vendredi 29 juillet 2016

1187 - Critique du film "BLACK STONE"

Une histoire regardable dans la première partie, sobre et passablement intéressante mais qui vers la fin succombe à la facilité -pour ne pas dire à l'imposture- de l'hermétisme onirique. Un procédé certes assez habituel dans le cinéma dit d'auteur, mais malhonnête selon moi.

Bref avec ce film on est encore confronté à une bonne masturbation cinématographico-intellectuelle.

Une recette évidemment hautement prétentieuse sans vouloir s’en donner les airs... Ou plus exactement, maladroitement poétique. Le type de “survol des sommets” sans queue ni tête au moyen d’ailes psychédéliques. Un genre magico-onirico-hermétique qui laisse sans voix parce que sans saveur à force de prendre de trop grandes distances avec le réel. Une farce involontaire vue et revue dans le cinéma d’art et d’essai. Bref, quand le grand n'importe quoi est sensé dire de grandes choses "intelligentes et sensibles"...

Une oeuvre en partie absconse que bien des gogos -et des bobos- s'empresseront de faire semblant de comprendre et d'admirer juste pour ne pas passer pour des bourrins...

Sauf qu'à moi on ne fait pas ce coup, tellement classique que je m'étonne qu'il fonctionne toujours !

Rappelons que le vrai génie du cinéma, et c'est valable dans tous les domaines artistiques, se révèle dans la clarté, la simplicité, l'accessibilité.

Ici on cherche très visiblement à endormir le spectateur avec les brumes de l'approximation narrative, de la fatuité esthético-pompeuse, des silences à creuses résonances de cloches.

Autrement dit avec “BLACK STONE” on a affaire à une pure et simple -et énième- tentative d'enfumage d'un public prétendument sélectif !

VOIR LA VIDEO :

https://rutube.ru/video/a972fd5deadfc38bb26f6fd3c80705b2/

http://www.dailymotion.com/video/x4md3bm

mercredi 27 juillet 2016

1186 - La brume

La brume de novembre enchante mon âme lunaire.

Le brouillard de l’automne est l’écume du ciel, le point culminant de l’année, le sommet des jours sans histoire.

C’est un nuage descendu sur Terre, un vent immobile qui fige le temps, un tombeau humide qui dissimule les corbeaux et fait ressortir leur chant rauque au coeur du silence.

Ce vaste fantôme de la morte saison qui m’entoure blanchit mes pensées, éclaire mes pas, et vaguement me fait quitter le sol...

La bruine est un poème d’eau et de blancheur berçant oiseaux des champs et esthètes égarés.

Je suis heureux et serein en pleine fumée : c’est dans ces vapeurs que je monte et que je m’envole.

Derrière ce voile laiteux la Lune se montre encore plus proche, plus amie, plus spectrale.

Alors son sourire pâle, si paisible, se confond avec son front de moqueuse, avec ses joues de joueuse, avec sa chandelle de morte et je ne sais plus très bien qui m’appelle dans le firmament... Un rêve ? Un clair cauchemar ? Un nouveau visage ? Une vieille chimère ?

Lorsqu’aux soirs propices s'installe la nébulosité, des ailes -froides ou vives je ne saurais le dire, mais molles et muettes c’est certain- me font voyager vers les horizons inconnus, phosphorescents, doux et inquiétants de Séléné, les nappes lactescentes d’en bas répandant leur haleine fantasmagorique sur le satellite qui, imprégné de mystère, diffuse sa lumière de cadavre.

VOIR LES TROIS VIDEOS :

https://rutube.ru/video/9add84ed8fbc0679a023879209420146/

https://rutube.ru/video/a2f2521f52d5c371276aa6081c174509/

https://rutube.ru/video/bbea107a01efb545a63e9af2a4ad8cca/

http://www.dailymotion.com/video/x55k5dp

http://www.dailymotion.com/video/x53i9f7

http://www.dailymotion.com/video/x4m6oms

mardi 12 juillet 2016

1185 - J'écrabouille les bananes molles !

Moi je n’aime pas les gentils. Je les déteste même. Je les méprise et les incendie de la casquette aux chaussettes mais toujours par derrière, jamais de face, leur édulcorante bêtise les empêchant de voir les flammes de Zeus.

Ces agneaux ne voient pas plus loin que mes sourires trompeurs, ignorant que mes crocs sont faits pour les croquer.

Bref, les endives m’ennuient.

Ces andouilles au coeur pur sont des cornichons à la cervelle vide.

Moi je suis un méchant, un vrai, un dur à la dent tueuse, un chien féroce, un dévoreur de nouilles.

Leurs bonnes intentions étalées sans pudeur sur leurs blogs insipides ou dans les sables poisseux de FACEBOOK sont mes mets favoris : d’une seule bouchée j’avale leur foin sec et pâle mais quand même bien croustillant sous mon palais de feu.

Je me rassasie tout d’un bloc de leur mélasse : leurs hommages lénifiants à leur mémé, leur amour flasque pour leur cabot, leurs ruptures conjugales conjuguées à tous les passés pas simples, leurs fades souvenirs d’enfance, leur tiède tempérament de caniche, leurs larmes d’escargots baveux adressées aux chanteurs à la mode... 

J’anéantis ces fumées incolores d’un simple souffle, fais disparaître ces niaiseries d’un seul coup de mâchoire assassine, réduis à zéro ces héros de l’insignifiance !

Moi le dragon rigolard, j’écrabouille ces limaces larmoyantes. Je me délecte du spectacle des viscères de ces mollusques répandus dans le caniveau des joyeux-affreux dont suis l’empereur incontesté !

Les bonnes âmes qui écrivent des poèmes sur la douceur des sentiments m’écoeurent au plus haut degré. Les natures sensibles qui pleurent de compassion sur les malheurs des autres m’inspirent les plus cruelles représailles. Les oies blanches qui aiment aider les pauvres et le faire savoir au monde entier méritent la récompense de mon encre vengeresse la plus sanglante.

Ces “belles personnes” aimant chanter les “belles choses” et partager les “belles pensées” de leur “belle vie” sur le NET, je leur balance à la tronche les rats crevés et les chatons éventrés de mes plus “belles intentions”...

Avant de massacrer la banane blanche qui leur tient lieu de face d’un définitif, atomique, pulvérisateur coup de talon izarrien !

VOIR LA VIDEO :

https://rutube.ru/video/857920904a5043fd485bc49c624e70f6/

http://www.dailymotion.com/video/x4k1hdy

dimanche 3 juillet 2016

1184 - Le mur de parpaings

Tout est givré et la clarté du matin illumine le béton d’une petite construction sur un terrain privé.

En cet hiver ensoleillé, les parpaings sous le gel semblent refléter le ciel.

Et la glace ressemble à l’azur.

Le froid est vif, l’air léger et à cet instant sous les yeux d’un enfant plein d’éveil -ou de folie- l’érection de ciment devient transparente.

La propriété est assez grande, quoique banale.

Les gens qui vivent ici sont passablement lourds, épais, béotiens. Ainsi que le voisinage. Et même toute la rue. Seule la progéniture de cette société de lourdauds, dehors, rit et chante. Eux les adultes bouffent, boivent, paressent, se chauffent, à l’intérieur. Leurs voitures sont neuves, leurs femmes pré-ménopausées, leurs aspirations vulgaires.

Mais revenons à la maison dont dépend le bétonnage évoqué...

Cette demeure moderne tout confort que les propriétaires trouvent fort belle est bien évidemment fort laide : pragmatique, blanche, bien carrée, bien isolée, bien chauffée, dûment remboursée.

Et ce mur de parpaings dans la blancheur de cette matinée de janvier, le dernier de leurs soucis d’épiciers bedonnants.

C’est ce qu’il y a dans cette maçonnerie sommaire qui les intéressent. Là dorment les outils d’été : tondeuses à gazons, pneus de rechange, tronçonneuses et autres inepties d’adipeux Duponts.

Bref, de la matière rêche, grise, gelée que constitue cet abri comme de la mince couche de givre blanchissant ce monde, un même mystère se dégage et submerge une jeune âme attentive.

J’ai dix ou onze ans, je suis dans un village habité par des veaux, nommé Marloy-Bailleur, et à travers une masse de parpaings érigée par un de ces bovins je perçois subitement toute la subtilité de l’Univers.

Pour moi l’opacité des choses n’est plus un voile, plus une barrière : l’essentiel transperce la pierre, traverse les agglomérats et l’éclat de la neige se révèle en toutes circonstances aux natures éthérées.

Une quarantaine d’années après, je garde de cette expérience un souvenir aussi lumineux qu’au premier jour.

J’ai entendu dire que pendant ce temps les veaux de mon enfance étaient devenus des boeufs, là-bas à Marloy-Bailleur.

VOIR LA VIDEO :

https://rutube.ru/video/d9cb5e2c090f309a6b6f5802929d6c12/

https://www.youtube.com/watch?v=uWOju4p3iFc

http://www.dailymotion.com/video/x4jyp0q