dimanche 1 décembre 2013

1021 - Eloge de la pitié

Il y en a qui font la promotion de l’humanitaire, de la solidarité universelle, de la fraternité d’inspiration purement laïque, mettant en avant leurs désintéressés sentiments égalitaires, leur respectable -et exportable- conscience républicaine, leur progressiste sens social...

Leurs nobles élans pleins d’idéaux séculiers, qu’ils soient politiques ou apolitiques, ont ceci de commun qu’ils sont dénués de toute notion de pitié, jugée dégradante, humiliante, dévalorisante. Pour leurs auteurs comme pour leurs destinataires.

Moi, j’aime éprouver de la pitié envers mes semblables et bien le leur montrer, la cultiver, la défendre, la promouvoir. Et je veux réhabiliter cette divine compassion qui redresse les esprits tordus, angélise les pauvres diables, relève les “écrasés du sort”, bref soulage toutes les misères, honore non seulement leurs zélateurs mais également les déshérités, les éclopés, les êtres déchus à qui elle est destinée, au lieu de les diminuer comme on le croit à tort.

Refuser la pitié des autres, c’est faire preuve d’orgueil et d’indécence : l’objecteur dont la fierté est mal placée devrait être puni pour ainsi rejeter la main secourable inspirée par les gonflements du coeur charitablement ému !

S’interdire de ressentir de la pitié à l’égard d’autrui au nom de la “dignité républicaine”, du “respect de l’image de soi et de son prochain” ou de tout autre prétexte gauchiste ou de pseudo générosité, c’est nier le caractère sacré de cette douce flamme biblique, bafouer la vraie grandeur d’âme, offenser le véritable esprit de bienfaisance, injurier les authentiques valeurs spirituelles.

Ces “belles sensibilités” sous des dehors glorieusement humanitaristes dénigrent la pitié pour la remplacer par les agnostiques froideurs de la “raison citoyenne”, par d’impies mais équitables ferveurs médiatiques, par d’irréligieux mais civiques calculs si chers au “Téléthon” qui les matérialise sur écran géant avec trompettes et télégéniques artifices..
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La pitié, politiquement très incorrecte, a été évacuée des coeurs humains.  Disparue de la circulation intérieure.

Telle est l’oeuvre de l’esprit satanique de notre société à qui la pitié fait honte.

Les “Restos du Coeur”, réponse alimentaire à la pénurie des salaires, certes efficace mais dénuée de toute idée de pitié par prétendu respect envers leurs bénéficiaires (qui souvent se sentent humiliés), ne sont ni plus ni moins qu’une vaste et neutre mangeoire nationale pour ventres humains en mal de remplissage. Le “Téléthon”, une industrie hospitalière. L’aide aux plus démunis, une simple loi socialiste.

Bref, sans la pitié l’affamé se résume à un vulgaire animal à nourrir, l’infirme à un outil à réparer, le pauvre à une statistique.

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