vendredi 29 septembre 2017

1235 - Que devient la femme à cinquante ans ?

L'horreur pour toute femme, c'est la flétrissure.

Ne plus voir que la misère dans son miroir, au lieu de la fleur de jadis.

C’est à la cinquantaine que se produit pour elle ce choc crucial. 

A cet âge le soleil devient gouffre, la rose exhale la puanteur, l’ange grimace. Alors il est l’heure pour la femme de renoncer.

Vénus se couvre d’abjection : le voile de la vieillesse, de la laideur et de l’infamie se dépose sur la déchue. C’est la toile qui se referme sur l’araignée.

Ses rides font la loi, les humeurs corrompues de sa chair avariées la dominent, les signes de sa mort effacent toute fraîcheur, toute gloire, tout espoir.

Le charme, l’élégance, la beauté d’antan font place à une nature morte. Flasque, répugnante, malodorante. Un tableau sinistre, féroce, morbide.

Pénible à voir car générant le malaise.
Comme un ricanement de la nature à l’égard de ce qui fut vanité, illusion, frivolité !

La femme de cinquante ans est difformité en marche vers la ruine. Ses reflets dans la glace sont des crachats, des injures, des malédictions reçus en pleine poire !

Désormais tout est à cacher : son visage est objet de honte, ses appas décrépitude, ses baisers fétidité ! L’Eve radieuse n’est plus que sombre sorcière.

Et quand à cet âge elle se maquille, croyant pouvoir masquer l’ordure sous le fard, alors elle se change en vieille poupée ridicule. C’est à dire en lait tourné, en nectar rance, en vin vomitif.

Hier papillon, aujourd’hui hideur incarnée, a cinquante ans l’amante se transforme en charogne.

Bref la quinquagénaire, tels le cygne devenu guenon, la libellule limace, la jeunette géronte, se mue en répulsif universel.

En ce qui concerne l’homme, que ce soit à cinquante, soixante, soixante dix-ans, il se bonifie, s’embellit, s’ennoblit, prend de la hauteur, de la valeur et de la consistance avec les ans, attirant naturellement à lui tendrons émus et autres donzelles en mal d’amour. 

Mais là c’est une toute autre histoire...

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=bEavFqfIYF0&feature=youtu.be

jeudi 21 septembre 2017

1234 - Des anges

Une mauvaise fièvre brûlait mon front, tandis que je marchais dans l’air frais de l’automne. La ville était sombre, laide, sale.

Je me hâtais vers mon foyer sous l’ombre immense d’un ciel décidément bas.

Ce jour de septembre semblait sans lendemain, sans joie, sans espoir.

M’éloignant de la cité moderne froide et vulgaire pour rentrer chez moi, j’arrivai bientôt aux abords de la cathédrale. Je m’engageai dans la rue bordant ses hauts murs, rassuré par la proximité de ces pierres augustes et pleines de sens contrastant avec les artifices déprimants des quartiers commerçants que je venais de traverser, plus bas.

Les apparences du monde autour de moi se montraient bien pesantes en cet instant de ma vie mais je n’y prêtais pas tant d’attention à la vérité car mon âme elle, demeurait aérienne, détachée de la matière, loin du sol.

Seules les hauteurs m’importaient, les lourdeurs temporelles me laissant indifférent, à vrai dire.

Instinctivement je levai le regard vers la cime de l’édifice. Fut-ce l’effet de ce feu viral en moi, de cette grippe qui enflammait mes tempes, je ne saurais le dire, mais je vis une chose extraordinaire.

Un spectacle irréel.

Des anges par dizaines se mirent à dévaler le toit de la cathédrale ! De toutes parts ils débouchaient inexplicablement de son sommet ! Je pensais, dans mon rêve éveillé ou mon délire, qu’ils étaient des dédoublements subtils des statues à l’intérieur et qu’ils traversaient ainsi le toit de la cathédrale... Ils planaient, certains à vive allure telles des hirondelles, d’autres plus lentement comme s’ils marchaient sur les tuiles. Ils émergeaient de la toiture pour venir se poser à terre ou juste frôler les pavés puis retourner dans la cathédrale par la grande porte, soit à pas lestes soit à tire d’ailes !

Ce ballet d’anges, à la fois vifs, espiègles et majestueux, ressemblait à une volée d’enfants bruyants et rieurs qui aurait surgie de nulle part en pleine journée de deuil !

Une chose me marqua particulièrement dans cette “rafale d’anges’ : leur vol, leurs allures, leur gestuelle étaient d’une élégance, d’une délicatesse indicibles. On aurait dit des peintures italiennes animées. Chacun de leur mouvement était une oeuvre d’art inouïe. J’en fus même gêné, comme un excès de maniérisme en eux qui les rendaient peu naturels. Mais je comprenais en les voyant évoluer ainsi que c’était là leur nature.

Une grâce infinie et une joie communicative émanaient de ces êtres surnaturels qui descendaient de la cathédrale...

Après les avoir vu tous rentrer dans la vaste église aussi spontanément qu’ils en étaient apparemment sortis, peut-être pour aller réintégrer leur double de pierre, je continuai mon chemin, pensif, incrédule.

Effets de la fièvre ou réalité ?

Je me retournais : je vis le monument silencieux, le ciel toujours plein d’ombre, les pavés gris et humides.

Je passai la main sur mon front embrasé, conscient de mon état fébrile, de mon incertitude, de l’heure vespérale, bien décidé d’aller vous raconter cette histoire...

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=MhBKoX6DjIQ&feature=youtu.be

jeudi 14 septembre 2017

1233 - Farrah Fawcett, entre ciel et champs

Quand je vois la face galactique de Farrah FAWCETT, des nuages gris embrument mon esprit et il pleut des chants de corbeaux dans ma tête.

Des corbeaux à l’oeil pensif, au bec subtil, à la plume lumineuse...

Et à l’aile leste.

De grands oiseaux blonds qui planent au-dessus d’une olympe de verdure trempée par des averses glacées.

Le visage de cette planète étrange que fut Farrah FAWCETT me fait penser aux rivages d’une éternité rêvée mais peut-être vraie, aux sables réels des mers de l’Univers, aux horizons solaires des songes les plus lointains... Comme une porte d’entrée vers l’immense, avec un léger détour du côté de chez Marcel, le patron du bistrot du coin.

Là où la bière est bonne, bien houblonnée.

La blonde, l’enivrante, la brillante.

Cette femme aux nues oniriques se reflète au fond de mon verre qui, dit à l’envers, se confond avec le rêve. Et après quelques gorgées, balbutiant, désorienté, je ne sais plus où est le bas, où est le haut, et je vole entre deux eaux, déjà trop plein de jus de lumière pour penser droit...

Bref, une fois sorti de chez Marcel, je marche dans la rue sur deux pieds dansants et je vois de la Farrah Fawcett partout ! Et la connexion avec le firmament se refait aussitôt.

Et je bois les étoiles à l’infini, insatiable, assoiffé de leur beauté, ivre de leur éclat, heureux de leur présence, et j’entends en même temps le cri mystérieux des corbeaux dans le lointain, quelque part dans des champs pleins de brume...

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=PggvTM1rW3k

http://farrah-fawcett.blogspot.fr/2017/09/30-farrah-fawcett-entre-ciel-et-champs_14.html