mardi 15 mai 2007

138 - Ôtons la joie aux enfants

Mademoiselle,

Vous irez prier dans le plus austère silence, lors que vous sortirez enfin de l'âge puéril dans lequel vous vous tenez encore à l'heure même où vous lisez cette missive. Las ! J'aimerais vous voir ôter tous vos vains ornements de l'enfance, pour revêtir à la place les saints artifices de la piété. J'aimerais mieux vous voir troquer votre hochet habituel d'innocente créature -poupée de chiffon ou bien balle de son- contre le sceptre grave et précieux de la dévotion -crucifix ou bien chapelet- qui sied si bien aux âmes matures...

Ho ! Je vous en conjure Mademoiselle, chassez de votre âme infirme d'infante les démons de l'insouciance ! Venez donc avec moi vous humilier le front contre les dalles rudes des cloîtres désertés ! Venez ensevelir votre blanche jeunesse dans le digne caveau où périssent bien vite les joies impures et les rires futiles de l'existence humaine. Entrez, à la suite des âmes vertueuses et des coeurs éteints aux passions terrestres, dans ce couvent que je vous désigne aujourd'hui, dans l'espoir que, peut-être, vous tomberez subitement et miraculeusement sous ses charmes dépouillés avant que d'avoir atteint l'âge des menstruations.

Répondez-moi promptement, candide mais vaine enfant.

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