samedi 23 avril 2011

912 - Leurre du théâtre

Dans le domaine artistique j’ai remarqué que des approximations, confusions, franches maladresses, malhonnêtetés littéraires flagrantes, voire parfaites inepties pseudo poétiques étaient admises avec une déconcertante facilité à travers une suspecte approbation d’un public distrait ou peu exigeant, lui-même influencé, berné par l’adhésion d’une certaine intelligentsia entérinant ces oeuvres selon des critères n’appartenant qu’à elle...

Par paresse naturelle du public qui ne détecte pas ces incohérences ou n’ose tout simplement pas les relever et les confronter aux auteurs, sottement impressionné qu’il est par l’aura supposée de l’œuvre, ainsi que par coupable mansuétude ou négligence de la part des critiques, des œuvres théâtrales, littéraires, poétiques incompréhensibles, bancales, imbéciles passent à la postérité.

Dés lors, toute appréciation négative de ces oeuvres devient subversion, provocation gratuite, mauvaise foi aux yeux de leurs créateurs et surtout aux yeux des « cultureux » du milieu artistique qui les ont légitimées.

Au théâtre par exemple, lieu privilégié de maintes expériences artistiques post-contemporaines, abus poétiques et nullités littéraires en tous genres, l’imposture artistique est encore plus aisée. Là, les oeuvres (maladroites) supportées avec une telle efficacité par les artifices scéniques les plus variés deviennent miraculeusement beaucoup plus digestes… Dans l’ordre normal des choses de l’art c’est le texte qui devrait supporter la scène et non l’inverse.

J’en ai déduit avec consternation que l’on pouvait donner du lustre à n’importe quelle œuvre hermétique, complexe ou prodigieusement ennuyeuse pourvu qu’elle soit présentée sous forme théâtrale (avec ses faux éclats artistiques) et obtenir de manière certaine des applaudissements nourris ! Et ce, même si personne n’a vraiment rien compris à la pièce ni ne l’a appréciée pour le fond. L’œuvre, médiocre au départ, se perd alors dans les savantes fumées, subtils jeux de lumières du théâtre et de sa magie factice, se pare de l’artificielle noblesse conférée par les masques et capes flatteurs de la scène et, sournoisement, la forme prend le dessus sur le fond.

Et le tour est joué !

Prenant un soudain -et involontaire- relief grâce aux apports techniques et astuces scéniques du théâtre, l’œuvre, aussi infecte soit-elle, est acceptée par la critique -et à plus forte raison par le public- dupés, séduits par la pompe avant-gardiste ou le souffle superficiel avec lequel on a emballé le terne texte original (qui est la base de l’œuvre).

Aux mensonges mondains de ce théâtre prétentieux j’oppose la simplicité, la clarté et l’humour tranchant du théâtre primaire. Ainsi avec Guignol, pas d’entourloupe intellectuelle ! J’apprécie la proximité, la franchise et la crudité de ce spectacle sain, accessible à tous.

Le théâtre contemporain est une sorte de panthéon à la fois populaire et élitiste où quasiment toute oeuvre est officialisée d’office, faussement sacralisée par le simple fait qu’elle a été couchée sur les planches et que, touchée par leurs échos frelatés, elle résonne longtemps dans l’air du temps. Peut-être parce que le plancher du théâtre est finalement beaucoup plus creux qu’on ne le croie… Bref, c’est la reconnaissance par l’apparence. Ici les effets visuels servent à merveille les navets littéraires. Je compare le théâtre à une baudruche qui gonflerait les textes les plus minuscules par simple étalage des mots sur sa surface.

Soyons réalistes : qui a déjà assisté à des sifflements à la fin d’une représentation donnée dans une salle de province ? Evidemment quasiment personne ! Au théâtre chez les spectateurs il existe un processus psychologique collectif perfide et implacable consistant à ne pas sortir de l’ornière, indépendamment du fait que la pièce soit brillante ou nulle.

On ne va pas au théâtre pour faire de l’esclandre littéraire, pour se faire bassement remarquer auprès d’autres gens venus s‘offrir une agréable soirée… Le théâtre n’est pas l’endroit idéal où faire preuve d’honnêteté, d’indépendance de pensée, d’esprit d’analyse. C’est tout simplement un lieu festif et convivial.

Et de fausse réflexion, à mon sens.

Bref, c’est par pur mimétisme grégaire, convenance sociale ou simple courtoisie envers les comédiens que les gens applaudissent.

Ou même, ce qui est beaucoup plus navrant, pour la simple raison qu’ils ont payé pour aller applaudir un spectacle, comme si leurs applaudissements justifiaient le prix du ticket d’entrée parfois chèrement payé.

Qui dans une salle oserait, seul dans son coin et devant toute l’assistance réprobatrice, siffler, huer les comédiens, conspuer l’auteur de la pièce une fois la représentation terminée ? De même, avez-vous déjà vu un mauvais chanteur de rue recevoir des tomates à la face ? Dans la réalité les gens sont évidemment plus diplomates ! Ce que les gens de théâtre prennent pour une discrète adhésion à la pièce n’est parfois, si ce n’est souvent, qu’un poli silence de déception et d’hypocrisie.

Ou d’indifférence.

Dans la grande majorité les spectateurs déçus gardent leurs opinions pour eux, entretenant ainsi le malentendu.

Finalement, grâce à une certaine complaisance générale de la part du public et des « officiels » à l’égard de ces écrits mis en scène sur les planches, on peut aisément faire passer à la postérité des oeuvres insignifiantes que n’importe quel lecteur honnête et normalement constitué renierait sans hésiter s’il les lisait dans le texte au lieu de les subir sans discernement au théâtre.

Le théâtre avec ses emphases et solennités -oppressantes ou ridicules- ne laisse ni la place ni le temps à l’esprit de contestation de se manifester, contrairement au texte nu que le lecteur affronte seul dans sa chambre.

VOIR LA VIDEO :

https://rutube.ru/video/631f6f2a9ebfe2e4de68381b3370f5c2/

Ce texte fut rédigé en réaction à la pièce de théâtre" MON PÈRE, MA GUERRE" à laquelle j'ai récemment assisté. Son auteur ayant pris connaissance de mes réflexions et croyant que je parlais exclusivement de son oeuvre à travers cet article me manifesta son étonnement. Il me semble donc utile d'ajouter ceci en complément à mon article :

A travers mon article ci-dessus je ne parlais évidemment pas de la pièce "MON PÈRE, MA GUERRE" en particulier mais d'une partie de la production littéraire contemporaine en général, dont celle qui est destinée à être jouée sur des scènes de théâtre.

Il est vrai que cet article a été directement inspiré par la pièce "MON PÈRE, MA GUERRE", mais mon discours à travers cet article ne se cantonne pas à cette oeuvre spécifiquement. Disons que la pièce a été un déclencheur après une accumulation de contrariétés vis-à-vis de certains abus artistiques et littéraires.

Les qualificatifs employés ici ne s'appliquent pas tous nécessairement à l'oeuvre"MON PÈRE, MA GUERRE" mais à l'actuelle production littéraire en général d'inspiration "post-modernisme" comme on dit.

Que j'aime ou non la pièce "MON PÈRE, MA GUERRE" n'a rien voir avec mon jugement qui est purement intellectuel, émis avec le plus d'honnêteté possible, indépendamment de mes goûts culturels ou appréciations émotionnelles.

Ici je vais tout simplement jusqu'au bout de la démarche consistant à saisir l'oeuvre dans son entièreté, à la soumettre à l'épreuve du spectateur. Je parle de l'authentique spectateur ici, non du simple quidam sans particulière exigence ne cherchant qu'une passagère et confuse distraction dénuée d'analyse, distraction qu'il aura oubliée une fois passée la porte de sortie du théâtre...

Que l'on comprenne une chose : je ne suis pas là pour m'amuser à dénigrer stérilement une cause mais pour faire preuve d'honnêteté, de courage face à ces oeuvres que l'on me présente.

Applaudir benoîtement est très facile, c'est même une sorte de réflexe grégaire difficile à contrôler et à la portée de tous les publics du monde. Admettre envers et contre tous que l'on est perplexe, insatisfait devant une oeuvre que l'on a perçue comme hermétique, complexe, improbable et préférer faire le choix d'une démarche approfondie dans la réflexion c'est, à mon sens, un acte de vraie liberté en tant que spectateur. Au lieu de subir une oeuvre et d'y adhérer par lâche mimétisme je décide au contraire de lui opposer un regard souverainement lucide.

En allant voir la pièce "MON PÈRE, MA GUERRE" j'ai fait le choix d'aller au-devant de cette oeuvre avec un esprit ouvert, sans préjugé, un coeur sain.

Mais puisque ses subtilités supposées m'ont totalement échappé, je me confronte donc à cette oeuvre avec les armes d'une réflexion honnête et sans complaisance. Je n'ai aucun plaisir particulier à décrier un auteur, une oeuvre, un système. Ma véritable satisfaction est de défendre l'art dans sa justesse, sa vérité, son authenticité.

D'ailleurs les vrais responsables de la "médiocrisation" culturelle et de la prétention littéraire ambiante ne sont pas les auteurs eux-mêmes mais leurs éditeurs, ceux qui leur donnent ce ticket d'entrée officiel pour la reconnaissance. Ce n'est pas vers les créateurs essentiellement que vont mes reproches, loin de là, mais vers les décideurs culturels qui font des choix navrants.

Le manque de perspicacité, de volonté d'approfondir les choses, d'aller jusqu'au bout d'une démarche d'analyse esthétique, artistique, littéraire de la part de la majorité du public contribue à un regrettable malentendu dans le domaine culturel et intellectuel. Une bonne part de "facteur psychologique" influe également (dans le mauvais sens) et par conséquent fausse les jugements, anesthésie les bonnes volontés dans ce processus consistant à appréhender une oeuvre avec le maximum d'honnêteté.

Bref, au cours de ces réflexions, confrontations avec les auteurs (principalement les auteurs de littérature), études des différentes psychologies tant chez les auteurs que chez leur public, examens minutieux des textes "litigieux", exercices de ma sensibilité par rapport à certaines oeuvres -démarche personnelle qui n'a rien d'oiseux- l'évidence s'impose de plus en plus : l'authentique littérature est une eau claire et non une onde trouble, non une atmosphère enfumée, non un nuage d'inextricables pelotes de symboles... Simplicité, clarté, élégance, telles sont, selon moi, les parures chastes, humbles, sobres et belles de l'authentique littérature.

Pour résumer, un véritable auteur n'écrit pas pour lui-même mais pour les autres.

Je compte donner un écho plus général à ces réflexions, dans un second temps.

vendredi 22 avril 2011

SINGERIES HOLLYWOODIENNES

Au cinéma américain les héros tuent leurs semblables avec flegme, ils font même de l'humour tout en massacrant à la mitraillette une douzaine de féroces voyous, font de l'esprit alors qu'ils sont à deux doigts de mourir, qu'ils soient suspendus par une cordelette qui s'effiloche à vue d'oeil à trois-cent mètres de hauteur ou solidement ligotés sous les canons de cinq méchants grimaçant de rage et prêts à appuyer sur leur gâchette...

Quand le cow-boy, parfaitement impassible (vêtu en permanence de plusieurs couches de protections de laines en plus de sa grande et épaisse cape noire, le tout sous un soleil de plomb) trucide au simple révolver quatre hommes en un éclair, aussitôt il retourne tranquillement dans sa chambre d'hôtel, l'arme encore fumante, sous le regard imperturbable du shérif qui ne bronche décidément pas face aux quatre cadavres étalés sur la voie publique.

Les cadavres au cinéma sont d'ailleurs toujours étonnement souples même trois jours après le décès. On les transporte aisément avec leurs bras ballants et leurs jambes qui se plient sans difficulté plusieurs jours après la mort... Hollywood semble ne pas connaître le processus biologique à propos de la rigidité cadavérique, complète seulement deux ou trois heures après le décès.

Quant aux rampes, portes, fenêtres, tables et chaises que l'on voit dans les westerns, c'est fou comme les menuisiers yankees du XIXème siècle étaient d'une incroyable incompétence ! Les structures des saloons ainsi que leur mobilier volent en éclat à la moindre chute du héros aux prises avec des crapules recevant -et distribuant tout à la fois- des coups de poings magistraux en pleines faces, si sonores qu'ils claquent comme de véritables pétards !

Les crapules sont d'ailleurs bien crapuleuses dans l'Ouest américain vu par les cinéastes... Irascibles, impulsifs, d'une susceptibilité à fleur de peau, ils n'hésitent pas à tuer pour un mot, un regard de travers, une légère bousculade ni même à exterminer une armée entière -et avec le sourire !- pour faire main basse sur un trésor. 

Ils n'ont aucune morale, pas de remords, ignorent le sens du mot scrupule. 
  
D'une fourberie inconcevable, obsédés par l'or, capables de faire preuve du plus sordide égoïsme, incapables de montrer la moindre parcelle d'altruisme, prêts à trahir sans nulle hésitation leurs alliés pour garder le butin en leur logeant une balle dans le dos dès que celui-ci sera enfin trouvé, ces desesperados fumant cigarillos du matin au soir et ne s'abreuvant que de whisky sous 45 degrés Celsius à l'ombre semblent être en perpétuelle quête d'hommes à descendre et de lingots d'or à déterrer.

Ils font la loi eux-mêmes et celle-ci se résume à ces deux choses que je viens d'évoquer : tuer des gens et s'emparer d'un fabuleux mais introuvable trésor.

Bref, je ris beaucoup en regardant certains films américains que d'autres regardent avec une comique gravité.

Raphaël Zacharie de IZARRA

jeudi 21 avril 2011

911 - La Pauline

La Pauline est un squelette.

Maigre à faire peur, plate et rêche comme une crêpe aux épines, cette plante amère n'a pas de seins, pas de forme, pas de chaleur, pas de charme.

Mais beaucoup de rage.

Contre les enfants, essentiellement. Son rêve le plus cher serait de noyer lentement le fils de sa voisine dans la Sarthe boueuse et malodorante, un joli bambin épanoui et rieur qu'elle croise deux fois par jour sur le pont enjambant la rivière mancelle.

Evidemment il ne faut pas chercher bien loin la raison de ses obsessions infanticides... Son ventre stérile n'ayant jamais rien offert de beau au monde, elle jalouse le bonheur des autres femmes, crevant d'envie d'ensevelir leurs fruits dans la fange, ne trouvant la force de sourire hypocritement aux mères honnêtes qu'à travers ces ignobles idées de meurtre.

Classique.

Mais là où elle est surprenante la Pauline, c'est sur l'objet de ses furies sexuelles mal dissimulées. Ordinairement ces sinistres chardons ne dressent leurs épines libidineuses que vers leurs jeunes curés faussement suspectés d'homosexualité, vers leurs livreurs de bois musculeux membrés comme des guerriers ou plus banalement vers les pires voyous de la ville...

Ses fixations d'érotomane à elle sont beaucoup moins communes : c'est sur la grande statue du Christ de l'église de son quartier que cette vipère aimerait bien répandre ses humeurs acides, perdre sa virginité de criminelle inassouvie.

Classique encore, penserez-vous, ses désirs érotiques blasphématoires à l'endroit la sainte effigie ? Certes.

A un détail près : la statue christique, façonnée dans le plus pur style néo-contemporain, est aussi abstraite et linéale, froide et conceptuelle -et pour tout dire parfaitement métallique et inhumaine- que son corps de femelle déréglée est affreux et décharné.

Squelette de métal contre "squelette de chair".

S'imaginant chevaucher cette masculinité de fer et de chimère, étrange conception phallique qui la fait fantasmer jusqu'au délire, elle bave d'envie tous les soirs à 17 heures face à son Christ rédempteur en caressant avec une coupable fébrilité son missel dont le portrait de Benoît XVI servant de marque-page a été sournoisement remplacé par la représentation outrancière d'un énorme phallus...

Par décence on taira ici l'odieuse scène qui se déroule chaque soir à la même heure dans l'église quasi déserte. Toujours est-il qu'à la suite de cette communion impie une véritable opération miraculeuse a lieu sur la cervelle corrompue de la scélérate.

Ayant ainsi apaisé ses crises utérines à heures fixes, au retour de l'église lorsqu'elle croise sur le pont pour la seconde fois de la journée le fils de sa voisine rentrant de l'école, contrairement au matin ses envies de meurtres sont considérablement amoindries.

C'est ainsi que l'enfant sans le savoir a pu survivre aux envies d'assassinat de la Pauline grâce à l'oeuvre d'un génial artiste qui a pu, sans le savoir lui non plus, canaliser la rage sexuelle de cette folle bigote obsédée par son Christ d'acier.

Une fois adulte, devenu brillant avocat, il eut à défendre la Pauline.

Le défenseur a obtenu la relaxe de sa cliente dans une sordide affaire de moeurs.

La Pauline, ainsi sauvée de plusieurs années de réclusion criminelle par celui-là même qu'elle voulait noyer dans la Sarthe 15 ans auparavant, renouvelle chaque jour ses "prières" vespérales dans la même église...

VOIR LA VIDEO :

https://rutube.ru/video/f3e77543eef20914dcfe00017499c8a8/

http://www.dailymotion.com/video/x1gtt8u_la-pauline-raphael-zacharie-de-izarra_news

mercredi 20 avril 2011

910 - Enterrement d'un radin

A mon dernier souffle, je veux qu'on cesse toutes les dépenses.

Que l'on prétexte le caractère exceptionnel de l'événement pour oublier de payer le médecin. En exagérant au besoin l'hystérie funèbre afin de mieux faire diversion. En général nul n'ose réclamer de l'argent aux endeuillés. Et s'il ose quand même insister, vous justifierez votre refus de le payer en invoquant l'inefficacité de ses soins, puisque je serai mort.

Surtout éteindre la chandelle, j'y tiens : il n'y a pas de petites économies. C'est idiot de gaspiller de la bougie quand on ne peut plus jouir de son bien qui se consume, aussi modeste soit-il.

Pour la boîte, c'est bien ce qui me tuera je crois : voilà la partie la plus pénible de mon trépas car la plus onéreuse. Son coût étant élevé, je n'ai pas le courage de m'en occuper moi-même. Aussi vous discuterez âprement les prix, je compte sur vous mes amis. Je ne veux pas être inhumé en emportant la moitié de mon argent à travers quatre planches... Quel supplice de croiser le ver avec remords dans du chêne quand on peut trouver la paix entouré de contreplaqué !

Vous qui resterez n'oubliez pas l'essentiel : c'est mon argent qui sera dépensé à mes funérailles, non le vôtre. Alors restez dignes. L'avantage de la dignité, c'est sa grande sobriété.

Je crains les croque-morts, mes derniers créanciers. En songeant à ces commerçants je tremble, m'inquiète, enrage ! Ne pouvez-vous, cousins, voisins, frères d'économie, m'épargner cette dispendieuse futilité en portant le fardeau sur votre dos ? Il ne sera pas bien lourd, moi qui mange si peu... Vous serez payés de votre peine à travers la satisfaction d'avoir éloigné ces vautours de ma bourse !

Vous les vivants, vous que j'aime tant et qui gèrerez ces affaires ultimes, si vous voulez que ma terre soit légère, ne l'alourdissez pas de vains écus car ce seront les miens.

Je vous demande également une faveur : si réellement vous m'aimez comme je vous aime, oubliez toutes ces choses mesquines que je viens d'évoquer.

Et payez tout au prix normal si vraiment ça vous amuse, effacez les moindres dettes sans nulle mauvaise foi et, comble de la générosité, jetez même menue monnaie aux moineaux et autres enfants de choeur si cela vous chante. Mais alors par pitié, mettez tout ca sur vos comptes. Prenez courageusement sur vous les frais de mon agonie, supportez avec sainteté les dépenses engendrées par mon soupir suprême.

Et laissez mes sous tranquilles, ce dernier réconfort de ma vie d'économe.

Ne voulant rien céder à mes descendants, je n'ai pas voulu procréer. Mon argent est mon véritable enfant, il me survivra dans le coffre de la banque.

mardi 12 avril 2011

FRILOSITÉ DES CATHOLIQUE INTÉGRISTES

Le crucifix dans l'urine : l'œuvre soulève des protestations chez les catholiques :


L'urine est une matière divine, comme toute la matière constituant l'Univers.

Il n'y a rien d'offensant à évoquer l'urine, elle est l'illustration du génie divin qui recycle les déchets d'origine organique. Comme toute la matière d'ailleurs : or, pourriture, étoiles, fleurs ou excréments, tout est géniale oeuvre divine. Ne sont choqués que ceux qui le veulent bien.

L'injure bien évidemment n'est pas dans la matière elle-même mais dans l'intention de l'auteur de cette oeuvre. Mais on peut tout aussi bien insulter Dieu à travers des objets plus "nobles" sans que cela ne choque personne car psychologiquement plus acceptables. On peut lustrer un crucifix en or avec des intentions impies et inversement, uriner sur le coin d'une église tout en gardant un coeur pur. La première image sera belle à voir, la seconde aura des apparences injurieuses... Mais on reste dans les apparences dans les deux cas.

Bref, je ne vois rien d'insultant dans ce bain d'urine. C'est un geste insignifiant de la part de son auteur qui souhaite choquer mais qui ne me fera pas réagir plus que cela. Je pense que seuls les défenseurs de dogmes figés seront choqués.

A la suite de mon commentaire, un contradicteur me fait remarquer que l'auteur de cette oeuvre n'aurait jamais osé mettre le Coran dans l'urine au lieu d'un crucifix, ce à quoi je lui réponds ceci :

Sans doute parce que la plupart des musulmans, issus de pays sous-développés, ont gardé une mentalité archaïque, l'esprit borné, le coeur naïf et sont par conséquent potentiellement dangereux à travers leurs réactions.

Les avancées intellectuelles et culturelles ne sont pas nécessairement générales chez les uns et les autres.

Les musulmans sont très en avance sur nous sur certains point, en retard sur d'autres.

Ils ne consomment pas de cochons, respectent leurs femmes, ne boivent pas... Fort bien ! Mais par ailleurs ils peuvent se comporter comme des fous intolérants sur certains aspects de la religion. On ne peut pas tout exiger de nos civilisations humaines encore immatures.