mercredi 5 mars 2014

1046 - Réponse à mon voisin du dessous

Mon voisin répond - voir texte numéro 1040 “Lettre à mon voisin du dessous" http://izarralune.blogspot.fr/2014/02/1040-lettre-mon-voisin-du-dessous.html - que ma conception de la poésie est quelque peu rancie et qu’aux lueurs morbides de la lune il préfère l’éclair magistral du soleil. Il n’a pas totalement tort.

Ma réponse :

Pierre,

C’est dans les lunaires moisissures du XIXème siècle que le grand IZARRA brille de ses feux glauques et doux, même s’ils sont périmés pour le monde.

Le phosphore est mon soleil.

Mais il est bon que les muses se manifestent aux élus à travers leur diversité. La poésie s’adapte selon la nature, les préférences de chacun. Pour les uns elle se lève à sept heures du matin comme tout le monde, pour les autres elle est franchement noctambule. Elle hante ou le caillou ou le diamant. Elle prend l’apéritif parfois à l’ombre, parfois en pleine clarté, quand elle ne préfère pas jouer au golf toute seule sur les toits des cathédrales, quelle que soit la météorologie.

A chacun sa muse.

Moi je ne respire à plein régime que dans les miasmes rances et morbides d’un XIXème siècle aux fondations délicieusement poussiéreuses, pesantes, plombées, vétustes, surannées. Ma muse a des relents de formol et de naphtaline, elle est tout à la fois le pur produit et le contre-produit de l’obscurantisme du “siècle neurasthénique”, née des rêveries littéraires des hôtes des mansardes provinciales d’une société où triompha une bourgeoisie étriquée et pudibonde.

C’est mon monde désuet, mon alcôve de fleurs séchées, mon olympe de songes pétrifiés, mon idéal poétique.

La poésie est partout en vérité, je ne l’ai jamais ignoré.

Depuis les flammes grandioses d’Hélios jusque dans les humbles champignons de nos caves. Depuis les immatériels octets de mon ordinateur assemblés pour former de vives pensées jusqu’à la fine limace glissant sur la feuille de laitue de ton assiette, et que tu faillis avaler. La poésie surgit par enchantement là où est étonnement, vie, lumière, ombre, mort, laitue et même passoire. Tant que la pureté domine.

Si sous ton soleil l’air est aussi respirable que sous ma lune, alors va, et que ses ailes géantes t’emportent en son paradis de flammes et de rêves flamboyants.

Quant à moi, je reste sous les lueurs blafardes et mélancoliques de la vagabonde de mes nuits d’insomnies.  J’adopte comme une psychose poétique les plus indigestes clichés du genre.

Et les fonds de poubelles demeureront longtemps encore mes plus chères sources d’ivresses nocturnes. Une pêche aux trésors effectuée en plein midi, aux yeux de tous, m’apportant le sel nécessaire de cette vie du XXIème siècle et fertilisant ainsi mes plus belles nuits izarriennes.

Veilles fécondes qui ensemencent l’Univers de beauté.

5 commentaires:

Raphaël Zacharie de IZARRA a dit…

Anonyme,

Votre commentaire très consistant brille d'intelligence, de délicatesse et de vérité !

Plus sérieusement, je chérie, loue, vénère l'intelligence et conspue la sottise, cette criminelle sottise si bien incarnée par certains anonymes...

Raphaël Zacharie de IZARRA

Raphaël Zacharie de IZARRA a dit…

Anonyme,

Elles ne se battent pas, elles détruisent, offensent, crachent et blasphèment.

Elles agressent les honnêtes gens et promeuvent le vice..

Ce sont des dégénérées, de minables pornocrates se posant en victimes qui devraient se faire rééduquer de force chez les bonnes soeurs.

Ces âmes décadentes sont méprisables.

Raphaël Zacharie de IZARRA

Raphaël Zacharie de IZARRA a dit…

J'accepte les échanges.

Les échanges sains, courtois, sereins, pas l'injure stérile. Donc je vous bloque et vous signale comme un vulgaire pollueur.

Les immatures, mal éduqués et lâches de votre espèce n'ont pas leur place en ces lieux choisis.

Raphaël Zacharie de IZARRA

Anonyme a dit…

"Ces âmes décadentes sont méprisables."
tu parles de toi là?

Anonyme a dit…

http://www.youtube.com/watch?v=Go2MacC0XvQ