samedi 7 mars 2009

832- Lettre au maire de Coulaines

Raphaël Zacharie de Izarra
2, Escalier de la Grande Poterne
72000 Le Mans
Tél : 02 43 80 42 98
ou : 09 50 35 86 22
raphael.de-izarra@wanadoo.fr


samedi 7 mars 2009

Monsieur le maire,

Je viens de découvrir à vélo quelques quartiers de votre ville. Certes je connaissais déjà le minuscule mais remarquable centre-ville historique avec sa belle église médiévale judicieusement mise en valeur, fleuron de la cité pour lequel je tenais d’ailleurs à vous féliciter.

Mais que dire de certaines parties de Coulaines plus excentrées ? Ces successions d’habitations individuelles comme des cubes sans âme, sans vie, sans charme dans lesquelles semblent se complaire des propriétaires aux sensibilités vulgaires sont parfaitement déprimantes !

Comment tant de vos administrés peuvent-ils accepter de s’endetter pour se faire construire de telles horreurs ? Comment peuvent-ils consentir à l’émergence de ces horribles quartiers assimilables à des ghettos pour «salariés de chez Renault» où tout végète, respire la misère esthétique, le mauvais goût ? Même le cimetière neuf situé dans les hauteurs de la ville est à l’image de ces quartiers : mortel.

Il est regrettable qu’une partie de vos administrés contribuent à l’enlaidissement de votre ville avec leurs infâmes constructions. Certes je ne suis pas coulainais mais je peux quand même me permettre de reprocher aux habitants de ces rues cafardeuses leur indigence esthétique car moi au moins j’ai le bon goût de vivre au Vieux-Mans.

J’habite dans de la vieille pierre, pas dans une maison Bouygues !

Ma promenade à vélo dans ces parties de Coulaines fut démoralisante mais en même temps édifiante, instructive, et finalement salutaire : c’est en parcourant ces rues propres, nettes, froides et ennuyeuses où s’alignent des maisons individuelles en béton (agrémentées parfois de faux-puits en plastique ou de nains de jardin) que j’apprécie encore plus mes vieilles pierres mancelles.

J’imagine aisément des colonies de Pères-Noël gonflables importés de Chine suspendus sur les toits de ces habitations coulainaises en période de fêtes de fin d’année comme autant de cerises bien mûres sur de gros gâteaux d’anniversaire et qui pourrissent lamentablement au printemps… Mais je dois être juste : je n’ai pas vu de Pères-Noël moisis et avachis pendouiller sur les toitures. Ou alors ce détail navrant caractéristique de ce genre de maisons m’aura échappé.

Mais peu importe : dans ces quartiers de Coulaines j’ai côtoyé la misère -la vraie, celle de l’esprit- des gens assez fortunés pour se faire construire des maisons individuelles mais assez sots pour le demander à Bouygues et compagnie !

Je compte retourner de temps à autre dans ces quartiers neufs de votre ville que je viens d’évoquer en termes peu flatteurs (mais justes) pour mieux jouir, par effet de contraste, des beautés architecturales de l’antique cité mancelle où pour mon plus grand bonheur je demeure depuis 2002.

Cette lettre n‘était pas absolument nécessaire, j’en conviens. Mais il ne m’était pas non plus complètement défendu de vous faire part de mes états d’âme.

Je vous prie de croire, monsieur le maire, à l'expression de ma parfaite considération.

Raphaël Zacharie de IZARRA

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