lundi 24 septembre 2018

1296 - Facette sacrée de la Lune

Sur le sol de la Lune, seule son image vénusiaque est finalement digne de s'éterniser, figée pour toujours sans risque d'érosion.

J'envisage l'empreinte du visage de Farrah Fawcett comme un fantôme sélénien. 

Je peux en effet considérer cette morte en tant qu'hôte unique, exclusive, définitive de ce monde pâle, silencieux, beau et mystérieux, en vertu du caractère ultra-magnétique de ses traits extraordinaires.

J'imagine l'astre morbide hanté par la présence spectrale, picturale, spatiale de la solaire défunte...

Ma folle rêverie prend sa source dans le réel car déjà sur Terre elle était l'éther lunaire.

Onirique de son vivant, inaccessible sur le satellite, elle demeure ainsi en orbite loin de toute basse attraction.

Ici-bas, elle fut un esprit divinement incarné, là-haut elle devient un corps purement céleste.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=QafX7GDv3zc&feature=youtu.be

vendredi 21 septembre 2018

1295 - Vénus de la Lune

Il y avait dans l'air le bleu des blés blonds, dans l'herbe le blanc des boules de brumes, dans ma tête la Lune comme une bulle avec sa face reconnaissable de Farrah Fawcett.

Elle ne brillait point, elle ne brûlait pas davantage, elle poétisait tout simplement.

Mais clairement, aussi irréellement et sûrement qu'une patate étincelle de saveur dés lors qu'une noix de beurre frais lui fond sur la tronche.

Dans ce visage exceptionnel je voyais des paysages effarants, des espaces sidéraux magistraux, des majuscules différentes, un infini fait de rêves et finalement une fée avec deux F cruciaux pour initiales. 

Deux F exactement comme deux ailes.

J'étais un jeune astre et je nommais cette créature sélénienne avec des mots inédits qui ne se prononcent qu'hors de notre Terre.

Elle ne brillait point, elle ne brûlait pas davantage, elle pleuvait de beauté sur mon âme de granit et de lumière.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=geqklte32HI&feature=youtu.be

mardi 11 septembre 2018

1294 - Etat post-morbide

Je suis guéri de la gastro-entérite mais elle m'a laissé une séquelle bizarre : vertiges, perte d'équilibre et constipation chronique.

Pour le dire plus clairement, c'est comme si j'avais une demi enclume sur la tête et un bouchon de champagne géant vissé dans le trou du cul.

Mais également une horloge miniature logée dans le fond de mes boyaux qui sonnerait les heures toutes les 10 minutes.

Avec une hallebarde entre les deux oreilles et un sac de billes en plomb dans le slibard gigotant plus bruyamment que des chapelets de grelots endiablés !

J’ai aussi dans ma citrouille l’impression d’un tonneau d’nouilles trop cuites.

Et cette drôle de sensation qu’une sorte de grosse patate flasque, ou bien une espèce de flaque de purée gluante serait venue loger à l’improviste dans la saucisse centrale de mon ventre.

Et là, j’ai la vague idée qu’une cafetière s’est introduite à l’intérieur de ma carcasse pour y faire remonter d’la fumée d’andouille à travers son bec en tire-bouchon.

Sans compter que mes cornichons du bas se bidonnent la poire en me hurlant leur sérénade de mes deux aux dépens de mes bouts du haut !

Un truc à me faire griller le cylindre avant que je ne décapuchonne le trombone !

Bref, j’ai décidément les tripes de la bidouilette assez bouchées pour que cette foutue moitié de ferraille me joue sans sommation de la trompette sur le crâne à trois heures de matin.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=G17MnY0OjqU&feature=youtu.be

mercredi 5 septembre 2018

1293 - Photos jaunies

J'ai vu des fleurs sortir de tombes oubliées me sourire avec leur face lumineuse :

https://www.youtube.com/watch?v=U-ixP8uaOOs

De juvéniles visages aux airs pénétrants qui m'ont raconté leur enfance.

J'ai deviné leur vie future, leur vieillesse lointaine, puis leur entrée dans l'inconnu qu'est la mort.

Regards figés pour l'éternité sur le verre (ancêtre de la pellicule), désagrégés dans l'humus des cimetières, rallumés dans mon âme, restitués intacts sous ma plume, c'est à dire en relief, en couleur, en rêve plus qu'en vrai.

Comme des spectres palpables. Plus présents encore que des êtres de chair.

Ces fantômes d'enfants, mélancoliques, charmants, émouvants, pourraient sembler effrayants aussi.

Peut-être le sont-ils, en réalité.

Ces angelots aux traits si clairs se sont flétris après une existence de vulgarités et de bonheurs, de hauteurs et de déboires, de vicissitudes et de sérénités, de voyages et de naufrages, de petites larmes et grandes joies, après des enfantements et des années de turbin...

Bref, après avoir vécu un destin humain sous le soleil et la pluie des jours, qu'ils soient communs ou extraordinaires.

Au fil de leur aventure terrestre, leur peau est devenue dure, leur coeur s'est corrompu, leurs risettes se sont enlaidies de péchés.

Mais le miracle c'est de capter, plus de cent ans après leur émission, la lumière de ces étoiles déjà éteintes.

Clins d'oeil du passé, irréels, incongrus, bouleversants.

Ces portraits d'un autre âge hantent délicieusement les recoins délaissés du temps. Ils sont la mémoire des greniers, la naphtaline des poètes névrosés, les ombres des souvenirs enfouis sous la terre.

Et pourtant...

Par-delà le papier jauni sur lequel elles nous scrutent, ces mines mortes depuis des lustres -petits astres aujourd'hui en poussière- continuent de briller dans notre siècle.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=Tw2hr3HgPiM

samedi 1 septembre 2018

1292 - De la bière à la lumière

Je suis devant ma bière blonde, elle est dans sa tombe.

Je porte le verre à mes lèvres, je vois ses traits dans les vagues reflets de ce que je bois.

Ma plume se mêle à l'écume et là, mes mots trempent dans cette onde féconde, l'air de rien...

Le fluide coule en moi et me monte à la tête.

Abreuvé de pisse divine, je constate que la vie est toute jaune : la Lune, le Soleil, les fleurs, mon chat, les souvenirs comme des vieilles photos, sa chevelure révolue et enfin ses os de morte.

Ma coupe peu à peu se vide, mon âme petit à petit s'allume, sa beauté éteinte progressivement m'enflamme et je laisse sortir de ma "veine à verve" des jets furieux de termes bien chauds, des flots salés de folies sémantiques !

Par cette action onirique hautement poétique j'ensemence à ma façon la Voie Lactée de la face farineuse, lumineuse et lactescente de la défunte Farrah Fawcett.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=A7Nkf1QT-vU