samedi 24 juin 2017

1227 - Belle comme le brouillard

Ce qu'elle est, je l'ai déjà dit cent fois et cela se situe invariablement dans l’azur, au zénith et bien plus haut encore.

Mais décrire brièvement ce qu’elle n’est vraiment pas, voilà qui vous donnera une idée de ce qu’elle est réellement !

Elle est fort loin de la soupière, aux antipodes des artichauts, à l’opposé des arrosoirs. Elle n’est à l’image ni d’une marmite remplie de sauce tomate qui mijote dans la chaumière ni la figure d’un bocal de confiture aux allures de “vieille France”. Encore moins d’un pot de chambre. Elle n’est pas non plus un dimanche de sous-préfecture de la Creuse en plein été, pas plus une plage de sable de mortel ennui, et surtout pas un paysage tranquille de fleurs pleines de torpeur !

Elle est bien mieux que ces imbéciles pesanteurs qui comblent le coeur flasque des escargots indolents.

Alors revenons à ce qu’elle est manifestement.

Elle est l’illustration parfaite de ce qui échappe à l’attraction terrestre, de ce qui plane dans les sommets, de ce qui s’évapore entre Lune et aurore, de ce qui reste entre neige et rêve.

Bref, elle est tout le contraire de la pensée lourde.

Farrah Fawcett m’en met plein la vue ! Et moi, austère esthète enchaîné à l’éclat des étoiles, je gèle de ravissement face à ce cristal, à ce diamant, à cet iceberg.

Cet astre glacé qui ne chie que de la lumière me rend givré.

J’associe la beauté séraphique de Farrah Fawcett à l’idée de gouttières débordantes de flotte céleste, de toits ruisselants des pluies d’avril, de sillons trempés d’averses pré-printanières, de flaques d’eau argentées reflétant le ciel et ses nuages. Cette femme s’apparente aux tempêtes aqueuses des fins d’hiver, aux bourrasques rafraîchissantes des mois de labours, aux flots aériens qui noient la terre d’espoir pour y faire germer des betteraves.

Elle est comme un souffle de blancheur qui entretient la banquise dans son éternelle pureté : son essence c’est l’onde brute alliée au sucre raffiné, les parfums du matin mêlés de brumes, l’écume de l’océan sous le firmament.

Ange aux ailes de silex, Farrah Fawcett est un soleil nivéen, une lune congelée, un froid lumineux, une idée du Beau très au-delà des références humaines.

VOIR LA VIDEO :

https://rutube.ru/video/6b89d1275ab01a41e84d1b4df38d9a4d/

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lundi 19 juin 2017

1226 - Une marche lumineuse

Je marchais sous un vent de feu.

Dans le ciel, de la poussière. Dans ma tête, de l’azur. Sous ma semelle, du goudron fondu.

Mes pensées étaient fraîches et légères. Et dans l’air chaud, je marchais, marchais... Et dans le jour embrasé, je marchais, marchais... Et sur cette route sans ombre, je marchais, marchais...

Je cheminais le front au soleil, le coeur plongé dans une onde apaisante. Ma peau était brûlante, ma gorge sèche, mes muscles fatigués. Mais mon esprit voguait ailleurs.

J’avais faim, j’avais soif, je cherchais le repos, l’ondée, et pourtant je marchais comme si je volais, de plus en plus insensible à la fournaise.

Ma chair était là mais mon âme était loin, perdue dans des sommets enneigés.

Je visais l’écume, le cristal, le bleu.

Et je voyais sa face pleine de clarté.

Elle, l’étoile. Elle la femme aux yeux aériens, aux lèvres galactiques, elle la pharamineuse facette de cet Univers créé à l’image de Dieu...

Morte depuis tant d'années.

J’allongeais le pas sous un vent de feu. Arrivé devant sa tombe, épuisé, conscient de ses os, seul devant ses restes, je me désaltérai de son image.

samedi 3 juin 2017

1225 - Fille de rêve

Elle avait les yeux globuleux, les lèvres gercées, les ongles acérés et son coeur était pourri.

Je lui adressai un regard sarcastique et morbide qui en disait long sur mes libidineuses intentions à son sujet...

La femelle apparition, belle comme une sorcière, aussi intelligente que méchante, laidement accoutrée, s’ouvrit telle une tombe à la vue de ma face de rat..

J’étais mort de bonheur !

Avec son inélégance macabre, ses airs de cadavre lourdement endimanché et ses sourires de grande blonde pas charmante du tout, elle sut me séduire non seulement par son esthétique crapuleuse mais encore par sa poésie sépulcrale...

Dans ses bras je découvris la joie d’être deux et de ne faire plus qu’une seule ordure. L’alliance de la charogne et du crapaud, la danse du cafard entre les pattes du crabe, le chant de la mort à la Lune dans la nuit...

C’était ma première rocaille amoureuse, mon plus cher feu névrotique, l’unique brûlure de ma vie. Moi j’étais sa plus affreuse conquête, sa glorieuse misère, son ignoble chéri. Ensemble, nous formions une porcherie incendiaire : nous nous aimions comme deux horribles enfants capricieux et égoïstes, cruels et gourmands, sales et bruyants.

Elle le furoncle, moi le vitriol.

Nos baisers avaient le goût de la peste, la douceur de l’amende amère, les promesses du givre, la senteur des marais et le mystère du cri de la chouette dans la forêt...

C’est au jour de son décès que j’appris son nom.

Elle s’appelait Cauchemar.

Et c’est à ce moment précis que je me suis réveillé, sous un soleil printanier.

VOIR LA VIDEO :

https://rutube.ru/video/64666def002de33d84f92edf60db7cfa/

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jeudi 1 juin 2017

1224 - Les vrais pauvres

Les véritables pauvres ne sont pas ceux que vous croyez.

Moi je parle des vrais indigents, des authentiques gueux qui touchent le fond : les gens déshérités de l’intérieur, ceux qui sont réellement à plaindre en profondeur et non en surface.

Ces humains dans le dénuement, ce sont ces chiens perdus qui n’ont rien, ceux qui n‘ont aucun bien, qui ne possèdent rien ayant de la valeur et je les appelle des misérables.

Leur ventre est pourri.

Parfois ils peuvent briller par leurs vêtements, leurs diplômes, leur renommée, leur uniforme, mais ils puent en dedans.

Je ne parle pas d’argent ici, je parle d’une chose bien plus essentielle : l’âme.

Le loqueteux, c’est l’irresponsable qui génère les souffrances des animaux en croyant bien faire. Le malheureux, c’est le policier d’un de ces pays de terreur qui à l’abri des regards, sûr de son impunité, torture les prisonniers au nom de sa cruauté.

Le lépreux c’est, en France comme ailleurs, le fabriquant d’armes, honnête pourvoyeur d’emplois sur le marché prometteur de la mort, prospérant sur les haines du monde, érigeant sa fortune sur la ruine des belligérants...

Vérifiable chaque jour dans notre pays, le pouilleux c’est encore le pervers délivré de ses tabous qui pense que ses euros-rois alliés au “vent de contestation libertaire”  lui donnent le droit d’acheter l’innocence des enfants de Manille. Mais le démuni c’est aussi ce gauchiste “progressiste” cherchant à blanchir les esprits sombres de ses frères “d’aventure moderne”, coupables “d’amour”...

Parce que le piteux, oui, c’est celui qui appelle “amour” la perversion pédophile, la déviance homosexuelle, la turpitude du siècle...

Le pitoyable c’est également ce déraciné parlant de liberté, de féminisme, de modernité, qui tourne en dérision le mariage, la famille, l’éducation hétérosexuelle, la rigueur morale...

Bref, les vrais pauvres sont ces endormis du quotidien ne voyant ni le bien ni le mal qu’ils font.

Mais surtout, ce sont ces adeptes du mensonge et de l’injustice qui eux ont les yeux bien ouverts.

Trop conscients qu’ils sont d’avoir, pour seule bible, leurs plaisirs tantôt de chiots minables, tantôt de loups féroces.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=2pYCzdYsbb4

http://www.dailymotion.com/video/x5t4lup_les-vrais-pauvres-raphael-zacharie-de-izarra_school