mardi 11 août 2015

1126 - Les nuages

Les nuages sont la bave du ciel, les postillons de l'azur, le lait de l’éther.

Chevaucheurs de l’atmosphère, créatures de fumée, spectres des sommets, avec leurs joues de fantômes et leurs ailes blanches comme des squelettes, ils changent de masque à chaque instant.

Nul ne s’attarde sur ces chimères à part les vagabonds qui voient dans ce coton d’Eole de grands lits où paresser et rêver de banquets sans fin.

Ces songes utiles que sont les nuages incarnent la poésie de notre globe. Cette onde flottant dans l’altitude conjugue industrie et fantaisie. Une bête buée qui en vérité renvoie à l’essentiel : l’alliance de l’utilité et de la beauté.

Telle est la norme divine !

Les choses les plus vraies semblent les moins claires pour les cerveaux mous, poisseux, lents comme des limaces. L’équilibre universel se révèle tout en élégance.

- Ainsi à travers la neige sur la tête des montagnes, le roc et la légèreté se croisent-ils, la rigueur et la caresse s’assemblent-elles, bref l’enclume et la plume s’embrassent-elles.

- La merde s’évapore dans le sol, une fleur en sort : la puanteur transformée en parfum signe la gloire de la Création.

- Et que dire des abeilles qui nous dégueulent du feu floral ? 

Pour en revenir à nos moutons, le vin d’en haut enivre nos sillons et c’est si simple et pourtant si génialement conçu, si clair, si léger, si transparent que bien peu de gens s’en émerveillent.

Les nuées symbolisent l’ingéniosité de la mécanique naturelle qui sans cesse bouge, renouvelle ses apparences, se transforme, se combine aux multiples éléments pour les ensemencer, les fructifier, les enchaîner à des cercles vertueux. Le tout, dans une chorégraphie nerveuse et subtile où le microsome mêle ses pas avec ceux de l’infini...

Ce principe de l’efficacité et de la grâce gouvernant notre monde, c’est le paysan et le poète cheminant main dans la main. La charrue indissociable de la lumière. La besogne cosmique soutenue par l’enchantement. La lourde matière allégée par l’esthétique.

En effet, invariablement, le travail de la glaise se fait dans la splendeur.

Tantôt maquillée par les flammes du coucher, tantôt simple pluie, éphémère voile neigeux, et peu à peu éternelle banquise, fleuve interminable, et mille autres inventions encore, cette fontaine aérienne est une fête permanente, une folie dans les airs, un trésor qui humecte la Terre et abreuve nos luths.

C’est une conception lyrique tout comme le sont les arbres, la poussière, l’herbe, les atomes, la lune et les étoiles.

Certains de ceux qui liront ce texte me prendront pour un clown et lorsque la prochaine grêle frappera leur front impassible, blasés, ils ne lèveront même pas le regard vers cette écume tranchante qui me donne si célestement raison.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=YxqsE-nsllk&feature=youtu.be

http://www.dailymotion.com/video/x3197k3

3 commentaires:

Ana Theodora a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Anonyme a dit…

En blanc immaculé de vapeurs
Les nuages dessinent un coeur
Dans l'immensité bleue du ciel
Les rêves élevent les élans pluriels
Des echos de souffle en musique
A travers vents et rayons cosmiques
In cognito

Anonyme a dit…

Qui aimes-tu le mieux,homme enigmatique dis?
Ton père, ta mère, ta soeur, ton frère?
Je n'ai ni père ni mère ni soeur ni frère
Tes amis?
Vous vous servez d'une parole dont
le sens m'est resté jusqu'à ce jour inconnu
Ta patrie?
J'ignore sous quelle latitude elle est située
La beauté?
Je l'aimerais volontiers déesse et immortelle
L'or?
Je le hais comme vous haissez Dieu
Eh! qu'aimes-tu donc extraordinaire étranger?
J'AIME LES NUAGES ...les nuages qui passent là-bas
Les merveilleux nuages ...BAUDELAIRE -1869 -
In Cognito