jeudi 27 septembre 2012

970 - La religion des porcs

Ils parlent avec gravité de l’entreprise qui les emploie, sont prêts à se battre comme des chiffonniers pour défendre leur place, espèrent voir la progéniture hériter de leur chance de salariés, pleurent à l’idée de perdre leur situation, souhaitent la mort des patrons qui les licencient...

Pour ces animaux l’emploi représente tout.

L’unique salut qu’ils reconnaissent est l’accès au mode de vie standard mettant à l'abri des privations matérielles superflues. Le chômage est leur enfer, le salaire la récompense suprême de leur existence de minus.

La sainte paye, endorphine mensuelle permettant de combler les rêves matérialistes les plus ineptes : rembourser quelque ignoble maison Phénix, partir en vacances chaque été, ne jamais manquer de canapés, de vérandas, d’automobiles lustrées, renouveler régulièrement portables, télévisions, i-pad, remplir quotidiennement le frigo de bidoche, de yaourts, de coca-cola...

Ils prennent tellement au sérieux la religion qui les engraisse qu’ils se suicident dès la trahison de l'employeur, la fermeture de l'entreprise ou la perte de clients. Incapables de vivre hors des auges, ils préfèrent la mort au déshonneur.

Ils ont leurs héros, leurs martyrs, leurs cathédrales et leur Verdun : FLORANGE, MOULINEX, RENAULT, MARC THIBAULT...

Ces noms gravés dans les coeurs assoiffés de justice consumériste, inscrits sur les frontons de la conscience dupontesque sont désormais entrés dans l’Histoire des minables.

VOIR LA VIDEO :

http://www.dailymotion.com/video/xui2ib_la-religion-des-porcs-raphael-zacharie-de-izarra_news

7 commentaires:

thomas a dit…

cest sur que toi avec ta facon de vivre, même si tu avais envie de qq chose tu pourrais pas te le payer, vivre du chomdu, ca limite les envies :) mais chacun son truc, yen a qui se contentent de peu, mais faut pas qu'ils fassent chier ceux qui ont envie de davantage...vivre comme un ermite ouais mais très peu pour moi

Raphaël Zacharie de IZARRA a dit…

Thomas,

Votre réponse reflète une certaine épaisseur de sensibilité, un penchant dupontesque pour le matérialisme.

Mon, propos se situe à un degré bien supérieur à votre remarque. Il est évident que si la qualité de ma vie actuelle, mon détachement des affaires matérielles étaient liés à l'indigence pécuniaire, mon discours n'aurait AUCUNE VALEUR.

Si je prends la peine d'étaler ici mes vues sur le monde c'est, Dieu merci, parce que j'y adhère non par défaut mais par choix volontaire. Dans le cas contraire, toute ma pensée s'effondrerait, elle ne vaudrait rien.

Un dernier détail : en réalité j'ai des moyens financiers mais heureusement je suis très radin. Ce n'est pas parce qu'on touche une pension qu'on est dans la misère.

Raphaël Zacharie de IZARRA

thomas a dit…

on a jamais vu un coffre fort suivre un cercueil. La pingrerie est un défaut encore plus démesuré, tu n'as décidément que des défauts, et pas des moindres. Au fait, tu laves tjrs tes chaussettes dans le ruisseau ? ah non cest vrai que tu te laves pas et que tu n'as qu'une paire de chaussettes...beurk :(

Raphaël Zacharie de IZARRA a dit…

Thomas,

Bien sûr que non, je ne me lave évidemment jamais. Ca éconmise le coût du savon et même de l'eau.

Et je ne porte surtout pas de chaussettes, je vis pieds nus comme tout écolo-radin qui se respecte.

Je n'ai aucune qualité en effet, les qualités c'est fait pour les sous-hommes, les hypocrites, les lavettes, les mollassons et les pédés. Moi je sus un dur, un un vrai, un tatoué.

Raphaël Zacharie de IZARRA

Anonyme a dit…

Bravo Monsieur de Izarra, c'est grandiose ! Le commentaire lourdeau et sot de Thomas donne encore plus de relief à votre plume. Vous nourrissez les beaux esprits et faites enrager les fats, que demander de plus?

Lorenzo de Vicari

Tolomeia a dit…

Je suis en partie d'accord avec ce texte; en partie seulement, car je trouve réducteur de se moquer des petites gens qui se battent chaque jour très dur pour simplement subsister; vivre.

Vous dites "La sainte paye, endorphine mensuelle permettant de combler les rêves matérialistes les plus ineptes : rembourser quelque ignoble maison Phénix, partir en vacances chaque été, [...] coca-cola...". C'est peut-être vrai pour certaines personnes, qui s'endorment paisiblement dans un simili-confort de bas niveau, et qui ne voient pas plus loin que le bout du capot de leur voiture. Mais finalement, ont-ils tort ? En quoi êtes-vous meilleur qu'eux ? Parce que vous n'avez pas de voiture ? Parce que vous ne courrez pas les magasins le samedi (seul jour laissé libre par un travail harassant les autres jours de la semaine) ?

Ouvrez votre esprit; il existe d'autres catégories de personnes, pour qui la vie est d'abord un combat pour simplement sortir la tête de l'eau; et ne pas se noyer...

Moi j'ai envie d'écrire plutôt: "La sainte paye qui permet, à ces gens simples et modestes, de faire vivre femme, enfants, et aussi leurs parents parfois (de plus en plus souvent pour cause de crise) et de leur apporter un peu de bien-être, de douceur dans un monde dur et sans pitié, déshumanisé et qui ne fait aucun cadeau, à part ceux qu'on se fait soi-même".

Je vous lis, et je pense à ma femme et mon fils de 8 mois. Alors oui, on travaille dur; oui, on se lève chaque matin pour faire un travail qui représente une micro-goutte d'eau dans un océan d'inhumanité; oui, on a des rêves, mais des rêves de modestes, des rêves de vacances au soleil avec le bruit des vagues et des mouettes; oui on a envie de quelque chose de "mieux" pour ses enfants que ce qu'on a pu avoir soi-même... Et alors ? Où est le mal ? Où est le problème de vouloir améliorer son sort ? Est-ce si terrible de vouloir chérir, combler, protéger sa femme, ses enfants, leur épargner la dureté de la vie en leur offrant mieux qu'une place en usine à travailler à la chaîne ?

A vous écouter, tout le monde achète, achète, achète, comme des dindes écervelées qui se gaveraient de rêve et de futilité... Rencontrez des gens; des personnes simples, modestes, et vous verrez que les choses ne sont pas si simples, si tranchées... Il n'est pas besoin de vivre en ermite pour savoir faire la part des choses et ne pas tomber dans un consumérisme aveugle, mais plutôt se dépenser, entièrement, complètement, jusqu'à la dernière énergie, donner tout ce qu'on a, ce qu'on gagne, tout, tout, pour ses enfants...

Ayez donc un peu de respect pour ceux qui essaient de vivre leur vie de leur mieux, et surtout qui font ce qu'ils peuvent pour donner à leurs enfants les chances qu'ils n'ont pas eues eux-mêmes à leur âge...

Raphaël Zacharie de IZARRA a dit…

Tolomeia,

Vous avez raison d'apporter cette saine nuance. Moi je parlais, et c'était sous-entendu, de ceux qui ont tendance à faire du matérialisme une religion.

Mes propos sont souvent virulents, très virils, féroces et sans nul compromis même quand il en faut pourtant, il m'arrive donc d'être trop extrême. Mais heureusement que des lecteurs comme vous savent apporter un peu d'humanité à ma réflexion taillée au scalpel...

En réalité je n'ai rien contre le matérialisme, je suis moi-même matérialiste comme tout le monde, raisonnablement matérialiste. Je me dresse uniquement contre L'ECXCÈS de matérialisme. Mais il est peut-être vrai qu'en manquant de nuance je suis également maladroit lorsque j'exprime de telles opinions.

Mes sous-entendus ne sont pas toujours perçus et j'en suis le premier coupable car un bon auteur doit être clair, précis afin d'être compris, qu'il soit apprécié ou non.

Raphaël Zacharie de IZARRA