mardi 13 août 2019

1514 - Nos pauvres criminels

Aujourd’hui dans notre pays comme dans bien d‘autres, jamais le crime n’a fait l’objet de tant d’attentions caressantes.

De benêts idéalistes pétris de niaiseries gauchisantes, de creux humanistes farcis d’artifices idéologiques et autres flasques cervelles à la pensée escargotique bavant de doctes imbécillités en vogue cherchent à “comprendre” les auteurs des pires délits...

Au lieu de vouloir les condamner.

Dans leur esprit devenu amorphe, aseptisé, totalement dévirilisé, déconnecté non seulement de la réalité mais également du sacré, ils évacuent de plus en plus l’idée de châtiment, ridiculisant même la notion de “péché”.

Pour eux les plus infâmes crapules ne sont que les malheureuses victimes du sort. Mieux encore : les produits ataviques d’une injustice structurelle dont la société serait la seule responsable !

Plus prompts à s’émouvoir des larmichettes des loups coupables que du sang de leurs proies innocences, ils se démènent pour soulager les bobos des bourreaux. 

En effet, pour ces justiciers éclairés volant prioritairement au secours des méchants, les pleurs des volés, les séquelles des blessés, les plaies des meurtris faussent nécessairement la balance des tribunaux.

Par leurs caractères victimaires et partis pris émotionnels, donc irrationnels.

Injustes.

C’est que, à entendre ces progressistes, le plaignant porte fatalement les oeillères de la partialité... C’est même un despote, un dictateur, un affreux accusateur !

Pour ces belles âmes éprises de justice se sentant investies d’une si noble mission humanitaire, il convient avant tout de défendre l’honneur de la racaille, de réhabiliter l’image injustement méprisée de la canaille, de dénoncer la tyrannie des juges contre les accusés. Bref de lustrer la face des rats de nos égouts au lieu de la ternir négativement.

Les plaintes des honnêtes gens contribueraient même, selon ces zélés redresseurs de torts, à cet “inique et systématique acharnement” de la communauté vertueuse à l’égard des criminels.

Les gredins, fripouilles, larrons, malfrats et autres vauriens ne sont à leurs yeux que les simples jouets des vents contraires du destin.

D’après ces philanthropes patentés, les malfaiteurs ne seraient ni plus ni moins que les boucs-émissaires de la Justice. Les cibles abusives de l’ordre établi. Les souffre-douleurs discriminés de la loi oppressante.

En somme, les têtes de turc d’un insupportable état de droit qui piétine celui dont leurs protégés devraient jouir de manière inaliénable : le droit des nuisibles.

Autrement dit, la chose essentielle à prendre en considération.

Pour ces chevaliers du relativisme, ce qui compte n’est pas de punir les mauvais mais de culpabiliser les bons qui ne doivent leur bonté qu'au fait d'avoir marché sur la tête des mauvais, c'est à dire marché droit !

jeudi 8 août 2019

1513 - Migrants de France

C'est parce que nous avons des millions de chômeurs français dans notre pays que nous avons besoin, pour notre plus grande chance, davantage de migrants issus du continent africain.

Sans diplômes, sans ressources, sans bagage culturel européen mais pleins d'avenir dans l'assistanat social conjugué avec la légendaire, ingénieuse et fructueuse "débrouille africaine" qu'on admire tous...

Ce qui justifie de manière éclatante la raison d'être de nos structures dédiées à cette merveilleuse idéologie de générosité, d'ouverture aux autres débouchant sur l'enrichissement de notre société par l'instauration du très attrayant, très réjouissant, très salvateur multiculturalisme !

Certes de mauvaises langues assimilent ce reluisant modèle de l'astuce et du savoir-faire allogène à de la "délinquance" pure et simple...

Mauvais choix de style linguistique de la part de ces arriérés introvertis. Nous savons bien que le repli identitaire de nos concitoyens est une authentique régression civilisationnelle, et c'est bien pour cette raison que nous accordons prioritairement à ces populations nouvelles toute légitimité pour la défense et la promotion au sein de la société française de LEURS particularismes natals, sociologiques, ethniques...

Ce qui motive cette si éclairée, si opportune, si appropriée politique migratoire intensive, c'est précisément notre grande ouverture d'esprit à l'égard des autres modes de pensées, des moeurs exotiques, des différentes traditions étrangères qui ne sont pas les nôtres et que nous souhaitons ardemment adopter au nom de notre conception lumineuse du progrès.

Bref, nous n'avons pas encore assez d'Africains, d'Arabes et autres réfugiés apatrides de tous pays non européens avides de s'imprégner dans le texte des pensées de Montaigne et du théâtre de Molière. Des modèles du genre dans l'assimilation de nos grands auteurs, cela est aujourd'hui incontestablement admis.

Pas assez de diversités bruyantes, colorées et à la mode de chez eux, c'est à dire de leur brousse natale, visibles dans nos rues !

Pas encore assez de ces enrichissants invités-sans-papiers illégaux (mais qui deviennent automatiquement légaux quand même à la fin) accueillis dans nos centres d'hébergement d'urgence, présents dans nos institutions séculaires, bénéficiaires de tous les droits de nos CAFS, de notre Sécurité Sociale, de nos allocations...

Des populations bien insérées, francisées jusqu'à la moelle, tellement éloquentes avec l'importation enchanteresse sur la voie publique de leurs sabirs maternels...

Avec leurs djellabas de pure origine, leurs boubous "comme au pays", leurs voiles faciaux adaptés à notre esprit progressiste (c'est à dire presque intégral mais pas totalement intégral), ces minorités-majoritaires intégrées sont l'avenir de la France, c'est certain.

Et que dire de leurs boutiques raciales (épiceries, coiffures afros et autres magasins halal) apportant au paysage urbain de notre France éternelle cette touche fleurie qui lui a toujours manquée ?

C'est parce que nous avons besoin d'encore et toujours plus de cet atout d'outres frontières que nous devons encore et toujours plus ouvrir nos coeurs, nos portes, nos mentalités à ce providentiel apport de talents, de forces vives, de sang neuf que constitue le repeuplement de notre territoire national par ces arrivants arrivistes pleins d'ambitions, pleins d'enfants, pleins de gratitude.

lundi 5 août 2019

1512 - Fièvre d'esthète

J'erre mollement sous la flamme lunaire éclairant la morte campagne tel un cierge au-dessus d'un cimetière.

Le monde en sommeil est hanté par l'énigmatique lueur.

J'entends les murmures plaintifs de la tête nocturne, puis ses pleurs dans mon dos.

La Lune s'ennuie dans la nuit, seule là-haut.

Elle ne sait pas, pauvre pierre froide, malheureuse défunte, triste chose loin de tout, que je l'aime de mon coeur de misanthrope, de mon âme de solitaire, de mon être de glace.

Je sens son regard inquiet, ses pensées pesantes et profondes, ses rêves étranges et incompréhensibles, et je chemine plus léger que jamais en songeant qu'elle est ma seule amie.

Sa lumière sur la peau des hommes les fait ressembler à des cadavres : c'est la compagne idéale qu'il me faut, elle le spectre, moi la tombe.

Mais elle ignore qui je suis. Elle me prend pour un mortel pareil aux autres : indifférent.

Et mon ombre s'allonge sous le front résigné de Séléné au fil de sa chute vers l'horizon.

Alors elle disparaît et, sans le savoir, emporte avec elle mon éternel amour.

VOIR LA VIDEO :

https://youtu.be/Cvytk-mBoiY

1511 - L'air de terre

En ce mois d’août je vais vous parler d’endives, d’hiver, de grêle et plus particulièrement du mois de février car là sont mes ailes, là vole mon âme, là s’ouvrent et vos oreilles pour m’entendre pleuvoir, et vos coeurs asséchés par l’été pour me lire avec fruit...

Oui, je rêve invariablement de chicons couverts de givre, d’averses de glace cinglante, mais aussi de la lumière bleue, froide, argentée, aiguë des jours de février.

Ma nature est ainsi faite que je ne vibre véritablement qu’à la saison des giboulées, ne prends racine que dans la neige fondue, ne m’allume que sous le grésil, ne brûle de vie, d’amour et de joie que les pieds pataugeant dans l’onde molle et glacée des temps de dégels...

Vous qui buvez avec délices ces mots suprêmes et vous qui avalez de force ces glaçons tranchants, apprenez que je me chauffe de froidures où brille ma conscience, me réjouis du verglas où se reflète mon esprit, m’enchante de l’eau glaciale qui enflamme mon être...

Je suis un frisson esthétique né pour étinceler entre janvier et mars, un feu blanc d’âpre pureté fait pour se fondre dans les flots et déluges des froideurs brumales se changeant en coulées germinales.

VOIR LA VIDEO :

https://youtu.be/tRPgvcvjOoo

samedi 3 août 2019

1510 - Turquie

C’est à Istanbul que le monde se lève.

C’est là qu’il commence, brille et s’éternise.

Et se répand dans tout le reste du pays à travers ses fleuves, ses mythes, ses chants, ses plaines et ses sommets.

Dans des fracas de lumière et des odeurs de soleil.

Mêlés de fumées mystérieuses et de saveurs rances d’épiceries oubliées, comme perdues au fin fond de l’Univers.

La Turquie est une friche immémoriale, un éden âpre, rude, rugueux, un vieux jardin plein d’oiseaux rêches, une rocaille féconde cachant des amoureuses aux complaintes gutturales et révélant des abricotiers éclatants.

Une terre antique où les hommes cheminent dans notre siècle avec des têtes d’antan, utilisent des toilettes bibliques, voient leur avenir à l’image de leur passé : sur les rivages immuables du Bosphore, au bord de l’immensité terrestre, entre Europe et Asie, c’est à dire entre monts et merveilles.

C’est à Istanbul que l’aube paraît en premier lieu, avant de se diffuser partout ailleurs.

Et c’est également là que la nuit la ville sans âge qui étincelle devient pareille au firmament.

VOIR LA VIDEO :

https://youtu.be/oF3VXbuguAU

mardi 23 juillet 2019

1509 - L'importun

Il est là.

C'est une prière, un miracle, un mystère incarné.

Il se sent bercé par l'éternité, comme descendu d'une étoile pour hériter de la lumière du monde.

Ce trésor n'a pas de prix : il est aussi précieux que l'Univers.

C'est une chose sacrée qui dort dans un autel intouchable. Protégé par des lois divines. 

C'est un sourire que bénit tout ce qui vit, aime, brille : les fleurs, les hommes, les astres se préparent à la venue de ce prince, de ce bout de Ciel, de ce porteur d'infini.

Et les anges se prosternent même devant sa face sans péché.

Mais pour l'heure, il rêve, il attend, il est pur, il est innocent et ignore qu'on veut le tuer.

Il ne sait pas, pauvre enfant condamné à mort par avortement, coupable d'exister, que c'est sa propre mère qui l'assassine.

VOIR LES DEUX VIDEOS :


https://youtu.be/JrZXbzZasHY

https://youtu.be/FOgx3mxQtqY

samedi 20 juillet 2019

1508 - Repas pas fin

Midi vient de sonner dans la pension, c’est l’heure de nourrir les résidents.

Une attablée de radins notoires et autres mesquins pathétiques attirés dans cet établissement pour ses prix imbattables.

Bref, des pensionnaires peu regardants sur la qualité des services, peu difficiles, peu fréquentables..
.
Mais ce n’est pas le pire de cette assemblée d’adeptes de l’économie et de la guenille.

S’ils n’étaient que ladres extrêmes engagés dans une course enragée à l’épargne la plus sordide, le tableau aurait pu être assez aimable à observer.

Sauf qu’avec ce troupeau de goinfres réunis en ce lieu douteux pour la même cause, la cupidité jusqu’à l’asociabilité, on atteint des sommets dans tous les domaines de la puanteur humaine...

Il y a Alphonse, brute avinée et abruti total employé dans une casse automobile. Fort désagréable avec ses manières grossières, repoussant avec ses mains calleuses noires de cambouis, méprisable avec ses airs d’alcoolique, mais surtout affligé d’une laideur dont il ne semble pas avoir conscience, et dont il se moquerait parfaitement du reste, il fréquente assidument les prostituées qu’il frappe régulièrement pour des histoires de prix jugés trop élevés.

A côté de ce Quasimodo ivrogne, c’est Ernest. Un jeune naïf névrosé maigre comme un clou prêt à tous les sacrifices pour vivre chichement jusqu’à sa mort. Un idéaliste de l’avarice complètement timoré et sans le sou souhaitant vivre en éternel célibataire, loin des tentations de dépenses. Un cas désespéré d’à peine vingt ans.

Voici le surnommé “sans-nom”. Un taiseux taciturne dont on ne sait rien ou presque. Chapeau crasseux, visage dur, regard austère. Une indifférence totale pour ses semblables mais une passion brûlante pour ses piécettes accumulées dans ses poches. Trésor dérisoire en provenance d’on ne sait quel minable trafic ou de quelle oeuvre de vile mendicité... Capital misérable qu’il compte et recompte à longueur de journée de crainte d’en perdre une ou deux onces. Ou de s’en faire voler une ou deux gouttes.

En face, Nestor. Pauvre type veule au menton fuyant, sans caractère ni attrait, sans morale ni moindre hauteur intérieure mais doté d’un sacré sens pratique, il ne vit que pour accumuler des biens que jamais, il le sait, il ne dépensera. Une lubie pathologique.

Le nez dans ses notes, l’oeil dans la becquée de ses voisins, Alfred le comptable ne cesse de comparer, peser, calculer, cherchant querelle pour des peccadilles, profitant de la moindre occasion pour grappiller quelques centimes, revendiquer des droits sur un quignon de pain supplémentaire, hurler à l’injustice dés qu’il se sent floué sur deux bouts de miches ou trois fois rien.

Enfin Ursule, l’égoïsme incarné. Méchant par nécessité, amer parce qu’il ne peut faire autrement, violent quand il le faut c’est à dire à chaque fois qu’il fait face à plus faible que lui, malveillant parce que ça ne mange pas de pain, dénué de scrupule en affaire comme en tout, il n’a qu’un but : lui, lui et lui.

L’hôtesse, qui est du festin elle aussi, sert le premier plat sous les regards avides.

Renfrognée, l’oeil mauvais, la ride crapuleuse, la mégère pose sur la table une pleine plâtrée de carottes râpées. De la méchante nourriture qu’elle a eu pour rien : des invendus gâtés, abimés récupérées dans les poubelles du marché du coin. Une fois réduit en miettes, le légume semble comestible, surtout relevé d’un vinaigre bien fermenté. D’une acidité à dissoudre les saveurs les plus suspectes...

C’est la ruée générale vers le mets toxique.

Les palais sont frustes, les estomacs aguerris, les appétits rudes et les exigences au rabais : l’infâme entrée est avalée par les affamés en quelques bouchées.

Dans des déglutitions ogresques et bruyantes.

Sept mangeurs plongés dans une atmosphère sinistre. Nul ne parle, chacun est tout à son assiette, préoccupé par ce qu’il ingère : le plus possible, sans en perdre une miette, sirotant la moindre once de vinaigre stagnant au fond de l’écuelle, léchant indifféremment reste de sauce, jus égaré, huile stagnant sur les rebords du couvert...

Et la patronne qui surveille, épie, espionne et juge tout en mastiquant.

Le plat de résistance suit sans tarder, embaumé de vapeurs rances. C’est une marmite de patates confectionnée avec les restes de la semaine. Tout ce qui a échappé à la poubelle se retrouve ici haché-mélangé-servi-sans-chichi !

Un menu de roi pour ces gueux attitrés, non pas tant par la qualité plus que discutable de ce vague ragoût mais par son énorme quantité... De quoi caler au maximum ces ventres âpres au stockage. Les bénéficiaires de l’aubaine n’en demandent pas plus !

On assiste alors à une ripaille effrénée. Ca bâfre, ça éructe, ça jure, ça recrache et ça remange, ça se gave le gosier jusqu’à l’étouffement... Même quand ils n’ont plus faim, les plus voraces d’entre eux continuent à s’alourdir, se distendre la panse avec ce Parmentier infâme, tant qu’il en reste, tant que les autres n’en veulent plus, tant que c'est toujours le même prix pour un ou pour dix !

Pas de dessert.

Pas pour des corbeaux aussi glauques, pas pour des bêtes aussi lugubres, pas pour un tel bétail, non...

Le déjeuner englouti, chacun repart à ses occupations, les unes futiles, les autres louches, sans un mot, sans une politesse. Rien qu’avec des ténèbres dans l’âme, de l’ombre sur les fronts, de la méfiance sur les mines.

Voire de la haine envers les patates.

Certains coeurs sont pleins de médisances pour la cuisinière, de regrets de n’avoir pu manger plus et d’avoir finalement dépensé trop, d’autres sont vides de tout sentiment humain, impassibles, indifférents, battant comme bat le coeur des bovins.

Le soir ils se retrouveront tous pour le dîner qui sera fait d’on ne sait quoi mais d’où on tirera d’eux, dans le meilleur des cas, le plus exécrable qui soit.

jeudi 18 juillet 2019

1507 - Femme, tu n'avorteras pas !

Femme, précisément parce que tu es libre, libre et responsable, libre et généreuse, riche de ta fécondité, tu ne supprimeras pas le fruit que tu portes.

C’est un don du Ciel, la propriété de Dieu, le bien de l’Humanité, un trésor sans prix qui t’a été confié.

Le féminisme est une pure abomination, un blasphème, une monstruosité, la négation de ta réelle féminité, l’outrage à ta maternité, l’ennemi de ton ventre, l’assassin de ta fertilité, le meurtrier de ton enfant.

C’est l’égoïsme total déguisé en bon samaritain, la bêtise absolue parée de fausse lumière, la méchanceté suprême grimée en ange charitable.

Une putain satanique se faisant passer pour une Sainte Vierge.

La “cause féminine” est une imposture. Ce démon prétend te libérer alors qu’il t’enchaîne, t’aliène, te dénature.

L’authentique apôtre de la femme ne la blesse pas, il la protège. Il ne la corrompt point, il l’élève. Il la respecte au lieu de la dévoyer.

Or l’avorteur veut faire mourir ce germe de Dieu en toi, cet embryon à qui tu refuses, toi aussi, tous les droits.

Mais également la suffragette, le pervers, le progressiste : tous veulent profaner ton autel, vendre ta peau, ton image, te transformer en mâle, en poupée rentable, en produit de mode, en pion, en esclave.

Et finalement nier ton âme.

Et cela, au nom de la liberté de pécher, de la jouissance de faire le mal, du plaisir de la transgression.

Avorteurs, suffragettes, pervers, progressistes sont animés par le vertige des abîmes.

Rien n’est sacré à leur yeux, sauf l’émancipation de ta chair de sa source céleste, la libération de ta pudeur, la délivrance de ton foetus avant son terme.

Ce qui te glorifie n’est pas de tuer l’innocent, de te substituer à l’homme, d’offenser la vertu, de violer les lois universelles mais de suivre ton véritable chemin, celui qui t’a été assigné par ton Créateur : enfanter, servir, aimer.

Tels sont ta dignité, ton honneur, ton vrai bonheur.

VOIR LA VIDEO :

https://youtu.be/FVwf1Ux4GdE

samedi 13 juillet 2019

1506 - Mes vrais amis

Je suis une féroce compagnie.

Pour me mériter il faut en payer le prix. C’est la vraie valeur des choses justes.

Et belles.

Ceux qui m’aiment vraiment m’aiment réellement : sans artifice, avec les yeux de la vérité.

L’attachement véritable que me vouent mes rares amis vient de leur crainte bénéfique de mes mots secs issus de mon coeur sans fard.

Non de l’illusion que procurent le mensonge, l’hypocrisie, les fourbes gentillesses.

Dur avec mes frères humains parce qu’exigeant, rude envers les tempéraments flasques ayant besoin d’être forgés au contact de ma lame, on finit par m’apprécier pour ma sincérité de fer.

Ou par me détester pour mon inflexible rigueur.

Ceux qui préfèrent les cruautés de l’objectivité et la froideur de l’équité aux mollesses et flatteries des communes tendresses me tiennent en réelle estime.

Vous souhaitez faire partie du cercle des élus, des intimes se sachant supérieurs par l’esprit, des privilégiés pouvant causer avec moi d’égal à égal ?

Dépourvu de ce masque de l’âme et de cette obscurité de langage produits par les civilités artificielles, je crache ma lumière à la face des rats que vous êtes !

Tant mieux si elle vous éclaire, tant pis si elle vous blesse.

Pourfendeur du faux, chasseur d’inepties, ennemi de toute hérésie, je ne cherche querelle qu’aux cafards et ne m’adresse qu’au Soleil.

1505 - Berger des lourdauds

Je suis né pour  la gloire, vis sur Terre avec les nuages et veux mourir en plein ciel !

Mais, entouré d’ovins n’aspirant qu’à bêler en choeur, j’ai pour mission de guider ce troupeau de misérables vers les étoiles.

Je frappe sans état d’âme le moindre boiteux refusant d’avancer, cingle impitoyablement toute incarnation de la faiblesse, gifle avec une saine rage mêlée de joie chaque tête médiocre.

La multitude indigente est faite pour suivre plus grand, plus beau, plus fort qu’elle, non pour tracer sa route de fange.

Ces moutons que je tente de rééduquer me doivent respect, reconnaissance, admiration. 

En échange je leur offre la vraie liberté, cette divine légèreté que procurent les ailes intérieures.

Je casse du Dupont, brise les rêves pitoyables de l’homme de la rue, anéantis les illusions affligeantes de monsieur tout-le-monde, crache sur les autels ineptes de ces profanes, urine sur leurs écrans de télévision, blasphème leurs veaux d’or de consuméristes !

Et cela, au nom de la libération de ces animaux à face humaine.

Contre ces douloureux sacrifices d’ovidés, d’ânes et de porcs, bref de brutes, de bêtes qu’ils sont, ils accéderont aux merveilles des hauteurs, à l’éblouissement des sommets, à l’extase des HOMMES, des vrais.

En attendant, ils devront suer, encaisser, morfler.

Tel est le prix de l’accès des minus à l’Empyrée.

Et c'est la raison pour laquelle je suis parmi ces incrédules abrutis de matérialisme, moqué, raillé, incompris.

Mais toujours debout, imperturbable, sûr de moi, indifférent aux sarcasmes, maintenant le cap vers la Lumière. 

Eux les larves, moi l'astre.

1504 - Eau-de-vie

Du miel mêlé de nuages, telle est l’idéale union entre les deux plus sublimes éléments de la Terre que m’évoque l’image de Farrah Fawcett.

L’alchimie poétique la plus choisie : du sucre enrobé de nues, des volutes d’onde azuré parfumées de nectar, des arabesques nivéennes abreuvées d’ambroisie, bref la réunion follement angélique de l’or et du ciel.

Ou la lumière incarnée sur un visage.

Du vomi d’abeille mélangé à l’haleine de la planète.

Du dégueulis d’insecte aspergé de brume aérienne.

L’assemblage du miel et des nuages : un ciment céleste issu des deux plus pures légèretés de ce monde.

La quintessence du Cosmos, le fleuron de la Création, le meilleur de la matière et de l’esprit. Une liqueur d’extase comparable à du jus galactique, à du lait d’étoile, à de la crème de fleur.

Un principe esthético-poétique rare mais essentiel, divin, qui fait interagir les petites et grandes causes, naturelles et spirituelles -toutes sacrées-, et fait frémir le coeur de l’Univers.

mercredi 10 juillet 2019

1503 - Pluie féconde

J’avançais sous un ciel agité, ivre de nature, l’âme romantique, enivré par les effluves sauvages, imprégné des belles idées du siècle, divinement en accord avec les éléments en furie.

Tout à ma rêverie pastorale, je dansais en cheminant, le coeur léger, des ailes dans la tête.

Mais à force de tournoyer sous les nues lourdes, je trébuchai sur une pierre.

Et tombai le nez dans l’humus.

Ce qui brisa net mes ardeurs écologistes, éteignit d’un coup ma flamme pour la verdure et finalement me sortit pour de bon de mes songes indolents !

Je pris cette chute inopportune comme une vexation, une pique de Pan contre ma personne, la vengeance du Cosmos en action contre ma sotte, béate et passive admiration pour ses effets sous-estimés.

Une trombe d’eau reçue en pleine remise en question de mes illusions finit d’achever l’oeuvre de reconquête de moi-même.

Le réveil fut glacial mais salutaire.

Je me mis à maudire le ciel chargé d’inepties idéalisées et à bénir la Civilisation de laquelle j’avais eu l’extrême fatuité de vouloir m’extraire par amour stupide de la friche et du vent.

Moralité : une simple pluie peut rafraîchir les idées et pulvériser les plus tenaces chimères des benêts.

VOIR LA VIDEO :

https://youtu.be/9CRAcBfiEqo

mardi 9 juillet 2019

1502 - Justice pour les faibles !

Les faibles sont faits pour être écrasés, moqués, dominés, par les forts.

Tout pleurnichard est voué à échouer.

Battu, déclassé, méprisé, le geignard n’est pas fait pour le combat, la fortune, la gloire, mais pour la ruine, la poussière, l’oubli. Les destins de lions sont réservés aux loups, les défaites de mauviettes aux poules mouillées.

Le perdant se voit petit d’emblée. Il préfère le jeu minable et improductif de la victimisation de sa piètre personne à la production de lumière.

Ingrat envers le sillon qui le nourrit comme envers le Ciel qui lui a donné la vie, il maudit tout et ne crée rien.

Plutôt que de descendre dans l’arène des vainqueurs, la larve se plaît mieux à baver d’amertume dans son trou piteux.

Le minus se lamente stérilement des moindres coups du sort en attendant, passif, flasque, inutile, le retour d’un soleil qui jamais ne saura le contenter. Alors que le conquérant bénit les nuages qui l’arrosent et l’abreuvent, défie l’orage et s’amuse du tonnerre, brave la tempête et gonfle sa voile, se fait gifler par la grêle et en redemande !

L’optimiste, qui est un heureux homme, s’enrichit de tout ce qui lui tombe sur la tête. Il chante sous la pluie et même encore bien longtemps après car il aime ce qui vient, ne regrette jamais ce qui est... Douce ou brûlante, toute flamme le fait avancer.

C’est pourquoi les loqueteux ne méritent pas de s’asseoir sur le fauteuil des seigneurs.

Le seul devoir des princes de la Terre à l’égard de ces vermisseaux, c’est de leur destiner des coups de talons salutaires et rédempteurs en pleine tronche ! Et de leur demander ensuite de cirer la botte qui vient de les charitablement caresser, en remerciement pour cette tentative de les réveiller.

Qui se plaint d’être né ne récoltera que fruits amers et épines et c’est tant mieux ! Les roses et leur parfum ineffable sont exclusivement assignées par le Cosmos à ses élus : les êtres aptes au bonheur.

Le faible n’est pas celui qui a fait naufrage, c’est celui qui pleure sur le rivage sans en percevoir sa beauté. C’est celui qui ne se relève pas et coule, c’est celui qui, trop proche de ses pieds, ne voit pas l’horizon.

Bref, à chacun son salaire. La corne d’abondance pour les porteurs de joie, les épluchures pour les malheureux.

Autrement dit les cafards dans les chiottes, les papillons dans l’azur !

Là est la vraie justice du monde.

lundi 8 juillet 2019

1501 - Une russe normale

Elle était normale.

Deux yeux clairs, une bouche comme une fraise des bois, deux mamelles pareilles à deux lunes, une matrice, dix doigts, une belle âme, un charmant accent russe, ce qui est encore plus normal étant donné que cette créature bipède était une russe, précisément.

Grande, élancée, en âge de procréer, aussi parfaite qu’une statue de marbre et même plus éclatante encore, Natacha, c’était son nom de naissance et non un vulgaire pseudonyme comme pourraient le penser les esprits tordus issus des pays de l’Ouest, Natacha disais-je m’avait particulièrement charmé ce jour-là avec ses féroces désirs de demeurer russe, de la tête aux pieds.

Je lui offris des épis de blé en lui déclarant ma flamme.

Elle en fut chrétiennement émue. En effet, elle était chrétienne. Russe et chrétienne. Splendide et mamelue. Grande et aimable, enragée sur le plan patriotique. Par rapport à son pays la Russie.

La Russie, des terres immenses et des espaces grandioses, des paysages rudes et lumineux, vastes comme jamais on n’en voit ailleurs qu’en Russie.

Idéale, vivante, debout, cette femme strictement hétérosexuelle, singulièrement belle, éminemment russe était typiquement une enfant de la Russie, la fille d’un dieu nommé Sainte Russie.

Eternelle devrais-je ajouter.

Avec son ventre voué à l’enfantement, ses suaves pommettes slaves, ses cuisses robustes, saines, fortes de teutonne (bien qu’elle ne fût nullement allemande), Natacha faisait durcir ma chair de taureau macho.

Elle était parfaitement optimale dans sa normalité et moi aussi.

Mamelue, russe, raisonnable.

Et moi, mâle, rêche, classique. Âpre, dur et brûlant, comme tous les cerfs honnêtes de la Terre.

Ce n’était qu’une femme russe, mais quelle femme russe ! Et cependant tout ce qu’il y a de plus normal.

VOIR LA VIDEO :

https://youtu.be/nkqOK1xxbbU

dimanche 30 juin 2019

1500 - Paix sur la Lune

Dans une existence révolue, j’ai habité sur la Lune.

Je vivais dans une autre peau, un autre millénaire, un autre monde.

Sur un sol lointain, sous un ciel étranger, dans un jardin reclus.

Je résidais en cet endroit plein de silence et de mystère, contemplant l’horizon morne et énigmatique. Je m’ennuyais mortellement là-bas, il est vrai. Mais j’y éprouvais aussi de merveilleux sentiments.

Je m’interrogeais sans fin, mélancolique, au sujet des étoiles, de la planète bleue, des paysages séléniens figés qui formaient mon quotidien monotone et beau...

Je passais de longues journées en promenades lentes et solitaires, entouré des pierres lunaires, observant les ombres changeantes, admirant cratères et vallons, empruntant des chemins qui me menaient vers des roches et des sommets, des espaces de rêves et de poussière, des lieux lumineux et perdus.

En réalité je ne me sentais pas seul du tout : les silhouettes de roc autour de moi et le visage azuré dans le firmament formaient d’excellentes compagnies, de jour comme de nuit.

Ces spectres paisibles troublaient mon âme. Ils me plongeaient dans de profondes ivresses poétiques. Et je vagabondais dans ce grand désert peuplé d’images, de reflets, de figures vagues, parmi des lignes effacées, des traces disparues.

Habité par d’étranges et immobiles présences.

Rochers ou fantômes, ces formes amies n’étaient que des statues mais je les aimais comme des poèmes.

Et je vécu là, longtemps. Dans l’absence de tout, au coeur de l’océan cosmique, éloigné du réel, bercé par une infinie sérénité.

VOIR LA VIDEO :

https://youtu.be/VUOezkR99-M

vendredi 28 juin 2019

1499 - Eloge funèbre pour mon oncle Henri

Henri était une tête.

Un sacré ciboulot. Un cerveau. Un puits de pensées.

Il en avait dans le mou.

C’était une forte caboche également.

Athée, brillant, érudit (et même savant), mal habillé, bien intentionné, intellectuellement féroce et socialement assez imbuvable, ce clodo révolutionnaire ne pouvait mourir que comme un homme ordinaire : avec l’humilité, ou plutôt l’insouciance, l’indifférence de ceux pour qui la mort n’est rien.

En silence et à l’ombre.

Pourtant, avec sa barbe de prophète démodé, son front de penseur d’un autre siècle, sa production cérébrale pure, il en imposait ! Des allures augustes, des mots éclatants, des vues profondes, une voiture pourrie...

Railleur, sage et tonitruant, il sortait des vérités philosophiques ou égrillardes dans la puanteur des volutes de son mauvais tabac.

Et on l’écoutait, amusé, surpris, impressionné par cette statue impénétrable. Le personnage flamboyait par sa cervelle, déshonorait ses hôtes par ses tenues ternes, sa mise négligée, ses vieilles godasses.

Il est mort, après une existence longue, riche, humaine. Mort comme meurent les chiens, c’est ce qu’il voulait. Ne pas faire de bruit, partir comme on naît : tout banalement.

Lui le médecin, lui le raisonneur, lui le crâne pensant, il avait du coeur... pour la vérité. C’est à dire l’intelligence seule.

Mais qu’est-ce que l’intelligence sinon de l’esprit ? A sa manière n’était-il pas épris d’âme, finalement ?

Il ne croyait en aucun soleil divin, en nul astre supérieur, pas même en une étincelle de survie...

On lui souhaite la Lumière.

mardi 25 juin 2019

1498 - Pot de nouilles

Pour comparer Farrah Fawcett à une fleur de notre Terre, il faut être imbécile, creux, niais, lourd et vain.

Moi, je ne veux pas seulement me montrer léger, spirituel, drôle, mais encore faire preuve de géniale fausse nullité dans la subversion esthétique en associant cette face de sirène à une soupière remplie de nouilles au beurre.

Ou à une tarte aux salsifis.

Et même, à une autruche divinement perruquée.

Cette femme aux allures d'ange incorruptible qui chiait comme n'importe quelle autre femme plus ordinaire mérite, au lieu de ces comparaisons florales éculées et insipides, de recevoir en pleine tronche les hommages ravageurs et mémorables, patatesques et indélébiles de ma folle plume abreuvée de rêves éternels et de jus de haricots.

Là, elle brille supérieurement car je lui destine des flammes issues non de ternes et tristes cierges qui s'éteignent au moindre souffle importun, mais provenant de l'inextinguible et intarissable puits de mes pensées de vérités et de mes mots d'artifice.

VOIR LA VIDEO :

https://youtu.be/rHYx-QELENQ

lundi 24 juin 2019

1497 - Je volais

L’azur était à portée de ma main d’enfant, je touchais les nuages d’un geste fou et naïf.

Mais assez précis, assez résolu, assez exalté pour que le bout de mes doigts atteignent immédiatement la première marche menant à cet autre ciel qu’on appelle le rêve.

Et qui est peut-être tout simplement -au moins vu de mon jeune âge- une autre forme de réel.

Bref, à partir de ce moment-là je décollais du sol.

Soutenu dans les airs par la seule force de mon âme candide et enflammée, je voguais dans les hauteurs de mon village, planant allègrement aux alentours du vieux moulin, allant ici et là au-dessus des toits, des bois et des champs...
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Si abstraitement que, d’en bas, nul ne me voyait sillonner l’espace aérien de cette petite cité nommée Warloy-Baillon.

Et cependant, emporté par les ailes invisibles mais non absente, non inexistantes de ma fougue puérile, je sentais bien que mes pieds n’étaient plus posés sur le sol, que mon corps se balançait dans la nue, frôlé par les oiseaux, que ma tête était bercée par les vents, caressée par les flots de lumière...

Même que je croisais des canards, des papillons, des brindilles d’herbe...

De là-haut je voyais également les vaches paître dans les prés, apercevais les jardins entourant le clocher, reconnaissais les gens cheminant dans les rues...

Depuis cet empyrée local aux envergures champêtres, aux allures agrestes où je tournoyais, flottais, filais, je me sentais l’égal des chouettes, le compagnon de la Lune, l’ami des cumulus...

Et même, le chevaucheur de la Mélancolie.

De ces fugues aériennes douces et fulgurantes dont personne étrangement ne semblait s’apercevoir, je revenais plus léger encore, plus éveillé que jamais, heureux d’engager ma vie en ce monde avec l’horizon pour destinée, le ciel pour idéal.

VOIR LES DEUX VIDEOS :

https://youtu.be/H0Y238pDjtg

https://youtu.be/kqvY-4fhcmk

1496 - Salade cosmique

Son front était une blanche et lisse endive du Nord, ses pommettes deux fraises pas mûres de Bretagne, ses lèvres un duo de haricots pas verts du tout, sa face potagère enfin une belle poire de mon jardin.

Farah Fawcett arborait un visage horticole plein d’esthétique fécondité et de magnétique mystère.

Je me demande si elle ne provenait pas d’un idéal olympe végétal, c'est à dire si elle n’était pas issue du glorieux croisement d’un plan de tomate prometteur et de la sève allègre d’un cornichon sorti d’une terre saturée de lumière...

Toujours est-il que je me tape quasi quotidiennement de la blonde et défunte texane à diverses sauces, toutes plus légères et digestes les unes que les autres !

En réalité, je ne pense pas sérieusement que cette créature fût née dans quelque improbable hortillonnage de ce monde ou d’ailleurs mais, de manière certaine, je lui prête des vertus proches de celles qu’offrent ordinairement les asperges et les patates : elle verdit mes rêves d’esthète de sa fraîcheur naturelle et parfume mes soirées honnêtes de suaves émanations aux résonances proustiennes.

L’étrange puissance du choux-fleur générant des vapeurs de nature éthéréenne aux répercutions galactiques...

Ou le légume venu du plancher des vaches qui devient hôte de la Voie Lactée.

Sont front était un clair chicon de Picardie, ses pommettes deux framboises pâles de chez moi, ses lèvres une paire de flageolets fins.

Et sa face est devenue un astre éternel qui rayonne dans le firmament.

samedi 22 juin 2019

1495 - Vertige architectural

La place était vaste, profonde, anguleuse.

Entouré de sommets, érigé d’art, parsemé d’éclats, l’espace où se croisaient les humains brillait d’une gloire architecturale sans égale.

Des hommes, des femmes, des enfants, des oiseaux peuplaient cet endroit consacré à la Civilisation.

C’était un temps de lumière, de fierté, d’honneur. Un siècle construit sur le roc, fait pour le rêve.

Dans ce monde il y avait de l’amour et des épines, de la haine et de la plume, de la douceur et de la force, de la flamme et de la férocité... Des vertiges et des idées, des mots et des larmes. Des fleurs et des ronces.

La société de cette époque moderne reflétait celles des âges immémoriaux, avec leurs piliers immuables, leurs vérités éternelles, leurs temples inchangés.

Les monuments de ce point crucial de la cité, avec leurs lignes majeures, leurs formes souveraines, la majesté de leurs faces, incarnaient l’esprit de cette ère dédiée au beau, au haut, au vrai.

Ces édifices aux ombres géantes, nés de bâtisseurs aux visées prometteuses, constituaient le pur écho de ces jours pleins de dignité.

Lorsqu’une passante au front rayonnant de beauté, Farrah Fawcett pour la désigner expressément, traversa il y a longtemps ce lieu déjà oublié, l’air de la Terre répondait tout naturellement au bleu du ciel.

A travers la folle allégresse qu'inspiraient les traits de son visage.

Et par les fastueuses légèretés des constructions de béton imprégnées d’idéal.

Triomphales.

Les créations réfléchissaient la créature.

Ou plutôt, les oeuvres qui faisaient résonner les heures de la vie acclamaient celle qui passait...

vendredi 21 juin 2019

1494 - Je veux la gloire !

Je veux la gloire.

Au prix de tout ce que j’ai. Je veux les sommets, je veux le triomphe, je veux la lumière.

Dans les pleurs, la douleur et le sang, même si j’ai tort.

Dans le feu, dans l’orage, dans le jour ou la nuit, à l’ombre ou sous le Soleil peu m’importe !

Sans honte et sans regret, je veux la divine brûlure.

Parce que c’est ma vanité, ma médaille, mon or et mon sort.

Je veux la gloire, je veux les femmes, je veux les projecteurs.

Mais me fous du lucre qui pour moi n’est que tu toc.

Mon dada à moi, c’est l’ego.

L’égal des astres, et non des escargots, voilà ce que je veux être. 

Le reste, c’est pour les gogos.

Mon destin à moi, c’est de briller. Par mon JE suprême.

Je veux la gloire, je veux les regards, je veux les égards.

Et laisse le fric à ceux qui n’ont rien dans le froc, qui ont le trac, parce que mon truc à moi ce n’est pas le confort mais le roc !

Je veux la gloire, les lauriers, les palmes, et tous les feux d’artifices qui vont avec.

Je veux les hauteurs, je veux les laudateurs, je veux les honneurs.

Le haut et non le bas, tel est mon lot.

VOIR LA VIDEO :

https://youtu.be/xHbbW5VSAkw

Liste des textes

1328 - Je suis apolitique