jeudi 17 mai 2007

380 - Vieille chamelle !

Je n'aimais pas sa tête. Encore moins la bosse qu'elle avait sur le dos. Je lui adressais mes sourires les plus mielleux, les mots d'amitié les plus anodins, mes voeux de santé les moins modestes. Elle, était d'une droiture inversement proportionnelle à sa courbure dorsale. Pour cette ultime raison je crachais sur le pas de sa porte. Mais seulement lors de ses absences, de crainte qu'elle ne me vît à travers ses carreaux propres.

A la vue de sa silhouette débile avançant vers moi, j'arborais les plus dignes allures. Mais dès qu'elle avait la bosse tournée, je lâchais à son adresse mon fiel sans objet ni fond. Je la détestais à cause de sa bonté, de son dos voûté, de sa propreté. J'eusse aimé la voir pleine de déchéance, remplie de haine, miséreuse. Au lieu de cela elle narguait le Diable avec ses bonnes manières et son blanc chapeau à plumes.

Lassé de tant d'insolence, je décidai de me venger. L'occasion se présenta par une nuit sans lune. La rue était peu éclairée. Je l'aperçus claudiquant sur le trottoir un cigare à la main, comme à son habitude. Parce qu'en plus, elle fumait des Havane. J'étais juste derrière elle, masqué, un gourdin à la main.

Sans bruit, je m'approchai...

Le lendemain je me réveillai, fier de mon oeuvre. Je vis la bossue sur le pas de sa porte, fis mine de m'apitoyer sur la dégradation de son état, me désolant à grands cris de son sort avant de repartir avec un sourire de satisfaction comme jamais je n'avais eu de toute ma vie.

Certes la bossue était toujours aussi bonne, propre et digne. Et chérissait autant ses Havane. Mais je pouvais enfin vivre en paix car bien mieux qu'une, c’est deux bosses qu’elle arborait dorénavant sur le dos.

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Qui est Raphaël Zacharie de IZARRA ?

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Oisif mélancolique, oiseau unique, ange joliment plumé, ainsi se présente l’auteur de ces lignes (une sorte de Peter Pan cruel et joyeux, mais parfois aussi un rat taciturne). Au-delà de cette façade mondaine, loin de certaines noirceurs facétieuses j’ai gardé en moi une part de très grande pureté. Dans mon coeur, un diamant indestructible d’un éclat indescriptible. Cet éclat transcendant, vous en aurez un aperçu à travers mes modestes oeuvres. Est-ce une grâce de me lire, pensez-vous? Osons le croire.