vendredi 30 août 2013

1004 - La casserole est l'avenir de la femme

L'homme sur le trône, sa femme aux cuisines : tel est le modèle millénaire, biblique, universel, glorieusement machiste du couple sain, sage et honnête que je défends sans complexe, ni compromis, ni faille.

C’est plus fort que moi, je ne supporte pas de voir la volaille caquetante singer le coq.

Le panache est réservé au mâle. La femelle étant naturellement dépourvue de crinière, son rôle est de recevoir avec docilité et reconnaissance l’empreinte de son seigneur. C’est sous les feux de l’astre viril que la femme brille. Sa dignité est dans la soumission à la phallocrate autorité.

Vénus est faite pour servir Mars.

En échange l'homme doit bien évidemment respecter sa femelle propriété, l'éduquer, l'entretenir, la chérir, la protéger car la femme est pour son maître une belle et précieuse poterie. Elle est son faire-valoir, sa carte de visite, le confort de ses jours et le mystère de ses nuits.

Parce que le générateur de pensées, de rêves et de merveilles techniques est pourvu d’un sceptre de chair, il est le souverain de la femme qui elle est un vase étroit, l’humble réceptacle de sa semence cosmique.

L’homme est un dieu en marche, la femme une voie de passage.

Le phallus est une corne d’abondance, un glaive libérateur qui défriche les dernières ronces mentales de la vierge.

D’écervelée hystérique, d’insignifiante caqueteuse en stérile rébellion contre sa nature, de poulette vaniteuse sans consistance, la femme accède, après la déchirure de son hymen, au statut prestigieux d’élue du mâle, d’Eve éternelle, de reine des casseroles.

Là commence sa vie vouée aux causes à sa portée.

Finies les ridicules contestations féministes de sa jeunesse post-pubère ! Terminés les emportements hérétiques de sa juvénile existence privée des ivresses charnelles ! Effacés les engagements absurdes pour la castration de la gent dominatrice !

Touchée par le doigt masculin, la révoltée d’hier ne cause désormais plus que recettes de cuisine, réparation de chaussettes, récurage de poêles.

Voilà le secret tout simple de ces choses fort complexes : le printemps rétablit les plus belles vérités.

jeudi 22 août 2013

1003 - Avarice

Je suis né pour économiser.

Vivre dans la frugalité pour le plaisir de ne rien dépenser, jouir de l’épargne, voir mes gains s’accumuler, mes débours se réduire, voilà mes plus chers desseins. 

Ennemi acharné de l’opulence, rétif à tout achat, le moindre frais me rend malade, le plus petit lucre me redonne la santé. Le seul air que je peux pleinement respirer est celui de la privation.

La ladrerie me donne des ailes.

Chaque centime économisé est pour moi un festin cérébral inégalé : plus je mets de côté, moins je souffre.

Et moins je paye, plus je suis soulagé.

Me priver de tout pour me contenter de rien, telle est mon ivresse.

A mes yeux un sou est un écu, un écu est un trésor, et toute ma fortune consiste en ce dépôt de grandes mais surtout petites choses.

Je raffole de l’eau, me gave de salades de pissenlits, ne me prive jamais des fruits des chemins, banquette sans scrupule de soupe aux orties, m’engraisse de tout ce que la terre m’offre sans rien me demander en échange.

Mais déteste les menus facturés, fuis comme les créanciers le vin du cabaret, trouve amers les mets acquis à haut coût, estime toujours trop salés les plats de prix, bref suis farouchement opposé au remplissage de mon ventre moyennant l’allègement de ma bourse.

Allergique aux étrennes j’ai définitivement coupé les ponts avec mes neveux dès leur naissance. Je suis en revanche très réceptif aux cadeaux que l’on me fait et sais remercier mes bienfaiteurs avec moult caresses et maintes flatteries. Puisque ça ne mange pas de pain, je ne m’abstiens en aucune façon de couvrir mes amis de remerciements.

Aux mauvaises langues qui me qualifient de pingre sordide, je leur précise que suis malgré tout très généreux.

En conseils divers, bonnes paroles de toutes sortes, dons d’exemples innombrables...

En eau aussi, j’en offre à chaque fois sans compter à mes invités. Je ne suis pas si mesquin que cela finalement.

Pour moi amasser c’est espérer, acheter c’est mourir.

Et je veux continuer à offrir encore longtemps, très longtemps plein d’espoir et de bonne eau à mes frères humains.

mercredi 21 août 2013

1002 - Planète planante

L’Humanité est en marche, voilà qui suffit à faire briller le soleil et contenter l’auteur de ces lignes.

Bon grain et ivraie mêlés, certes. Mais peu importe, elle avance. Ou plutôt, elle monte.

Tous nous appartenons à la race des autruches célestes : pesants oiseaux rêvant de haut vol.

Crapules, saints, détraqués, géants, nains, bossus, chefs, esclaves, anormaux, cupides, volontaires, courageux, imbéciles, voleurs, commerçants, loups, pigeons, savants, bienfaiteurs, infirmes, seigneurs, Duponts, tous dans la même nacelle ! En route vers les hauteurs, répondant unanimement à l’appel du large, emportés dans l’azur...

La marée humaine composée de fumier et d’eau claire, de sel et de sucre, de roses et de chardons, de perles rares et de coeurs de pierre, insensible aux morales passagères, aveugle aux justices profanes, imperméable à l’ordre séculier, hermétique à l’autorité temporelle, indifférente aux modes, progresse.

Elle s’affine, même avec de la mélasse aux pieds.

Assassins, bourreaux, vermine, étranges personnalités, esprits égarés et âmes sombres valent gens honnêtes, ordinaires victimes, hommes droits et coeurs valeureux. Dans cette galère voguant vers l’infini, tout est en permanent éclaircissement : un mystère, une énigme, une interrogation évoluant en une vaste pensée rationnelle.

Une absurdité apparente qui au fil de l’eau se révèle être un savant labyrinthe plein de sens cartésien.

Frères humains, tous je vous aime. Que vous soyez glorieux ou minables, justes ou iniques, affreux ou admirables, je partage vos misères et grandeurs, vos bassesses et diamants.

Je suis des vôtres, je suis et le mendiant et le prince, et le coupable et l’innocent, et le misérable et le noble. Tous vous avez droit au vin des étoiles qui fera de vous l’ami des dieux. Chacun de vous a sa chance d’accéder au zénith, de gagner l’Olympe, d”hériter de l’éclat du Ciel. Pour l’unique cause que vous êtes nés sous les principes miraculeux régissant l’Univers.

Tous, nous sommes le bien et le mal, la force et la faiblesse, le noir et le blanc. Notre vaisseau pue la merde mais nous avons des ailes. Meurtriers, pornocrates, exploiteurs, égoïstes, infâmes, ignobles, ceux que vous écrasez sont vos promontoires. Profitez de vos crimes pour planer car toute la Création humaine est faite pour atteindre les sommets.

Une fois là haut, nous aurons tous raison. Sans exception.

Frères humains, papillons en devenir, tous je vous aime d’un amour plein de justesse et de raison.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=TYcq_6yxo08&feature=youtu.be

http://www.dailymotion.com/video/x5478fd

samedi 3 août 2013

1001 - Douze questions sur Farrah Fawcett

Je réponds avec modestie et sincérité aux questions d’une journaliste intriguée par mes obsessions fawcettiennes...

1 - Raphaël Zacharie de Izarra, la Poésie est présente partout dans votre vie et création littéraire. Comment intégrez-vous la beauté de Farrah Fawcett dans ce contexte ?

La beauté lorsqu’elle atteint un certain degré d’élévation devient pur azur, un principe strictement aérien. La hauteur esthétique, c’est aussi la cime poétique voyez-vous. Le vertige de l’harmonie extrême rejoint les sommets de l’ivresse olympienne. C’est aussi simple et vrai que cela. La beauté inégalée de Farrah Fawcett a par conséquent la première place dans le vaste mais hyper sélectif panthéon izarrien.

2 - Vous parlez dans vos textes de la "beauté chaste" de Farrah Fawcett. D’où vous vient cette idée de chasteté associée au visage de celle qui fut surtout considérée comme un sexe-symbole hollywoodien ?

Mon regard n’est ici évidemment pas celui d’un profane. C’est le point de vue élitiste et la sensibilité aiguë d’un grand initié. Pour moi Farrah Fawcett n’a jamais été un sexe-symbole. Plutôt une dinde hollywoodienne farcie de stéréotypes. Mais sous ses artifices criards de boulevardière emperruquée à la mode yankee, c’est la Eve cosmique qui parut. A partir de là, il n’est plus question de parler de sexe mais de sublime, de féminilité désincarnée. Ou de haute désincarnation sexuelle, de pulvérisation féminine, d’atomisation séraphique de la chair mortelle.

3 - Certaines voix vous accusent d'avoir utilisé l'image d'une "Barbie hollywoodienne" médiocre et artificielle pour en meubler stérilement le net. Ces mêmes voix vous soupçonnent également d’entretenir des feux malsains à son égard depuis qu’elle est décédée. Que pouvez vous leur répondre ? Seriez-vous superficiel dans vos choix esthétiques ou éprouveriez-vous une fascination morbide à l’endroit de sa défunte personne ?

On pourrait en effet interpréter mon comportement obsessionnel comme une sorte de fascination morbide -somme toute assez banale- pour la beauté terrestre devenue pourriture. Mais en fait c’est beaucoup plus complexe que cela. La mort pour les esprits supérieurs de mon espèce c’est aussi la “mise en lumière” de la vie terrestre, si je puis dire. Si fascination il y a, et il y a fascination je ne peux le nier, ce n’est pas surtout dans le sens de la fleur qui devient fumier -la mort physique donc- mais dans le sens du fumier producteur de “vapeurs spirituelles”. Après la destruction physique du corps, place à l’éther ! Les gaz de la mort, c’est aussi l’image de l’esprit s’échappant du tombeau. La beauté fawcettienne, devenue ossements, n’a plus lieu d’être. Ne reste que l’essentiel, impalpable. La beauté sans plus de support visible. Vous savez c’est comme un château de sable après le déluge : les grains sont éparpillés, il ne demeure que le souvenir du fragile édifice englouti par l’océan, une fumée mnésique qui concrètement ne représente même plus une ombre et qui pourtant constitue le socle de la pensée future de l’enfant portant encore dans son coeur cette si éphémère conception idéalisée... Je ne cesse de répéter ce que disait avant moi Saint-Exupéry : “l’essentiel est invisible pour les yeux”. J’en reviens toujours là.

4 - De quelle manière associez-vous Farrah Fawcett à la lumière ? Quel a été le mécanisme subtil qui vous a poussé à cette adoration ?

Il serait certes facile d’évoquer l’éclat de sa toilette sophistiquée. Cependant le rehaussement de sa beauté naturelle par le fard superficiel va dans le même sens ascendant : tout chez elle participe au triomphe du beau. Après tout que ce soit par voie ordinaire ou sacrée, l’important n’est-il pas que les regards s’élèvent ? Sous la flamboyante chevelure d’or et de lumière, la cervelle fut moins brillante toutefois. Ce qui prouve que le salut, du moins chez la femelle créature, passe prioritairement par la beauté, non par la pénétration intellectuelle et qu’en cela la beauté est une cause supérieure.

5 - On sait que cette fascination pour Farrah Fawcett remonte à votre enfance. Pouvez-vous dévoiler, pour vos lecteurs, d’autres sources d’éblouissement ayant pris racine dans le paradis de l'enfance ?

Je n'en vois pas d'autres. Ou alors je les ai oubliées.

6 - Vous avez  donc été fasciné par la beauté de Farrah Fawcett dans votre enfance, mais vous n’avez commencé a en parler qu’après sa mort. Pourquoi cette obsession esthétique ne s'est-elle pas déclarée plus tôt que ça, lorsqu'elle était encore vivante ?

La mort justifie bien des attitudes étranges, paradoxales ou baroques savez-vous...

7 - Comment cet obsédant amour de la Beauté a-t-il marqué votre création littéraire ?

Aussi simplement - et impénétrablement - que l'authentique esthète est toujours inspiré par ce qui le touche au plus profond de lui.

8 - Que répondez-vous à ceux qui ne voient en Farrah Fawcett que le rouage central d’un système mercantile bien huilé -cynique et manipulateur- tournant à plein régime, l’image d’une divinité de pacotille propulsée au firmament des séries B par une vulgaire publicité pour de la pâte dentifrice, le symbole même d’une beauté frelatée conçue pour une implacable exploitation commerciale ?

Je leur réponds que la beauté est irréductible et que le reste n'est que pollution, perversions ou trivialités. Certes la beauté de Farrah Fawcett a été exploitée jusqu'au dernier dollar mais peu importe. Est-ce que le soleil se soucie que des financiers fixent aussi arbitrairement que follement le prix de ses rayons ? Il brille, c'est tout.

9 - Vous n'avez encore écrit aucun texte onirique sur Farrah Fawcett, n’avez-vous jamais songé a cette possibilité ?

La beauté de Farrah Fawcett est en soi un voyage intérieur.

10 - En parlant d’onirisme, n’avez-vous jamais rêvé de Farrah Fawcett ?

Si j'en ai rêvé je n'en ai pas le moindre souvenir.  Cela dit, le fait serait parfaitement anecdotique. Votre question est d'une totale insignifiance, permettez-moi de vous le signifier et même de douter de votre talent de journaliste... Ou alors c'est parce que vous êtes une femme que vous me posez une question aussi inepte.

11 - Maître, on sait que la cinématographie hollywoodienne vous insupporte particulièrement. Avez-vous vu une oeuvre issue de la filmographie de cette actrice ? Si oui, laquelle ?

Oui, j'ai d'ailleurs oublié le titre de l'unique film hollywoodien dans lequel j'ai pu voir jouer ce mince volatile. C'était une production  filmique insipide. La comédienne fut médiocre dans ce rôle tardif et sa beauté déjà déclinante.

12 - Seriez-vous d'accord, Raphaël Zacharie de Izarra, pour que l’on continue cette interview avec une autre série de questions sur Farrah Fawcett et votre activité littéraire, un autre jour ?

Avec grand plaisir, à condition que vos prochaines questions soient plus intelligentes que vous. Quand on n'a pas hérité de la beauté fawcetienne madame, on se rattrape sur l'esprit.