour mon pays je prône la sécurité, l’homogénéité, la francéité.

Alors là je ne suis plus un “facho” passéiste et rétrograde mais carrément un “nazi” ! Je suis Hitler en personne ! L’incarnation du mal absolu ! Je suis la HAINE, je suis l’IGNOMINIE, je suis la BÊTE IMMONDE !

C’est tout l’honneur que me font, dans leur zèle humaniste, ces grands éclairés de gauche...

Mais redevenons plus modestes, ils savent bien au fond d’eux-mêmes que je ne suis qu’un ordinaire petit gaulois aux idées banalement “nauséabondes”...

Un “facho” en somme.

Liste des textes

1328 - Je suis apolitique