lundi 30 décembre 2019

1546 - Acuité esthétique

Elle devait, comme tout hôte de la Terre soumis aux impératifs biologiques, puer des pieds, j'imagine, surtout quand elle ne se les lavait pas, les jours de chaleur et de crasse.

En cela elle n'était guère différente des autres femelles bipèdes de son siècle, certes.

Ce qui radicalement la distinguait du reste des femmes, c'est qu'elle n'était pas une femme.

Mais un fromage solaire, un pissenlit stellaire, une tomate éthéréenne.

Bref, un tournesol magnétique. 

Plus rien à voir donc avec les habituelles associations d'images parfumées de rose et de lavande (ou même de soufre et de miel) et autres communes comparaisons humano-florales ou célesto-vénéneuses plus ou moins somptueuses qui de tout temps ont fait l'unanimité dans les âmes les plus lumineuse comme dans les livres aux pages éternelles.

Avec Farrah Fawcett, c'est le triomphe inattendu de la carotte et du champignon, du cornichon et de la patate, par leur systématique surenchère et mise aux sommets.

En vertu du miracle esthétique consistant, après l'éblouissement, à percevoir désormais la part de Cosmos à travers les éléments les plus "saugrenus" de la Création.

Eveillé par sa face admirable, je ne peux, sous la force-même de son éclat irradiant, que reconnaître le divin lu sur le potiron, louer le Ciel qui transparaît à travers la laitue, chanter l'infini qui se dévoile sous le petit pois.

En un mot cette femme qui était loin d'être une femme tant elle était proche des nuages m'a révélé la valeur mystérieuse et belle du caillou autant que du brin d'herbe, de la goutte de pluie comme du grain de sable, du lait caillé ainsi que des légumes.

Mais c'est aussi parce qu'il y a une hiérarchie dans la beauté que, définitivement, elle m'a dégoûté des laiderons !

VOIR LES DEUX VIDEOS :


https://youtu.be/0GV8x0XxgvA

https://youtu.be/taRU4Qg5TQ0

samedi 28 décembre 2019

1545 - Mots de face

Pour ses lèvres de sable aux baisers de lumière, je ne baverai pas tel un flasque escargot mais émettrai la seule écume qui vaille.

Celle, bleue, aérienne, lyrique, de ma plume.

Dans mes rêves d'eau douce et mes nuits de feu, je n'y vois certes que du vague mais aussi du haut.

Moi l'enclume, elle la grenouille. Moi la Lune, elle la nouille. Moi la citrouille, elle l'agrume.

Dans mes flots de brumes et mes mirages nocturnes, je n'espère que le jour.

Elle l'autruche, moi l'andouille. Elle l'ampoule, moi la baudruche. Elle la cruche, moi le topinambour.

Dans mes flux verveux et mes bulles verbeuses je mêle allègrement les mots de ruses et les fausses  lettres, ou plutôt les fausses muses et les fautes de lettres rien que pour parler en toute fêtes de Farrah Fawcett !

Voyez comme je perds pieds avec ivresse et vertiges dans les flaques vertes des mots qui rient... 

Et ne riment à rien.

Se moquer des mots, c'est smoker en smoking dans le fog, c'est à dire partir en fumée dans le brouillard.

Bref, lire cela sans la lyre, ce serait comme délirer sans rire : un truc de dingue.

Or je vous demande de n'être ici ni sot ni sec mais de remettre cela dans l'ordre que vous voudrez et ainsi d'éprouver la flamme de la Beauté dans les immensités éclatantes de l'esprit qui vogue et navigue à vue de nues.

Pour ses sables de rêve aux caresses de nuages, je ne m'étendrai pas en mornes et perpétuelles platitudes mais bien au contraire ferai jaillir de belles gerbes d'écriture...

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https://youtu.be/mw2NXOShZME

vendredi 20 décembre 2019

1544 - Plume d'esprit

Je suis l’Élu, je suis l’Envoyé, je suis le Messager.

Avec mes imperfections, mes faiblesses, mes tares et mes maladresses, j’incarne le Ciel sur Terre.

Que cela vous réjouisse ou vous chagrine, que vous le croyiez ou pas, que vous m’entendiez ou que vous me rejetiez.

Je vous le dis : à travers moi c’est l’Univers qui parle.

Vous qui me prenez pour un sot, riez, moquez-vous, raillez-moi, vous en avez le droit. Jouissez de votre liberté de regarder ailleurs. Usez-en en conscience, en vérité je vous le dis, vous aussi vous aurez votre part de lumière : tout sera pardonné, tout sera lavé car tout est éligible aux sommets. Le noir comme le blanc, le lourd aussi bien que l’aérien, le loup autant que l’agneau.

Les autres, chantez avec moi. Soyez, comme moi, des oiseaux éveillés, des chevaucheurs de nuages, des ailes de papillons. Vous serez plus loin du sol mais plus proches du Soleil.

Je suis le rêveur, je suis l’idiot, je suis le mal vêtu.

Avec mes vues éclatantes, mes légèretés, mes secrets et mes immensités, je me lève parmi vous comme l’aube qui éclaire le monde. 

Je ne suis pas venu vous offrir des trésors à portée de main mais de flamboyants... horizons. Des diamants difficiles d’accès, des promesses d’or semées de roc, des étoiles au bout de chemins de cailloux.

Je suis la plume, je suis l’esprit, je suis la Poésie.

Mal chaussé, jamais aux rendez-vous des modes, en dehors des vagues du siècle, couvert de la poussière des champs, chargé du parfum des fleurs, brillant des rêves de la nuit, riche de la rosée du matin, je viens vous annoncer le jour.

VOIR LA VIDEO :

https://youtu.be/u-9mnn8tGBA

https://youtu.be/3rgBOdAUe2Y

lundi 16 décembre 2019

1543 - Vue du Nord

Elle était comme une longue coulée de miel. Avec, dans ce flot de lumière dorée, des éclats d'azur, de silex, de rêves et de gloire.

Rien de cornichonesque en elle, tout de céleste au contraire.

Non que le croquant légume de nos potagers soit chose maudite, méprisable ou simplement négligeable, mais il faut admettre que son aspect typiquement biscornu est difficilement compatible avec la face régulière, affable et même admirable de celle à qui je l'oppose : Farrah Fawcett.

Laquelle était bien plus proche de la reine des étoiles  que de l'impératrice des batraciennes et beaucoup plus semblable à la brillante Lune qu'à un nonchalant plan de tomates.

Mais ceci est surtout une affaire d'appréciation personnelle, certes.

Aussi, osé-je la comparer sans craindre de me fourvoyer dans les égarements impardonnables du mauvais goût, non pas à la princesse des planètes soit aqueuses soit sulfureuses mais plutôt aux galets de mon enfance qui depuis toute éternité roulaient sur la plage de Cayeux-sur-Mer.

Tout modestement mais en même temps tout divinement.

Et fort de cette vérité plus constante que n'importe quel mirage flatteur, je me ressasse sans me lasser le ressac des jours jamais oubliés de ma jeunesse révolue, entre les interminables, mélancoliques champs de betteraves de l'automne et, l'été venu, les mystérieux horizons maritimes des plages du Nord.

VOIR LA VIDEO :

https://youtu.be/0_u3e2bUCPk

lundi 9 décembre 2019

1542 - Froid et solitude

A douze ans j'avais des océans dans la tête, plein de lumière dans le regard, des boules de neige dans les mains et face à moi, un horizon de liberté : un simple champ, perdu dans la brume de décembre, qui me semblait infini.

J'étais entouré de blanc, de gel, de pureté et la campagne brillait de dureté.

Dans le silence de l'âpre saison, ma jeune âme s'abreuvait de glace, s'enivrait de givre en contemplant avec extase la cruelle beauté du paysage figé dans la mort.

Plongé dans ce rêve éclatant où le froid avait rendu toute chose sacrée en y déposant son voile mortuaire, je ne sentais pas la morsure de l'hiver sur mes doigts.

Le spectacle du Beau me rendait insensible aux douleurs mesquines du quotidien, aux petites tendresses humaines, aux douceurs charnelles, aux conventions de la civilisation, aux modes et malheurs du siècle.

Je trouvais cela insignifiant, vulgaire, superficiel, loin de moi, insipide, méprisable.

Seule comptait la vision virginale de cet univers féroce où tout se transformait en pierre sous la caresse hivernale.

Je m'enfonçais dans le brouillard avec les deux meilleures compagnies qui soient : le calme et la solitude.

Je cheminais ainsi, heureux et méditatif au milieu de cet espace frigorifié, soutenu par la rigueur des éléments...

Tenant d'une main l'austérité, de l'autre la Poésie.

VOIR LA VIDEO :

https://youtu.be/ytzaciqzuFM

jeudi 5 décembre 2019

1541 - Le sens du ciel

Son front était un sommet noyé dans l'azur, son regard se faisait vague comme un nuage d'interrogations et ses lèvres s'ouvraient sur un flot de mystères pour se refermer sur un champ de fleurs.

Tel était le visage idyllique de cette créature quasi éthérique nommée Farrah Fawcett que je vous présente ici en des termes celesto-lyriques.

Avec ses allures cosmico-florales, elle volait dans la lumière, allant de cimes flamboyantes en hauteurs sublimes, côtoyant étoiles et papillons, glorieuse de sa seule et galactique beauté.

Et redescendait vers notre monde de temps à autre, je suppose, afin de prendre le temps de bien déféquer comme il faut.

Dans le secret pudique des non-dits. Aux antipodes de mon esthète conception.

Aux prises avec la plus pesante des réalités.

A l'abri, à l'ombre, en silence. Loin de tout, hors du visible. Surtout hors du visible...

Tout au fond de la terre.

Le choc entre la finesse du firmament et la brutalité de la merde.

Et pourtant, l'effet le plus admirable qui se produit en moi lorsque j'ose imaginer l'impensable, le prodige qui s'opère et me protège de cette triviale perception de la chose -car une vision aussi lourde serait un comble pour tout dévot de l'olympienne légèreté de l'existence-, c'est que dans la salutaire fulgurance de mon âme emportée dans quelque tourbillon divin, j'oublie royalement la matière et ignore plus encore ses gouffres !

Alors je reprends mon luth, inspiré par l'éclat du ciel, la vue dirigée vers l'essentiel et poursuis ma route idéale, riche de mes mots choisis, ivre de mets rares :

Son front était un vertige baignant dans un océan de bleu, son regard se perdait dans les airs et ses lèvres en disaient long sur tout le reste...

VOIR LA VIDEO :

https://youtu.be/QvvJIZ9ampw

dimanche 1 décembre 2019

1540 - Plume d'autruche

La Lune est une bulle, la brume c'est de la littérature et l'une et l'autre résument la face évanescente de Farrah Fawcett.

Avec ses yeux pareils à des nébuleuses..

Je mêle volontiers les airs azuréens de son visage aérien aux rêves éthéréens et ailes d'autruche du satellite jaune glissant sur le brouillard argenté.

Le globe mort et muet plein de silence dans son espace impassible est lourd comme un énorme oiseau stupide, certes. Mais il a les grâces ineffables des mystères éternels qui tournent dans le ciel et brillent dans l'infini.

L'astre éteint que fut cette Vénus était devenu pitoyable, terne, flasque et ridé : le temps fane et flétrit toutes les femmes de la Terre. Telle est la cruelle loi du Cosmos. Pourtant il restait sur ses traits avariés la marque indélébile d'une flamme unique, le reste d'une lumière inoubliable.

En pourrissant par la chair et donc en dépassant les temporelles apparences, elle renaît ainsi qu'un fantôme éclatant dans l'éternité d'un firmament idéalisé, à l'image de la blonde et spectrale vagabonde de notre zénith...

Et continue de resplendir dans la tête de tout esthète.

C'est ça la puissance et l'enchantement de ma plume qui, en toutes lettres, s'émeut du poids d'un volatile et de la destinée d'une étoile et, au lieu de partir en fumée ou en vrille et finir en queue de poisson, retombe sur ses pieds puis s'envole en beauté !

Liste des textes

1328 - Je suis apolitique