lundi 16 mai 2016

1175 - Visite au Mont-Saint-Michel

Il m’attendait au bout de la terre, je l’ai trouvé au bord de la mer.

Avec le ciel pour cadeau.

Je le savais assourdissant de pigeons béats venus s’y faire volontairement plumer, regorgeant de moutons consuméristes, étouffant de foules cosmopolites, noir d’estivants, peuplé de gens bêtes et vulgaires.

Et quasiment vide d’authentiques pèlerins.

Ce fut bien pire : il  m’est apparu comme une vieille prostituée fatiguée et conciliante se laissant violer par des troupes de vacanciers, globe-trotters, villégiateurs et autres photographes amateurs à respectable pouvoir d’achat avides de seflis, de crêpes et de bibelots kitchs.

J’ai éprouvé un mépris biblique envers ce bétail humain et suis parti aussitôt sans avoir pris le temps de visiter plus sereinement les lieux, écoeuré par ces porcs dénués de sens spirituel.

Qu’on le sache : je ne me sens nullement frère de ces masses grotesques. Définitivement, ces touristes, nécessairement idiots, sont hideux et coupables de l’être.

Je leur jette la pierre, leur crache à la face, les maudis, les hais. En tel cas il est sain d’être misanthrope. Cette humanité-là est laide.

Bref, je ne me suis guère attardé dans ces ruelles fangeuses.

En m’éloignant de ce ventre grouillant de vers, gercé de restaurants, rongé par les commerces, vérolé par l’économie intensive, le calme revient.

Vu depuis une salubre distance, le Mont retrouve son aspect de pureté, de piété, de magnificence, comme un immense visage rayonnant en pleine lumière.

Mon âme s’apaise.

Je contemple l’oeuvre céleste pour ce qu’elle est, un pur joyau, en oubliant le reste. Et même, comme sanctifié par tant de beauté, en éprouvant un sentiment de charité inattendu pour ces misérables bariolés, finalement mes frères, mes semblables, mes prochains, mes égaux épais, lourds, pauvres, ignorants qui font de ce temple un supermarché du mauvais goût et à qui je dois pardonner de ne pas avoir mes ailes et, pour tout baptême, de se contenter de venir patauger dans les sables miasmatiques de la baie...

A l’horizon le Mont plein de majesté, de clarté et de divinité me faiit pressentir que le monde est aussi fait de réalités impalpables, plus vastes que l’océan et plus vertigineuses que cette image de roc érigée pour la prière.

Il m’attendait au bout de la terre, je l’ai trouvé au bord de l’infini.

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=_WahCVne1pI&feature=youtu.be

http://www.dailymotion.com/video/x4ay3xu

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Voici encore une fois la décadence des égo exacerbés. À la gloire de soi, la mégalomanie des imbéciles. Raphaël montre sa toute puissante bêtise et son absurde inculture. Il est l'homme lacunaire par son ignorance qu'un vocabulaire tout droit tiré du dictionnaire peine à cacher. Il est aussi l'artiste sans intérêt, oui je suis un anti-Izarra, oui je suis un détracteur de Raphaël. Je suis un anti-ignorance, je suis un détracteur de la bêtise.

L'Érudit.