mardi 11 septembre 2018

ETAT POST-MORBIDE

Je suis guéri de la gastro-entérite mais elle m'a laissé une séquelle bizarre : vertiges, perte d'équilibre et constipation chronique.

Pour le dire plus clairement, c'est comme si j'avais une demi enclume sur la tête et un bouchon de champagne géant vissé dans le trou du cul.

Mais également une horloge miniature logée dans le fond de mes boyaux qui sonnerait les heures toutes les 10 minutes.

Avec une hallebarde entre les deux oreilles et un sac de billes en plomb dans le slibard gigotant plus bruyamment que des chapelets de grelots endiablés !

J’ai aussi dans ma citrouille l’impression d’un tonneau d’nouilles trop cuites.

Et cette drôle de sensation qu’une sorte de grosse patate flasque, ou bien une espèce de flaque de purée gluante serait venue loger à l’improviste dans la saucisse centrale de mon ventre.

Et là, j’ai la vague idée qu’une cafetière s’est introduite à l’intérieur de ma carcasse pour y faire remonter d’la fumée d’andouille à travers son bec en tire-bouchon.

Sans compter que mes cornichons du bas se bidonnent la poire en me hurlant leur sérénade de mes deux aux dépens de mes bouts du haut !

Un truc à me faire griller le cylindre avant que je ne décapuchonne le trombone !

Bref, j’ai décidément les tripes de la bidouilette assez bouchées pour que cette foutue moitié de ferraille me joue sans sommation de la trompette sur le crâne à trois heures de matin.

Raphaël Zacharie de IZARRA

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=G17MnY0OjqU&feature=youtu.be

mercredi 5 septembre 2018

1293 - Photos jaunies

J'ai vu des fleurs sortir de tombes oubliées me sourire avec leur face lumineuse :

https://www.youtube.com/watch?v=U-ixP8uaOOs

De juvéniles visages aux airs pénétrants qui m'ont raconté leur enfance.

J'ai deviné leur vie future, leur vieillesse lointaine, puis leur entrée dans l'inconnu qu'est la mort.

Regards figés pour l'éternité sur le verre (ancêtre de la pellicule), désagrégés dans l'humus des cimetières, rallumés dans mon âme, restitués intacts sous ma plume, c'est à dire en relief, en couleur, en rêve plus qu'en vrai.

Comme des spectres palpables. Plus présents encore que des êtres de chair.

Ces fantômes d'enfants, mélancoliques, charmants, émouvants, pourraient sembler effrayants aussi.

Peut-être le sont-ils, en réalité.

Ces angelots aux traits si clairs se sont flétris après une existence de vulgarités et de bonheurs, de hauteurs et de déboires, de vicissitudes et de sérénités, de voyages et de naufrages, de petites larmes et grandes joies, après des enfantements et des années de turbin...

Bref, après avoir vécu un destin humain sous le soleil et la pluie des jours, qu'ils soient communs ou extraordinaires.

Au fil de leur aventure terrestre, leur peau est devenue dure, leur coeur s'est corrompu, leurs risettes se sont enlaidies de péchés.

Mais le miracle c'est de capter, plus de cent ans après leur émission, la lumière de ces étoiles déjà éteintes.

Clins d'oeil du passé, irréels, incongrus, bouleversants.

Ces portraits d'un autre âge hantent délicieusement les recoins délaissés du temps. Ils sont la mémoire des greniers, la naphtaline des poètes névrosés, les ombres des souvenirs enfouis sous la terre.

Et pourtant...

Par-delà le papier jauni sur lequel elles nous scrutent, ces mines mortes depuis des lustres -petits astres aujourd'hui en poussière- continuent de briller dans notre siècle.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=Tw2hr3HgPiM

samedi 1 septembre 2018

1292 - De la bière à la lumière

Je suis devant ma bière blonde, elle est dans sa tombe.

Je porte le verre à mes lèvres, je vois ses traits dans les vagues reflets de ce que je bois.

Ma plume se mêle à l'écume et là, mes mots trempent dans cette onde féconde, l'air de rien...

Le fluide coule en moi et me monte à la tête.

Abreuvé de pisse divine, je constate que la vie est toute jaune : la Lune, le Soleil, les fleurs, mon chat, les souvenirs comme des vieilles photos, sa chevelure révolue et enfin ses os de morte.

Ma coupe peu à peu se vide, mon âme petit à petit s'allume, sa beauté éteinte progressivement m'enflamme et je laisse sortir de ma "veine à verve" des jets furieux de termes bien chauds, des flots salés de folies sémantiques !

Par cette action onirique hautement poétique j'ensemence à ma façon la Voie Lactée de la face farineuse, lumineuse et lactescente de la défunte Farrah Fawcett.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=A7Nkf1QT-vU

jeudi 30 août 2018

1291 - L'orange

Un jour dans un panier rempli d'oranges je vis la citrouille de Farrah Fawcett.

En effet, sur l'un de ces fruits, plus éclatant, plus vif, moins ordinaire que les autres, sa face de citron m'apparut. 

L'agrume brillait tel un astre au milieu de la corbeille.

Je le cueillis.

Il glissa de ma main fébrile et maladroite, tomba puis roula dans la poussière.

Je le remis à sa place.

Mais le visage de ce soleil miniature changea : les particules de saletés ramassées au sol, collées sur sa peau, avaient formé un dessin troublant qui rehaussait l'esquisse entrevue.

Des yeux me fixaient, des lèvres s'entrouvrirent... Le message était clair.

Cédant à la tentation, je répondis à l'appel de la pulpe.

J'ouvris cette lune aromatique pour la dévorer avec recherche et exquise lenteur, convaincu par le signe miraculeux.

Malheureusement, de ce regard éphémère et de cette bouche illusoire peints par le pur hasard je ne reçus que fiel et âcreté : l'appétissant globe de chair et de sucre à la surface composée d'artifices était pourri.

J'avais avalé l'amer et la mort. 

Mais à cause de ce mirage esthétique, j'eus l'ivresse du jus de Beauté.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=G4xe5m2S2og

lundi 27 août 2018

1290 - De la cave au Soleil

Elle s'accordait fort mal -et pour tout dire même pas du tout-  avec la banane de Guadeloupe, la passoire à nouilles universelle et le filtre à huile des tracteurs de nos campagnes métropolitaines.

Mais s'alliait très bien aux poétiques reflets lunaires de l'automne ou aux romantiques clartés oniriques des astres, qu'ils soient morts ou allumés.

En un mot, elle n'avait rien du fromage odorant.

Totalement incompatible avec l'image du camembert de Normandie, Farrah Fawcett vivait, au moins officiellement, aux antipodes des exquises mais franchouillardes puanteurs des plus hauts mets gastronomiques de notre civilisation éternelle.

Parfois affreusement ridicule avec ses apparats pas de chez nous, ses inesthétiques et inutiles artifices, d'autres fois angéliquement immatérielle dans ses plus purs éclats, cette astrale incarnation du Beau doit son salut cosmico-vénusiaque ou plus simplement plastico-galactique à la lumière azuréenne de sa face plus comparable aux feux éblouissants de la Voie Lactée qu'aux odeurs poisseuses du Munster en boîtes carrées de nos contrées.

Ma plume inspirée rehausse de sa densité de plomb et de son prix d'or sa renommée de paille et de strass.

Partir des trésors capiteux de nos terroirs à pâte dure ou molle s'épanouissant comme des fleurs mûres sous nos cloches pour arriver aux étoiles en y associant le nom de celle qui fut aussi loin du lait en fermentation et aussi proche du firmament, tel fut mon but dans ce présent texte aux apparences aléatoires mais néanmoins finement abouti.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=78Sk3hZnGzE

vendredi 24 août 2018

1289 - Perché sur un toit

A Warloy-Baillon dans mon enfance, l'été il y avait des jours sans soucis, des vaches dans les pâturages, des ivrognes dans les caniveaux, l'infini au-dessus des ardoises et quelques légendes courant dans les rues.

Ca sentait la liberté, le gazon coupé, les frites, le fumier et aussi les vagues de la mer, cette mer de Cayeux qui était loin...

Je regardais l'azur, l'immense, le clair, le mystérieux azur. Calme, statique, infini, inaccessible et omniprésent.

Je fixais cet espace bleu depuis le sommet d'une maison sans âme, blanche, carrée, froide où par jeu, par goût de la puérile aventure je m'étais réfugié, trouvant là une hauteur inattendue au hasard de mes quêtes enfantines.

Et je sentais que pénétrait en moi, du haut de cette aire d'observation improvisée, la lumière des choses impalpables, les vérités du Cosmos dévoilant ses traits éclatants, l'évangile d'un visage enfin.

Cette face capitale était féminine, angélique, irréelle.

Perché sur ce toit anonyme, réceptif aux célestes principes en vertu de mes juvéniles années, divines grâces et neuves clartés, j'éprouvais le sentiment de l'éternité, la joie d'être dans le Beau, le miracle d'exister.

Ce Ciel, cette lumière, ce Soleil parmi les vaches, les vagues, les ivrognes et les patates frites, c'était Farrah Fawcett.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=IYtT_Pcj42A&feature=youtu.be

jeudi 23 août 2018

1288 - Un Arlequin sur les cailloux

Les rues étaient terribles. Obscures, pesantes, sinistres.

Du noir, partout. De la grisaille au lieu de l'azur.

Les maisons épaisses, profondes, inquiétantes semblaient des monstres de pierres et de tristesse répandant de l'ombre, diffusant autour d'elles un mortel désespoir, épiant les passants de leurs fenêtres malveillantes, crachant de leurs cheminées des outrages à l'adresse du Ciel.

Farrah Fawcett apparut dans le brouillard de cette cité sans nom.

Et le contraste entre la Vénus yankee et cette Babylone de déprime formait un tableau sublime et grotesque.

Farrah Fawcett devenait ridicule tout en arborant des allures glorieuses.

Et la ville rendait encore plus lourde son atmosphère.

Tout sombrait. Tout gémissait. Tout s'opacifiait.

La visiteuse ne se sentait pas à sa place dans cet univers lourd, ténébreux, "dynosaurique".

Et pourtant de cette disharmonie criante, de cette brutale contradiction émanait un charme singulier, informel, inédit.

Comme si la pierre préhistorique s'était alliée à la rose médiévale pour offrir des vitraux cathédralesques aux temps modernes et des rêves sans fin aux siècles futurs...

Sur l'agglomération soufflait un vent froid et de ses toits s'élevait une prière inhabituelle. Au-dessus de son éternel malheur planaient des oiseaux étranges.

Les nues se chargeaient, l'horizon se bouchait, le soir s'installait.

Face à ce Polichinelle de lumière, nul ne s'attendait plus à voir le jour se lever.

On parla longtemps de l'intruse.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=GalBBYv3RIY&feature=youtu.be

lundi 20 août 2018

1287 - De l'intestin à la destinée

Avec sa tête de Lune et son corps de salamandre, Farrah Fawcett était une rocaille de grand prix, un silex éclatant, une effigie de taille à facettes uniques.

Cette statue née sur le sol vénusien chiait néanmoins sur notre bon vieux plancher des vaches.

C'est bien le reproche essentiel que je lui fais.

Cette créature issue du Ciel était cependant des nôtres. Ni déesse ni fée, il faut rester réaliste, cette transcendantale image se comportait en commune humaine.

Selon les normes ordinaires de l'honnête esthète, l'excrément est définitivement incompatible avec l'or des faces supérieures.

Mais lorsqu'il sait dépasser ces cadres strictement académiques, il accepte le mystère, l'inexplicable, la grâce pure.

Alors la merde n'est plus un problème.

Elle s'intègre joyeusement, magistralement au tout cosmique.

Plus rien ne s'explique, tout est accepté comme un miracle divin.

Tout n'étant après tout, objectivement et subjectivement, qu'affaire d'angle de vue. 

Derrière son sourire on peut choisir de voir soit la fleur vive, soit le ricanement du crâne sous la stèle.

Moi, sous l'ordure intestinale je perçois la lumière de l'intelligence suprême conceptrice des plus ingénieuses et poétiques solutions à nos embarras gastriques.

De même, sous la peau de cette poupée lunaire, je reçois toute la clarté de l'Univers.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=CN1WUhYJba4&feature=youtu.be

mercredi 8 août 2018

1286 - Virginia VOTA

Virginia VOTA n’est pas une jeune femme moderne.

Cet inattendu jupon de la phallocrate “fachosphère” n’est, en effet, pas du tout l’archétype de la femelle de notre temps.

Elle pense, ce qui est déjà notable. Mais pas seulement : elle pense bien.

C’est à dire droitement, avec justesse, virilité, vaillance. Les vertus mâles par excellence...

Une pensée féminine au service du vrai et non de l’abstrait, de la vérité et non de l’ivraie.

Ce qui en fait une jeune femme, finalement, très moderne.

Il serait évidemment fort tentant d’associer Virginia à l’autre pucelle lustrée par l’Histoire. Trop facile, trop réducteur pour celle qui chevauche des montures bien de notre époque... Et qui, précisément parce qu’elle est de notre époque, en comparaison embrasse des causes encore plus héroïques !

Jouer à la Jeanne comme une sainte image ?

La sage et électrisante VOTA, qui de son propre aveu ne vota jamais en notre république, a des cordes plus éclatantes à son arc.

L’activiste aux yeux grands ouverts est en avance sur son siècle.

Tout simplement parce qu’elle ose défendre non les modes mais le monde. Non le cauchemar féministe-égalitariste mais l’enchanteresse galanterie basée sur la force du lion et la grâce de la gazelle. Non l’hystérique fausseté mais l’historique réalité. Non les flatteurs et flottants mensonges mais l’intemporel évangile, l’immuable lumière régissant les grands principes de l’homme et de l’Univers.

Les plus simples évidences qu’elle s’ingénie à rétablir sont effectivement considérées comme les plus détestables hérésies de notre société éprise d’émancipation frelatée, de liberté en toc, d’égoïsme, de blasphèmes, de jouissances perverses et autres enivrantes immoralités.

C’est dire combien est âpre, courageuse, méritoire sa mission...

Cette apparente oiselle a du plomb dans la tête, ce qui fait d’elle un argument de poids.

Bref, pour toutes ces raisons notoires et glorieuses, moi Raphaël Zacharie de IZARRA je déclare Virginia VOTA reine de la volaille pensante.

Belle, et de surcroît, intelligente : telle s’impose cette ailée d’envergure.

Habituellement, nous les machos, nous n’en demandons pas tant aux ordinaires volatiles...

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=XcSPxHUTB0c&feature=youtu.be

mardi 7 août 2018

1285 - Le beau souffle

Il y avait le vent, l’onde, l’azur.

Eole avait le visage des grands événements avec ses regard rayonnants, l’eau répétait la lumière plus pâle et plus fraîche, tandis que le ciel prenait des airs d’éternité.

Tout était clair.

Les vagues pleuraient comme des mouettes et roulaient de rire. J’entendais les paroles sourdes des galets, reconnaissais des fronts dans les formes, associais des faces aux images, voyais une femme partout.

Le Soleil inondait les êtres de son universelle vérité.

J’étais un enfant, j’étais là, j’avais des sentiments de roc, des vertiges de géant, des ivresses d’oiseau.

Et mes pas sans mesure m’emmenaient au-delà du jour, et je voyageais dans le monde des dieux, et je côtoyais des âmes d’envergure qui de leur doigt glorieux me désignaient le bien, le beau, le vrai.

Farrah Fawcett était le cygne de leur volonté, l’ailée, la blanche, la pure envoyée sur Terre pour répandre l’angélique évangile du bien, du beau, du vrai.

J’ai perçu leur message, je témoigne aujourd’hui que la Création mérite vos prières, vos souffrances, vos joies et votre amour de vermine, votre flamme d’incarnés, vos espérances de mortels, votre rédemption de pécheurs.

Il y avait le vent, l’onde, l’azur.

C’était le Cosmos.

Et il y avait son oeil.

C’est à dire son centre, sa fleur, son parfum.

C’était Farrah Fawcett.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=ZnAlu2mtjr4&feature=youtu.be

mardi 31 juillet 2018

1284 - Eau claire

Pour celle qui tomba d'une galaxie, épousa la cause des astres, s'éteignit dans l'ombre et la ruine à l'égale de toute fleur, de toute étoile, de tout être, ma plume plane en hauts lieux.

Et à travers mes flots verveux je déverse dans l'espace lyrique des idées d'immensité, des sentiments d'océan, des éclairs de blancheur.

Par-delà ses os ensevelis, son image révolue, ses traits anéantis, je respire la lumière de la beauté.

Je la vois dans les dunes de Fort-Mahon, dans la poussière de la Lune, à l'horizon de chaque hémisphère, au bord de l'eau à demi-mots, dans le vent en plein souffle, au coeur des nuages au niveau de la ville de Sens...

Elle brille dans la pluie, demeure dans mes souvenirs, s'éternise dans l'infini.

Farrah Fawcett fut une Vénus spéciale, une muse sidérale, une fée sidérante, une fête de chair et de Ciel. 

Et moi, je continue de chérir son visage et de m'alimenter de ses effets.

Et je chemine dans les clartés sans nom, sans mesure qui s'ouvrent devant moi, étonné et plein d'allégresse, en tenant l'Univers par la main.

jeudi 26 juillet 2018

1283 - Assiette de Farrah Fawcett

Elle était blonde comme un soleil de blé mais moi je la voyais bleue tel un cristal, aussi blanche que la Lune, verte à l'image des haricots de mon jardin.

Farrah Fawcett avec sa chevelure de fée, sa face géométrique, son sourire astral était tout un théâtre, toute une esthétique, toute une flamme vue depuis mon potager.

Avec sens des contrastes, voire ironie, j'associe son front pur aux visages écarlates de mes tomates mûrissantes, ses lèvres claires à ma fraîche salade, se sjoues creuses aux patates joufflues issues de mes sillons fertiles.

L'artichaut aux couches multiples, le pâle navet auréolé de son rouge éclat, la carotte longiligne au teint vif incarnent  les naturels artifices que je retrouve, sur un plan plus aérien mais tout aussi horticole, chez cette fleur sans égale que fut cette femme aux traits irréels, aux ailes oniriques, aux airs d'ange.

C'est pourquoi je pense invariablement à ce papillon cosmique à chaque fois que je déguste une ratatouille de mon jardinet aux parfums légers de légumes mêlés de rêves.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=koz4F4geCDw&t=14s

1282 - Tournevis

Je suis un tournevis égocentrique tournant sur lui-même pour plonger dans le coeur de sa précieuse petite personne.

Je sonde mon intérieur vaste et vide en quête d’enivrante autosatisfaction, de clinquante vacuité et de scintillants artifices.

Je respire l’air vain de mes mots creux, gonfle telle une baudruche et éclate d’un exquis bonheur artificiel !

Je m’enfonce dans des murs de vent, fais des ouvertures dans l’espace de mes lignes oiseuses puis retombe dans de terribles puits de silence que j’estime immérités, moi qui suis fait pour vivre dans l’infécond et tapageur bavardage...

Je suis un bavasseux tournevis à l’écume molle, une résonnante coquille d’escargot aux antennes flasques, une larve verbeuse qui cherche à duper la galerie.

La vis d’acier que je suis perce la poire que je suis.

Je fais un tunnel au milieu de moi-même pour me regarder dans le dedans. Et je vois que je suis un tournevis qui se regarde en train de faire des oeuvres de tournevis.

Je suis un tournevis.

Rien qu’un tournevis. 

Et maintenant je ne sais plus qui je suis car j’ai comme un trou de mémoire dans la tête.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=uvkKGa-ttTs

mercredi 25 juillet 2018

1281 - Pôle Nord

Je rêve de me prélasser sur la glace éternelle, lumineuse et lunaire de cette région sinistre er belle qu’on appelle “le Pôle Nord”.

Cheminer, l’âme aussi dense que des glaçons, sur ses plages de mort faites de givre, de vent, de vide.

Faire naître de ce cauchemar blanc le plus doux de mes songes.

Glisser sur ce sol de sel sous le ciel en gel et voir tomber des flots de sucre.

Là-bas l’écume se fige et les flocons, tels des nuées d’anges tranchants et sévères, imposent leur loi létale sans aucun espoir de dégel.

J’aimerais devenir l’hôte solitaire de cette contrée où jamais le Soleil ne fait fondre le paysage dur comme la pierre, où la terre n’existe pas, où seule règne la neige.

Voyager dans cet océan congelé et frémir sous le chant d’Éole, me faire bousculer par son souffle rude...

Puis m’endormir et peut-être me laisser mourir pour devenir statue de marbre au milieu de ce désert immaculé quand il m’enlacerait de ses ailes de silex.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=5aliW006oio&t=1s

mardi 24 juillet 2018

1280 - Le sucre, c'est pour les ramollos !

Je déteste les caresses.

Moi je suis un dur, une épine, un coeur de pierre.

Les doux sentiments, c’est trop ennuyeux.

La tendresse, c’est bon pour ceux qui bavent comme des limaces. La coquille d’escargot qui leur sert de “parapluie de poule-mouillée”, pour moi c’est du toc !

Moi il me faut de la flamme, de la glace, du fer et pas de chansonnettes !

J’aime la compagnie des loups, des chiens féroces et autres carnassiers choisis.

Mais aussi des vipères au venin assassin. Plus il y a de crocs, plus les baisers ont de la saveur !

Et moins il y a de place pour les guimauves, mieux je me porte, encerclé de mes amis à larges gueules... Affamés comme moi de mets épicés.

Moutons à la laine de soie s’abstenir.

Le romantisme est la rêverie des faibles, le bonbon des efféminés, le foin des fragiles.

Pour mon appétit d’ogre, il me faut avaler des orages de grêle, boire de la poésie tord-boyaux, digérer de la viande de gargouille.

Il faut savoir qu’après ces festins olympiens je chie de la lumière toute crue qui illumine le firmament.

Tandis que les adeptes de confitures à la fraise des bois ne produisent que d’insipides chiures de mouches sur leur plafond de plâtre fade.

Non vraiment, la liqueur des porteurs de dentelles n’est pas pour mon âme de roc.

Je suis fait pour la gloire des géants, non pour l’émotivité des nains.

lundi 23 juillet 2018

1279 - Né sur Terre

Je voyais un horizon mystérieux, lumineux, accessible, devinant une réalité impalpable.

Je savais que le Soleil, le ciel, l'infini me faisaient signe pour me dire : "Viens, regarde, ris, chante ! Tu es un enfant de l'Univers, je suis ton créateur, tu es une fleur de glaise et d'esprit, tu es né pour hériter de l'éternité."

Et sur la plage l'écume m'ensevelissait. Et ce fracas de l'onde contre mon jeune corps était le plus doux des sourires que m'adressait le Cosmos.

Cette lumière, cette flamme, ce souffle, cette force, ce miracle, j'avais bien mieux que des mots pour en parler : il me suffisait de désigner l'immensité de l'océan, la délicatesse du coquillage, l'éclat du lointain, la simplicité des dunes.

Et dans mon âme chaque grain de sable équivalait à une étoile, et chaque goutte d'eau débordait de vie, et chaque seconde brillait.

Et ma joie d'exister, mon bonheur d'être, cette grâce, ce vent, ces vagues, je les nommais DIEU.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=HZdHMO0FAQk

dimanche 15 juillet 2018

1278 - J'ai soif d'injustice !

Moi ce qui m’exalte dans la vie, c’est de favoriser l’injustice !

Ce qu’on appelle l’injustice du moins... Mais qui pour moi n’est qu’un aspect des richesses de l’aventure terrestre.

Pour les uns l’injustice sera de ne pas avoir la même taille que le voisin. Selon quelques minorités elle se manifestera de façon criante dans le fait de ne pas arborer la même couleur de peau que les autres peuples. Aux yeux  des chétifs elle s’exprimera prioritairement dans le fait de ne pas avoir la même résistance aux maladies, les mêmes capacités intellectuelles ou physiques, que telle personne ou telle ethnie...

Pour un gauchiste ce qui est injuste c’est de grandir avec des déterminismes socio-culturels, autrement dit de naître dans une famille d’ouvriers ou bien de s’épanouir dans la religion catholique. Sans possibilité d’échapper de ces cadres pré-définis.

Bref l’inégalité des expériences individuelles, le déséquilibre des chances de chacun de nous (et même l’accumulation des malchances de certains), les avantages innés des uns et les lacunes ou handicaps des autres, enfin ce qui fait la spécificité des parcours humains -autrement dit leurs diversités- n’est-ce pas cela précisément qui fait tout l’intérêt du monde, de l’Humanité, de l’histoire de chaque être ?

Les grands coups d’enclume du sort sur la tête des “innocents”, moi ça me botte ! J’aime voir les faibles s’éveiller et avancer par la force des choses.

Et peu importe que leur parcours soit accompagné de larmes ou de rires, pourvu que ces pesants bipèdes finissent par avoir des ailes.

Ce que fort sottement on qualifie généralement d’injustice est en réalité le meilleur moteur pour élever les âmes, leur montrer la nécessité, la valeur, le bénéfice du combat.

Sans cette “injustice”, pas de conscience du beau, du vrai, du bien.

Les pommes jaunes sont appréciées parce que les vertes sont aigres. Une réussite est bien plus délicieuse et valorisante quand on part perdant. L’infirmité fait battre plus fort le coeur des amoureux. La pauvreté sélectionne les plus motivés pour l’accès à l’or, etc.

Et c’est ça qui donne la flamme !

Les idéalistes à la gomme qui souhaitent éradiquer la souffrance des hommes sont en fait les ennemis du bonheur.

Ils veulent niveler les têtes. Effacer toute aspérité chez leurs frères. Ecarter l’arbitraire, l’adversité, l’amertume des jours. Chasser les nuages de nos existences.

Pour les remplacer par du prévisible bien calculé, bien formaté, sans la moindre opportunité de chuter ou de s’envoler !

Bref, ils désirent changer les visages en clones. Ôter son charme à la vie. Nous imposer un ensoleillement permanent, c’est à dire une sècheresse générale.

Leur justice aseptisée a pour moi le goût insipide du mortel ennui.

Ces humanistes du dimanche nient les trésors de nos destins, âpres ou éblouissants.

Par exemple, parmi les vivants il y a les faces rudes et les faces radieuses (et pour faire simple je passe sur l’infinité des nuances possibles). Sur les rides des premiers on y lit la force du caractère et la profondeur des pensées, la dureté du chemin parcouru. Sur le front des seconds on y devine les grâces, fortunes et joies offertes par quelque bonne étoile.

A travers ces deux catégories de destinées qui s’opposent, toute la saveur, la densité, la séduction de cet Univers “injuste” fait de rocailles et d’herbes douces, de miel et d’épines, de lumière et de ténèbres... Chacun prend sur Terre ce dont il a besoin pour effectuer sa route : tant de douleur et tant de régal, tant de deuil et tant de félicité...

Ces éléments formateurs que les sots dénoncent comme des ‘injustices”.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=BzeIogP4m3w

mercredi 11 juillet 2018

1277 - Salade de Farrah Fawcett

Avec sa ligne d’asperge, sa tête d’ananas, ses appas de poisson plat, Farrah Fawcett rayonnait comme une salade d’artifices dans une assiette niçoise.

Bref, ce charmant haricot à la chevelure dorée au beurre de Normandie ouvre encore, deux lustres après sa mort, les appétits les plus spirituels.

Parée de sa seule nature, la svelte créature brillait d’un éclat unique.

Elle était vive et éblouissante comme une tomate écarlate qui palpite de bonheur sur un plat de patates douces.

Un papillon potager qui excite furieusement mes papilles poétiques.

Je déguste avec ivresse ce mets aérien composé de verdeur acidulée, de lueurs lunaires, de nuages lactescents et de miels vénusiens.

Farrah Fawcett fut une jardinière magique, une fleur éphémère mais mémorable issue des sillons miraculeux du Cosmos générant de la Beauté à grands flots universellement galactiques,  généralement horticoles, particulièrement légumiers.

Des fruits de la Terre mêlés de jus d’étoiles, telle était l’essence profonde de Farrah Fawcett.

J'ESPÈRE QUE LA FRANCE VA PERDRE !

COUPE DU MONDE DE FOOTBALL

J'aimerais que la France perde car premièrement le football est un jeu stupide qui décérèbre les DUPONTS, deuxièmement parce que notre équipe de guignols est composée essentiellement non pas de Français mais d'Africains.

C'est comme si l'équipe du Japon était composée de grands blonds Suédois...

Faire jouer des étrangers dans l'équipe de France, ça s'appelle se foutre de la gueule du peuple français.

Donc, pour ces deux raisons capitales que certains esprits épais (ou tout simplement corrompus par le gauchisme) ne comprendront même pas, j'espère que l'équipe de France va perdre.

Raphaël Zacharie de IZARRA

mardi 10 juillet 2018

1276 - Face à l'astre

Il y avait le ciel bleu de juillet, les vagues noires de la mer du Nord, les ailes blondes de la créature...

Et moi, les pieds dans l’écume, l’âme pleine de lumière, initié par le sable, l’océan, l’azur, j’ouvrais la porte du Réel.

Je voyais plus loin que la matière, plus haut que le visible, plus vrai que je jour.

Farrah Fawcett entrait dans les flots, l’horizon s’éclaircissait, l’éternité me faisait signe, l’infini était à portée de vue.

Dieu parlait, les coquillages écoutaient.

Vénus rayonnait, je souriais.

Le rivage chantait, les dunes dormaient, les galets rêvaient.

Et les mouettes planaient dans l'immensité.

Je nageais dans l'eau glacée, fixant l'espace devant moi. 

J'avais conscience de ma juvénilité, de ma vulnérabilité, de mes bras comme des brindilles.

L'onde berçait mon corps, le sel me piquait les yeux, j'avançais dans ce Cosmos liquide, m'éloignant progressivement de la plage...

Dans le lointain, là-bas vers le Soleil, son visage dominait l'Univers.

samedi 7 juillet 2018

1275 - De lointains souvenirs

J’avais dix ans, j’allais sur onze ans, j’avais l’âge d’avoir l’âge : celui où l’on a l’éternité d’une vie à faire, comme un soleil intarissable reçu en pleine face.

Avec, derrière moi, les souvenirs d’une seule décennie qui semblait aussi longue qu’un siècle.

J’étais aussi jeune qu’une herbe tendre dans le vent, puéril et pourtant l’égal d’une vieille étoile allumée depuis la Genèse.

J’étais fou, j’étais là, j’étais en vie, rempli de cette étonnante lumière.

Je me sentais sans fin, sans fond, sans poids.

Je me devinais brillant, brûlant, immense.

Je percevais l’insaisissable, touchais l’invisible, goûtais le vrai : je n’avais que deux poignées d’années mais en moi débordait cette flamme issue d’un astre...

J’avais dix ans, j’avais mille ans, j’avais des ailes.

Je connaissais mon âme. Je savais qui j’étais. Le monde entrait par toutes mes portes.

Autour de moi il y avait toutes ces choses, ces océans, ce ciel et cette écume.

Des visages me montraient les nuages, des anges me communiquaient leurs pensées, l’inconnu m’apparaissait en toute clarté, le mystère baignait mes jours sans rien briser, coulant à mes pieds comme une onde douce.

Une intelligence m’initiait aux sommets. Je me laissais porter dans ses bras. Qui veillait ainsi sur ma tête ?

Nul ne voyait ce que je voyais.

Personne n’aurait compris.

Tous auraient cru à un rêve.

Mais c’était mieux qu’un rêve. Bien mieux que ça.

C’était mon enfance.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=1UUUVywHs-M

1274 - Farrah en barquette

Je pourrais assez prosaïquement associer à l’image de la blonde texane Farrah Fawcett une bonne grosse barquette de frites jaunes.

Certes, cela relèverait de ma part d’une bonne dose de grasse vulgarité à l’égard de celle qui fut précisément l’antithèse de la patate en friture suintant l’adipeuse lourdeur.

Mais, le monde étant ce qu’il est, l’homme d’esprit appréciant les contrastes entre le Soleil et les marécages, c’est avec un plaisir esthétique authentique que j’assimile ici la trogne de la fée yankee à la pomme de terre tranchée transpirant la joyeuse huile et la gastronomique lumière.

Cela dit, cette femme que je viens de vous servir en accompagnement de vos festins cosmiques est également un prétexte pour magistralement vous éblouir de l’éclat de ma plume et des hauteurs lyriques de mon âme éprise de femelles osseuses à têtes modiglianesques.

Toutefois je ne vais pas rester sur ce tableau classique et figé pour vous laisser une empreinte durable et brillante de cette face galactique...

Non, je vais plutôt faire preuve d’audace et vous transmettre ce dernier mot inattendu, inadéquat peut-être (quoi que...) mais claquant et mémorable : purée.

1273 - Je ne suis pas un tendre

Moi je déteste ce qui est doux et mou, gentil et fragile, petit et faible.

Je préfère ce qui cogne dur.

Tout ce qui est fort et méchant, grand et percutant, âpre et bien salé.

Je ne suis pas un tendre : les mollassons, les pleurnichards, les frileux de tous poils ne doivent s’attendre à aucune pitié de ma part.

Je n’ai d’estime que pour les porteurs de sceptres, pour les dents longues, pour les lions qui comme moi avalent le monde tout cru, d’une seule bouchée.

Ce qui rampe et geint, ce qui bave et se lamente, ce qui se traîne et supplie ne mérite à mes yeux que torgnoles et crachats, railleries et rugissements, jets de pierres et flots de vitriol !

J’écrase de mon talon de fer le flasque peuple de larves nourrit de rêves insipides, assoiffé d’insignifiances, gonflé de l’imbécile orgueil des perdants.

Les pauvres, les victimes, les exclus au lieu de se plaindre devraient se battre. Plutôt que de gémir devraient chanter. Marcher, danser, voler et non pas s’effondrer pour se vautrer dans leurs misères.

Qu’est-ce que cela leur coûte de rire ? La joie de vivre n’est-elle pas chose gratuite, accessible à qui le veut ?

Celui qui cherche à m’émouvoir en m’exhibant ses malheurs, que ce soit en affichant son moignon d’éclopé ou en me tendant sa carte de catarrheux, voire sa sébile de crève-la faim, je lui balance en pleine poire l’écume insolente de ma gloire d’être né pour admirer, non pour m’apitoyer !

En réponse aux larmes dégoûtantes de ces stériles pleureurs, de ces semeurs d’échec, de ces cultivateurs de tristesse, je propose très généreusement la récolte de mon projectile de salive persifleur sur leur front de lavette.

Non, je ne suis décidément pas un tendre envers les roseaux qui ne pensent même pas.

Je suis d’un bois comme on n’en fait plus. J’ai la sève amère, de l’écorce, beaucoup d’écorce... Et de la racine d’acier.

Je suis de la race des chênes, non des chaînes.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=1Fg0_UJ3n5E

jeudi 5 juillet 2018

1272 - La Création est un poème

Depuis les incommensurables amas galactiques jusqu’aux particules de poussière les plus ténues, tout dans l’Univers est tableau de génie.

Dans cette oeuvre sans mesure, le “peintre des réalités” que l’on nomme Dieu a su allier la beauté à l’utilité.

Il a mis de la légèreté dans les montagnes, de l’élégance dans les principes, de la grâce jusque dans la boue, des nuages autour de notre planète, un horizon sans borne au-dessus des êtres.

Et du ciel partout.

Chaque chose créée est un sommet, une merveille, un mystère.

La moindre partie de ce qui est déborde d’intelligence, de splendeur, de lumière. Avec, au bout de ce processus plein de sens, la vie.

Et, fleur sur ce cadeau, l’amour qui se combine si bien avec... L’amour qui fait fleurir le néant, génère de l’infini, ajoute du jour au Soleil et des vagues à l’océan. L’amour qui rend simple, proche, humain ce qui est sublime, inaccessible, hors de notre portée.

Bref, le prodige est la norme du Cosmos.

L’auteur du Tout est un poète, un magicien, un musicien qui mêle au ballet des étoiles la danse des atomes, fait briller des astres morts, décore les toiles d'araignée de perles de rosée, fait tomber de la neige, planer des chauves-souris, voler des papillons rien que pour amuser les hommes, les étonner, les émerveiller.

Et les éveiller.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=xrbwVTugVDY

1271 - Farrah Fawcett de la tête aux pieds

Elle avait la couleur de la jaune banane, le mystère de l’énigmatique Lune, la gloire de l’éternel Soleil.

Farrah Fawcett fut un fruit frais effarant.

Avec sa tête d’ananas épanoui et son corps de flacon à liqueur, elle prenait des airs de sirop si sérieux que son jus devenait jaillissante lumière.

Elle tenait sa féminine autorité précisément de ce pouvoir de générer de la gloire avec sa citrouille toute dorée.

Sur son front épique, en parfait esthète ne vénérant que le beau dictatorial, le papillonesque impérial, j’ai posé une couronne galactique imprégnée de ferments lactiques. Avec ce symbole de la Voie Lactée ainsi ajouté à son crâne à la chevelure de comète, elle brillait comme une flamme électrique.

La fine fleur ne sortait de terre que les jours de ciel, n’apparaissant qu’avec des étincelles.

Elle avait cinq orteils au bout de chacune des deux extrémités basses de sa carcasse, ce qui lui faisait par conséquent dix arpions en tout et pour tout. 

Nul n’a jamais fait mieux avec ses doigts de pieds.

samedi 30 juin 2018

DICTATURE RÉPUBLICAINE

Aujourd’hui en France nul ne peut promouvoir la vertu, la décence, l’honnêteté sans tomber sous le coup de la loi.

En effet, selon les critères en vigueur, défendre l’hétérosexualité, le mariage traditionnel exclusif entre un homme et une femme, l’éducation hétérosexuelle des enfants, c’est fatalement opérer une “discrimination” envers les autres.

“Les autres”, c’est à dire tous ceux qui ont gravement violé l’ordre naturel depuis l’avènement de l’idéologie homosexuelle dictatoriale et qui se considèrent comme parfaitement normaux, sains d’esprit, équilibrés...

Si vous embrassez la cause conventionnelle, si vous soutenez les vérités traditionnelles, si vous enseignez aux bambins que le garçon doit s’habiller en garçon et que la fille doit s’habiller en fille, alors vous devenez un criminel aux yeux de la république.

Vous serez qualifiés d’homophobes.

A noter que ce terme “HOMOPHOBE” est considéré comme l’infamie suprême en ces temps délirants...

Bref, la société française n’est plus qu’une usine despotique destinée à homosexualiser ses enfants, à remodeler la mentalité de sa jeunesse pour en faire un fruit pourri jusqu’au trognon.

Le résultat de cette profanation collective des consciences, de celle détermination finale à inverser les valeurs les plus essentielles, voire les plus sacrées, planifiée en haut lieu par nos dirigeants satanisés, c’est la légalisation, la valorisation, la diffusion de toutes les perversions.

Osez critiquer ces faits et vous serez irrémédiablement ostracisés, censurés, condamnés !

Telle est la situation de la France en 2018.

Bon courage à tous !

Raphaël Zacharie de IZARRA

vendredi 29 juin 2018

1270 - L'infini à ma porte

Pour cette écume de chair et d’étoile mêlées, je ressens des flammes oniriques et des flots lunaires, des flux astraux et même parfois des feux gastriques car, virtuellement, je vomis d’ivresse esthétique le contenu de mes viscères lorsque je songe au faciès de Farrah Fawcett.

Féérique, elle le fut.

Avant de vieillir, ternir, flétrir, périr.

Mais l’héritage laissé par cette beauté sans péché - éphémère, inoubliable - est incommensurable car gravé à jamais dans mon âme d’esthète obsessionnel comme une épitaphe névrotique sur une tombe fabuleuse.

Morte, elle chie de la pure lumière dans l’espace intersidéral et abreuve nos télescopes de merveilles infinies. Et cela, en vertu de ce qu’elle fut de son vivant : l’incarnation exacte de l’inattendu, au-delà de toute référence académique.

Parce que ses traits n’entraient dans aucun cadre aux angles droits, cette femme s’est universellement intégrée dans les gènes de toutes les arabesques de la Création.

D'un bout à l'autre du Cosmos.

Depuis les tempêtes sulfureuses de la planète Vénus en passant par les plus lointaines galaxies peuplées de mondes étranges et brillants jusqu’aux rivages froids, monotones et familiers de la plage de Cayeux-sur-Mer.

jeudi 28 juin 2018

1269 - Je ne suis pas un romantique

Je ne suis pas du tout “fleur bleue”.

Plutôt âme de glace et coeur métallique.

Avec une poigne d’acier dans un gant d’épines.

Moi les bouquets de roses, les chansons d’amour liquoreuses et les pleurnicheries d’oiselles évanescentes, je les pulvérise, les écrabouille, les ratatine d’un coup de talon patatesque accompagné de mon rugissement terrible de lion dominateur !

La femelle émotive en proie à ses vapeurs de châtelaine affectée prête à s’évanouir dans la dentelle pour une peccadille, je lui destine directement ma grosse paire de châtaignes torgnolesques entre les fesses !

Un bon coup de trompette au cul, rien de tel pour remettre à leur place les bécasses en crinoline ! Ces papoteuses en robes bouffantes qui nous les gonflent avec leur idéalisme de baudruches pleines de sensibleries, je les réduis sans état d’âme à des réceptacles de mon hippopotamesque massue !

Bref, à cette caqueteuse volaille emplumée d’inepties et nourrie de rêveries insipides, je réserve une déculottée magistrale.

Je ne suis pas un romantique.

Plutôt un bras d’honneur et les crocs qui vont avec.

A l’égard des faiblards, des geignards, des perdants, je n’éprouve nulle pitié, aucune compassion, pas l’ombre d’une tendresse.

Les tendeurs de sébiles, traîne-misère et autres crève-la-faim, je leur offre des pains oui, mais dans la gueule ! Je les aide à se relever à grands coups de beignes dans la tronche ! Et croyez-moi, avec ma méthode ils courent vite ces lapins de potence, surtout ceux avec des béquilles !

Je ne suis pas un roseau sensible.

Plutôt une ronce qui réveille.

Moi quand je chante, ce n’est pas pour faire pleuvoir des pétales de coquelicots dans des salons feutrés peuplés de frileuses en jupons !

Les mots qui sortent de ma bouche en verve sont des silex qui tranchent net avec les jours décolorés des endimanchés. Et font saigner les nuits charbonneuses des vrais noceurs... Ma joie à moi produit non pas d’indolores bonbons à la violette mais de délectables perles au vitriol que savent savourer les ogres de ma race. 

Je ne suis pas une nouille molle. Pas une poule mouillée. Pas une moule pouilleuse. Pas un baveur de sentiments flasques. Pas un caniche à frisettes. Pas un buveur de petit lait.

J’avale à pleines gorgées le vin brut de la dure réalité et dévore tout cru les baveux escargots alimentés de salades et autres gluantes limaces croisant ma voile solaire ! 

mercredi 27 juin 2018

1268 - Nuit d'éveil

Je me souviens de cette fin de journée de 1992, juste avant le crépuscule. 

Le ciel était profond, chargé de nuages, la plaine vaste, très vaste, l’horizon énigmatique.

Je me trouvais dans l’Est de la France, mais peut-être finalement plus loin encore... Assis sur le côté passager d’une voiture roulant vers une destination lointaine et sans importance, les images de ce monde traversé à 90 kilomètres-heure défilaient sous mes yeux mi-clos.

Après un léger assoupissement dû au ronronnement du véhicule filant en ligne droite, je commençai à sortir de ma torpeur.

La route semblait irréelle. Le paysage paraissait de plus en plus immense. Tout prenait peu à peu des allures inexpliquées et éclatantes.

Je ne me sentais plus installé à l’intérieur d’une automobile fonçant sous le couchant, mais emporté ailleurs. Je levai la tête.

En regardant les nues à travers la vitre, c’est l’Univers entier que je voyais !

La lumière du Soleil trouant par endroits la couche nuageuse devenait comme un livre ouvert, vertigineux, et dans cette encyclopédie éblouissante, quasi divine, je lisais des choses admirables, grandioses, absolues !

Ce jour-là j’ai voyagé au-delà du visible, pénétré jusqu’au coeur du Cosmos, plané à hauteur du nid de Dieu.

Le plus étrange, c’est que je comprenais ce qui m’arrivait.

Je venais d’entrer dans une autre réalité, la Réalité probablement.

Le chauffeur conduisait en silence, ignorant tout de ce mystère. Je ne lui ai rien dit de mon aventure intime, son monde à lui se bornant, je le devinais bien, à de frustes aspirations, de bestiales affaires.

Tard dans la nuit il me débarqua aux alentours de Paris, en pleine campagne. Et bientôt je perdis mon chemin.

Marchant dans le noir, désorienté, encore à des centaines de kilomètres de mon foyer, je ne m’inquiétais guère pourtant.

En moi, tout brillait.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=dwJZxFmcJrE

mardi 26 juin 2018

1267 - Effets d'une fée

Elle dédupontise aujourd’hui encore les gros lourdauds, avive les vins de la vie quotidienne, affine les pains des jours sombres, rend l’air soit solaire soit floral...

Hanté par cette morte qui patauge avec légèreté dans ma tête, je marche dans la boue en croyant planer dans l’azur.

Et mes nues sont nivéennes, mes vues aériennes, mes nuits ailées.

Farrah Fawcett avait une mâchoire pour séduire les crânes pleurnichards au fond de leur tombe, des yeux pour bleuir le ciel de la planète Mars, des lèvres pour faire fleurir des points d’interrogation dans le Cosmos.

Ses pommettes étaient des tomates farcies d’irrationnel. Ses sourires des papillons sculptés dans la chair. Son front de femelle née de l’éther, un horizon de brumes fécondes mêlées d’herbes folles.

Son image figée sur Terre est un autel éternel dédié à la plus squelettique des roses de l’Univers. Son visage envolé, un oiseau porteur de nouvelles sidérales. Cette défunte a laissé ici-bas sa durable empreinte : un paysage de pure beauté, de lignes absolues, de traits parfaits.

La peau d’une déesse sur un marbre à sang chaud.