dimanche 20 mai 2007

646 - Education religieuse

L'abbé Boyer, à la tête d'un orphelinat de province depuis 1830, est un sadique-né redoutable qui mène son petit monde d'une main de fer.

Son plus grand plaisir est de broyer méthodiquement les petits êtres perdus confiés par l'Assistance Charitable de France.

D'une foi inébranlable, le bon abbé enseigne avec rigueur et droiture la piété la plus doctrinale. Les orphelins de son institution sont sa bête noire : il méprise ces enfants de démons de toute sa hauteur ogresque. 120 kilos de muscles et de haine à l'état brut s'acharnant sur les pupilles, cela entretient sa belle santé. Encouragé par ses supérieurs, loué par les dames de bonne société, dans les bonnes grâces du pape lui-même, l'abbé jouit d'une considération universelle.

Austère mais juste, le père Boyer ne flagelle ses petits orphelins que pour des motifs hautement moraux : pénitence religieuse, affermissement de la foi, élévation spirituelle. Ou des fautes graves : vol d'un morceau de pain, assoupissement à la prière du matin, récitation maladroite de la Bible en latin... Le bon père estime en effet qu'à huit ans tout enfant se doit d'être raisonnable et rompre définitivement avec les molles tendresses de l'âge candide.

- "A huit ans on est un homme, bon sang !", répète-t-il sans cesse à ses pensionnaires pleins d'ingratitude...

D'un caractère trempé, l'abbé ne supporte pas les plaintes des plus chétifs. D'ailleurs la seule vue de ces êtres débiles le met généralement hors de lui. Alors lorsqu'en plus ces derniers se plaignent, il explose le Père... Mais heureusement jamais à bout de ressources, il fait taire les récalcitrants avec des procédés qui ont fait leurs preuves : privations de nourriture, de sommeil, corvées et prières, marches nocturnes forcées pieds nus avec fardeaux, etc. Des années à observer ses protégés, à expérimenter sur eux les idées pédagogiques les plus ingénieuses lui ont apporté les bases d'un enseignement sans faille. On ne la lui fait pas à l'abbé. Autodidacte, il connaît les méthodes pour mâter ces graines de vice...

Petit Pierre est sorti de l'institution religieuse à l'âge de 21 ans avec une formation de commis agricole, après 13 ans passés sous la protection de l'abbé. Aujourd'hui il travaille comme vacher dans une ferme. Payé en pain frais, bon lait crémeux de vache, litière de paille, solitude et rosée matinale, il mange presque à sa faim. Bref, il est heureux.

Gloire à l'abbé Boyer, sévère mais juste !

3 commentaires:

filledemnemosyne a dit…

je ferai un vrai commentaire quand j'aurai lu...c'était juste pour le bingo des 28 000!!!

filledemnemosyne a dit…

Oui!
Et bien pour une fois que je désigne un texte au hasard tout ça pour faire l'intéressante, c'est un sujet sérieux et ça ne donne pas envie de rigoler.

Les préceptes éducatifs de ce prêtre semblent dater d'un autre âge mais ont du être monnaie courante, et en des temps pas si reculés que cela.

C'est le mauvais côté de ce qu'apporte l'institution, et encensé par les " dits bons chrétiens", ceux qui approuvaient ces méthodes ignobles.

Ce sujet est vaste et trop sérieux pour qu'on le traite en un commentaire, (surtout quand on s'efforce de les raccourcir) mais l'Eglise présente d'autres travers et ils peuvent quelqu'ils soient se résumer en un mot:
trop de PUISSANCE.

Se défouler sur le plus faible ou en abuser, engranger des richesses
mépriser certaines catégories
fermer les yeux devant les travers de nantis ou des pratiques d'intolérances.

Le pouvoir et la religion ne font pas bon ménage.
La religion doit apporter, apprendre les valeurs, guider mais pas diriger.

filledemnemosyne a dit…

Le bingo pour faire plaisir à Narcisse.
Le second pour les paradoxes ! Hi Hi Hi !