dimanche 20 mai 2007

706 - L'Univers et l'esprit

On estime le nombre d'étoiles peuplant l'Univers égal au nombre de grains de sable que contiendrait une couche aréneuse de 1 mètre de hauteur et recouvrant la France entière. Combien d'êtres vivants dans cet Univers sans limite ? Au delà du vertige humain, le pur émerveillement, la divine révélation... Même en augurant avec la plus grande mauvaise foi qu'un seul monde pourrait abriter des hôtes -doués de raison ou non- pour 100 milliard d'autres qui seraient stériles -proportion infime au regard du nombre d'objets célestes existants- l'Univers serait encore un vivier sans mesure !

En effet, n'admettre l'existence possible que d'une seule planète vivante par galaxie, cela ferait déjà 100 milliards de planètes semblables à la Terre... C'est exactement comme si l'on estimait que dans nos mers en moyenne une seule bactérie était susceptible d'être contenue dans chaque 10 mètres cubes d'eau... Un seul être monocellulaire pour 10 tonnes d'eau, cela ne ferait-il déjà pas des milliards de microscopiques miracles dans la mer ? Or en réalité il y a des milliers, des millions, parfois des milliards de bactéries dans chaque once d'eau de mer ou de la moindre flaque fangeuse de nos mares, sans compter tous les autres êtres bien plus complexes ayant colonisé les plus ténus espaces océaniques et terrestres...

Le rapport est le même entre le grouillement de vie sur notre planète dans chaque parcelle imperceptible de terre, d'eau, d'humus, et le nombre incalculable d'étoiles autour de nous : chaque étoile est comme une entité dans l'Univers -un univers dans l'Univers- et correspond à chaque fois à une bactérie dans l'océan, une cellule de vie dans la terre, un cristal de neige sur la montagne, un brin d'herbe dans la jungle, un grain de sable dans le désert. Qu'elles soient vives, inertes ou sur le point d'éclore, toutes ces étoiles sont comme autant de mystères macroscopiques.

A toutes les échelles et dans chaque recoin de notre monde la vie crève la matière, perce la nuit, remonte à la lumière. Alors pourquoi pas ailleurs, là où grouillent tant de feux stellaires ? Et même si seulement une étoile sur 100 milliards abritait la vie... Le moindre papillon, le plus mince moucheron, le plus humble atome de poussière rivalisent de génie avec l'orange, la baleine, les vents tropicaux, les cristaux de glace, le photon, la plume du moineau, la goutte d'eau, le grain de sel.

Astre ou particule, le miracle est le même.

Face à ces 10 000 milliards de milliard de soleils ou bien face à un seul de ces soleils, à un cheval, à une brise, à l'ombre d'une feuille d'arbre, à la pensée d'un souffle, au souvenir de cette pensée, je crois n'être plus rien du tout alors que je suis dans le Tout.

Ces immensités galactiques, en effet, n'ôtent rien au prix des plus modestes actions humaines, des plus humbles sentiments de nos coeurs, des moindres mouvements de nos âmes. L'Homme dépasse d'une tête la matière... Ce qui fait la souveraineté, la grandeur, la noblesse de l'Homme dans l'Univers, aussi incalculable soit cet Asile cosmique et si petit que ce bipède pensant se sente dans cet océan, c'est qu'il est capable de "loger" cet Univers sans limite dans le volume infime de sa boîte crânienne, d'appréhender la totalité des galaxies dans cette tête d'épingle cérébrale, bref d'embrasser cette incommensurable réalité d'un seul regard.

2 commentaires:

filledemnemosyne a dit…

L'invisible lien

L'invisible lien, partout dans la nature,
Va des sens à l'esprit et des âmes aux corps ;
Le chœur universel veut de la créature
Le soupir des vaincus ou l'insulte des forts.

L'invisible lien va des êtres aux choses,
Unissant à jamais ces ennemis mortels,
Qui, dans l'anxiété de leurs métamorphoses,
S'observent de regards craintifs ou solennels.

L'invisible lien, dans les ténèbres denses,
Dans le scintillement lumineux des couleurs,
Éveille les rapports et les correspondances
De l'espoir au regret, et du sourire aux pleurs.

L'invisible lien, des racines aux sèves,
Des sèves aux parfums, et des parfums aux sons,
Monte, et fait sourdre en nous les sources de nos rêves
Parfois pleins de sanglots et parfois de chansons.

L'invisible lien, de la terre aux étoiles,
Porte le bruit des bois, des champs et de la mer,
Léger comme les cœurs purs de honte et sans voiles,
Profond comme les cœurs pleins des feux de l'enfer.

L'invisible lien, de la mort à la vie,
Fait refluer sans cesse, avec le long passé,
La séculaire angoisse en notre âme assouvie
Et l'amour du néant malgré tout repoussé.


Léon Dierx

filledemnemosyne a dit…

Il est difficile, voire impossible à notre échelle humaine d'appréhender les limites de l'univers.
Dimensions quantifiables, espace-temps, fantasmes d'infini, Au-delà...

Je vais compliquer la situation.

Parfois, je pense qu'il n'y a pas qu'un seul univers mais qu'il en existe une quantité innombrable, chaque être vivant étant à lui seul, un propre univers.

J'aime l'image du sablier pour en donner représentation.

Lui même serait notre âme. Et son goulet d'écoulement à la fois notre corps, nos sens, et notre intelligence.

Deux flux principaux y circuleraient .
Le temps... qui passe, une évidence pour un sablier !
Et l'espace. Enfin pas l'espace des spationautes...enfin si... mais pas seulement.
En fait, y naviguerait notre perception de l'espace, de l'environnement. Le visible et l'invisible.
Comme un sable mouvant traversant le goulet de nos sens.

La taille de ce sablier fluctuerait. Non pas en fonction de nos prises de poids ou nos régimes alimentaires puisque l'âme (qui ne pèserait que quelques grammes parait-il )est immatérielle, donc prend tout l'espace qu'elle veut... sans en prendre vraiment d'ailleurs.

C'est bon ! Vous suivez!

Reste à définir la place des autres.
Pour cela, il y aurait interpénétration de sabliers.
Mais non, je n'ai pas l'esprit mal tourné !

Ces interpénétrations seraient à l'origine des sentiments. Amitié, amour, haine, jalousie, peur...

Au fil des rencontres, comme des bulles de savon qui s'imbriquent, notre sablier univers se gorgerait de notre perception de l'autre (au moyen du second flux...mais si... c'est simple!!!)
Ceci en émettant des réserves. Des barrières de convenances. Culturelles ou sociales. Amicales ou familiales.
C'est à dire que n'importe qui ne passerait pas par le goulet...ça, c'est juste pour faire des nouveaux petits sabliers!



Bon, et Dieu dans tout ça !
Déjà, il a crée les deux premiers , mais c'était il y a longtemps. Des clepsydres à l'époque.

Depuis, Il se cache au cœur de tous les autres. Où ? Je ne sais pas puisqu'il s'y cache.

Et le centre de l'univers alors ?
Dans le goulet, ce serait un peu trop simple. Et puis, il n'y a déjà plus beaucoup de place avec toutes ces allées et venues de flux.

En fait, le centre de l'univers, c'est ce sablier qui passe et dont on accepte le mystère. Sans question. Simplement parce que c'est ce sablier là... et pas un autre !