samedi 19 mai 2007

569 - Une amoureuse éconduite

Mademoiselle,

J'ai bien reçu l'expression de votre flamme à mon endroit. Maladroits, vos mots m'ont mis de bonne humeur ce matin. Vous m'avez fait rire dès le lever et je vais vous expliquer pourquoi en quelques mots.

Nous ne sommes pas du même monde Mademoiselle, en outre et c'est le plus grave, vous êtes fort laide. Ce qui est pour me déplaire au possible. Je déteste votre rire vulgaire, votre maintien grotesque, votre toilette bon marché.

Vous croyiez donc me séduire avec des artifices aussi pitoyables ?

Je vois en vous une petite écervelée sans beauté, sans talent, sans titre. Une cloche fêlée, une poule déplumée, une ânesse imbécile.

Quoi ! Vous m'aimez ? Et alors ! Cela vous donne-t-il le droit d'offenser ma sensibilité d'esthète ? Mademoiselle, vous êtes une infâme, permettez que je vous l'écrive en toutes lettres. Une infâme. Et mes amantes qui se pavanent à mon bras avec leur teint éclatant, leurs appas sans pareil, leur atours flatteurs, leurs manières délicates, qu'en faites-vous ? Pensiez-vous pouvoir plus longtemps offenser cette cour d'amoureuses avec vos audaces déplacées ? Femme née sans grâce pour votre malheur mais pour la joie de vos railleurs, imaginiez-vous avec vos haillons de chair et d'esprit pouvoir détrôner mes courtisanes à la beauté innée, leur ravir la place qui est la leur à ma droite ?

J'espère pouvoir vous revoir en public pour vous souffleter Mademoiselle, et ce afin que vous appreniez, à vos dépens, à vous tenir à l'écart des belles gens de mon espèce.

Vous voici définitivement renseignée quant aux sentiments que vous m'inspirez.

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