dimanche 17 mai 2009

842 - La vérité izarrienne

Cela pourra être légitimement considéré comme une insupportable faiblesse, une odieuse prétention de ma part, mais il est vrai que j'ai toujours eu tendance à considérer -à tort ou à raison- les "citoyens moyens", ce qui constitue le "socle" de la société (depuis mes simples voisins jusqu'aux plus inconnus des Dupont sans histoire en passant par les hordes d'usagers du métropolitain parisien adeptes tout à la fois des émissions télévisées populaires) comme des abrutis, des êtres intellectuellement déficients, culturellement méprisables, humainement pitoyables, individuellement sans intérêt.

Au premier abord cela n'est certes pas charitable. Mais les apparences, ce n'est pas l'essentiel. Qui creuse profond bâtit haut. Ménager les immédiates susceptibilités me serait confortable à court terme... Mais, de la même manière que le font les hommes politiques courageux, j'agis au nom de vues de longue portée et non pour plaire au premier cercle de l'auditoire, ceux qui aiment être bercés d'hérésies.

Je ne flatte pas mais éduque.

Considérer mes semblables comme de parfaits infirmes de l'esprit, cela ne signifie pas pour autant les honnir.

Au contraire, je les trouve pour la plupart certes handicapés de la tête, faibles, sots, facilement manipulables mais dans le fond assez humains.

Qu'ils soient alcooliques votant, maires incultes, vacanciers primaires ou manutentionnaires acharnés, je n'oublie pas leur humaine petitesse, leurs touchants braiments, leur détestable mais compréhensible misère morale. Bref, je n'oublie pas que ce sont tous mes frères humains. A la différence que...

Eux les minables, moi le seigneur.

Ces misérables de l'esprit ont les mêmes droits et devoirs que moi. Nous sommes à égalité devant la vérité. Ce qui justifie précisément que je les rudoie sans complaisance : c'est pour leur bien que je suis si sévère envers mes prochains si peu avantagés.

C'est parce que je considère ces ânes avant tout comme des êtres humains que mes coups de bâtons entre leurs oreilles résonnent si fort. Viendrait-il à l'esprit d'un précepteur d'éduquer une vache, un chien, un furet ? Certes pas !

Plus les hommes sont bêtes, plus je frappe fort.

Certains disent que c'est du racisme envers la différence, de l'intolérance, de l'irrespect, du mépris, un manque de considération pour autrui, voire de la vanité de ma part

Moi j'appelle cela l'amour véritable de l'humanité.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=tXDPVcVRrcw

http://www.dailymotion.com/video/x49pa7i_la-verite-izarrienne-par-raphael-zacharie-de-izarra_travel

vendredi 15 mai 2009

841 - Aristocrate

Je me lève à l'heure où la plèbe sue sous le joug.

Je n'ai pas d'enfants car je déteste la gent pleurnicharde. Quatre chats que je chéris comme des petits dieux se partagent les faveurs de ma demeure glaciale. En effet, je souffre d'une avarice sordide et jamais je ne chauffe les murs où pendent les portraits ternis de mes ancêtres à la mine hautaine.

Je n'ai aucun ami, beaucoup d'amantes, peu de contacts avec la masse que je méprise ostensiblement.

Je hais particulièrement les chiens. Leurs aboiements blessent le ciel des esthètes auquel, définitivement, j'appartiens. Leur affection malodorante me dégoûte. Leurs moeurs sont une injure à la Beauté.

Je côtoie de loin le maire de ma ville, épie sournoisement mes voisins à l'aide d'un stéthoscope que je plaque contre le mur, étudie nocturnement leurs poubelles, fréquente irrégulièrement les lieux aqueux, me promène parfois en compagnie de Sélénée.

Je fais grand cas de ma particule, néglige l'entretien de mon carrosse motorisé, cherche des piécettes dans les caniveaux.

Je suis fort mal vêtu.

Cependant je conserve précieusement chez moi un onéreux costume cousu d'or.

Flamboyant.

Mais qui ne sert à rien.

Mes manies sont insupportables : je me mouche dans de la laine, postillonne à la face de mes rares interlocuteurs, fais volontairement du bruit en déglutissant du lait de chèvre.

Lorsque je dîne, je ne m'aperçois pas toujours que des restes d'aliments colorent de jaune ou de blanc ma lèvre supérieure selon que je viens d'absorber quelque omelette ou crème normande, voire sèchent contre ma joue gloutonne.

Quand je veille à la Lune je m'amuse de temps en temps à sonner aux portes de la roture entre deux heures et quatre heures du matin. Ma morale est celle des seigneurs.


Je suis supérieur de naissance. Grand par habitude. Immense en vieillissant.

VOIR LES DEUX VIDEOS :

https://rutube.ru/video/f5b2205d58c80882b9bf79ef19d8299d/

https://rutube.ru/video/db0339ae4d6847a07bf8c3b6422d0572/

http://www.dailymotion.com/video/x38qr8l_aristocrate-par-raphael-zacharie-de-izarra_travel

dimanche 3 mai 2009

840 - Pauvre comme un roi !

Je vis au-dessous du seuil de la pauvreté, selon les critères actuels en vigueur dans notre pays (qui est estimé à environ 800 euros).

Pourtant avec moins de 800 euros mensuels, je suis HEUREUX.

Je mange à ma faim, fais du vélo, me cultive gratuitement à la bibliothèque municipale de ma ville, ne m'achète pas de choses superflues, bois de l'eau, ne fume pas, me contente de ce que j'ai, n'envie pas le canapé ou la grosse voiture de mon voisin, sais apprécier l'essentiel.

Je fais même les poubelles ! La joie des trouvailles participe à mon bonheur de pauvre... La fouille des poubelles est d'ailleurs fort instructive : si vous saviez les trésors d'inutilité que je trouve dans les ordures des prolétaires ! Quel gaspillage d'argent pour des imbécillités de la part de ceux-là mêmes qui se plaignent de leur prétendue misère !

Bref, je suis vivant, en bonne santé, respirant l'air pur et gratuit de la vie et n'ai par conséquent pas l'indécence de me plaindre comme le font ces éternels insatisfaits qui ont les vraies richesses du monde sous leurs pieds et qui regardent en l'air dans l'espoir de pouvoir jouir indûment de biens parfaitement secondaires.

J'ai l'accès à INTERNET et rien que pour cela, je me considère comme un privilégié. Un roi. J'ai entre les mains l'outil technologique le plus merveilleux de notre époque. Que désirer de plus ? Pourquoi aller m'éparpiller à travers des sources d'ivresses futiles et onéreuses (comme par exemples bouquets de chaînes de télévision, dernier écran plasma géant à la mode, jeux vidéos, cours de pilotage d'avion ou je ne sais quoi d'autres) quand j'ai INTERNET dont je n'ai pas encore fait le tour dix ans après sa découverte tant ce puits d'émerveillements est inépuisable ?

Même sans évoquer l'accès à INTERNET, le simple fait que de l'eau chaude sorte comme par miracle de mon robinet me fait prendre conscience de la chance immense que j'ai. Pour cela, et rien que pour cela, j'estime que je n'ai pas le droit de me plaindre. En plus de manger à ma faim tous les jours, de l'eau chaude coule sous mon toit ! En outre je respire l'air du ciel, marche dans le vent, écoute le chant des oiseaux. Et ce n'est pas tout : je me promène à vélo dans la forêt !

Et je le répète, luxe des luxes, j'ai accès à INTERNET depuis chez moi... Et là ce n'est plus de l'eau chaude qui coule des tuyaux, c'est carrément des étoiles.

Et pourtant je suis considéré comme un pauvre.

Comble du comble : des ouvriers me plaignent. Pour rien au monde ils ne souhaiteraient être à ma place. Eux qui ont beaucoup plus que moi -en termes strictement matériels- ne sont pas heureux !

Parce que je suis heureux d'avoir de l'eau chaude, parce que je fais du vélo au lieu de me déplacer avec une carrosserie au-dessus de ma tête, parce qu'INTERNET me comble intellectuellement, parce que je jouis des choses les plus simples de la vie, parce que respirer l'âme des fleurs, passer des heures à observer un nid de fourmis, méditer dans les bois sans avoir rien à dépenser pour parfaire ma quiétude et meubler mes journées est considéré à leurs yeux comme une forme d'indigence...

Ils rient de moi sous prétexte que je me considère riche, privilégié à cause de l'eau chaude sortant de la tuyauterie de ma demeure. Ils me prennent pour un benêt, voire un minable parce que j'ai gardé ma capacité d'émerveillement et que, contrairement à ces blasés qu'ils sont, je peux vivre très heureux en buvant de l'eau au lieu de me gaver de coca-cola.

Les bases de ma richesse ?

- Je sais apprécier les choses à leur juste valeur.

- Je ne m'endette pas pour des sottises.

Posséder un jardin, une piscine, une résidence secondaire, un bateau, pourquoi faire ? En quittant cette vie on perdra de toute façon tout. Rien ne nous appartient, fondamentalement. Cela nous empêche-t-il de humer le mystère des fleurs au bord des chemins, de jouir du spectacle d'un ciel étoilé, d'aller nager à la piscine municipale la plus proche de chez soi ? Un toit me suffit, pourquoi désirerais-je une seconde maison à Saint-Tropez ou un immeuble dans les quartiers chics de la capitale si je n'en ai pas les moyens ?

Avec moins de 800 euros mensuels et avec mes joies simples, on me dit pauvre.

Moi je pense que la vraie misère c'est celle qui consiste à ne plus voir l'or qui pourtant est... à portée de vue.


VOIR LA VIDEO :

https://rutube.ru/video/d981be483b4cf1affbc408530c6110b5/

https://www.youtube.com/watch?v=ny4I_4VmMXc

http://www.dailymotion.com/video/x3b7qrq_pauvre-comme-un-roi-raphael-zacharie-de-izarra_scho

vendredi 1 mai 2009

839 - Ouvriers-voyous, patrons opprimés !

On a vu récemment des ouvriers en péril de licenciement prendre en otages leurs patrons afin d'exercer contre eux un odieux chantage à l'emploi. Avec des méthodes de maffieux avinés, les ouvriers séquestrent leurs patrons, se permettent de les injurier, de les humilier publiquement, les intimident moralement et physiquement, les menacent même de mort...

Je suppose que si les patrons décident d'entreprendre des plans de licenciements économiques, c'est que des circonstances impérieuses parfaitement indépendantes de leur volonté les y obligent. C'est donc, on le devine, pour des raisons éminemment stratégiques visant à maintenir le cap vers la prospérité, voire purement et simplement pour épargner un naufrage annoncé à leur paquebot que les patrons licencient.

Licencier des ouvriers pour des raisons économiques, c'est sacrifier les emplois d'une minorité de travailleurs pour sauver ceux de la majorité, bref c'est lâcher du lest pour faire remonter le ballon dans l'azur économique. Ainsi allégé et après avoir pris une bonne bouffée d'oxygène, plus tard il aura des chances de venir reprendre ses passagers laissés à terre. Dans le pire des cas, même si le sacrifice est sans appel, ce délestage aura au moins contribué au salut des autres employés.

Les patrons n'y sont personnellement pour rien, ils ne font que réagir en tant que chefs d'entreprise et non pas en syndicalistes bêtement émotifs et irresponsables. Je les trouve d'ailleurs fort courageux de licencier leurs ouvriers car dans le contexte actuel on sait combien de telles décisions sont impopulaires !

Les patrons ne font pas de sentiments, c'est ce qui fait leur force.

Diriger une entreprise avec des scrupules de borgnes qui s'arrêtent à des considérations secondaires et immédiates sans voir l'horizon, c'est courir à la catastrophe.

Les ouvriers ne distinguent que les vagues, les patrons voient l'iceberg.

Les ouvriers ont une vision mesquine, individuelle, égoïste de l'entreprise qui les emploie. Leurs patrons ont un état d'esprit plus universel, une vue globale, des considérations de haute volée, des intuitions de longue portée.

Les empêcher d'avoir recours aux salutaires licenciements économiques, les obliger à renoncer à reprendre leur respiration économique, c'est contribuer à un stupide processus d'étouffement général de l'entreprise. Certes les effets bénéfiques de ce chantage à l'emploi se feront sentir à brève échéance. Les patrons séquestrés dans leurs bureaux, acculés à des hérésies prolétariennes prendront des décisions populistes. Décisions très généreuses socialement parlant.

Mais catastrophiques sur le plan économique.

Et le jour où ce beau château d'illusions prendra l'eau, ces ouvriers-crapules entraîneront leurs collègues dans la catastrophe générale. Et qui ces irresponsables-geignards accuseront-ils cette fois ?

Au lieu de reprocher à leurs patrons de les licencier, les ouvriers devraient au contraire les remercier de les avoir employés des années durant ! Ils devraient être reconnaissants, pleins de gratitude envers leurs employeurs. Et puis ce serait vite oublier que le licenciement économique fait partie des risques du "métier de salarié". Il faut être naïf pour croire qu'un emploi est définitif, à vie. A partir du moment où un ouvrier se fait embaucher, il doit prendre en compte le risque inhérent à son statut d'employé : le licenciement économique. Le système économique est ainsi. Le patron prend des risques bien plus grands, lui.

L'économie a ses exigences techniques, bancaires, professionnelles. Pourquoi au nom de la sauvegarde des emplois on devrait payer des gens pour des travaux inutiles, stupides, dangereux, obsolètes ? C'est comme si afin de sauvegarder des postes acquis on avait obligé les fabricants de machines à écrire mécaniques à maintenir l'emploi dans ce secteur à l'époque du plein essor de l'ordinateur !

Malheureusement les ouvriers-voyous enivrés de revanche sociale font de plus en plus la loi, bénéficiant d'une perverse couverture médiatique qui agit en leur faveur : en effet, celle-ci induit un sot, irrationnel assentiment populaire basé sur la pure émotivité au détriment de la réflexion.

Pour quel résultat ? L'avenir le dira.

En attendant, les patrons -véritables locomotives économiques du pays- sont considérés comme des bandits par ceux-là même qu'ils emploient !

Un comble.

Voir loin, viser haut, oser décoller comme le font les patrons, c'est malheureusement s'attirer des ennuis de la part de ceux qui rampent, tremblent, pleurnichent.

Liste des textes

1328 - Je suis apolitique