lundi 23 décembre 2013

1029 - Seul à Noël

Comme chaque année je serai seul à Noël.

Isolé, coupé de mes semblables, loin de tout, sans personne pour célébrer cette nuit magique, sans compagnie pour partager un repas délicieux et animé.

Seul dans le silence, seul dans le froid, seul avec moi-même.

Et, comme chaque année, en apprenant ma solitude, mon isolement, mon repas frugal, des natures charitables me plaindront, se désoleront, se révolteront !

Mais il sera trop tard, Noël sera passé. Le mal sera fait. L’injustice non réparée. L’offense totale.

Et c’est exactement ce que je souhaite !

Que l’on me foute une paix royale en ce jour de recueillement.

Ces bons citoyens “au grand coeur” qui se croient serviables, généreux, humains ne sont que de gros abrutis, de communs dégénérés, des porcs impies et même des âmes dégueulasses pour qui Noël n’est qu’une bacchanale à partager avec d’autres handicapés moraux de leur espèce.

Les gens dans la misère, ce sont eux.

Eux qui ont perdu tout sens spirituel, réduisant dans leur pensée atrophiée, leur coeur corrompu, leurs moeurs dénaturées de gloutons primaires le Noël sacré, propre et saint à une stupide opération alimentaire et de communication avec les “mamies isolées” comme ils disent avec tant de puérilité, et autres “personnes en situation de détresse”... C’est à dire, en réalité, des esprits de qualité qui ont choisi de passer un Noël d’ermite, un Noël de belle spiritualité, authentique, délicieusement austère, aux antipodes de la sottise sociale et de ses impératifs consuméristes.

Ceux qui s’attristent de me savoir ne pas passer la nuit de Noël sous des rires et des guirlandes sont des misérables, des déshérités, des indigents intérieurs.

Pour les êtres d’envergure, s’il y a un jour dans l’année où ils sont heureux de faire abstinence de plaisirs profanes, soulagés de se retrouver enfin seuls, loin des agitations vulgaires, rompant enfin avec les futilités relationnelles, c’est bien le jour de Noël !

Mais ces ventres à deux pattes sur le point de réveillonner sont incapables de comprendre une chose aussi belle, simple et vraie.

Il leur faut des artifices pour se sentir “être dans la fête”, ils ont besoin d’objets brillants, de mots creux et de sourires clinquants. Ces ânes n’ont pas compris le sens intime de Noël. Au lieu de se retrouver avec eux-mêmes ils se diluent dans l’insignifiance des partages anodins et imbéciles de cadeaux sans valeur sacrale qu’ils revendront dès le lendemain sur E-BAY.

Ces ogresques incarnations émues par ma “solitude”, prêtes à “m’aider”, promptes à m’inviter sous leur sapin, à me communiquer leurs joie en toc et à m’adresser leurs risettes frelatées sous prétexte que c’est Noël sont de gentilles brutes, de béotiennes sensibilités à la bonne volonté maladroite.

Une humanité de minables dont il faut avoir pitié. Hermétiques à ma cause, dégradés par leurs habitudes matérialistes, écrasés par leur sort de ruminants, anesthésiés par leur existence horizontale, ces animaux sont dans l’incapacité de saisir ce qui dépasse la hauteur de leur conifère clignotant à clochettes.

Moi j’aime la beauté des nuits de Noël froides et paisibles, le mystère profond des étoiles au-dessus des vieux clochers ou bien la tourmente des éléments, la morsure du gel sur mes doigts, le charme d’une messe de minuit dans une petite église glacée où prient avec sincérité des paysans modestes.

Et chantent des voix humbles.

Pour moi la solitude et le dépouillement des nuits de Noël sont de véritables bénédictions en ce siècle de surabondances. Les personnalités éveillées de mon espèce recherchent cette exquise, libératrice, fraiche âpreté des nuits de Noël.

11 commentaires:

Anonyme a dit…

3/20. Peu mieux faire

Anonyme a dit…

Cher Raphael, une erreur de recherche sous Google m'a conduit sur ton message que je me suis attardé à parcourir. Et, même si tu implores qu'on te laisse en paix (mais je pense que personne n'avait d'autres intentions), je ne peux m'empêcher de te plaindre de ne voir en Noel que l'aspect mercantile et fausse bonté car tu passes alors à coté d'autres valeurs que ta propre histoire ne permet probablement pas de saisir. Je te souhaite que tu t'épanouisses dans ta vie et que tu relises ton texte dans quelques années, quand la vie t'aura apporté de grandes expériences. Tu mesureras alors le chemin parcouru et la vacuité de tes propos d'alors.
Passe tout de même un joyeux Noël avec ton nombril ;-)

Raphaël Zacharie de IZARRA a dit…

Anonyme,

J'ai roulé ma bosse, je suis revenu de toutes les vanités populacières qui pour moi sont des veaux d'or.

Ce n'est pas moi qui réduit Noël à une grande prostituée mais notre société dupontesque.

Je vous rassure, je suis épanoui, heureux, loin des de monde de bovins bipèdes.

Les cadeaux matériels à mes yeux n'ont aucune valeur. Ce sont de pures imbécillités pour esprits indigents.

Les cadeaux de Noël n'ont aucun sens dans cette société d'hyper opulence où c'est Noël tous les jours de l'année.

Les fêtes de Noël sont devenues des pièges vulgaires pour esprits séniles.

Raphaël Zacharie de IZARRA

Anonyme a dit…

Il ne peut pas s'épanouir dans la vie, il est au RSA, enfin il me semble, donc soupe aux flocons d'avoine pour Noël. LOL

Raphaël Zacharie de IZARRA a dit…

Anonyme,

Vous faites donc partie de ces esprits corrompus persuadés que l'argent est la base de tout.

Je ne touche pas le RSA et même si je le touchais... Etc, etc.

Vous pensez vraiment qu'un milliardaire sera plus dans la vérité qu'un smicard ?

Vous croyez qu'on peut n'être que malheureux si on n'a pas la même voiture que le voisin ? SI on ne réveillonne pas ? Si on ne part pas en vacances ?

Vous pensez réellement que celui qui touche le RSA est fatalement malheureux ? SI vous le pensez alors votre esprit est vicié, je me permets de vous le signifier.

Je ne touche pas le RSA mais admettons que cela soit le cas. Et alors ? Expliquez-moi en quoi de devrais être malheureux. Pour quelles raisons précises ? SI c'est une vulgaire histoire de marque de vêtement ou de bagnole, merci de vous abstenir de répondre.

Raphaël Zacharie de IZARRA

Melchior a dit…

Quelle tristesse, je plains ta femme, la pauvrette, en fait je ressens un grand désespoir chez toi, désespoir de ne pouvoir offrir les cadeaux à ta belle, cela te rend aigri, enfin c'est ce qui ressort de ce texte....

Raphaël Zacharie de IZARRA a dit…

Melchior,

Vous plaisantez j'espère... Oui je crois, quand même.

C'est évident même, mais vous savez je suis parfois naïf.

Raphaël Zacharie de IZARRA

LA CEVENOLE a dit…

Je ne sais que penser, cher Raphael, de ton message, si ce n'est qu'il est bien écrit, dans un français impeccable, ce qui est réconfortant par les temps qui courent.
De deux choses l'une, soit tu penses vraiment tout ce que tu as écrit et dans ce cas, je te plains beaucoup car tu ne sembles plus capable de déceler ce qui peut encore être bon et sincère dans l'être humain et tu n'as donc rien gardé en toi de l'enfant qui pourtant devrait sommeiller en chacun de nous, soit, et je penche pour cette hypothèse, il n'est qu'un exercice de style ...
Mon intérêt éveillé m'a poussé à faire quelques recherches sur le web et, après ce que j'ai vu et entendu te concernant, je pense que tout ça doit être pris au second degré !

Raphaël Zacharie de IZARRA a dit…

LA CEVENOLE,

Détrompez-vous, je le pense réellement. Ce que vous croyez être de bons sentiments derrière la façade des artifices ne sont qu'une vulgaire entreprise commerciale à échelle mondiale et les industriels ont tout intérêt à entretenir dans le mythe des bons sentiments de Noël.

S'il y a de réels bon sentiments, alors il y en a fort peu, tandis qu'il y a beaucoup d'artifices.

C'est comme Lourdes : on ne tue pas la poule aux œufs d'or.

Vous êtes trop naïf à ce sujet !

Raphaël Zacharie de IZARRA

Bernadette a dit…

Vous vous acharnez sur Lourdes, ce n'est pas plus ridicule que de s'abstenir de déguster du cochon (surtout que dans le cochon tout est bon ) Lâchez un peu la grappe aux catholiques, sinon déversez un peu votre haine sur les non-mangeurs de porc, ce sera plus réglo. Peut être que Lourdes c'est la poule aux œufs d'or mais le marché de la viande halal me semble juteux aussi. Donc respectez! on vous respectera !

Raphaël Zacharie de IZARRA a dit…

Ma petite Bernadette,

Je n'ai aucune haine envers qui que ce soit.

Catholiques ou musulmans, on est tous pareils, on aime tous rigoler.

Critiquer n'est pas haïr. Seule la vérité m'intéresse, où qu'elle soit.

Raphaël Zacharie de IZARRA