mardi 15 mai 2007

128 - Au nom de mon nom

Une particule me faisait un jour de l'ombre par sa simple présence sur une liste. Insolente présence à côté de ma particule. Voici ce que j'ai répondu à cet autre porteur de particule :

En ce lieu conquis, j'estime qu'il y a une particule de trop. Une concurrence insupportable qui me déplaît au possible. Je ne saurais tolérer que l'un d'entre vous affiche avec prétention sa particule, son nom à rallonge. Ce rival, ce fat qui se garde bien de faire le malin, et qui feint l'humilité, vous l'avez tous reconnu : c'est ce Monsieur de la Châtelière.

Qu'il cesse d'apposer au bas de ses mails sa piètre et vaine particule (qu'il doit chèrement et ridiculement porter dans son coeur pour qu'il l'expose ainsi à la vue de tous...), ou bien qu'il fasse silence ! Je veux être le SEUL à jouir d'une particule en semblable société. Pensez donc, si tout le monde avait sa petite particule à revendiquer, quelle valeur aurait celle-ci ? Une belle et digne chose se doit de demeurer rare pour avoir du prix. Je m'autoproclame exclusif porteur du signe de la noblesse ici. Le seul habilité à représenter l'aristocratie parmi vous, c'est moi. Et nul autre que moi. Je le déclare solennellement.

Si vous voulez jouir de mon estime Monsieur de la Châtelière, oubliez donc votre futile panache qui m'offense, et faites-vous appeler désormais, plus simplement, plus sobrement, "Castré" ou Monsieur "Châtré". Soyez humble, c'est l'apanage de la vraie noblesse. Abandonnez en ma présence cette trop visible marque de prestige, sinon vous me fâcherez. Montrez-vous grand Monsieur de la Châtelière : en respectant ma fierté et en devenant plus modeste. Les dieux vous en seront reconnaissants, tandis que vous ferez un heureux sur Terre.

Je vous salue, Monsieur le "Castré de la Particule".


P.S. 

Au cas où par orgueil déplacé vous refuseriez de régler à l'amiable cette affaire selon mes exigences, ou bien pour quelque autre futile cause que ce soit vous émettriez des objections à cet honnête contrat proposé, sachez que je ne manquerai pas de vous faire entendre raison en employant des procédés certes moins tendres mais plus persuasifs, croyez-moi. Que le Ciel vous soit d'un heureux secours dans cette épreuve de modestie.

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