jeudi 5 février 2015

1097 - La France izarrienne

Je rêve d’une France de lys, d’une France de sceptre, d’une France bleue.

Une France royale.

Catholique, aristocratique, élitiste, toute en arabesques, dentelles et perruques poudrées.

Une France chantée, maniérée, éduquée, une France roulant en carrosse lustré, une France tirée par de grands chevaux aux fers dorés, une France écrite en belles lettres, une France étendue dans la soie de Versailles, vautrée dans le culte de la particule, parfumée d’azur, éclairée par un grand Soleil hautain qui se lève à quatorze heures...

Je rêve, la rage aux tripes, la bave au coeur, du fiel dans les yeux, d’une France peuplée de Louis où le 14 juillet serait oublié au profil d’un quatorze régnant non en chiffres mais en lettres : XIV.

Une France ou le mot RÉPUBLIQUE serait synonyme de rire, de chimère, d’hérésie, de honte et de misère...

Une couronne, un trône, un palais, de la sainte consanguinité, du parler ancien et d’honnêtes et reconnaissants laboureurs cultivant les terres de leurs seigneurs, voilà la France figée, classique, sacrée, éternelle qui manque à mon âme idéaliste, rétrograde, éprise d’images d’Épinal et de poésie plus que de sens des réalités !

Le peuple, l’aristocratie, le clergé et rien d’autre.

Rien d’autre que le roi.

Le roi. Le Roy dirais-je même, avec le R roulé et le Y obsolète.

Le ROY avec l’accent poussiéreux, en vieux françois qui fleure le bon vieux temps des fiefs, des troubadours et des serfs courbant le dos devant les petits marquis dédaigneux mais cependant bienveillants...

Telle est ma France izarrienne, ma France chérie, ma France magnifiée, ma France intime, ma France authentique.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Merci pour ton caca