jeudi 19 décembre 2013

1026 - Vivent les gagnants !

Moi j’aime cracher sur les perdants et encenser les gagnants.

Je ne me gêne absolument pas pour adresser mon mépris aux déconfits, mon admiration aux champions.

Je déteste ceux qui galèrent, je veux parler de ces minables qui n’arrivent jamais aux sommets qu’ils convoitent, et lustre sans complexe les bottes des autres, mes préférés, ceux qui réussissent, les collectionneurs de lauriers, les vainqueurs, les rois.

Parce que la réussite appelle la réussite et l’échec engendre la ruine et inspire la déconsidération, je cherche les loups et fuis les agneaux, flatte les forts et injurie les avortons, aide les chefs de peloton et mets des bâtons dans les roues des faiblards.

Publiquement je félicite les gagnants, les flagorne sans retenue, leur chante les plus belles louanges, tandis que pour mieux les humilier aux yeux du monde, j’enfonce de mon talon vengeur et impitoyable jusque dans les dernières profondeurs boueuses de leur échec ces salauds de perdants.

Pas d’hypocrisie sur le fond : je préfèrerai toujours les gens fortunés aux crève-la-faim, la richesse à la dèche, les intelligents aux sots, les premiers aux derniers, les rires aux larmes, l’éclat à l’insignifiance.

Je profite systématiquement de l’ascension des chanceux pour monter moi aussi, au lieu de les critiquer stérilement, méchamment comme le font les jaloux et les sinistres imbéciles. Dès qu’un petit devient géant, même si la veille encore je le blâmais sans état d’âme, je viens aussitôt me prosterner à ses pieds pour le féliciter, le combler de glorifications, l’étourdir de compliments.

La courbette est chez moi le moyen le plus efficace, le plus doux et le plus intelligent de toucher les coeurs galvanisés par le succès.

La fourberie, la juste attitude que méritent tous ces seconds rôles dont les oeuvres sont lamentablement vouées à la médiocrité.

Mais attention ! Malheur aux lions qui naufragent ! En ce cas, sans la moindre indulgence et avec fracas j’étalerai contre leur face déchue ma semelle méprisante, écraserai très durement leur visage contre la poussière de leur perte afin qu’ils en goûtent l’âpre saveur.

C’est ainsi que je conçois mon élévation sociale et il n’est nullement question de morale là-dedans mais bel et bien de moyens d’actions.

Seuls les éternels pleurnichards, c’est à dire les pigeons, me condamneront.
Les autres, les aigles de haut vol, m’applaudiront.

VOIR LA VIDEO :

6 commentaires:

Liliana Dumitru a dit…

Vive les personnages de Bruce Willis !

Elper a dit…

Un aigle applaudit-il?

Liliana Dumitru a dit…

Je ne suis pas un aigle, le texte n'est non plus a applaudir... ni a condamner...

Raphaël Zacharie de IZARRA a dit…


Ma chère -ou plutôt mon cher- Liliana Dumitru, cher clone de ma propre chair, chère création narcissique, cher jumeau sublimé, cher miroir de mon âme étriquée, chère minerve à ma nuque tant endolorie par mon melon de plomb, merci.

Quel plaisir d'écrire, de créer et de se complimenter soi-même. Il est comme faire partie d'une fable de La Fontaine où je suis Corbeau et Renard. Il y a toujours quelqu'un pour me parler; il y a toujours quelqu'un pour me complimenter; même en valse, je suis deux et seul à la fois.
Quand je surprends mon reflet, je nous emmène dans un onanisme frénétique.

Ah! Douce schizophrènie! Quel cadeau divin!

Raphaël Zacharie de IZARRA, Le VRAI et Premier Travesti Transformiste de Farrah Fawcett

Raphaël Zacharie de IZARRA a dit…

Liliana,

Montrez-lui à travers une vidéo que vous n'êtes pas une de mes créations, histoire de lui magistralement clouer le bec.

IZARRA ne ment jamais, ne se pare nullement de fausses identités louangeuses, ne parle à travers aucun masque.

Raphaël Zacharie de IZARRA

Liliana Dumitru a dit…


Raphaël,
Ça fait presque six ans que le monde n'arrive pas a nous distinguer... pourtant je n'ai pas votre royale pif, ni votre royale sceptre...bien sur... J'avoue que la chose m'amuse follement.
Liliana