mardi 15 mai 2007

177 - En attendant la Ricaneuse

L’existence est brève, ne méprisons pas les jouissances qui mettent tant de joie dans nos cœurs de mortels. Jouissons ma mie, jouissons sans entrave des plaisirs qui s’offrent à notre belle jeunesse. Goûtons aux vins rares, festoyons sans entrave, chantons, dansons sous tous prétextes ! Mais n’oublions pas cependant que l’amour est la plus exquise des ivresses.

Aussi je vous invite, ma bien-aimée, à m’imiter dans cette quête urgente de l’amour. Le jour où votre front sera chargé de rides, ma pauvre, si vous n’aimez pas aujourd’hui, avec quelle amertume il vous faudra passer la grande Porte ! Croyez-moi, pour bien mourir il faut avoir bien aimé.

Quel plus magistral soufflet flanqué à la face de la mort que sont les joies issues de l’amour ? Même si elles nous semblent éphémères, les semences de l'âme se propageront dans l'Eternité. Plantées sur Terre, elles perceront la tombe pour éclore au Ciel. L’amour est inépuisable, et survit à la mort des êtres de chair que nous sommes.

Buvons chaque jour à petites gorgées le vin insidieux de l’amour, buvons jusqu’à l’enchantement, jusqu’aux larmes s’il le faut, car l’amour est aussi un poison terrible et exquis. Il est non seulement la source de nos chagrins les plus chers, mais encore leur baume.

Osez les mots qui font oublier le mal de vivre, les dimanches de pluie, l’ennui de l’Homme. Je vous aime avec du sable dans une main, de l'or dans l'autre, de l'écume au coeur. C’est l’amour comme un cheval fou, l’amour au galop. Entrons dans le tourbillon la rage au ventre, les cheveux au vent.

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