mardi 15 mai 2007

122 - Un jour d'été en campagne

Le vieillard est étendu dans une chaise longue sur le seuil de la porte grande ouverte, les yeux mi-clos, la tête relevée, les bras mollement posés sur les accoudoirs. C'est l'été, et la chaleur est accablante. C'est un vieillard qui n'a plus d'âge, dont on sent la fin proche.

Il semble d'ailleurs attendre la mort à sa porte, au pied de sa maison, sans regret ni amertume. Peut-être même avec une certaine impatience. Il est las. Quelques mouches importunes se posent sur son front usé. Il les chasse d'un geste lent et monotone.

A présent le soleil est haut, et le vieil homme baisse la tête, sur le point de succomber au chant indolent de Morphée. Sous les feux écrasants de l'astre tout est silence, torpeur, hébétude. Rien ne vient troubler cette molle et chaude quiétude : l'homme vit seul et pas un chat ne hante les lieux.

Maintenant on dirait qu'il dort au soleil. En fait il ne dort pas. Il est mort.

Mort au soleil.

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