jeudi 21 avril 2011

911 - La Pauline

La Pauline est un squelette.

Maigre à faire peur, plate et rêche comme une crêpe aux épines, cette plante amère n'a pas de seins, pas de forme, pas de chaleur, pas de charme.

Mais beaucoup de rage.

Contre les enfants, essentiellement. Son rêve le plus cher serait de noyer lentement le fils de sa voisine dans la Sarthe boueuse et malodorante, un joli bambin épanoui et rieur qu'elle croise deux fois par jour sur le pont enjambant la rivière mancelle.

Evidemment il ne faut pas chercher bien loin la raison de ses obsessions infanticides... Son ventre stérile n'ayant jamais rien offert de beau au monde, elle jalouse le bonheur des autres femmes, crevant d'envie d'ensevelir leurs fruits dans la fange, ne trouvant la force de sourire hypocritement aux mères honnêtes qu'à travers ces ignobles idées de meurtre.

Classique.

Mais là où elle est surprenante la Pauline, c'est sur l'objet de ses furies sexuelles mal dissimulées. Ordinairement ces sinistres chardons ne dressent leurs épines libidineuses que vers leurs jeunes curés faussement suspectés d'homosexualité, vers leurs livreurs de bois musculeux membrés comme des guerriers ou plus banalement vers les pires voyous de la ville...

Ses fixations d'érotomane à elle sont beaucoup moins communes : c'est sur la grande statue du Christ de l'église de son quartier que cette vipère aimerait bien répandre ses humeurs acides, perdre sa virginité de criminelle inassouvie.

Classique encore, penserez-vous, ses désirs érotiques blasphématoires à l'endroit la sainte effigie ? Certes.

A un détail près : la statue christique, façonnée dans le plus pur style néo-contemporain, est aussi abstraite et linéale, froide et conceptuelle -et pour tout dire parfaitement métallique et inhumaine- que son corps de femelle déréglée est affreux et décharné.

Squelette de métal contre "squelette de chair".

S'imaginant chevaucher cette masculinité de fer et de chimère, étrange conception phallique qui la fait fantasmer jusqu'au délire, elle bave d'envie tous les soirs à 17 heures face à son Christ rédempteur en caressant avec une coupable fébrilité son missel dont le portrait de Benoît XVI servant de marque-page a été sournoisement remplacé par la représentation outrancière d'un énorme phallus...

Par décence on taira ici l'odieuse scène qui se déroule chaque soir à la même heure dans l'église quasi déserte. Toujours est-il qu'à la suite de cette communion impie une véritable opération miraculeuse a lieu sur la cervelle corrompue de la scélérate.

Ayant ainsi apaisé ses crises utérines à heures fixes, au retour de l'église lorsqu'elle croise sur le pont pour la seconde fois de la journée le fils de sa voisine rentrant de l'école, contrairement au matin ses envies de meurtres sont considérablement amoindries.

C'est ainsi que l'enfant sans le savoir a pu survivre aux envies d'assassinat de la Pauline grâce à l'oeuvre d'un génial artiste qui a pu, sans le savoir lui non plus, canaliser la rage sexuelle de cette folle bigote obsédée par son Christ d'acier.

Une fois adulte, devenu brillant avocat, il eut à défendre la Pauline.

Le défenseur a obtenu la relaxe de sa cliente dans une sordide affaire de moeurs.

La Pauline, ainsi sauvée de plusieurs années de réclusion criminelle par celui-là même qu'elle voulait noyer dans la Sarthe 15 ans auparavant, renouvelle chaque jour ses "prières" vespérales dans la même église...

VOIR LA VIDEO :

http://www.dailymotion.com/video/x1gtt8u_la-pauline-raphael-zacharie-de-izarra_news

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Bien écrit mais c'est moche !

Femme de l'époque des statues gréco-romaines