mercredi 16 mai 2007

266 - Les minables

J'aime côtoyer les minables.

En considérant mes semblables plus petits que moi, je suis rassuré, convaincu de n'être pas comme eux. Je me sens grandi face à la fange. Je tire gloire de n'appartenir pas à la société des gens que je méprise. Vous savez, je veux parler de tous ceux qui ne sont pas comme moi... Différents par le bas.

J'aime me frotter à la gent roturière. Devant la racaille, je fais bonne figure pour lui plaire. Je lui souris aimablement. Face aux gens de peu, je joue l'affable aristocrate pas fier de sa particule, ignorant l'arrogance, les attitudes hautaines et plutôt préoccupé par le bien-être matériel des petits citoyens de leur condition. J'accepte sans rechigner leurs breuvages, je bois sans faire la grimace les coupes qu'ils me tendent, allant jusqu'à les féliciter d'avoir si bon goût dans le choix de leurs liqueurs, de leurs nappes en plastique, de leurs rideaux hideux... Je fais des heureux lorsque je passe le seuil des maisons des minables. Chez eux, on se rappelle longtemps de mes sourires mielleux, de mes bons mots pleins de prévenance.

Mais par derrière... Par derrière je raille sans retenue cette espèce honnie, crachant comme un dragon sur la populace, mettant en avant plus que de raison ma particule pour mieux fustiger cette engeance, brandissant mon mouchoir rouge comme un étendard, considérant ma fortune, ma plume et mon épée comme les remparts absolus contre cette gueusaille !

Mes amis, qu'il est doux de pouvoir à son aise médire par derrière sur les minables... Qu'il est bon d'être libre, "particulé", grand, brillant quand on a l'exemple quotidien près de chez soi de si peu de choses !

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