samedi 19 mai 2007

543 - Dans le charbon

Dans la réserve à charbon il fait sombre et c'est plein de vieilles toiles d'araignées déchirées, noircies de poussière. Autrefois sous ce toit ouvert à tous les vents nichaient quelques bestiaux à destination de la boucherie locale. Moeurs d'un autre temps qu'adoptaient les précédents propriétaires, avant la Grande Guerre. Aujourd'hui en 1978 la servante vient y puiser son noir fardeau. La servante, une pauvre imbécile gentille et sans le sou. Une idiote incapable d'économiser ses gages mais bien tournée. Et qui plaît au maître, ce coquin quinquagénaire qui n'a pas son pareil pour faire tourner les vieux moteurs à pétrole !

Suzanne, c'est son nom, porte le charbon vers le foyer. Pendant ce temps Nestor son ennemi de toujours, un gentil garçon boiteux mais mal embouché, prend son envol vers sa destinée. La porteuse de charbon trébuche dans la cour, ses boulets roulent, Nestor clame haut et fort que jamais on ne le reprendra à réciter par coeur des leçons inadaptées à son niveau scolaire qui est plutôt bas pour son âge (45 ans).

Une partie infime du charbon est écrasé par les pas maladroits de Suzanne-la-godiche. Quelques morceaux de dimensions négligeables se sont également perdus dans l'herbe.

Il ne faut pas trébucher quand le charbon est entre les mains de Dieu. Le feu cuira les poireaux, la servante se sent belle. Et effectivement, elle est belle.

Jusqu'au lendemain.

2 commentaires:

filledemnemosyne a dit…

1978 semble vous marquer !

Sinon, oui, là je trouve "un peu" l'esprit Maupassant

filledemnemosyne a dit…

Mouais. La c'est pour vous. Vous tout seul. ça fait 1. Bah, pas terrible comme commentaire.
Seule la date lue quelque part entre ligne semble présenter quelque intérêt pour la curieuse.

Qui est Raphaël Zacharie de IZARRA ?

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Oisif mélancolique, oiseau unique, ange joliment plumé, ainsi se présente l’auteur de ces lignes (une sorte de Peter Pan cruel et joyeux, mais parfois aussi un rat taciturne). Au-delà de cette façade mondaine, loin de certaines noirceurs facétieuses j’ai gardé en moi une part de très grande pureté. Dans mon coeur, un diamant indestructible d’un éclat indescriptible. Cet éclat transcendant, vous en aurez un aperçu à travers mes modestes oeuvres. Est-ce une grâce de me lire, pensez-vous? Osons le croire.