mardi 29 octobre 2019

1528 - Sel de terre

L'éclat de la Lune, depuis la nuit des temps, reflète la fiole de Farrah Fawcett.

L'astre poétique porte les traits de cette fleur de la Terre qui déjà n'est plus de ce monde.

L"éther de sa tête, de toute éternité, est imprimé sur la face de ce pâle fantôme sidéral aux effets enivrants. 

Jaune, pareille à une pomme de terre nouvelle, brillante comme une étoile, aussi légère qu'une pluie d'astéroïdes, cette femme de chair et d'or avait les charmes doux du beurre de baratte alliés aux attraits fulgurants des étincelles cosmiques.

Tous les mois le ciel nocturne restitue le mystère de son visage : chaque lunaison est une flamme céleste dédiée à la pure beauté de cette Eve galactique.

Cierge spatial qui glorieusement illumine le firmament et oniriquement éclaire la campagne sarthoise d'une divine lueur de perfection esthétique parfumée de crème mourant mollement sous la caresse brûlante d'une patate.

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https://youtu.be/bdw69I-cJo4

mercredi 23 octobre 2019

1527 - France propre

Je rêve d’une France rétablie, d’une terre rénovée, d’un sol souverainement foulé par les français se sachant chez eux.

Un pays où ses habitants éclairés, érudits offriraient leurs lumières aux oiseaux migrateurs de passage -et rien que de passage- au lieu de se faire abêtir et appauvrir par des envahisseurs-parasites-analphabètes notoires enracinés dans leurs propres sillons comme du chienlit.

Une France débarrassée du rap en somme.

Avec un QI au sommet et non sous influence de l’occupant, c’est à dire au rabais.

Une France propre, blanche, droite.

Un territoire sans tags, sans taches, sans histoires mais avec une Histoire.

Ecrite sans fautes, dépourvue de ratures.

Une patrie d’hommes épris de droit authentique vivant sans mensonges placardés en grands formats et dans toutes les couleurs à chaque coin de rue.

Un royaume sain réapproprié par un peuple exempt de ruine intellectuelle, plein de beaux esprits, de grands destins et d’âmes vaillantes.

Aux antipodes de la misère actuelle.

Une race de gens honnêtes dotés pour les meilleurs d’entre eux de vrais BACS en or et non en toc.

Un empire de beauté, de vérité, de bien-vivre qui brillerait par la pureté de son air traditionnel retrouvé et l’éclat de son ciel constellé de légendes ranimées.

Avec des villes de banlieues parfumées de lavande.

Une nation restaurée, épurée, sanctifiée.

Légitimement composée de coqs, autrement dit d’enfants de la Gaule et non de la gale.

Tel est mon rêve fou, choquant, scandaleux, honteux et criminel aux yeux de ce siècle.

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https://youtu.be/ISaGBIH9jy8

jeudi 10 octobre 2019

1526 - Artichauts

L’artichaut est ma bête noire, mon héritage trouble, mon souvenir triste, ma beauté amère, ma solitude d’enfant, mon ciel vert, mon seul objet de haine, mon aventure intime, ma pire histoire d’amour.

Et la plus belle réussite du Cosmos. Je traverse des champs de galaxies et pénètre les siècles au fil de mon envol.

Je prends la mesure de l’Univers, abreuvé d’infini, ivre de lumière. Et me pose comme un oiseau fatigué mais radieux dans un champ d’artichauts.

Là je prends conscience de l’immensité du réel, de la lourdeur des choses, de la légèreté des rêves mais également de la nécessité de la récolte des fruits de la terre.

Je contemple la présence indubitable de l’artichaut.

Sublime rencontre entre l’océan céleste et l’humble légume du potager !

Mon âme s’illumine, j’en ai le vertige. Mes mélancolies d’antan partent en vapeur.

Et je regarde la nuit constellée d’étoiles à travers la vitre claire. Et au fond de mon jardin plein de rédemption, brillent désormais les artichauts.

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https://youtu.be/35ELSTmJrlY

dimanche 6 octobre 2019

1525 - Les vieux romantiques

Etre “amoureux et romantique” quand on a vingt ans, c’est compréhensible. Pardonnable.

Presque normal.

Mais être “amoureux et romantique” à cinquante ans, c’est pitoyable.

Pathétiquement immature.

Le romantisme, c’est bon pour les femelles, les jeunes en général, les écervelés en particulier, les impubères, les rêveurs, les âmes faibles, les castrés de l'esprit, les caniches, les petits tempéraments, les natures médiocres, les féministes, les mâles asservis, les soumis du système actuel...

Mais ce n’est certainement pas la tasse de thé des vieux lions de mon espèce !

Un homme déjà mûr qui se prétend "romantique et amoureux" n'est à mes yeux qu'une pauvre larve. Une victime du féminisme. Le jouet des modes les plus ineptes.

Le romantisme est une invention d’écouillés, de perdants, d’amants stériles, de verges infécondes. C’est à dire d’intarissables bavards, de creux sentimentaux, de futiles rêvasseurs.

Une authentique femme se doit d'être à la botte du mâle, son souverain. Elle ne doit pas le dépasser d’une tête, au sens propre comme au sens figuré. Les vraies Eve adorent les loups, pas les moutons.

Regardez-les comme ils se singent tous, ces toutous dominés qui aboient aux semelles des “émancipées” en se revendiquant “romantiques” !

En se vautrant dans ce piètre sentimentalisme, ils ont perdu leur honneur. De seigneurs-nés, ils se retrouvent lavettes avachies, tels des princes déchus. Abâtardis par le siècle. 

Pas moi. Jamais.

Moi, aucune suffragette ne me dénaturera ! Je reste un cerf, c'est à dire un lion. Un porteur de crinière, un rugisseur, une gorge rauque pleine de flamme et de tonnerre.

Et non un moineau qui pépie aux pieds des poulettes.

Laissons le romantisme à ces garçonnets quinquagénaires, vieux idéalistes du sexe se prenant pour les rois du monde sous prétexte qu’ils courbent l’échine sous les déviations en vogue. Et soyons, nous les machos, nous les dominateurs, nous les véritables enfants de Zeus, dignes de nos hauteurs congénitales.

VOIR LA VIDEO :

https://youtu.be/xQzbtZJf19s

mercredi 2 octobre 2019

1524 - Ma plus grande frayeur

Ce que je craignais le plus au monde est en train de m’arriver.

La confrontation cruciale. Le jour que je ne pourrai jamais oublier. Le moment ultime.

La rencontre tant redoutée qui anéantit mes dernières défenses de conquérant, me désarme totalement, me met à nu.

Et je me vois, moi la statue de marbre, moi le guerrier invaincu, moi le seigneur puissant, moi le lion triomphant, comme un enfant tremblant, pauvre chiot en proie à la plus grande des terreurs, sur le point de défaillir, au bord du gouffre...

Et là, face à cette réalité que je dois affronter, je n’ose plus, ne suis plus rien. Et je veux m’enfuir, abandonner la partie comme un lâche, me cacher pour toujours...

Hélas ! Je suis pétrifié, liquéfié, vidé de tout courage : l’épreuve est au-delà de l’imaginable... C’est la pire de toutes mes batailles.

Le combat est trop dur pour moi, le jeu trop terrible, l’adversaire trop fort : mes forces m’abandonnent, je refuse, terrassé par la peur...

Impossible de faire un pas de plus. Voyez comme mon coeur bat, voyez comme mes gestes deviennent maladroits, j’en perds la raison, je dis n’importe quoi et ne pense qu’à éviter l’assaillant qui vient droit sur moi !

Trop tard. Je suis perdu. Je ne tiendrai pas longtemps le siège.

Pourtant l’ennemi est plus petit, plus faible, plus léger que moi.

Mais il m’écrase d’un seul regard.

Je suis pris de vertiges, plein de timidité...

Je me rends !

Ce vainqueur devant qui j’abdique et m’agenouille, cette flamme invincible enfin, c’est la femme de ma vie.

Liste des textes

1328 - Je suis apolitique