lundi 14 mai 2007

44 - Lettre à des vendeurs de voitures

Messieurs,

J'ai la joie de vous signifier que votre discours aux allures sottement standard, au contenu fondamentalement crétinisant a trouvé en moi un fervent adversaire. Vos propos cadrés selon les normes ordinaires, criminelles en vigueur dans ce monde hérétique du travail sont le reflet exact de l'inanité de la société dans laquelle je vis. Je suis résolu à combattre les gens de votre espèce qui impunément s'ingénient à répandre parmi la jeunesse les valeurs viles de notre époque.

Combien de jeunes esprits sans jugement se laissent tenter par le culte impie de l'emploi, du salaire, de la sécurité matérielle ? Vos idéaux professionnels sont des Graal de brèves portées qui rendent l'Homme vulgaire, trivial, indigne.

Sur un plan plus personnel vos desseins me paraissent minables, mesquines, honteuses pour une âme de bien comme la mienne. Les sots métiers existent, et ce que vous proposez en est la preuve magistrale.

Dans votre annonce vous osez user du terme «talent» pour mieux appâter vos proies imbéciles, comme si le fait de vendre des voitures nécessitait d'avoir ce que vous appelez du talent. Emploi abusif, galvaudé, flagorneur d'un mot passe-partout dans le monde inepte des commerciaux.

Je n'adhère pas à la religion Renault qui fait de ses adeptes des esclaves, des serviteurs de votre enseigne, des machines à vendre. Les proxénètes de votre espèce n'agréent pas à mon coeur demeuré pur. Vous ne ferez pas de moi un vendeur, un corrupteur, un racoleur. Intactes je garderai vertu, innocence, joie de vivre.

Je suis une âme libre.

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